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Decembre 2002
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53 - 2002, DVD 246 - Renaissance de la Bièvre à Paris. - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer avec l'association "Exposition Bièvre" une convention pour la présentation de l'exposition "la Bièvre rivière vivante à Paris. - Subvention correspondante. - Montant : 34.500 euros

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2002


M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Nous passons maintenant au projet de délibération DVD 246 qui porte sur la renaissance de la Bièvre à Paris. Il s'agit d'autoriser M. le Maire de Paris à signer avec l'association "Exposition Bièvre" une convention pour la présentation de l'exposition : "La Bièvre, rivière vivante à Paris". La subvention est d'un montant de 34.500 euros.
M. BARDON, M. COUMET et Mme CONSTANTIN répondra.
Monsieur BARDON, vous avez la parole.
M. Jean-Charles BARDON. - Monsieur le Maire, vous nous proposez d'accorder une subvention de 35.600 euros à l'"association Bièvre" pour l'organisation d'une exposition itinérante baptisée "Bièvre, rivière vivante à Paris". Bien sûr, toutes les actions qui tendent à amplifier un effort de communication à destination des parisiens doivent être soutenues, même si parfois, comme c'est le cas ce soir, le montant de ces subventions peut paraître contestable, 35.600 euros, je trouve que c'est beaucoup, mais cette subvention est surtout pour nous, élus U.M.P., l'occasion de vous faire part de certaines inquiétudes, de certaines interrogations qui se sont manifestées, notamment à l'occasion des premières réunions de présentation des projets d'aménagement de la Bièvre relatifs au 5e et au 13e arrondissements de Paris.
Inquiétudes manifestées tout d'abord par l'ampleur des projets, projets qui ne tiennent que peu de compte des préoccupations des riverains directs des futurs aménagements, ampleur des projets dont les conséquences, notamment en matière de sécurité pour le Jardin des Plantes, sont ignorées, inquiétudes sur l'information minimaliste mise à disposition des administrés.
En effet, on est en droit de poser la question : quid des futures emprises de chantiers, quid de l'avenir d'un établissement scolaire, le lycée Louise-de-Marillac, pendant la durée des travaux, lycée situé au beau milieu du futur chantier Buffon ?
Outre ces inquiétudes, Monsieur le Maire, parmi d'autres, les habitants des 5e et 13e arrondissements s'interrogent tout naturellement sur le coût financier total de l'aménagement de la Bièvre pour notre collectivité. Il n'y a aucun document comptable à destination des parisiens permettant au moins une ébauche de projet de budget. La brochure que j'ai ici en mains, distribuée gracieusement par la Ville de Paris, ne comporte aucun chiffrage et les tentatives d'explication des modes de financement des élus de votre majorité nous ont laissé perplexes.
Aujourd'hui, les Parisiens font leurs comptes. Cet après-midi, une subvention de 35.600 euros, hier, c'était en juillet 2002, une délibération de 3.750 euros par an votée pour contribuer au budget de financement d'un syndicat, syndicat créé pour faire renaître la Bièvre, sans oublier la contribution financière indirecte du Département de Paris au projet d'aménagement de la Bièvre par le biais du S.I.A.A.P.
Face à ces dépenses déjà votées ou programmées, face à ce que j'appellerai l'addition finale de ce projet audacieux, il faudra que votre majorité sache confirmer et expliquer aux plus réticents que leur argent sera bien utilisé et qu'une rivière que certains considèrent à tort ou à raison comme morte ou disparue mérite bien un tel traitement de faveur, une telle priorité et surtout, un tel coût.
Nous souhaitons donc, vous l'avez compris, sans repousser le projet d'aménagement de la Bièvre dans sa partie parisienne, vous mettre en garde sur les efforts d'explication qu'il vous reste à faire, sur l'encadrement financier qu'il vous appartient d'instaurer. En effet, je rappellerai pour mémoire que si l'on a mis cent ans pour découvrir la Bièvre, on mettra au moins vingt ans pour rouvrir cette rivière, rivière qui, malheureusement, ne coulera toujours pas à l'issue du projet dans son lit originel, ni dans son environnement traditionnel, ni à son niveau primaire sans avoir été dépolluée en amont de Paris, car force est de constater qu'il existe toujours au moins dix points de pollution identifiés qui ne seront toujours pas résolus à la fin du chantier.
Prudence et rigueur donc, Monsieur le Maire, pour ce projet qui est un projet francilien, dont les fondements sont chers à mes collègues TRÉMÈGE et TOUBON.
