Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Fevrier 2006
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

V - Question d’actualité des conseillers non-inscrits à M. le Maire de Paris relative à la propreté dans Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Février 2006


 

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Nous passons à la question d?actualité du groupe des non inscrits.

Je donne la parole à M. GALLAND.

M. Yves GALLAND. - Merci pour l?expression ?groupe des non inscrits?, Monsieur le Maire !

Comme Mme DUBARRY, j?eusse préféré que le Maire de Paris soit présent. Cela n?a rien à voir avec un problème de personnalité, cela a tout simplement trait au contenu de ma question. Car il s?agit bien du fait que Bertrand DELANOË avait dû corriger en 2002 le propos martial d?Yves CONTASSOT - cela fait partie du tempérament d?Yves CONTASSOT de temps en temps de tenir des propos martiaux - à propos de l?éradication totale des excréments sur les trottoirs parisiens ! Cette déclaration plus nuancée du Maire fixait à mars 2004 le ?Paris propre? de ses engagements électoraux et à plusieurs reprises, nous l?avons senti irrité par ce dossier. Nous l?avons senti irrité particulièrement dans des comptes-rendus de mandat et mécontent de l?évolution, qu?il considère, je crois, comme négative de la propreté à Paris.

Entre-temps les services de la propreté ont été réorganisés, des inspecteurs de sécurité et des agences de surveillance de Paris ont été affectés aux côtés des personnels de cette direction à la lutte contre les incivilités que sont les déjections canines, les dépôts encombrants et autres déchets abandonnés sur la voie publique.

Ce qui a d?ailleurs fait dire à Christophe CARESCHE, à juste titre, que ?la répression doit faire changer les mentalités?.

Le spectacle de certains axes et quartiers démontre que le ?Paris propre? est encore à venir. Ce que dénoncent également les maires d?arrondissement, pas les maires d?arrondissement de l?opposition, pas seulement les maires d?arrondissement de l?opposition, mais également - c?est clair - les maires d?arrondissement de la majorité municipale. Et ce n?est pas, Monsieur CONTASSOT, le baromètre - que je qualifierais de ?maison? réalisé par la Direction de la Propreté en juillet 2005 qui nous fera changer d?avis et qui fera changer d?avis les Parisiens sur ce qu?ils vivent quotidiennement.

Il est vrai que le pourcentage sur ce même sujet varie beaucoup ces derniers temps.

Alors, Monsieur le Maire, nous vous demandons tout simplement à quelle échéance fixez-vous enfin ?Paris propre?, ce qui doit être changé de votre point de vue pour que l?ensemble des arrondissements puisse présenter un niveau d?entretien satisfaisant et enfin les raisons de ce décalage persistant en matière de propreté entre certains quartiers de la Capitale qu?à l?évidence la re-municipalisation de la propreté n?a pas corrigé.

Je vous remercie.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Monsieur GALLAND.

M. CONTASSOT vous répond.

M. Yves CONTASSOT, adjoint. - Au moins, j?aurai compris quelque chose de la part de M. GALLAND, c?est que les propos martiaux, ce sont ceux qui se tiennent au mois de mars ! On aura au moins appris quelque chose avec lui.

Comme vous pouvez l?imaginer, Monsieur GALLAND, si je vous concède bien volontiers que rien n?est jamais acquis ni suffisant en ce qui concerne la propreté, ni le Maire ni moi ne nous partageons la même vision que vous sur l?évolution récente de la situation.

Je crois d?abord utile de vous rappeler l?état des lieux que nous avons pu faire en 2001 sur cette question. Les effectifs des services chargés de la propreté n?avaient pas été renforcés depuis des années et avaient même diminué, et ces mêmes services vivaient sur des organisations et méthodes qui n?avaient absolument pas tenu compte des évolutions de la Ville. Les matériels étaient non seulement vieillissants mais on peut dire pour beaucoup obsolètes et inefficaces et les Parisiens étaient tout à la fois déresponsabilisés et mécontents.

Vous évoquez dans votre question le baromètre de la propreté réalisé chaque année par un organisme indépendant, faut-il vous le souligner, et non pas par la DPE, auprès de 4.000 Parisiens.

