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Decembre 2002
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Conseil Municipal
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10 - Suspension et reprise de la séance

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2002


(La séance, suspendue le lundi 9 décembre 2002 à vingt heures quarante cinq minutes, est reprise le mardi 10 décembre 2002 à neuf heures quarante minutes, sous la présidence de M. le Maire de Paris).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Chers collègues, ces travaux étant denses, ne perdons pas trop de temps. Avant de procéder aux nombreux votes sur les différents budgets et ainsi que la conférence d'organisation en a décidé, il va y avoir maintenant cinq minutes par groupe pour une explication de vote.
Je donne la parole d'abord au groupe "Les Verts", Christophe NAJDOVSKI pour cinq minutes.
M. Christophe NAJDOVSKI. - Merci, Monsieur le Maire.
Monsieur le Maire, chers collègues, comme l'a rappelé hier notre collègue Marie-Pierre MARTINET au nom de notre groupe, le vote du budget est un moment fondamental, un moment de vérité pour celles et ceux qui ont à c?ur de mettre en ?uvre le projet politique pour lequel ils ont été élus.
Depuis vingt mois, la majorité municipale applique le contrat sur lequel elle s'est engagée. Je ne reviendrai pas sur les déjà nombreuses réalisations qui sont les nôtres.
Le budget 2003 constitue une nouvelle étape de la mise en ?uvre de ce contrat dont l'objectif est d'offrir une meilleure qualité de vie à tous les Parisiens notamment en résorbant le déficit en équipements laissé par nos prédécesseurs.
La forte hausse de l'investissement entamée au budget 2002 et qui sera poursuivie en 2003 doit y contribuer.
En mettant l'accent dans ce budget sur les crédits de paiement plutôt que sur les autorisations de programme, vous tenez un langage de vérité. En effet, ce qui est essentiel c'est que le budget d'investissement en forte hausse depuis 2001 soit exécuté de manière à concrétiser nos projets. Sur ce point, nous avons encore une marge de progression non négligeable.
Nous notons avec satisfaction que vous comptez apporter une réponse positive à nos propositions en matière budgétaire, comme c'est le cas sur notre voeu pour un budget informatisé qui permettrait une analyse prospective et rétrospective des questions budgétaires.
Par ailleurs, nous estimons que l'effort financier de la collectivité parisienne en matière de santé et notamment dans la lutte internationale contre le Sida se doit d'être exemplaire.
Paris, nous le savons tous, fait déjà beaucoup dans la lutte contre cette pandémie, mais il serait incompréhensible que l'effort de la Ville dans ce domaine ne soit pas à la hauteur du terrible drame qui est en train de se nouer dans les pays du Sud. La Ville de Paris se doit de montrer l'exemple en prenant l'initiative.
Aussi, nous notons avec satisfaction, Monsieur le Maire, le concours supplémentaire de la Ville en matière financière dans la lutte internationale contre le Sida du montant significatif de 1 million d'euros. En faisant cela, elle montrera la voie aux autres collectivités du monde entier.
Monsieur le Maire, nous avons choisi de participer de manière pleine et entière à la réalisation de nos objectifs communs. Mais nous devons prendre garde car, d'ici à la fin de la mandature, notre parcours est semé d'embûches.
La situation économique générale est marquée par la récession. L'opposition joue l'obstruction plutôt que la construction. Le Gouvernement se défausse de ses responsabilités notamment en matière d'action sociale.
Nous devons donc être très attentifs à ce que nous tenions nos engagements pris devant les Parisiens en 2001 avec un contexte aujourd'hui incertain.
Les élus du groupe "Les Verts" voteront pour ce budget qui nous permet aujourd'hui de poursuivre notre chemin vers les objectifs que nous nous sommes fixés.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs du groupe "Les Verts").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup.
J'invite tous les Présidents de groupe à vous imiter : on peut dire beaucoup de choses sans utiliser les cinq minutes.
La parole est au groupe communiste, Jean VUILLERMOZ.
M. Jean VUILLERMOZ. - Merci.
Au terme de ce débat budgétaire, il nous revient de procéder aujourd'hui à l'acte le plus important dans la vie de notre Conseil, celui de se prononcer sur le budget de notre collectivité. Acte qui engage chacune et chacun d'entre nous sur ce qui fonde la conception des missions d'une collectivité publique.