Vous avez délibérément, Monsieur le Maire, choisi d'écarter une approche plus pragmatique de ce projet en privilégiant une vision que je qualifierai de "romantique". Et bien après tout, je vous dis chiche, pourquoi pas si vous êtes, le moment venu, capable d'expliquer aux Parisiens que les sommes dépensées pourront permettre de retrouver une certaine identité autour de cette rivière.
Vous voulez financer, Monsieur le Maire de Paris, un "rêve créatif" comme le déclarait Mme CONSTANTIN. C'est un rêve qui ne doit pas se transformer en "cauchemar financier" et ainsi donner raison à ceux qui, comme le déclarait le Baron Haussmann, considéraient la Bièvre comme "une rivière infecte qui verse ses flots fangeux dans la Seine et dont l'intérêt environnemental ne vaut pas un Louis".
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Monsieur BARDON.
Monsieur COUMET, vous avez la parole.
M. Jérôme COUMET. - Je reste pantois face à ce que je viens d'entendre parce qu'il me semblait que le projet Bièvre était un projet qui avait été initié par un certain Maire de Paris qui s'appelle Jean TIBERI, que vous connaissez bien. Peut-être vous êtes vous aperçu, depuis, que M. TREMEGE et M. TOUBON soutenaient ce projet, c'est peut-être pour cela que vous êtes contre, si j'ai bien écouté votre intervention, mais je suis totalement surpris par votre réaction. Je pensais que l'on aurait un débat tout à fait consensuel et j'étais plutôt heureux qu'un conseiller de la majorité et qu'un conseiller de l'opposition s'inscrivent sur ce projet : je pensais que nous allions dire à peu près la même chose.
Là, je suis particulièrement déçu. Vous êtes favorable à la renaissance de la Bièvre à condition que cela ne coûte rien, c'est cela ?
Je suis d'autant plus surpris que les réunions publiques organisées à ce sujet ont eu un tel succès que celle du 13e a été dédoublée. La première réunion qui a été organisée dans la Salle des Fêtes de la mairie du 13e, qui est relativement gigantesque, a été doublée par une deuxième réunion et celle du 5e a été annulée parce que la Salle des Fêtes n'était pas suffisamment grande et qu'il a fallu l'organiser dans un gymnase !
Nous avons touché à quelque chose qui est certainement enfoui, mais en tout cas, toujours tout à fait sensible, au propre comme au figuré.
Cette deuxième rivière de Paris reste gravée dans la mémoire collective. Les succès de cette première présentation du projet, tout comme, d'ailleurs, le nombre d'ouvrages publiés à ce sujet, démontrent, s'il en était besoin, que les habitants des 13e et 5e arrondissements souhaitent ardemment retrouver des témoignages de cette rivière aujourd'hui enterrée.
Retrouver la Bièvre, c'était effectivement une utopie, cela devient aujourd'hui un projet. La Bièvre, c'était le passé, elle devient aujourd'hui l'avenir de Paris et je m'étonne d'une telle manifestation de réticences, d'autant que ce n'est pas tout à fait ce que l'on a entendu dans le 13e et dans le 5e au cours des réunions publiques organisées à ce sujet là.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et apparentés, communiste, du Mouvement des citoyens et "Les Verts").
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Monsieur COUMET.
Je vais demander à Mme CONSTANTIN de nous faire partager son rêve créatif.
Mme Myriam CONSTANTIN, adjointe, au nom de la 4e Commission. - Merci, Monsieur le Maire, merci Jérôme COUMET, merci aussi à M. BARDON, mais on le voit, la Bièvre passionne et la Bièvre continue de passionner, y compris presque cent ans après son enterrement comme certains l'ont dit.
Depuis des années, nous nous étions engagés dans cette idée de favoriser la renaissance de la Bièvre. Et ce projet, cette idée, ne nous appartenait pas en propre puisque, Jérôme COUMET l'a dit et d'ailleurs M. BARDON aussi, et également Jean TIBERI et MM. Jacques TOUBON et Patrick TRÉMÈGE mais bien d'autres ont eu aussi cet objectif, et ont aussi ?uvré sous l'ancienne municipalité pour cette renaissance.
De quoi s'agit il ?
Je vous rappelle que nous avons voté en juillet les objectifs que nous pouvions partager pour la renaissance de la Bièvre. Il s'agit déjà de mener une concertation, elle l'a été, elle s'est achevée le 22 novembre 2002 sur ce que ressentent les habitants, ce qu'il veulent.
