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Novembre 2007
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2007, DVD 55 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer une convention annuelle avec l’Association départementale de Paris de la ligue contre la violence routière. - Attribution de la subvention correspondante. - Montant : 4.500 euros.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2007


 

M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Nous passons maintenant à l?examen du projet de délibération DVD 55 concernant une autorisation à M. le Maire de Paris de signer une convention annuelle avec l?Association départementale de Paris de la ligue contre la violence routière.

Madame DOUVIN, vous avez la parole.

Mme Laurence DOUVIN. - Merci, Monsieur le Maire.

Il s?agit donc d?une subvention à l?association ?La Ligue contre la Violence routière?.

C?est une association que nous connaissons bien et dont nous soutenons, bien sûr, les objectifs. Nous approuvons donc cette subvention.

Je relève que lors de sa dernière Assemblée générale, donc à la fin du mois d?avril 2007, l?association soulignait l?augmentation de 8 % du nombre des accidents corporels en 2006 et de 7 % des incidents, en insistant sur le fait que les deux-roues représentent 60 % des victimes d?accidents corporels et en soulignant ce que nous connaissons bien : la vulnérabilité des piétons, notamment des seniors.

L?association exprimait aussi son étonnement au Maire de Paris devant les prises de position opposées de la Préfecture de police et de la Ville au sujet de la charte des deux-roues motorisés.

Certes, l?année 2007 se présente mieux en ce qui concerne les tués et je m?en réjouis très vivement. Mais il reste à faire et chacun peut observer que, du fait de la politique municipale, les conditions de la circulation se sont modifiées à Paris. Au niveau de la répartition entre les modes, l?explosion du nombre des deux-roues motorisés est une conséquence directe de la politique du Maire de Paris.

Depuis 1997, les déplacements à moto et à scooter ont progressé de 42 % et quand on observe la circulation en période - fréquente ! - d?encombrement, on constate que les motards, donc devenus très nombreux, passent à droite, à gauche, au milieu des véhicules immobilisés, mais aussi de l?autre côté de la ligne continue, voire des refuges pour piétons situés au milieu des voies, devenant ainsi une source de danger évidente, en particulier pour les piétons et les cyclistes.

L?utilisation accrue du vélo entraîne un certain nombre d?accidents et de chutes, malheureusement aussi, un certain nombre de décès. L?inexpérience des nouveaux cyclistes mais aussi le comportement indiscipliné d?un grand nombre d?entre eux, qu?ils admettent d?ailleurs eux-mêmes le plus souvent, sont un facteur important de risque. Ce non-respect du Code de la route qui, pourtant, s?impose à tous, ne peut durer. Si une adaptation de ce Code doit être faite en milieu urbain, il faut la conduire afin qu?ensuite la loi s?applique à tous avec la même sévérité.

Mais, j?insiste sur ce point, cette adaptation doit être impérativement inspirée par l?équilibre à établir entre les modes et le respect dû à chacun d?entre eux.

C?est ainsi que, lors d?une campagne de sécurité routière, tous les risques doivent être évoqués. Il n?y a pas, d?un côté, les bons, de l?autre côté, les mauvais. Il y a, j?insiste, des utilisateurs égaux dans le droit d?utiliser l?espace public dans le respect des règles communes qui tiennent compte de leur vulnérabilité mais ne les exonèrent pas pour autant de se conformer au respect de ces règles.

Montrer une voiture menaçant la sécurité d?un piéton en disant ?le permis de conduire n?est pas un permis de tuer? correspond à une menace existante. Mais elle est loin aujourd?hui d?être la seule source de danger et, donc, pour être efficace et coller à la réalité, il faut montrer les autres, à parts égales, puisque nous sommes tous solidaires dans l?utilisation d?un même espace.

Enfin, face au bouleversement que vous avez voulu, Monsieur le Maire, en reconditionnant la voirie, en multipliant les interdictions, les sens uniques tête-bêche, les labyrinthes, en découpant les rues en lanières, en réalisant des aménagements parfois peu compréhensibles et sources de danger et d?accident, nous avons demandé un audit des aménagements : ce fut un refus. Nous avons ensuite requis un recours d?expérience : même refus.

Pourtant, la dangerosité d?un certain nombre d?entre eux est avérée ; les riverains en attestent. Revenir sur ses erreurs est une démarche positive et responsable. Pourquoi n?est-ce pas la vôtre ?

Je vous remercie.

M. Eric FERRAND, adjoint, président. - La parole est à Mme BAUD.

Mme Dominique BAUD. - Merci, Monsieur le Maire.

Je profite, Monsieur FERRAND, que vous soyez président de séance pour vous remercier par avance de répondre à mes interventions que j?ai supprimées afin d?écourter la journée.

Je soutiens, bien entendu, les propositions exprimées dans ce projet de délibération dont le but même est de lutter contre toute manifestation de violence routière et de prévenir les accidents de circulation et voterai, bien entendu, pour ce projet de délibération.

Pour autant, je pense que c?est insuffisant, même si l?action de l?association est admirable dans son domaine.

Lutter contre la violence routière nécessite de vraies modifications dans le comportement des automobilistes et une vraie nécessité de prise de conscience des risques que certains font courir aux autres et à eux-mêmes. Il faut donc les y aider et, j?oserais dire, faire quelques propositions qui, à défaut d?être du ressort de cette association ou de la Mairie de Paris, pourraient être portées à la connaissance des autorités compétentes, à savoir notamment : intégrer dans les programmes scolaires un apprentissage à la rue, au vélo et aux rollers, instaurer régulièrement pour les automobilistes des tests de reconnaissance et de connaissance d?aptitudes, rendre obligatoire le port du casque pour les cyclistes et recommander fortement le port d?un gilet ou d?un bandeau fluorescent, enfin, reconnaître le cannabis comme un réel danger et sanctionner tous ceux qui conduisent sous l?emprise de cette drogue, au même titre que l?abus d?alcool et l?excès de vitesse.