Missions qui visent, pour ce qui nous concerne, à assurer l'égalité de toutes et de tous devant l'offre de services publics. Egalité, faut-il le rappeler qui demande des efforts conséquents en investissements, mais aussi en dépenses de fonctionnement, tant les Parisiens ont souffert et souffrent encore d'un sous-équipement de la Ville capitale.
Pire, pendant des années, la ségrégation sociale, économique, mais aussi le mépris, ont été le lot des centaines de milliers d'habitants du Nord et de l'Est de Paris. Et nous l'avons vérifié encore une fois à l'occasion de cette discussion budgétaire, la droite parisienne persiste à vouloir distinguer deux Paris : celui du Centre et de l'Ouest qui doit se préserver de toute invasion, mais qui devrait dans le même temps se voir doté de l'essentiel des futurs équipements, et celui du Nord-est qui, à ses yeux, aujourd'hui, serait trop choyé alors que cette partie de Paris a été victime de politiques ségrégatives pendant de longues années, alors qu'il s'agit de rétablir, enfin, l'égalité de traitement à laquelle tous les Parisiens ont droit.
Ce budget 2003, doté de 5,8 milliards d'euros n'a rien d'artificiel. Il parle aux Parisiennes et aux Parisiens car il touche directement leur vie quotidienne y compris de celles et de ceux qui vivent dans la détresse permanente, dans l'exclusion. L'ensemble de ces actions ont été valorisées et enrichies notamment par les élus de notre groupe.
Permettez-moi de revenir quelques instants sur ces enrichissements.
Hier, Christian SAUTTER avec raison, a indiqué que la Ville à elle seule ne pouvait pas faire reculer le chômage. Cette appréciation prend toute sa signification lorsque l'on sait que les Parisiennes et les Parisiens, mais plus généralement les Français, sont très inquiets à propos de la dégradation de l'emploi et de la situation économique. Dans un récent sondage, seulement 15 % des personnes pensent que "les choses vont en s'améliorant" ! C'est dire qu'il convient de saluer cette lucidité face à une politique gouvernementale que l'on peut résumer par un slogan : "servir le Capital".
Dans le cadre du débat budgétaire, les élus communistes vous ont avancé des propositions.
Celle visant à organiser des Etats généraux a reçu votre soutien. Nous nous en réjouissons. Cette rencontre avec un ensemble de partenaires nous permettra, nous en sommes convaincus, de dégager des actes nouveaux et fructueux au service du développement de l'emploi à Paris.
Il nous a été proposé de transformer en voeu notre amendement concernant le foncier pour maintenir des activités et favoriser l'installation de nouvelles P.M.E.-P.M.I. La proposition de doter la Ville de Paris d'un outil opérationnel d'intervention dans ces domaines et celle d'inscrire la nécessité de préserver les activités dans le futur règlement du P.L.U. ont bien entendu pour mon groupe valeur d'engagements.
S'agissant des moyens engagés pour réussir une grande consultation des Parisiens sur le P.L.U., nous avions proposé d'y consacrer des moyens conséquents en missionnant un organisme spécialisé.
En réponse, vous nous proposez un voeu qui engage des moyens complémentaires pour tenter de toucher le maximum de Parisiens. Nous en prenons acte tout en considérant qu'une opportunité telle que celle de l'élaboration du P.L.U. aurait mérité un effort bien plus conséquent mais, soyez en certains, nous y reviendrons incessamment et notamment lors du prochain débat sur le P.A.D.D.
Enfin, je tiens à vous faire part de notre satisfaction quant aux engagements financiers qui permettront d'organiser en 2003 une campagne d'information en direction des Parisiens sur les réalités de la prostitution.
Pour conclure, Monsieur le Maire, ce budget 2003 va nous permettre, par les actions que nous déploierons, d'améliorer sensiblement la vie quotidienne des Parisiennes et des Parisiens, en réduisant les inégalités.
Pour toutes ces raisons, Monsieur le Maire, le groupe communiste votera le budget 2003 de notre collectivité.