Nous leur avons présenté - vous avez fait référence à la plaquette qui reprend l'exposition présentée en mairie du 13e et en mairie du 5e - les objectifs de l'opération. Nous leur avons présenté une projection de ce que pourrait être la Bièvre aujourd'hui, en amont de Paris dans son bassin, ce qu'elle pourrait être à Paris avec les contraintes d'aujourd'hui. Avec une interrogation centrale : que peut-être la Bièvre ? Que peut apporter la Bièvre ? Que peut être un projet de renaissance de la Bièvre pour les Parisiennes et Parisiens d'aujourd'hui et également pour les Franciliens ?
Vous avez suggéré que les Parisiens et les Franciliens étaient fortement intéressés par l'opération. Cette concertation, comme vous l'indiquiez un peu, Monsieur BARDON, et comme surtout Jérôme COUMET l'a noté, a eu un énorme succès. Nous sommes en train de dépouiller actuellement l'ensemble des opinions émises dans cette concertation et nous avons pris l'engagement que la synthèse de cette concertation serait présentée au Conseil de Paris.
Nous l'avons dit, Bertrand DELANOË l'a dit également, cette adhésion des Parisiens, ou leurs réserves et critiques, ou leurs opinions conditionnent largement la suite du projet. Dans une renaissance de la Bièvre, il y a plusieurs dimensions, qu'on peut mener simultanément ou indépendamment.
Il peut s'agir d'un projet environnemental, c'est à dire de nous associer à l'ensemble des communes situées en amont en ayant l'idée, aujourd'hui, de voir un jour le cours de cette rivière restauré, d'amont en aval en tenant compte des constructions et de la Ville.
Cela prendra énormément de temps et nous ne manquons pas de le dire aux Parisiennes et Parisiens. On a mis cent ans à enterrer la Bièvre ; elle ne se recréera pas en un jour.
Projet environnemental, c'est donc la première interrogation.
La deuxième concerne le projet urbain que peut être la Bièvre. Est-ce que nous souhaitons remettre à jour la Bièvre sur plusieurs sites à travers le 13e et le 5e dans des jardins, des espaces publics et pour leur débouché en Seine et comment le souhaitons-nous ?
Ce que vous avez eu dans la plaquette, Monsieur BARDON, et dans l'exposition ce n'est pas un projet, c'est une projection, c'est une idée. Le projet reste à construire. Bien entendu, nous serons extrêmement attentifs, s'il doit se dérouler dans cette mandature ce qui n'est pas encore complètement acquis, puisque notre objectif maximum est de réaliser un seul site dans la mandature, en tout cas s'il devait se réaliser croyez que l'ensemble des populations riveraines et plus largement les Parisiens seraient saisis du projet en lui-même.
Troisième aspect, la Bièvre, c'est un projet symbolique, que nous avons là aussi la possibilité de recréer ou pas. Comme également pour les deux autres cas, nous avons le temps de le recréer, et nous sommes maîtres de la vitesse à laquelle nous enclencherons et développerons cette renaissance de la Bièvre ; projet symbolique qui peut aider à revaloriser, à recréer l'image, le souvenir et également des éléments tout à fait présents de cette rivière dans la Ville d'aujourd'hui.
Qu'est-il prévu maintenant ? Vous l'avez dit, Monsieur BARDON, une exposition, menée par une association, qui a présenté un projet, qui semble intéressant. C'est une exposition itinérante qui s'est déjà déroulée partiellement dans d'autres communes du bassin de la Bièvre, qui serait à Paris enrichie des aspects parisiens de la Bièvre et accompagnée de pas mal de pédagogie et de visites guidées.
Les 35.000 euros de coût de cette initiative, point que vous souleviez tout à l'heure ? A mon avis et de l'avis de beaucoup de ceux qui ont eu à regarder ce projet, ils sont justifiés.
Après le bilan de la concertation, nous pensons organiser - cela a été présenté dans la délibération de juillet 2002 - un concours européen sur l'ensemble du schéma directeur de la Bièvre.
Voilà ce qui est prévu pour l'instant.
A chaque étape du projet, vous aurez la possibilité - le Conseil de Paris et les habitants - de donner votre avis.
Nous sommes très soucieux des deniers publics. Prudence et rigueur c'est aussi notre mot d'ordre aux côtés du rêve créatif et nous mettons ce projet en balance avec les crèches, avec les autres équipements qui sont à réaliser dans cette mandature. Nous avancerons doucement, nous avancerons au rythme que nous donnerons les Parisiens. Merci.
J'ai été très longue, pardonnez-moi.
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Non, ce n'était pas du tout une réponse fleuve.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 246.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2002, DVD 246).