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Janvier 1999
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26 - 1999, DAC 8 - Subvention à l'Association d'échanges culturels (14e). - Montant : 45.000 F

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 1999


M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons à l'examen du projet de délibération DAC 8 qui concerne une subvention à l'Association d'échanges culturels.
Madame TAFFIN, vous avez la parole.
Mme Benoîte TAFFIN, maire du 2e arrondissement. - Merci beaucoup.
L'objet de cette Association d'échanges culturels semble très intéressant. En effet, la difficulté qu'éprouvent souvent les artistes à trouver des lieux de répétition ou d'exposition est une réalité que les élus parisiens sont souvent amenés à toucher du doigt.
Nous nous sommes inscrits sur ce projet de délibération, que nous voterons, pour poser une simple question : est-il possible de savoir avec plus de précision quelle est la nature des locaux trouvés par l'A.D.E.C. ? Sont-ils publics, privés, associatifs ? Sont-ils mis à la disposition de l'A.D.E.C. gracieusement ou de façon onéreuse ?
Merci beaucoup.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je donne la parole à Mme Soizik MOREAU.
Mme Soizik MOREAU. - Merci, Monsieur le Maire.
Je m'associe tout à fait à ce que vient de dire notre collègue et j'aimerais également avoir une réponse aux questions qu'elle a posées.
J'ajouterai, pour ma part, ce que je vais vous dire maintenant.
Je me suis récemment entretenue avec un responsable de l'Administration parisienne dont la mission est précisément de trouver des locaux pour les associations. La délibération concernant l'Association d'échanges culturels vient donc à point nommé pour esquisser un bilan et ouvrir des pistes pour l'avenir.
Il faut remercier Mme Jacqueline BONNEFOUS d'avoir pris l'initiative d'agir avec d'autres acteurs du monde du spectacle. Il est bon que la Ville de Paris soutienne cette démarche, même si la subvention obtenue n'atteint pas le montant de la subvention sollicitée.
Toutefois, le soutien apporté à cette association est révélateur d'une certaine impuissance de l'Administration parisienne à offrir un tel service par ses propres moyens.
A ce jour, il n'existe aucun fichier (fichier exhaustif naturellement) dressant la liste des locaux inoccupés. Une telle liste permettrait d'appréhender de façon quantitative et qualitative le parc public de locaux et serait une aide précieuse pour tous les artistes et toutes les compagnies débutants qui ne relèvent pas des critères définis par la Ville de Paris pour obtenir une subvention. Un tel outil de base et de référence pourrait être élaboré en croisant les fichiers de l'O.P.A.C., de la R.I.V.P., de la S.A.G.I., etc., en bref l'ensemble des fichiers des sociétés d'économie mixte liées à la Ville de Paris, auxquels il faudrait adjoindre ceux des autres acteurs publics.
Je comprends bien que la vacance des locaux peut varier d'un jour à l'autre, mais ces variations ne sauraient être un obstacle à la constitution d'un tel fichier.
De même, on ne saurait arguer de la nécessaire mise en conformité des locaux pour maintenir le statu quo.
Le défaut de communication entre les artistes et la Municipalité explique aussi, sans doute, la frilosité des responsables municipaux qui craignent que ces derniers ne tiennent pas leurs engagements en matière de bail ou de loyer.
Il y a un effort important à fournir, me semble-t-il, et, avant tout, il faut une volonté politique forte.
Je lisais dernièrement que la Ville de Paris s'était engagée à favoriser le retour des pensionnaires de la Villa Médicis, notamment en leur procurant des ateliers-logements ou des lieux de travail. Je pense que la Ville de Paris s'enorgueillirait de ne pas limiter ce soutien à l'excellence artistique nourrie au soleil de Rome, mais de l'élargir.
Ces considérations faites, deux pistes me paraissent possibles, Monsieur le Maire :
- soit la mise en place d'une personne ou d'un service-ressource au sein de l'Administration parisienne (vous pourriez, par exemple, vous inspirer du Bureau du cinéma que vous avez rénové pour faciliter la réalisation de films dans la Capitale) ;
- soit vous pouvez signer une convention avec une association qui assurera une mission de service public dont l'objectif sera le recensement de tous les lieux qui pourraient servir de lieux de répétition, disponibles dans la Capitale, pour la sphère publique et au-delà, à charge ensuite pour les opérateurs de l'immobilier parisien de proposer des loyers modérés et adaptés aux ressources des compagnies et des artistes...