(Applaudissements sur les bancs des groupes communiste, socialiste et radical de gauche, du Mouvement des citoyens et "Les Verts").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup.
La parole est à M. LEGARET, pour le groupe U.M.P.
M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, il faut conclure au terme de cette discussion budgétaire. Le budget 2003 porte deux marques qui sautent aux yeux : l'opacité et l'impécuniosité.
L'opacité parce que c'est la première fois que les documents budgétaires nous sont présentés d'une manière tronquée, fallacieuse, insincère, avec l'impossibilité de comparer ce qui est comparable, avec une nouvelle méthode comptable et budgétaire qui consiste, en réalité, à tout embrouiller de manière à ce que les Conseillers de Paris ne puissent pas faire leur travail, leur devoir d'analyse et de proposition.
Nous nous sommes efforcés de déposer, par des amendements et des v?ux, des contributions raisonnables. Le président Jacques BRAVO a bien voulu, hier, émettre une critique que j'ai prise pour un éloge, en relevant que nos amendements ne bouleversaient pas le budget de plus de 1 %.
Les amendements devant être gagés, je considère que c'est bien la preuve qu'ils étaient strictement conformes aux normes de ces règles budgétaires.
M. SAUTTER a bien voulu m'indiquer, dans la soirée, qu'il reprendrait trois de nos v?ux à condition d'effacer - tiens, revoilà Tartuffe ! - les considérants. Je salue ce geste de bonne volonté puisque, sauf erreur de ma part, c'est la première fois depuis cette nouvelle mandature que l'Exécutif veut bien tenir compte de v?ux que nous déposons dans une séance budgétaire. Je salue donc cette avancée, ce qui prouve que lorsque nous émettons des propositions...
M. Christian SAUTTER, adjoint. - Raisonnables.
M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - ... simplement de bon sens, pour essayer de faire en sorte que la transparence soit rétablie, il peut y avoir une rencontre de bonnes volontés.
Pourquoi ne pas aller plus loin ? Je suis très surpris que des v?ux que nous avions proposés également pour aller plus loin dans la transparence, notamment la proposition de constitution d'une commission spéciale pour pouvoir veiller sur l'usage des crédits de fêtes, de cérémonies, de train de vie de l'Hôtel-de-Ville, aient été rejetés par M. CARESCHE, hier soir, avec un argument qui ne tient absolument pas, en disant : à la différence de ce qui se passait lorsqu'il y avait une questure, désormais tous les élus de Paris vont pouvoir avoir entre les mains les chiffres.
Je fais remarquer à M. CARESCHE que, lorsqu'il y a une commission, cela permet à des commissaires de travailler plus spécifiquement sur les sujets qui les intéressent mais que cela n'empêche en rien l'assemblée plénière de disposer de la totalité des informations.
Je considère qu'il y a donc là une volonté de ne pas aller dans le sens de la transparence et je ne puis que le regretter.
La conclusion ne vous étonnera pas, Monsieur le Maire. Compte tenu de cette présentation du budget, compte tenu que la Ville se trouve en situation d'impécuniosité parce que vous avez dépensé sans compter, parce que nous constatons que votre seul recours consistera à mobiliser davantage d'emprunts pour essayer de boucher les trous et faire face à l'urgence, les élus U.M.P. voteront contre le budget que vous présentez.
S'agissant du budget spécial de la Préfecture de police, nos intervenants ont eu l'occasion de s'exprimer, hier soir. Nous constatons que c'est un budget évidemment de nature hybride puisqu'il est présenté par le Maire de Paris mais qu'il est préparé par le Préfet de police.
Il y a bien des imperfections dans ce budget spécial et nous les avons relevées. Ceci étant, nous voulons saluer l'effort du Gouvernement, qui porte ses fruits : l'amélioration des statistiques de la délinquance, la présence policière plus forte à Paris et nous voulons soutenir cette action du Gouvernement. C'est la raison pour laquelle nous voterons le budget spécial de la Préfecture de police.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs du groupe U.M.P.).
M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est au groupe M.D.C. Je présume que c'est son président, Georges SARRE.
