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Fevrier 2006
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II - Question d’actualité posée par M. Didier BARIANI et les membres du groupe Union pour la démocratie française à M. le Maire de Paris et à M. le Préfet de police relative au plan “grippe aviaire”.

Débat/ Conseil municipal/ Février 2006


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons maintenant à la question d?actualité du groupe U.D.F.

Il est plus facile de parler entre vous et de dire n?importe quoi, y compris dans votre livre, Madame de PANAFIEU? Puisque vous me cherchez, vous allez voir !

Dans votre livre, vous qui avez été adjointe à la Culture, vous osez dire? dénigrant le travail des fonctionnaires de la Ville de Paris que le musée d?Art moderne est fermé depuis trois ans et que nous commencerions seulement maintenant les travaux. Pendant deux ans, il a été fermé, en organisant des expositions hors les murs et il est ouvert depuis le 1er février. Renseignez-vous un peu ! !

Maintenant, Monsieur BARIANI, vous avez la parole parce qu?il y a deux groupes dans l?opposition et que tous doivent être traités à égalité.

M. Didier BARIANI. - Je ne pouvais pas vous répondre avant que je n?entende quelque chose.

Ma première remarque sera très brève. Elle n?a rien à voir avec ma question. Il est vraiment temps, et nous allons nous y employer, que l?U.D.F. désigne son candidat pour les municipales parce que je m?aperçois que c?est le seul moyen, naturellement, d?éviter des débats entre l?une et l?autre partie de l?Assemblée. Nous allons y pourvoir rapidement.

Monsieur le Maire, ma question s?adresse tant à vous d?ailleurs qu?à M. le Préfet de police.

Le 30 janvier, vous avez fait une communication sur la grippe aviaire à laquelle nous avions souscrit, dans ses grandes lignes. Depuis le 20 janvier, Monsieur le Maire et Monsieur le Préfet de police, le malheur des temps veut que nous soyons soumis à cette inquiétude d?une manière plus intense encore qu?il y a un mois.

Les faits sont connus. Le Premier Ministre et le Président de la République incitent à manger du poulet, c?est la partie plaisante de l?affaire, mais la partie plus inquiétante de l?affaire, c?est qu?il y a des lieux de France où il y a l?épizootie.

Cela n?enlève rien au fait que nous avions souscrit dans leur ensemble aux mesures que la Mairie de Paris et la Préfecture de police proposaient conjointement pour prévenir tout risque de pandémie à Paris.

Néanmoins, nous avions fait quatre observations dont je désirerais savoir ce qu?elles sont devenues et si elles ont une chance d?être reprises par la Préfecture de police ou la Mairie de Paris.

J?avais d?abord demandé qu?il y ait une information substantielle, bien que réduite en quantité, et j?avais considéré qu?un numéro spécial de ?A Paris? n?était pas suffisamment mobilisateur et ne convaincrait pas suffisamment les gens de le lire. Nous continuons à penser que tous les Parisiens devraient recevoir une information synthétique et précise, au service de leur sécurité, ne serait-ce que pour éviter les paniques inutiles. Nous reprenons l?idée d?un kit d?information réalisé avec des professionnels pour que tout un chacun soit informé de la réalité des choses et que les fantasmes ne remplacent pas les précisions.

Deuxièmement, nous suggérions d?articuler l?action de la Ville et de la Préfecture de police à celle de la R.A.T.P., étant donné que le réseau souterrain de transport en commun constituera un vecteur privilégié de dissémination pour tout agent viral ou bactérien.

Il y avait encore la proposition de mobiliser des médecins de crise pour renforcer prioritairement les urgences des hôpitaux de la Capitale et accroître les capacités d?accueil et de tri de leurs services.

Enfin, Monsieur le Préfet de police, j?avais demandé, comme nous l?avions demandé en son temps pour Piratox, qu?une opération de simulation grandeur réelle et non pas d?étatmajor (fait dans votre bureau avec des cartes et des spécialistes) soit effectuée. J?ai d?ailleurs été surpris d?entendre - et tant mieux - que le Premier Ministre avait assisté, la semaine dernière, à une opération identique à Lyon. C?est une bonne chose. Nous continuons à souhaiter qu?elle ait lieu également à Paris.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur BARIANI.

La parole est d?abord à M. le Préfet de police, puis à Anne HIDALGO.

M. LE PRÉFET DE POLICE. - Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les Conseillers de Paris, les actions relatives au risque d?épizootie et de pandémie ont été présentées au Conseil de Paris, les 30 et 31 janvier 2006.

Dans ce cadre, les services de la Préfecture de police sont attentifs à donner aux Parisiens une information leur permettant de faire face à une éventuelle menace. A cette fin, le service communication de la Préfecture de police de Paris se fait le relais de la communication nationale.

Sur Paris, des informations utiles sont par ailleurs communiquées sur les panneaux à message variable de la Ville et une plaquette spéciale ?grippe aviaire? sera jointe au bulletin municipal envoyé aux Parisiens, le 15 mars prochain.

La plupart de ces éléments sont d?ores et déjà accessibles sur le site Internet consacré à la grippe aviaire ou par téléphone au numéro vert 08.25.30.23.02.

