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Novembre 2007
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2007, DVD 223 - Autorisation à M. le Maire de Paris de souscrire un avenant à la convention signée avec l’Atelier Parisien d’Urbanisme (APUR) pour y inclure un article sur le financement d’une étude de dimensionnement et de pré-localisation de stations Vélib’ dans les communes limitrophes de Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2007


 

M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Nous passons maintenant à l?examen du projet de délibération DVD 223 concernant la souscription d?un avenant à la convention signée avec l?Atelier Parisien d?Urbanisme (APUR) pour y inclure un article sur le financement d?une étude de dimensionnement et de pré-localisation de stations Vélib? dans les communes limitrophes de Paris, sur lequel le groupe ?Les Verts? a déposé l?amendement n° 98.

La parole est à Mme DOUVIN.

Mme Laurence DOUVIN. - Monsieur le Maire, vous nous demandez d?autoriser l?A.P.U.R. à effectuer une étude concernant l?extension de Vélib? dans les communes limitrophes.

Vélib? rend un très bon service aux Parisiens. C?est d?ailleurs pour cette raison que nous l?avons voté. Il n?est donc pas étonnant que les habitants de la banlieue veuillent y avoir accès. Jusque là, rien d?anormal et cela va dans la ligne de ce que nous répétons depuis ?belle lurette? : Paris est une agglomération et c?est à cette échelle que les décisions doivent être prises, notamment en matière de déplacements.

Mais c?est une ligne que vous n?avez jamais suivie. Monsieur le Maire de Paris a fait du Paris - Paris, sans discontinuer, que ce soit pour le P.L.U. ou le P.D.P., prenant seul ses décisions, sans concertation avec les communes qui nous entourent. Pas étonnant alors qu?après coup un rattrapage soit nécessaire. Pas étonnant que les limites parisiennes de Vélib? soient trop étroites. C?était largement prévisible dès le départ.

Mais étendre Vélib? où et jusqu?où ? Il y aurait 300 stations, 4.500 vélos pour 29 communes. Nous sommes très loin de la densité parisienne, cela promet une jolie concurrence entre les communes de banlieue avec un tel système. Pourquoi celle-ci plutôt que celle-là ? Quelle coordination avec d?éventuels réseaux qui leur seraient propres ?

Ne trouvez-vous pas complètement curieux d?envoyer les services parisiens sur le territoire de communes de plus de 100.000 habitants dont le niveau budgétaire et de qualification de l?administration est largement à la hauteur de leur population ?

Monsieur le Maire, ce n?est pas de la générosité, comme disait le Maire de Paris hier, que vous proposez, c?est du rafistolage. Dès le départ de l?opération Vélib?, nous avions dit qu?il ne fallait pas coupler le marché des vélos avec celui de la publicité. Vous ne nous avez pas écouté. Si vous l?aviez fait, nous n?en serions pas là et l?extension de Vélib? dans d?autres communes se seraient réalisée simplement et sans ponctionner les finances de la Ville pour sept millions d?euros.

Est-ce l?intérêt des Parisiens, et l?intérêt bien compris de la banlieue, de dépenser cette somme ainsi ? Elle pourrait l?être bien plus utilement sur des projets décidés en commun au niveau de l?agglomération, et l?extension de Vélib? aurait pu être financée très naturellement par le fruit des contrats que les communes auraient librement passé. Il n?y aurait pas d?ambiguïté.

Il ne faut pas qu?il y en ait sur notre position aussi. Nous sommes favorables à l?extension de Vélib? mais ces sept millions ne sont pas un geste de solidarité. Cette somme est un rattrapage d?une mauvaise gestion et veut constituer un coup de publicité personnel à visée électorale aux frais du contribuable parisien. Même si nous décidons de ne pas bloquer le système, ce dernier appréciera.

Je vous remercie.

M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Merci, Madame.

La parole est à M. NAJDOVSKI.