M. Georges SARRE, président du groupe du Mouvement des citoyens, maire du 11e arrondissement. - Monsieur le Maire, bonjour.
Chers collègues, chacun, ce matin, est dans son rôle. Il y a ceux qui soutiennent et qui votent pour et il y a ceux qui s'opposent et qui votent contre.
Alors, les arguments. En ce qui concerne la sincérité, je tiens à saluer l'effort qui a été réalisé car c'est un budget particulièrement sincère qui nous a été présenté et sans engager une polémique sans intérêt avec M. LEGARET, je dirai que, par rapport à ce qui se faisait dans les mandatures précédentes, ce budget a progressé en vue d'une meilleure transparence et d'une plus grande sincérité. Je crois qu'objectivement, il est difficile de soutenir le contraire.
M. LEGARET, qui connaît parfaitement le dossier des finances municipales et départementales, a enfourché un cheval de bataille qui ne me paraît pas justifié. Donc, oui, ce budget est sincère.
Que notons-nous ? Une très grande relance de l'investissement, qui avait été gravement sacrifié de 1995 à 2000. Cette reprise de l'investissement est forte et se confirme. Tout cela nous donne satisfaction.
Les crédits d'équipement pour la petite enfance et les écoles du premier degré progressent de façon spectaculaire tandis que ceux réservés aux collèges sont globalement stables.
Le programme de mise en chantier de logements sociaux est aussi engagé. Je le disais hier, il faudra améliorer la gestion du parc car cela me semble une nécessité première. En effet, nous savons qu'il y a trop de gens qui ont un logement H.L.M. et qui, en réalité, ne l'habitent plus, sauf quelques semaines à l'occasion de l'hiver.
Ce que je voudrais dire également, c'est que nous entrons dans une phase plus difficile puisque la situation économique et politique d'aujourd'hui n'est pas la même.
Au plan politique, le Gouvernement va se lancer dans une décentralisation qui présente beaucoup de risques, en particulier bien sûr pour l'unité de la République, mais aussi pour les finances des collectivités territoriales et c'est quelque chose que nous devons prendre en considération, en même temps que la croissance baisse, que les difficultés s'accumulent, que le chômage, à Paris comme au plan national, augmente. C'est pourquoi je crois qu'il est nécessaire que nous ayons une réflexion sur la politique fiscale que nous devons conduire à Paris.
Voilà, Monsieur le Maire, ce que je souhaitais dire brièvement, en apportant bien entendu les voix du groupe M.D.C. au vote du budget municipal comme au vote du budget départemental.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes du Mouvement des citoyens, socialiste et radical de gauche, communiste et "Les Verts").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Georges SARRE et le groupe M.D.C.
La parole est à Colombe BROSSEL pour le groupe socialiste et radical de gauche.
Mme Colombe BROSSEL. - Monsieur le Maire, mes chers collègues.
Transparence, écoute, proximité, service public de qualité, tels sont les principes qui guident notre action au service des Parisiens.
Les orientations budgétaires pour 2003 illustrent pleinement leur mise en ?uvre. En effet, comme l'ont rappelé un certain nombre de mes collègues de la majorité, un budget, c'est bien plus qu'un catalogue, une addition de lignes budgétaires, c'est la traduction dans les faits des engagements que nous avons pris envers les Parisiens.
Permettez-moi de revenir rapidement sur les deux expressions qui sont le plus revenues au cours de nos débats, lors de la journée d'hier : la transparence et le service public.
L'exigence de transparence annoncée dès mars 2001 se traduit dans le budget 2003 par la volonté d'afficher les dépenses réelles en particulier en investissement. Ainsi ce budget est un exercice de prévisions, mais aussi et surtout un budget de sincérité. A cours d'arguments, nos collègues de l'opposition en sont à critiquer les points de détail ou à élaborer des théories fumeuses sur les conséquences à long terme de ce budget.
