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Novembre 2007
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Conseil Municipal
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2007, SG 161 - Subvention à l’Association Paroles de Femmes pour son action en faveur des femmes. Montant : 1.500 euros.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2007


 

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Nous passons à l?examen du projet de délibération SG 161 relatif à l?attribution d?une subvention de 1.500 euros à l?Association Paroles de femmes.

C?est Mme MARIANI qui interroge Mme STIEVENARD.

Vous avez la parole, Madame MARIANI.

Mme Brigitte MARIANI. - Merci, Monsieur le Maire.

Parmi un certain nombre de délibérations concernant les associations luttant contre les violences faites aux femmes, nous avons retenu la délibération de l?Association Paroles de femmes. C?est un nouveau projet.

Je suis déjà intervenue à plusieurs reprises sur le phénomène des violences faites aux femmes, sujet qui, de plus en plus, fait consensus parmi nous. Et comme je conçois mal que l?on puisse revendiquer à des fins partisanes et électorales des actions menées le plus souvent de manière partenariale, je ne rentrerai pas dans un débat en recherche de maternité.

En l?occurrence, ce n?est pas tant le montant octroyé, 1.500 euros, qui a retenu mon attention que les thèmes des tables rondes organisées par Paroles de femmes, l?un plus précisément : le statut des femmes dans les 3 religions monothéistes.

Au-delà d?une étude comparative et savante des conceptions et pratiques religieuses, ce sont les conclusions qui doivent en être retirées au regard de la montée des intégrismes religieux qui sont importantes.

Les agressions physiques, certes totalement inacceptables, ne résument pas l?ensemble du problème de la violence faite aux femmes. Les prescriptions religieuses, quand elles sont imposées et non partagées, constituent une atteinte à la liberté.

Bien sûr, notre République affiche et défend ses principes de laïcité et d?égalité mais tous les jours, mes fonctions professionnelles et celle d?élue m?amènent à rencontrer des jeunes filles, des femmes bridées dans leurs déplacements, dans leurs choix amoureux, dans leur liberté d?apprendre notre langue au nom de principes religieux.

C?est pourquoi je vous l?avouerai, nous sommes réservés et sommes plus intéressés par les actions menées par des structures spécialisées, qu?elles soient associatives ou publiques, qui mènent un travail en profondeur auprès des populations et notamment du public de jeunes.

Je voudrais attirer l?attention sur le nouveau programme de l?Association ?je.tu.il?? destiné aux collégiens et subventionné à la fois par la Ville de Paris, la D.I.V., le Ministère des solidarités. Le respect de l?autre n?est malheureusement pas une évidence ; cet ?autre que moi?, pour reprendre l?intitulé du programme, mérite donc ces financements croisés.

Dernier point, je voudrais vous alerter sur une attitude inquiétante de la mairie du 13e arrondissement. En effet, des cours d?alphabétisation dispensés par l?association A.D.E.F.R.A.M. à des femmes au sein des écoles de l?arrondissement? se sont vu interdit l?accès aux écoles au motif que ces actions étaient réalisées sur le temps scolaire.

J?ai, avec l?aide des partenaires du quartier, mis en place ces actions en 1996 car il y avait un vrai besoin qui existe toujours. Elles ont bien fonctionné jusqu?à maintenant et donné de bons résultats.

Je ne comprends pas, et surtout les femmes ne comprennent pas, que l?on puisse les priver de ces cours. L?apprentissage de la langue est un moyen essentiel d?acquisition de l?autonomie et, par ce biais, nous pouvons les sensibiliser à la lutte contre les violences et y travailler avec elles.

Que comptez-vous faire, Monsieur le Maire ?

Merci.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Madame MARIANI, vous avez interpellé le maire du 13e arrondissement qui demande donc à intervenir brièvement.

M. Jérôme COUMET, maire du 13e arrondissement. Les interventions sur le temps scolaire sont décidées par le Rectorat ; un directeur d?école a refusé que ces cours continuent, alors qu?ils avaient lieu depuis bien longtemps, ce qui est sans doute regrettable.

La Mairie de Paris, à notre demande, est intervenue auprès du Rectorat pour obtenir cette autorisation. Si ces cours ont lieu après 16 heures 30, l?autorisation leur sera délivrée, mais, durant le temps scolaire, il est nécessaire d?obtenir l?autorisation du Rectorat.

Je vous invite, chers collègues, à intervenir fermement auprès du Rectorat en ce sens.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci.

Je donne la parole à Mme STIEVENARD pour répondre au nom de Mme HIDALGO.

Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, au lieu et place de Mme Anne HIDALGO, première adjointe, au nom de la 1ère Commission. - Madame MARIANI, je pense que votre appréciation du travail des membres de l?association ?Je, tu, il? est positive. Ils sont intervenus auprès de 15.000 élèves pour une action de sensibilisation. Ils sont réclamés un peu partout dans les établissements pour la qualité de leurs prestations.

Ensuite, s?agissant de ?Paroles de Femmes?, nous accordons une subvention de 1.500 euros. C?est une contribution modeste. Qu?une réflexion soit menée sur la question de la place des femmes dans les religions avec des regards croisés, je ne vois pas ce qu?il y aurait de critiquable à cet égard. Je pense que cette subvention doit leur être accordée, sachant que l?on n?exerce pas un contrôle tatillon à l?égard des associations, sauf si elles ont des comportements antirépublicains.

Pour le reste, elles produisent régulièrement des rapports d?activité. Je ne vois rien de toxique dans ce que vous avez décrit.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération SG 161.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2007, SG 161).