Enfin, des réunions plénières, destinées à informer l?ensemble des opérateurs, administrations et services de Paris et de la Région Ile-de-France, concourant au maintien de la vie collective, sont organisées périodiquement par le Secrétariat de la zone de défense.

Concernant l?articulation de l?action de la Ville et de la Préfecture de police avec la R.A.T.P., un gros travail est mené depuis plus d?un an avec les opérateurs de transport en commun, R.A.T.P. mais aussi S.N.C.F., pour anticiper les conséquences d?une pandémie grippale. Les services de police travaillent avec ces opérateurs sur les modalités du maintien de l?activité dans des conditions de sécurité maximale.

Concernant la mobilisation des médecins de crise, une convention entre la Mairie de Paris, la Préfecture de police et l?Ordre des médecins instaurant la constitution d?un groupe de médecins de crise, vient d?être récemment signée. Ce groupe sera constitué d?une cinquantaine de médecins dont la liste reste à finaliser par l?Ordre des médecins. Une formation spécifique leur sera alors dispensée.

Enfin, concernant l?organisation d?une simulation grandeur nature d?un plan ?grippe aviaire?, la zone de défense est en relation directe et étroite avec le niveau national, pour la participation à l?ensemble des exercices organisés, internationaux, nationaux et régionaux. Pour donner une connotation départementale au plan gouvernemental, chaque département de la zone de défense a été sollicité pour organiser un exercice de grippe aviaire. La coordination de ces exercices est assurée par la zone de défense et ils se développeront tout au long de l?année 2006.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur le Préfet.

La parole est à Anne HIDALGO.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.

Permettez-moi avant de répondre de saluer les prouesses sportives de M. BARIANI et de l?équipe ?Démocratie? à laquelle nous avons participé et qui ne s?est pas illustrée par des victoires lors des matchs organisés pour la libération d?Ingrid BETANCOURT mais M. BARIANI a été particulièrement combatif. J?avoue que je l?ai découvert dans cette discipline et je tenais à le féliciter.

Plus sérieusement, comme vous l?avez rappelé très justement, Monsieur BARIANI, la Ville de Paris s?est dotée d?un plan de gestion d?une éventuelle pandémie de grippe aviaire dont les grandes lignes vous ont été présentées par le Maire de Paris, le 30 janvier dernier. Bien évidemment, ce plan est évolutif et a vocation à s?enrichir et à se compléter en fonction de la situation.

Je rappelle aussi qu?aujourd?hui, même si le territoire français est désormais touché par le virus de la grippe aviaire, aucun cas de transmission interhumaine n?a été identifié, ni en France ni dans le monde, mais plus que jamais nous sommes mobilisés et vigilants.

Nous vous rejoignons, Monsieur BARIANI, lorsque vous soulignez le travail qui doit être mené par la Ville en totale synergie avec l?Etat et notamment avec la Préfecture de police, et c?est le cas bien évidemment, et je tiens à vous assurer que nos relations sont non seulement quotidiennes mais en pleine convergence.

Vous rappelez aussi l?importance de l?information. Là encore, sans revenir sur l?ensemble du dispositif et sur ce que vient de rappeler M. le Préfet de police, je souhaiterais vous apporter quelques précisions complémentaires. Le numéro du journal ?A Paris?, sorti ce mois-ci, comprend un document de 4 pages spécifiquement consacrées à la grippe aviaire. Il est distribué à 800.000 exemplaires mais, compte tenu de la situation, nous avons décidé d?aller au-delà et d?en imprimer des exemplaires supplémentaires qui seront mis à disposition dans les lieux publics.

Nous utilisons aussi d?ores et déjà les panneaux lumineux de la Ville et depuis quelques jours figurent sur ces panneaux des préconisations et les précautions à prendre, notamment concernant la question des oiseaux présents à Paris ainsi que l?adresse et le site Internet de la Ville consacré à la grippe aviaire.

Sur la question des transports, là aussi le travail se fait en partenariat et la Mairie de Paris participe aux réunions organisées à ce sujet par le Préfet de police, comme cela vient d?être dit. Une réunion a déjà eu lieu, il y a trois semaines et une autre est organisée dans les jours qui viennent.

Je ne reviens pas sur les précisions qui ont été apportées pour le renforcement à travers les médecins qui seront en première ligne en cas de crise, la Ville est en effet dans l?attente d?une décision de l?Etat pour savoir notamment comment les médecins de santé publique pourront renforcer le dispositif.

Cela étant, d?ores et déjà, le Conseil de Paris, en concertation avec la Préfecture de police et le Conseil de l?Ordre des médecins a opté en octobre dernier pour une convention de partenariat qui permettra aussi aux médecins jeunes retraités d?être mobilisés comme médecins de crise dès lors que la situation l?exigerait.

Et enfin, comme cela vient d?être dit pour l?exercice national qui sera organisé le 15 mars prochain sur tout le territoire, la Ville de Paris sera bien évidemment associée et partenaire de cet exercice national.

Voilà, je crois qu?il est important de faire un point régulièrement sur l?évolution de l?épizootie, sur la mobilisation des pouvoirs publics auxquels la participation de la Ville de Paris est bien sûr indispensable et incontournable.