Venons-en au service public parisien. La réduction des inégalités sociales et territoriales tout comme la volonté de répondre aux besoins de tous les Parisiens rend nécessaire une politique massive d'investissements afin de rendre notre ville plus juste et plus solidaire. Le budget prévisionnel 2003, en redéployant les moyens pour encore mieux les mobiliser vers des objectifs prioritaires et en mettant l'accent sur l'investissement et l'entretien des équipements répond à ces objectifs. C'est bien afin d'améliorer le service public que l'accent est mis par exemple comme nous l'avons vu longuement hier, sur la propreté, la solidarité, la petite enfance. Dans ces deux derniers domaines, par exemple, le programme de construction de nouveaux équipements continue au-delà de ces investissements. Les moyens humains pour améliorer l'accueil sont également mis en ?uvre. C'est bien afin d'améliorer le service rendu à l'ensemble des Parisiens quels que soient leur lieu d'habitation, leur niveau de revenu, leurs origines, leur mode de vie dans un souci permanent de plus grande justice sociale que ces propositions sont faites.
Parce que nous savons bien qu'une grande partie de la qualité du service public tient à son personnel, l'accent est effectivement porté sur le recrutement d'un certain nombre de personnels dans les domaines où ils n'étaient et ne sont pas encore assez nombreux.
Monsieur le Maire, vous avez souhaité ne pas augmenter les taux d'imposition à Paris pour financer les investissements ainsi que les créations d'emplois. Vous nous proposez de recourir à un emprunt de 583 millions d'euros. Cet emprunt fait pousser de hauts cris à nos collègues de l'opposition et leur fait tenir de grandes déclarations dans la presse au nom d'une pseudo rigueur budgétaire. En fait, vous nous proposez tout simplement de réunir les moyens nécessaires à la réalisation de nos ambitions.
Soyons fiers de financer nos engagements. Cet emprunt est bon pour l'avenir de Paris.
Parce que ces priorités nous semblent répondre aux attentes des Parisiennes et des Parisiens, parce que la méthode que vous employez nous paraît être juste, parce que vous nous proposez de rendre Paris plus juste et plus solidaire, le groupe socialiste et radical de gauche vous donnera les moyens de ce projet en votant avec enthousiasme ce budget primitif 2003.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste et radical de gauche).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Colombe BROSSEL.
La parole est à Yves GALLAND.
M. Yves GALLAND. - Il y a quelque chose de surréaliste dans ce budget que vous nous présentez. A l'évidence, vous avez eu peur de nous donner, de vous donner les moyens de votre politique en vous dotant des ressources financières nécessaires. D'ailleurs, Monsieur le Maire, la main sur le c?ur, lors d'une grande envolée oratoire avec le talent dont vous avez le secret, vous avez fustigé, hier, l'endettement de la Ville en 1997, les hausses d'impôt des mandatures précédentes pour réaffirmer votre nouveau credo sur la rigueur budgétaire. Chaudement applaudi, mais c'est tellement révélateur, seulement par une partie de votre majorité, j'ai regardé à ce moment-là très attentivement M. CONTASSOT, M. RIOU et bien d'autres.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Pas de délation !
M. Yves GALLAND. - Ils n'exprimaient logiquement aucun soutien puisqu'ils pensent, à juste titre comme ils l'ont exprimé, que vos projets et vos engagements ne peuvent pas être mis en ?uvre sans des ressources financières substantiellement différentes de celles que vous annoncez.
Ce budget est donc pour partie virtuel. Il n'en demeure pas moins inquiétant par ses dérives dans la gestion, par ses orientations inadaptées et par ses carences.
Dérives dans la gestion : vous aurez créé plus de 4.000 emplois dans le premier tiers de la mandature. Sur 955 emplois cette année, vous en redéployez 17 % soit 160 et vous en créez 795 soit 83 %, au mépris des deux audits réalisés par M. TIBÉRI et vous-même qui montrent bien qu'une fonction publique parisienne restructurée et mobilisée sur des objectifs a une capacité forte de redéploiement. C'est pourquoi nous ne pouvons pas accepter l'interpellation de M. SAUTTER nous demandant : "Voulez-vous supprimer les emplois pour la petite enfance, la politique sociale, la culture ?" Non, Monsieur le Maire, cette caricature ne nous concerne pas. Monsieur SAUTTER, nous voulons simplement redéployer.