M. Christophe NAJDOVSKI. - Merci, Monsieur le Maire.

Je présenterai l?amendement que je cosigne avec Charlotte NENNER. L?extension du système Vélib? dans les communes limitrophes de Paris va constituer une avancée notable pour réduire la coupure entre Paris et ses voisins. Cette extension permettra d?améliorer la mobilité en proche banlieue, tout en contribuant à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Toutefois, avec 300 stations et 4.500 vélos, cette première extension de Vélib? en banlieue ne répondra pas à l?ensemble de la demande et ne pourra pas équiper toutes les communes. Parmi les critères de choix de localisation des stations figurent la demande en déplacements et les grands pôles de mobilité, pôles d?emploi et de logement par exemple. D?autres critères de choix devraient très pris en compte pour la localisation des stations.

En effet, les efforts de collectivités locales en termes d?aménagement et de politique cyclables sont très variables. Il convient donc d?équiper en priorité les villes qui ont réalisé ou prévu à court terme des itinéraires cyclables continus et qui se sont engagées à traiter les points noirs pour la sécurité des déplacements cyclables. D?autre part, les revenus moyens des habitants entre les communes limitrophes de Paris sont très variables. Je ne ferai pas de photo sur les différences entre, au hasard Neuilly et Saint-Denis.

Le déficit de mobilité en proche banlieue touche plus particulièrement les habitants modestes et désargentés qui ne peuvent pas se payer une automobile et qui ne profitent pas d?une offre de transports collectifs aussi dense qu?à Paris. Afin de permettre aux personnes aux revenus modestes d?accéder plus facilement au bassin d?emploi et de formation, tout arbitrage pour de nouvelles offres de transports, devrait se faire en priorité à destination de ces populations qui en ont le plus besoin.

C?est pour cela que nous déposons l?amendement suivant : le dimensionnement et la prélocalisation des stations prendra en compte d?autres critères, comme la densité du réseau cyclable existant ou projeté, le traitement prévu ou projeté des points noirs de sécurité pour les cyclistes ainsi que le revenu moyen des habitants des communes et des quartiers afin de combler le déficit de mobilité des personnes vivants dans la précarité.

Je vous remercie.

M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Merci.

Pour vous répondre, Monsieur MANSAT, vous avez la parole.

M. Pierre MANSAT, adjoint, au nom de la 5e Commission. - Tout d?abord, on sait que si les choses sont répétées, on s?imagine qu?elles pénètrent mais l?affirmation selon laquelle le P.L.U. de Paris et le Plan de déplacements de Paris ont été adoptés sans concertation avec les voisins est une contrevérité absolue. Aucune commune voisine, aucune collectivité voisine, n?a émis d?opinion défavorable au P.L.U. de Paris.

Quant au P.D.P., avec Denis BAUPIN nous nous sommes rendus dans la totalité des communes riveraines de Paris, même les départements. Par exemple, nous avons rencontré l?Exécutif du département des Hauts-de-Seine à l?invitation de M. DEVEDJIAN et nous avons planché pendant une matinée devant les élus de ce département. Il y a parfois des opinions différentes qui s?expriment sur la question des circulations, des déplacements mais qui ne tiennent pas à un rapport Paris ? banlieue, mais qui tiennent à un rapport d?un point de vue différent sur ces questions.

Concernant l?extension de Vélib?, il y a deux ans, on vous aurait interrogé sur la possibilité de faire vivre un tel système à l?échelle simplement parisienne, nous n?aurions sans doute pas eu l?engouement que nous avons aujourd?hui. La question se posait évidemment dans ces termes-là au regard d?un réseau élargi à celui de Paris. Nous nous sommes posés la question à ce moment-là.

Il est clair qu?il n?existait pas, au moment de la décision d?entamer le processus de vélo en libre service, d?infrastructures intercommunales permettant de passer un marché à cette échelle. La création d?une telle structure, sur laquelle la Ville de Paris travaille activement depuis 2001, nous aurait ramenés dans des délais sans commune mesure avec ce que nous connaissons.

Par contre, ce qui se passe depuis, je dirais, Madame DOUVIN, l?ensemble des communes voisines de Paris, les 29 communes voisines de Paris y répondent simplement en participant et en répondant positivement à la proposition de travail qui leur étaient faite. C?est 29 communes plus une, puisque nous avons invité Arcueil qui a la particularité de n?être pas en premier rang de Paris mais d?être très près territorialement de Paris.