Je vous remercie.

M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Merci.

Pour répondre, brièvement, Monsieur BAUPIN, vous avez la parole.

M. Denis BAUPIN, adjoint, au nom de la 3e Commission. - Je voudrais d?abord remercier beaucoup Mme DOUVIN parce qu?elle a souligné largement tout le travail que nous avons effectué depuis 2001 pour modifier la voirie parisienne. Elle a bien fait de lister tous ces aménagements. Elle a oublié de faire le lien entre la baisse très forte de l?accidentologie à Paris et les aménagements que nous avons effectués.

C?est bizarre ! Dans un raisonnement comme celui-là?

Mme Laurence DOUVIN. - Ce n?est pas du tout cela.

M. Denis BAUPIN, adjoint. - Attendez ! Je vous ai écoutée, Madame DOUVIN, chacun son tour !

M. Eric FERRAND, adjoint, président. - M. BAUPIN a la parole.

Allez-y, poursuivez !

M. Denis BAUPIN, adjoint, rapporteur. - A vous entendre, finalement, la baisse de l?accidentologie serait due à un pur hasard et, même, vous avez l?air de souligner que ce que nous avons fait aurait augmenté la dangerosité des déplacements dans Paris, alors qu?aucun chiffre ne vient l?attester. Il y a là sans doute une part de religion !

Vous avez aussi exprimé, par rapport aux deux-roues motorisés, je vous invite à relire la phrase que vous avez dites : qu?il y aurait une explosion du nombre de deux-roues motorisés due à la politique municipale. Pour ce faire, vous avez cité des chiffres venant de 1997. Il ne vous aura pas échappé que les actions municipales ont eu lieu en 2001. Rapportez-vous, là aussi, aux chiffres en ce qui concerne l?augmentation du nombre de deux-roues motorisés qui a commencé en 1997, d?après les chiffres de l?observatoire, et qui est continu. Maintenant, il s?est arrêté?

Mme Laurence DOUVIN. - Soyez de bonne foi !

M. Denis BAUPIN, adjoint, rapporteur. - Vous êtes, vous, de très bonne foi, Madame DOUVIN ! J?en suis sûr ! C?est pour cela d?ailleurs que vous êtes dans ce parti politique, c?est parce que vous êtes de bonne foi !

Il y a eu une augmentation de 5 % du nombre de deux-roues motorisés depuis 1997 et il n?y a eu aucune augmentation plus forte depuis 2001. Il faut donc constater que ce sont d?autres raisons qui ont amené nos concitoyens à utiliser plus souvent les deux-roues motorisés et notamment l?engorgement des rues qui ne date pas, chacun peut le constater, de 2001.

Ceci étant dit, ce que vous avez dit sur le fait qu?il faudrait conduire la révision du Code de la route est extrêmement important et je vous remercie du soutien que vous apportez à une bagarre que nous menons depuis longtemps. J?espère que vous serez entendue, peut-être plus que nous, par le Gouvernement pour conduire cette révision.

Vous avez dit qu?il fallait un équilibre entre les différents usagers et je suis plutôt d?accord avec cette idée. Il faut un équilibre, donc un meilleur équilibre qu?actuellement. Aujourd?hui, c?est très déséquilibré, certains sont favorisés par rapport à d?autres.

Là où j?ai une différence? enfin, vous l?avez exprimé de façon différente selon les phrases, c?est sur le fait de considérer tous les utilisateurs à égalité. Vous avez dit après qu?il fallait tenir compte de la vulnérabilité. C?est le point essentiel, évidemment, en matière de comportement sur l?espace public. C?est évidemment la vulnérabilité qui doit conduire à ce qui est d?ailleurs dans le Code de la rue en Belgique, c?est-à-dire au principe de prudence et de responsabilité du plus lourd par rapport au plus vulnérable. Je pense que c?est un élément qui doit plutôt induire à ne pas penser qu?il y a égalité entre tous les usagers mais qu?en fonction du véhicule qu?ils utilisent, ils ont plus ou moins de responsabilité.

En ce qui concerne les propositions de Mme BAUD, je dois lui dire que je suis assez d?accord avec elle sur le fait que considérer le cannabis comme l?alcool, c?est assez logique, mais je constate que, actuellement, dans la loi - ce n?est pas forcément une position que j?exprime au nom de la Municipalité mais c?est ma conviction -, que les deux ne sont pas traités de la même façon. Une de ces deux drogues est légale et l?autre illégale. Je l?invite éventuellement à militer pour que leurs statuts soient reconnus au même niveau.

En ce qui concerne le port du casque pour les cyclistes, franchement, je vous invite - là, ce serait un peu long - à entrer dans les détails mais les statistiques démontrent qu?il n?y a aucune pertinence particulière à proposer plus le port du casque pour les cyclistes que pour les automobilistes ou pour les piétons. Quand on regarde en proportion, même les traumatismes crâniens sont plus en proportion chez les piétons et les automobilistes que chez les cyclistes. La pertinence du port du casque n?est pas avérée pour les cyclistes.

En ce qui concerne les programmes scolaires, vous l?avez indiqué, ce n?est pas de notre compétence, mais apprendre aux uns et aux autres, à tous, à se respecter dans l?espace public, serait un élément extrêmement important pour des jeunes qui auront, à un moment ou à un autre, à utiliser des véhicules, quels qu?ils soient.

M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Merci, Monsieur BAUPIN.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 55.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2007, DVD 55).

Je vous remercie.