Par ses orientations inadaptées, l'explosion du compte foncier largement imputable à votre politique onéreuse d'achats d'immeubles occupés à l'ouest, avec une production de logements sociaux marginale et une gestion mixte hasardeuse, en est un révélateur. Bien sûr, le compte foncier ce n'est pas que cela.
Sur le reste, que d'inconnues. Combien d'hectares sur les terrains S.N.C.F. Batignolles ? Pour quoi faire, en dehors de l'espace vert ? Par ces carences, face à la dégradation préoccupante de l'emploi à Paris, vous n'avez aucun projet économique d'ampleur, aucune vision structurante pour attirer les entreprises dans notre Ville capitale et lui donner une image dédiée à tous dans la compétition européenne.
Voilà toutes les raisons pour lesquelles nous voterons contre le projet de budget qui nous est présenté. Ce n'est pas pour la coproduction de sécurité à laquelle nous ne croyons pas. Comme vous nous avez cité à loisir, hier toute la journée, Marseille et Bordeaux, permettez-moi de vous citer ce matin, Lyon. En effet, votre collègue, maire socialiste de Lyon, était interviewé sur Europe 1 par Jean-Pierre ELKHABACH. Il faisait l'apologie non pas de la coproduction, mais de la production parallèle mettant en valeur l'efficacité exceptionnelle de sa police municipale dans sa ville.
Monsieur le Maire, comme le disait hier M. CARESCHE, nous n'avons pas changé. Nous poursuivons sur cette orientation parce que nous croyons que c'est dans la cohérence, et dans l'action que l'on honore son engagement politique.
C'est donc pour soutenir les moyens budgétaires affectés aux sapeurs-pompiers dont l'action exemplaire doit être soutenue, que nous voterons ce budget de la Préfecture de police. Naturellement, votre budget va être voté dans le seul intérêt des Parisiennes et des Parisiens. Le groupe U.D.F. exercera sa fonction vigilante de contrôle dans tous les domaines y compris culturel car, dans notre conception de la démocratie, il n'y a aucun sujet tabou qui puisse échapper à l'action et à la vigilance des élus.
Les ayatollah de la culture - il y en a dans tous les partis politiques - veulent nous imposer le culturellement correct. Si des achats d'?uvres d'art nous interpellent, même si ce n'est pas culturellement correct et Elisabeth de FRESQUET a eu totalement raison de lancer le débat sur le Perroquet, nous en parlerons. Si des programmations théâtrales nous interpellent, nous en parlerons comme Laure ADLER qui n'est pas de notre camp politique, naturellement scandalisée par cette pièce sulfureuse qui a lieu au Théâtre de la Ville où un acteur, caleçon sur la tête, demande aux spectateurs pendant une demi-heure de bouffer de la merde.
Améliorer la gestion, se battre pour ses engagements, voici l'engagement pour aujourd'hui et demain du groupe U.D.F.
(Applaudissements sur les bancs du groupe Union pour la démocratie française).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Mes chers collègues, au terme de ce débat, je veux d'abord remercier tous les élus sans distinction pour leur implication dans ce débat, pour la passion, la fougue et le talent oratoire dont ils font preuve les uns et les autres pour défendre ce qui leur apparaît être leurs convictions. Ces débats budgétaires sont toujours ardus, longs et fatigants pour tout le monde. Je veux donc en remercier les élus et tous les fonctionnaires qui les ont préparés. Chacun sait à quel point, pendant des mois, ce travail est intense et difficile. Je veux remercier aussi les fonctionnaires qui permettent que cette séance puisse se dérouler dans de bonnes conditions.
Sur le fond, je serais très bref. Finalement, ce débat n'est pas si convenu, puisque c'est le troisième budget préparé par l'équipe municipale et le deuxième en année pleine. Je constate de la part de la majorité municipale, à la fois une dynamique de la diversité, de la créativité, mais aussi une dynamique de la solidarité.
J'apprécie l'un autant que l'autre et je n'oppose pas les deux. Personnellement, en tant qu'animateur de la collectivité parisienne, je ne me plains pas des suggestions qui viennent de la majorité comme des oppositions.
Je m'en réjouis même quand cela permet d'améliorer ce que nous avons préparé.