La totalité des communes voisines de Paris a répondu positivement, non seulement à notre invitation à travailler ensemble, mais a répondu positivement à notre proposition. Alors, je mêlerai la réponse avec le v?u des Verts. Oui, il est affirmé que la proposition qui est faite ne permet pas de mailler les communes voisines de Paris de façon équivalente à celle du territoire parisien pour plusieurs raisons : d?abord parce que je ne suis pas sûr que le chiffre de 300 stations soit le bon à prendre en compte. Nous préférons parler de 7.500 points d?attaches, et de 4.500 vélos injectés en plus dans le système et pas de 4.500 vélos pour la banlieue, 4.500 vélos qui s?intègrent au système Vélib. Cela veut dire qu?à terme il peut y avoir potentiellement 7.500 vélos dans les 29 communes voisines de Paris.

Donc, à partir de quelques critères de raisonnement, d?une part, le maillage des communes voisines ne peut pas être équivalent au maillage parisien, simplement car la densité et l?intensité des déplacements ne sont, pour une partie de ces communes, pas du tout équivalentes à la densité et à l?intensité des déplacements parisiens. Certaines communes ont, par exemple, fort peu d?activités productives, malheureusement pour elles.

En même temps, la proposition répond à un intérêt bien compris des Parisiens. La remarque sur les dépenses parisiennes sera perçue justement de façon très intelligente, très perspicace, par les 120.000 Parisiens qui, tous les jours, travaillent dans l?une des 29 communes voisines de Paris. C?est la réalité, aujourd?hui.

La question des déplacements n?est pas seulement dans le sens banlieue Paris, mais elle est bien aussi dans le sens Paris banlieue. Une partie importante de l?argumentation est de répondre à ce besoin de déplacement par un mode de déplacement comme le vélo, au bénéfice de l?intérêt des Parisiens qui se rendent tous les jours pour le travail, mais aussi pour d?autres activités. On pourrait évoquer tous les pôles d?activité (culturels, sportifs, etc.).

Cela répondra aussi aux besoins des 300.000 habitants de ces 29 communes qui viennent tous les jours travailler à Paris. L?offre de transport en vélo permettra de répondre à leurs attentes.

De ce point de vue-là, une partie de l?argumentation de l?amendement déposé par le groupe ?Les Verts? ne se justifie pas.

Je ferai deux remarques sur les critères de revenu des habitants. Il est clair que les 29 communes seront traitées à égalité, au regard de l?intensité des déplacements. Le travail qui est réalisé sera réalisé justement pour faire des propositions correspondant à ce que j?évoquais, c?est-à-dire des axes structurants de déplacement et, à la fois, l?intensité des déplacements dans ces communes-là.

Nous ne trierons pas les communes en fonction de critères différents de ce qui a été décidé pour Paris, c?est-à-dire densité, habitat, emploi, pôle générateur de déplacements et interconnexion avec les transports collectifs.

Quant à la remarque sur les revenus, je ne vois pas très bien ce qu?elle vient faire ici. La question ne s?est pas posée à Paris. Je ne vois pas le rapport, pour les communes, pour les habitants. L?amendement serait assez mal compris.

Enfin, il reste la remarque qui est tout à fait pertinente et qui concerne la nécessité des aménagements cyclables. C?est une question réelle, qui est soulevée par les maires eux-mêmes. Certains regrettent le manque d?aménagements qu?ils n?auraient pas produits en temps suffisant, mais ils nous font remarquer la spécificité de leur réseau viaire qui a fort peu de chose à voir, pour une part de ces communes, avec le réseau parisien. Par exemple, l?étroitesse des voies. Ou alors des questions plus compliquées en matière de gestion des voiries puisqu?il y a des statuts différents. Par exemple, les voiries nationales sont devenues maintenant des voiries gérées par les Départements.

La question, évidemment, est posée dans le travail, mais la proposition qui est faite, c?est de travailler en même temps l?extension du réseau de transport Vélib, avec le travail de ces propres collectivités sur l?extension des réseaux cyclables.

Voilà ce que je voulais répondre à ces interventions, en proposant de ne pas retenir les amendements du groupe ?Les Verts? sur ce projet de délibération.

M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, l?amendement n° 98 déposé par le groupe ?Les Verts?, avec un avis défavorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

L?amendement n° 98 est rejeté.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 223.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2007, DVD 223).