M. Pascal VIVIEN, adjoint. - Temps de parole !
Mme Soizik MOREAU. - Cette proposition me paraît raisonnable et serait utile à l'ensemble de la collectivité artistique.
Je pense que nous avons tous intérêt à travailler dans le sens de la transparence.
J'espère que l'Exécutif parisien a pris la mesure du recul de la jeune création dans la Capitale : il en va du dynamisme culturel, du renouvellement des générations et de la créativité à Paris.
C'est pourquoi je vous demande de bien vouloir prendre en compte la suggestion que j'expose aujourd'hui.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes du Mouvement des citoyens, socialiste et communiste).
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je donne la parole à M. Yves OGÉ.
M. Yves OGÉ. - Monsieur le Maire, je n'occuperai pas mes deux minutes et demie, parce que j'ai déposé un amendement au nom du groupe " Union pour la Démocratie à Paris " et, donc, ce ne serait que des répétitions.
Ce que je souhaite dire, dans le cadre notamment du budget de la Ville que nous surveillons avec attention, c'est que je suis un peu étonné que cette subvention soit augmentée de 120 % cette année par rapport à l'année dernière.
Par ailleurs, je crois - un peu dans le même esprit que mes collègues - que nous pourrions, avec toutes les possibilités de la Ville, essayer de réduire les frais de cette association, notamment liés aux problèmes de loyers - mais je n'ai pas eu d'explication très précise en 4e Commission lorsque j'ai posé la question - et réduire d'autres frais qui me semblent relativement importants.
Je crois que l'on aurait pu garder la subvention de 20.000 F pour cette association et ne pas la faire passer à 45.000 F.
Merci, Monsieur le Maire.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je donne la parole à Mme MACÉ de LÉPINAY pour répondre aux différents intervenants.
Mme Hélène MACÉ de LÉPINAY, adjoint, au nom de la 4e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.
Madame MOREAU, vous avez fait un exposé très intéressant sur l'accueil des artistes et l'encouragement des jeunes artistes à Paris. On dépasse très largement le cadre du dossier que nous avons à examiner aujourd'hui. Nous pourrons nous en entretenir, si vous le souhaitez.
Néanmoins, vous avez brossé un portrait un peu caricatural de ce que la Ville fait ou ne fait pas, à votre avis, pour les artistes.
En tout cas, pour ce qui concerne l'A.D.E.C., je remercie Mme TAFFIN et vous-même, Madame MOREAU, de soutenir ce projet. Effectivement, l'A.D.E.C. a un rôle important puisqu'elle permet à de jeunes troupes de théâtre de trouver des lieux de répétition qui sont des lieux aussi variés que des hôpitaux, des lycées, des maisons pour personnes âgées - souvent, d'ailleurs, les troupes donnent une représentation pour les pensionnaires de la maison qui les reçoit - la Cité universitaire, etc. Je tiendrai la liste à votre disposition - je ne l'ai pas sous les yeux - si vous le souhaitez.
Je pense donc que son rôle est tout à fait important parce que, contrairement à ce que pense M. OGÉ, la Ville ne dispose pas de locaux à mettre à disposition des troupes qui veulent monter des spectacles à Paris, surtout s'agissant de jeunes troupes qui n'ont pas beaucoup de moyens.
Je vous demande donc, mes chers collègues, de bien vouloir rejeter le voeu présenté par M. OGÉ.
Il se trouve que, l'année dernière, nous n'avions pas pu faire l'effort que nous voulions pour cette association méritante. Je suis heureuse qu'on ait pu augmenter sa subvention cette année.
Je vous demande donc de rejeter l'amendement de M. OGÉ et de bien vouloir voter le projet de délibération, tel qu'il vous est soumis.
Merci.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je vais mettre aux voix, à main levée, la proposition d'amendement déposée par M. OGÉ avec un avis défavorable de Mme MACÉ de LÉPINAY.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
La proposition d'amendement est repoussée.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 8.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (1999, DAC 8).
Je vous remercie.