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Janvier 1999
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42 - 1998, DLH 410 - Autorisation à M. le Maire de Paris de consentir le dépôt par la R.I.V.P. de demandes de permis de construire pour les immeubles situés 12 et 14, passage de Ménilmontant, et de déposer des demandes de permis de démolir visant 2 immeubles à usage d'habitation situés 1 et 8, cité de l'Avenir (11e)

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 1999


M. Patrick TRÉMÈGE, adjoint, président. - Chers collègues, nous passons au projet de délibération DLH 410 relatif à des demandes de permis de construire pour les immeubles situés 12 et 14 passage de Ménilmontant et de déposer des demandes de permis de démolir visant 2 immeubles à usage d'habitation situés 1 et 8 cité de l'Avenir.
Je donne la parole à Mme SCHNEITER.
Mme Laure SCHNEITER. - Monsieur le Maire, vous nous demandez de voter deux permis de construire 14, passage de Ménilmontant et deux permis de démolir 1 et 8 cité de l'Avenir dans le 11e.
Il est certain que vous venez de donner un coup de frein à l'opération que vous aviez lancée dans ce secteur, il y a quelques années. Après une réunion publique, le 27 octobre dernier, puis " une journée ouverte " le 9 novembre sur les problèmes du quartier, vous avez établi une réelle concertation avec les habitants.
La cité Durmar a été exclue du périmètre d'intervention ainsi que le 25 rue des Bluets et un certain nombre d'immeubles bordant le passage de Ménilmontant.
Vous acceptez enfin de prévoir des constructions de hauteur raisonnable et en harmonie avec le style faubourien des maisons alentours. Vous vous inspirerez un peu du parcellaire existant, afin de ménager des cours intérieures, des passages, des ateliers d'artistes. Voilà un projet bien amélioré par rapport à ce qui avait été prévu initialement. Je vous en félicite.
Il reste urgent de préserver et réhabiliter rapidement les maisons basses, les passages, de protéger les cours plantées et les ateliers qui peuvent encore être sauvés.
Ce quartier, par endroits, n'a déjà été que trop défiguré. Beaucoup de maisons qui auraient dû être réhabilitées, commencent à tomber en ruines et l'on voit partout des immeubles murés. Il faut d'urgence arrêter le processus.
Le 1, cité de l'Avenir est entièrement muré, sauf le dernier étage, où rideaux et bâches remplacent les vitres disparues des fenêtres, ce qui prouve que des gens y habitent encore.
Le 1 comme le 8 sont dans un état de dégradation avancée, tout s'effrite, les escaliers sont vermoulus, des fils électriques pendent de toutes part, et l'on patauge, de l'eau jusqu'aux chevilles, dans la cour lorsqu'il pleut.
Si des logements sont murés, beaucoup de familles en occupent encore d'autres. Je me demande comment vous n'avez pas déjà organisé le départ des habitants, locataires ou squatters ; ces gens à tout moment sont à la merci d'accidents dans leurs logements. Que compte faire la Ville pour les squatters, une fois qu'ils seront partis ?
On ne peut décemment les abandonner à leur sort sans les aider.
Vous avez refusé le 6 avril 1998 de profiter des terrains libérés par d'autres démolitions dans la cité de l'Avenir pour construire une piscine à cet endroit, comme vous le réclamaient un grand nombre d'habitants et d'associations.
Vous savez pourtant que le nord du 11e manque cruellement d'équipements publics et d'ailleurs également d'espaces verts. Quand et où trouverez-vous un terrain dans ce secteur pour installer la piscine tant réclamée ? Cette occasion manquée pour la piscine ne m'empêchera pas de voter pour ce projet.
M. Patrick TRÉMÈGE, adjoint, président. - Madame SCHNEITER, je vous remercie.
Monsieur BLET, souhaitez-vous intervenir ?
M. Jean-François BLET. - Oui, juste un mot pour dire à M. BULTÉ que je n'ai pas participé à la réunion sur le secteur " Blanche Avignol ", car vous avez omis de m'y invité.