Je rappelle également que des sondages sur la propreté, vous avez l?air de l?ignorer, il y en a eu également chaque année pendant la précédente mandature et même avant - je tiens à votre disposition le graphique depuis 1989 - et vous verrez que?. évidemment ils n?ont jamais été rendus publics sous les anciens mandats contrairement à ce que nous faisons, mais je comprends bien quand je vois l?effondrement de l?opinion des Parisiens depuis une dizaine d?années sur cette question.

Je remarque également, vous l?avez dit mais très rapidement, que les chiffres étaient un peu disparates ou difficiles à interpréter. Je rappelle simplement qu?un grand quotidien parisien du matin a rappelé récemment que c?était un des seuls points sur lesquels l?opinion des Parisiens avait fait preuve d?une amélioration depuis 2003, mais vous l?avez peut-être un peu oublié. C?est vrai que depuis 5 ans, toute la municipalité s?est mobilisée pour que les choses aillent mieux dans ce domaine à travers le projet ?Paris propre ensemble?.

D?abord, en accordant de nouveaux moyens et Christian SAUTTER en sait quelque chose puisque le budget annuel avoisine cette année 240 millions d?euros contre 210 millions d?euros en 2001. Plusieurs centaines - près de 700 - de créations de postes ont été réalisées au cours des dernières années.

Un programme également d?investissement important est mené avec 83 millions d?euros, dont 43 réservés à l?achat de véhicules et engins neufs propres et performants inscrits pour cette année, et de nouvelles prestations avec plus de lavage et plus de présence sur le terrain.

C?est vrai qu?en matière de lavage, depuis à peu près un mois nous avons des difficultés. Il ne vous a pas échappé qu?on ne l?avait pas quand il gèle dans Paris. Cela ne vous avait peut-être pas marqué. Effectivement, depuis quelques temps il y a moins de prestations de lavage, ce qui peut donner le sentiment ponctuellement que Paris n?est plus entretenue comme avant.

Mais vous le savez, Monsieur LEGARET, il ne suffit pas de mettre plus d?argent pour qu?une action soit immédiatement couronnée d?un succès indiscutable. C?est pour cela que nous avons équipé les voies publiques de 30.000 corbeilles et que nous avons quintuplé le nombre de verbalisations depuis 2001.

Je regrette que M. le Préfet de police ne soit pas là parce que j?aurais aimé qu?il nous explique pourquoi aucun propriétaire de chien n?a été, à ma connaissance, verbalisé par un agent de la Préfecture de police depuis la mise en place de la convention avec la Préfecture.

Nous allons continuer dans ce domaine. Nous allons relancer les campagnes de communication, nous aurons l?occasion d?en reparler et je vous rappelle simplement que nous passons actuellement à deux passages de collecte hebdomadaire du bac des chiens recyclable, ce qui prouve que nous avançons dans ce domaine. Voilà, Monsieur GALLAND.

Bien sûr nous poursuivons notre travail et nous laissons à quelques-uns le soin de faire de ce sujet très complexe l?enjeu de débats aussi stériles que déconnectés de toute réalité.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Monsieur CONTASSOT.

M. GALLAND peut rajouter un mot, s?il le souhaite.

M. Yves GALLAND. - Au moins avec M. CONTASSOT, nous partageons une frustration : lui il n?a pas le Préfet, moi je n?ai pas le Maire.

Seule observation, Monsieur le Maire, j?ai été stupéfait par ce qu?a dit M. CONTASSOT parce qu?il vient de dire textuellement qu?un grand quotidien avait dit que le seul point sur lequel les Parisiens trouvaient qu?il y avait une évolution favorable dans la Municipalité, c?est la propreté. Je vous laisse imaginer ce que sont les autres problèmes dans le jugement des Parisiens !

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).

M. CONTASSOT nous dit également? nous fait part de l?état des lieux de ce qu?il a trouvé.

Eh bien, Monsieur CONTASSOT, vous avez raison, ce n?est pas la peine que nous fassions de la polémique tous les deux. Il y a des centaines de milliers de Parisiens qui sont juges, qui vivent quotidiennement cette situation et ces Parisiens, je vais vous dire ce qu?ils pensent : ?Paris est sale, Paris est toujours sale et Paris est plus sale qu?avant?, Monsieur CONTASSOT, voilà la vérité.

(Applaudissements sur les bancs des groupes Union pour la démocratie française et U.M.P.).