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Fevrier 2006
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Conseil Municipal
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2006, DASCO 30 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer la convention “Cap en Fac” avec l’Université Paris VI - Pierre et Marie Curie (5e) pour l’attribution d’une subvention destinée à financer des actions d’information pour favoriser la démocratisation de l’accès à l’enseignement supérieur. - Montant : 27.000 euros.

Débat/ Conseil municipal/ Février 2006


 

M. Alain LHOSTIS, adjoint, président. - Nous passons à l?examen du projet de délibération DASCO 30 concernant une autorisation à M. le Maire de Paris de signer la convention ?Cap en Fac? avec l?université Paris VI Pierre et Marie Curie (5e) pour l?attribution d?une subvention destinée à financer les actions d?information pour favoriser la démocratisation de l?accès à l?enseignement supérieur, pour un montant de 27.000 euros.

Je donne la parole à Pierre GATIGNON, pour le groupe socialiste.

M. Pierre GATIGNON. - Vous nous proposez avec ce projet de délibération d?attribuer une subvention de 27.000 euros à l?université Paris VI afin de mettre en place un dispositif, ?Cap en Fac?, destiné à renforcer le concept d?université citoyenne en engageant des actions afin de faciliter aux lycéens parisiens, notamment ceux qui sont issus de milieux défavorisés, l?accès aux formations universitaires et, plus spécifiquement, s?agissant de Paris VI, aux matières scientifiques.

En tant qu?élu du 13e arrondissement, j?exprimerai évidemment ma satisfaction que le lycée Gabriel Fauré ait été retenu, ainsi que le lycée François Villon situé, lui, dans le 14e arrondissement, pour expérimenter ce dispositif, en relevant d?ailleurs que ces deux lycées ?bénéficient? de taux de réussite au bac nettement inférieurs à la moyenne parisienne.

Cependant, Monsieur le Maire, je sais que de nombreuses initiatives parisiennes visent à encourager les jeunes issus de quartiers ?politique de la ville? à poursuivre des études, comme, par exemple, les dispositifs d?accès à Sciences-Po.

Je souhaiterais donc savoir aujourd?hui quelle est la valeur ajoutée exacte de ce dispositif ?Cap en Fac? face à cette multiplication de filières sociales.

Je vous remercie.

M. Alain LHOSTIS, adjoint, président. - La parole à Mme Danièle POURTAUD, pour l?Exécutif.

Mme Danièle POURTAUD, adjointe, au nom de la 7e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.

Je voudrais tout d?abord remercier notre collègue M. Pierre GATIGNON de me donner l?occasion de présenter le dispositif ?Cap en Fac? au Conseil de Paris.

S?agissant d?égalité des chances, nous devons tous avoir deux chiffres à l?esprit. Si le taux de chômage des jeunes est scandaleusement élevé avec 23 % des 18/30 ans, celui des jeunes sans diplôme est de 40 %. Ce taux de chômage est étroitement corrélé au niveau de diplôme.

Or, deuxième réalité difficile à admettre, si l?on prend l?origine sociale des jeunes qui atteignent le niveau licence ou Bac+5, la situation est quasiment la même qu?en 1950, avec environ moins de 10 % de jeunes issus de familles d?ouvriers ou d?employés ou de chômeurs.

Depuis deux ou trois ans, la mise en évidence de cette situation a amené la Conférence des grandes écoles, puis Sciences-Po, à proposer des parcours spécifiques ou un surentraînement pour les concours aux meilleurs éléments des lycées de banlieue.

?Cap en Fac? prend au contraire le parti de s?adresser à tous les lycéens des quartiers ?politique de la ville? pour leur donner l?ambition et les moyens de s?engager dans les études supérieures.

En effet, là où Bourdieu parlait des héritiers, toutes les études montrent qu?aujourd?hui l?accès à l?enseignement supérieur est plutôt réservé aux initiés.

Or, les jeunes issus des milieux défavorisés n?ont pas les références familiales ni culturelles pour se projeter dans l?enseignement supérieur.

Pour remettre en marche l?ascenseur social et rendre l?espoir à tous les jeunes, il faut décréter l?état d?urgence de la démocratisation de l?accès à l?enseignement supérieur et ce, de façon massive.

Notre dispositif vise à aider le maximum de jeunes à surmonter le handicap de leur origine sociale. Concrètement, la Ville finance des étudiants tuteurs qui iront, bien sûr après avoir été formés, dans les lycées partenaires (les premiers sont les lycées François Villon et Gabriel Fauré), pour y rencontrer tous les jeunes de première et de terminale, pour casser les peurs et l?autocensure face à l?université. Ils apporteront une information sur les filières, les débouchés, mais aussi les méthodes de travail ou les aides sociales de l?enseignement supérieur.

Par la suite, si, convaincus, ils choisissent après le bac d?entrer à l?université, celle-ci s?engage à les faire bénéficier des tutorats mis en place pour aider à la réussite des deux premières années qui sont, elles aussi, un écueil fréquent.

Il est pour moi très symbolique - vous l?avez signalé - que la première convention soit signée avec la plus grande université scientifique française, Paris VI, mais j?espère que, très vite, d?autres universités parisiennes entreront dans le dispositif ?Cap en Fac?.

M. Alain LHOSTIS, adjoint, président. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASCO 30.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2006, DASCO 30).