Par contre, j'ai bien parcouru tout ce secteur, pas à pas, mètre par mètre, et aucune de ses subtilités ne m'en a échappé.
Pour ce qui est du 8 cité de l'Avenir, il faudra nous expliquer pourquoi vous persistez à vouloir détruire l'Avenir ?
Vous reconnaissez implicitement vos erreurs passés. Le nouveau projet d'aménagement du secteur épargne en effet une très charmante cour, la cité Durmar, et la moitié d'une rue, le passage de Ménilmontant. Il s'inspire du tissu caractéristique des coeurs d'îlots faubouriens, tissu jusqu'alors stigmatisé et dont les spécificités étaient l'objet de toutes les vindictes municipales.
Heureuse évolution, mais comment juger de la pertinence des aménagements alors que le descriptif elliptique qui nous est proposé, brille par son minimalisme et son flou ? Il y aura des bâtiments de trois ou quatre niveaux organisés autour d'un espace libre central à moins que ce ne soit le long d'une longue impasse centrale, les deux options étant, vous en conviendrez , radicalement différentes.
Face à de telles incertitudes, comment pourrions-nous cautionner la démolition de deux immeubles , le 1 et le 8 cité de l'Avenir ? Je tiens à préciser que l'immeuble du 1 cité de l'Avenir j'ai eu la possibilité de le visiter, avant qu'il ne soit muré, parce qu'il avait fait l'objet d'une délibération antérieure. Il n'était pas dans un état tel qu'il soit insusceptible d'être réhabilité, loin de là.
Concernant cet immeuble du 1 cité de l'Avenir, pour le bureau Véritas les structures de l'immeuble ne présentent que de simples faiblesses, je cite : " dues, à l'état d'époque de la construction ". Avec un tel critère d'époque, je crois qu'on pourrait raser tout Paris, mais outre le fait que le bâtiment n'est en aucun cas jugé comme irrécupérable par Véritas, qui est responsable de cette dégradation ?
En effet, la délibération soumise au 1er décembre 1986 autorisant l'acquisition à l'amiable de cet immeuble considérait que son état général était passable ce qui, dans le jargon des services techniques , était flatteur. Aucune mention n'était faite d'un quelconque problème de structures. Entre 1986 et aujourd'hui, que s'est-il donc passé ? La municipalité a simplement mis en place un périmètre de préemption urbain renforcé et a progressivement " grignoté " l'immeuble, logement par logement, sans se préoccuper le moins du monde de son entretien, incitant ainsi à son délaissement, présentant implicitement la démolition comme une issue fatale, ce qui est la stratégie classique du pourrissement.
Ainsi que l'avoue cyniquement l'avis du service des Domaines privés, je cite : " l'insalubrité générale de l'ensemble de la cité de l'Avenir est due à la voirie effondrée en partie, aux collecteurs vétustes et très endommagés ".
L'immeuble n'est donc pas en cause, son état général n'étant que médiocre. Qui est responsable ? Qui est visé par cet argumentaire ? La Ville de Paris, les Services de la Voirie, placés sous l'autorité du Maire de Paris qui ont délibérément refusé d'entretenir la voirie, qui ont curieusement omis d'effectuer les opérations nécessaires. Et maintenant, la Ville ose se prévaloir de ses propres carences pour justifier l'expulsion des habitants et détruire leurs immeubles. Ce n'est plus la Cité de l'Avenir, c'est la Cité de la Honte.
L'immeuble du 8 est évidemment soumis au même régime et son état jugé médiocre en 1986 ne s'est pas amélioré depuis lors. Outre l'apathie de la Ville concernant l'entretien de cet immeuble dont elle est copropriétaire, attitude d'autant plus choquante que vous nous demandez aujourd'hui de voter sa démolition, alors que l'acquisition des autres lots de l'immeuble n'est pas encore conclue. De quel droit déposez-vous un permis de démolir sur des biens qui ne vous appartiennent pas ? L'abus de droit est manifeste. Depuis douze ans, vous découragez systématiquement les initiatives éventuelles et vous laissez la gangrène s'installer dans un bâtiment qui aurait mérité une bonne cure de jouvence.