Je veux dire à la majorité que j'apprécie autant son soutien, sa solidarité, son sens de la responsabilité collective, que sa créativité, ses suggestions constructives qui d'ailleurs sont en grande partie intégrées dans ce qui sera, après le vote, le budget de toute la collectivité.
En ce qui concerne les oppositions, je n'ai pas trop de commentaires à faire, sinon on va croire que je fais la leçon. Et en plus, je n'ai pas tellement envie de vous conseiller. Après tout, vous pourriez devenir dangereux.
Vous vous exprimez librement selon les règles de la démocratie et je respecte votre expression. Simplement, certains excès peuvent ne pas rendre extrêmement pertinents ou crédibles des arguments. De ce point de vue-là, je me réjouis que nous soyons fermes sur les progrès en matière de transparence, de lisibilité de ce budget et surtout de sa sincérité, donc de son exécution.
Sur l'emprunt et la stabilité des taux de la fiscalité, je ne reprendrai pas ce que j'ai dit hier. Peu importe les polémiques et la fougue de tel ou tel. On verra à la fin de la mandature où on en est, et on comparera les faits sur les taux de la fiscalité et sur l'emprunt.
On verra d'autant plus si l'emprunt, qui sert à payer des crèches, des équipements collectifs, du transport, est un mauvais investissement et s'il est moins pertinent que les emprunts qui servaient à combler des déficits.
En ce qui concerne les dépenses de la Préfecture de police, je voudrais vous dire que pour ma part, j'assume totalement le travail fait, y compris celui que mes prédécesseurs faisaient avec la Préfecture de police.
Peut-être y avons-nous mis une certaine dynamique qui se traduit par un engagement financier plus important.
Je note que tous les budgets peuvent voir des évolutions positives. Je note que dans le collectif de juillet dernier, le groupe R.P.R. de l'époque et d'autres groupes de l'opposition - pas tous - ont refusé de voter le budget de la Préfecture de police. L'un d'entre eux, le groupe R.P.R. à l'époque, nous demandait même d'enlever 1 million d'euros au budget de la Préfecture de police pour le réintégrer dans le budget de la Ville.
Quelques esprits, sans doute plus éclairés, comme celui de l'ancien Maire de Paris, M. Jean TIBERI, avait dit non... mais ils étaient très minoritaires au sein de la droite parisienne à ce moment-là.
M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Nous l'avions voté.
M. LE MAIRE DE PARIS. - C'est ce que je suis en train de dire... Voulez-vous que je le souligne plus ? Si je le souligne plus, cela va faire tactique.
Je suis content que la responsabilité progresse et que le budget de la Préfecture de police puisse être voté par un plus grand nombre de Conseillers.
En conclusion, et avant le vote, je vous dirai, au-delà de nos différences, qu'il me semble que les Parisiens perçoivent un souci de justice, un souci d'équité y compris territorial. Il me semble qu'il y a une certaine dynamique à Paris et qu'elle est perçue à l'étranger - y compris une dynamique culturelle - qui ne permet pas tout mais qui, dans la liberté et la diversité, est pour beaucoup dans le rayonnement de Paris et dans sa capacité à être plus fort économiquement.
Tout cela est fragile. Rien ne doit justifier de la part de l'Exécutif une quelconque arrogance ou une quelconque autosatisfaction.
Mais si cela peut être aiguillonné par les critiques des oppositions, cela doit constituer une raison supplémentaire pour être exigeant avec nous-mêmes et pour progresser encore. C'est le v?u que je fais, pour ce budget, comme un atout, comme un encouragement pour les budgets suivants. Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste et radical de gauche).
Nous allons maintenant passer au vote.
Je vais mettre aux voix les budgets spécifiques, les états spéciaux d'arrondissement, le budget de la Préfecture de police, les budgets d'investissement de la Ville et du Département.
Vous savez que ces derniers votes s'effectueront par chapitre, puis globalement suivant la nomenclature qui vous a été distribuée.
N'oubliez pas, comme l'avait suggéré le président du groupe R.P.R., le même vote qui nous fait gagner beaucoup de temps. Je vous rappelle qu'il n'y a pas de reprise de parole. Je demanderai à l'adjoint aux finances son avis sur les différents amendements et v?ux.