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Janvier 1999
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Conseil Municipal
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9 - 1999, AJ 1 - Autorisation à M. le Maire de Paris de défendre à l'instance engagée par l'association " Piscine Molitor " tendant à l'annulation de la délibération du Conseil de Paris, en date du 7 juillet 1997, relative à la restructuration du site de la piscine Molitor et à la passation des marchés de maîtrise d'oeuvre

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 1999


M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération AJ 1 qui porte sur une autorisation à M. le Maire de Paris de défendre à l'instance engagée par l'association " Piscine Molitor " tendant à l'annulation de la délibération du Conseil de Paris, en date du 7 juillet 1997, relative à la restructuration du site de la piscine Molitor et à la passation des marchés de maîtrise d'oeuvre.
Je donne la parole à Mme SCHNEITER.
Mme Laure SCHNEITER. - Monsieur le Maire, nous examinons un projet de délibération vous permettant de vous défendre devant le Tribunal administratif, suite à un recours visant à faire annuler la délibération du Conseil de Paris du 7 juillet 1997.
Les arguments que vous avancez en défense sont bien minces et ignorent la réalité de ce dossier.
Le projet immobilier sur l'emprise de la piscine Molitor remonte à plus de dix ans. Dès 1989, la concession n'était pas renouvelée et l'ensemble était muré pour laisser libre champ aux promoteurs. Sous la pression de la spéculation immobilière, vous allez noyer dans le béton le bel ensemble Art-Déco de Lucien Pollet pour quelques logements de luxe et un complexe hôtelier.
Avec ce projet, la partie nord sera détruite, le bassin d'hiver également, le bassin d'été sera " reconstitué ", enchâssé dans les nouveaux immeubles, la patinoire disparaîtra.
Il a fallu la levée de boucliers des riverains et des associations pour obtenir l'inscription à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques, afin de limiter le massacre.
Monsieur le Maire, jamais le Conseil de Paris n'a été consulté sur l'ensemble du projet, jamais il n'a délibéré de son orientation générale.
Par la délibération du 7 juillet 1997, vous avez voulu nous faire avaliser les études de restructuration qui avaient déjà été faites par le promoteur alors que l'article 1 de cette délibération spécifiait : " Est approuvé le principe de la réalisation d'études en vue de la restructuration du site occupé par l'ancienne piscine Molitor ".
La même délibération du Conseil de Paris, à l'article 2, confiait la maîtrise d'oeuvre aux architectes Reichen et Robert pour la piscine publique et Mimram pour sa couverture.
Il y a pourtant bien une différence essentielle entre des études qui se font au début d'un projet et l'engagement de réalisations que sont des marchés de maîtrise d'oeuvre.
Deux appels d'offre ont bien été lancés en 1996, l'une sur l'aménagement d'une partie de la piscine réputée rester publique, l'autre sur la couverture du bassin. Mais les dés étaient clairement " pipés ", puisque c'est le projet Reichen et Robert qui prévoyait une couverture. Comment accrocher un toit ouvrant à un ouvrage dont la conception n'aurait pas encore été arrêtée ?
On anticipait sur le résultat de la consultation.
Au demeurant, il n'a jamais été débattu de la séparation en deux parties du projet de restructuration/démolition, l'une publique, l'autre privée.
Le 7 juillet 1997, vous avez mis le Conseil de Paris devant le fait accompli sans lui fournir les informations indispensables. Aucun document n'était joint à l'exposé des motifs donnant des informations complètes : pas de plans du projet, aucune précision quant à la participation publique/privée de l'opération, aucune information quant aux maîtres d'oeuvre qui s'étaient portés candidats suite à l'appel d'offres, ni sur les caractéristiques des projets présentés, ni sur les motivations du jury.
" Le Moniteur des Travaux publics ", journal bien informé, titrait en novembre dernier : " Piscine Molitor : le projet de réaménagement prend encore du retard ! ", en publiant l'historique suivant :
- 1988 : consultation de promoteurs pour la construction d'une nouvelle piscine et d'un programme privé après démolition complète. Lauréat : Meunier Promotion ;
- 1990 : inscription du bâtiment à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques ;
- 1991 : consultation auprès d'architectes-promoteurs. Le projet de Reichen et Robert est retenu.
- 1994 : les deux lauréats s'associent pour présenter un nouveau projet.
- 1996 : concours pour la couverture du bassin d'été. Lauréat : Marc Mimram. "
Si telle est la réalité, Monsieur le Maire, elle montre que des décisions ont été prises, sans consultation du Conseil de Paris. Je crois que le Conseil de Paris aimera savoir si cet historique est exact. S'il ne l'est pas, vous pourriez demander un rectificatif au " Moniteur des Travaux publics ".
Ces précisions étant données, Monsieur le Maire, je voterai pour ce projet de délibération vous permettant de vous défendre. Il n'en reste pas moins que ce projet de destruction de la piscine Molitor est inadmissible, tant d'un point de vue artistique et urbanistique et que la méthode, pour y parvenir, relève, pour le moins, de l'opacité.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Monsieur BLET est inscrit sur cette délibération, mais je ne le vois pas en séance.
Je donne la parole à Mme TISSOT pour qu'elle puisse répondre à Mme SCHNEITER.
Mme Claude-Annick TISSOT, adjoint, au nom de la 2e Commission. - Il ne s'agit pas de contredire Mme SCHNEITER, on laissera la tribunal décider d'annuler ou pas la délibération qui a été déférée devant lui.
Je rappelle simplement que ce projet de délibération qui nous concerne porte exclusivement sur l'autorisation donnée au Maire de Paris de faire valoir la défense de la Municipalité devant cette instance.
Merci, Monsieur le Maire.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Merci, Madame TISSOT.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération AJ 1.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (1999, AJ 1).