Pour l'Avenir, c'est clair. L'urbanisme à visage humain, c'est un zeste de réhabilitation et beaucoup de destructions.
Pour une réhabilitation au 12, passage de Ménilmontant, trois destructions : le 14 passage de Ménilmontant, le 1 et le 8 Cité de l'Avenir.
Face à de telles exactions et eu égard au flou artistique relatif au programme d'aménagement du secteur, nous ne saurions voter de telles destructions.
L'Avenir de la Cité gît au fond des décombres. Vive Paris !
M. Patrick TRÉMÈGE, adjoint, président. - Je vous entends depuis pas mal de temps intervenir sur des dossiers de la Direction du Logement et de l'Habitat qui intéressent les 18, 19, 20 et 11e arrondissements. De votre place, certes, très en hauteur, vous ne cessez de donner des leçons aux uns et aux autres.
Je ne sais pas comment l'opposition municipale réagit à vos propos sur des dossiers qui sont votés à l'unanimité. Vous ne cessez de stigmatiser l'incapacité des élus mais aussi des services.
Monsieur BLET, sans tomber dans la polémique...
M. Jean-François BLET - ... Je m'appuie sur la propre citation des services pour montrer dans quelle contradiction vous vous dépêtrez !
M. Patrick TRÉMÈGE, adjoint, président. - Vous êtes d'une compétence sans faille et l'ensemble des élus qui siègent sont des abrutis !
M. Jean-François BLET. - Je suis toujours resté courtois dans mes propos et si je n'interviens pas sur les arrondissements du centre...
M. Patrick TRÉMÈGE, adjoint, président. - Soyez persuadé qu'il y a dans le 20e comme dans les autres arrondissements, des élus qui connaissent le terrain.
M. Michel BULTÉ, adjoint, au nom de la 6e Commission. - Nous allons aborder le projet de délibération de la Cité de l'Avenir et nous sommes à la Mairie de Paris pour construire l'avenir.
Le périmètre a été approuvé par les délibérations du 29 juin et du 10 juillet 1998, dans le sens d'une meilleure préservation du quartier, conformément à la nouvelle politique d'urbanisme et confirmée lors d'une réunion de concertation avec les élus et les associations du 11e arrondissement.
Monsieur BLET, vous devez avoir un déficit dans vos correspondants sur le plan local car, au même titre que tout à l'heure, ce n'est pas nous qui invitons les élus des autres arrondissements, mais votre formation politique aurait dû vous prévenir de ces différentes réunions de concertation.
Je rappellerai que le Conseil de Paris a d'ores et déjà autorisé, par délibérations respectives du 4 mai et du 8 juin 1998, le dépôt de demande de permis de démolir.
L'acquisition complète de ces deux immeubles nécessite le lancement d'une procédure de Déclaration d'utilité publique dont les modalités seront soumises prochainement à notre Conseil. Le programme prévisionnel respectant les caractéristiques des coeurs d'îlots faubouriens pourrait comporter une quarantaine de logements neufs, cinq ateliers-logements d'artistes à l'entrée de cette Cité, une douzaine de logements au 18, passage Ménilmontant, et enfin, cinq logements réhabilités et trois logements neufs au 12 et au 14, rue Ménilmontant.
En ce qui concerne l'immeuble communal au 1, Cité de l'Avenir et l'immeuble en copropriété 8, Cité de l'Avenir dont la Ville de Paris possède 98 sur 128 millièmes, des études précises ont été menées en vue d'une conservation éventuelle à laquelle la Municipalité a dû renoncer en raison de graves désordres que ces immeubles vétustes présentent. Ils se situent dans un secteur insalubre dont la voirie et le réseau d'assainissement sont dégradés.
Il importe donc de procéder plus tôt à la démolition de l'immeuble communal libre de tout occupant au 1, Cité de l'Avenir, la démolition de l'immeuble au 8, Cité de l'Avenir ne pouvant intervenir qu'après la dernière acquisition, après le dernier départ du dernier occupant.
M. Patrick TRÉMÈGE, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DLH 410.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (1998, DLH 410).