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Fevrier 2006
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par le groupe socialiste et radical de gauche relatif à l’attribution de noms de femmes scientifiques à des voies ou édifices parisiens.

Débat/ Conseil municipal/ Février 2006


 

M. Alain LHOSTIS, adjoint, président. - Chers collègues, nous allons à présenter examiner le v?u référencé n° 16 dans le fascicule, déposé par le groupe socialiste et radical de gauche. Ce v?u qui concerne l?attribution de nom de femmes scientifiques à des voies ou édifices parisiens, ne se rattache à aucun projet de délibération.

Je donne la parole à Mme Danièle POURTAUD.

Mme Danièle POURTAUD, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.

Je crois qu?il n?est pas nécessaire de dire dans cet hémicycle que seules 3 % des voies parisiennes portent des noms de femmes. Mais à ma connaissance, sur ces 3 %, seules 3 rues font référence à des femmes scientifiques, alors qu?elles ont été nombreuses à illustrer l?histoire des grandes découvertes scientifiques et encore, on pourrait dire 2,5 puisque Marie Curie n?a rejoint son mari sur la plaque de rue que 34 ans après.

Aujourd?hui, les femmes scientifiques ont toujours du mal à faire reconnaître leur droit à occuper les plus hautes places dans les organismes universitaires et de recherche et nous nous interrogeons régulièrement sur les moyens de susciter plus de vocations scientifiques chez les jeunes filles. Il serait donc particulièrement symbolique et exemplaire que la Ville de Paris rende hommage à des femmes scientifiques remarquables en donnant leur nom à des rues ou des édifices parisiens. Et je pense en particulier au nouveau quartier universitaire de la Z.A.C. ?Paris-Rive gauche?.

Nous n?avons que l?embarras du choix et les associations de femmes scientifiques et le conseil scientifique du Maire m?ont proposé plus de 30 noms.

Je vous en propose 6, choisis en concertation. Trois parmi celles que je pourrais appeler ?les pionnières?.

La première bachelière française diplômée sous Louis-Philippe le 31 août 1844 : Julie Daubié.

La première mathématicienne nommée professeure à l?université en 1938 : Marie-Louise Dubreil-Jacotin.

La femme de sciences la plus connue du Siècle des Lumières, à la fois femme de sciences et philosophe : Emilie du Châtelet. Je vous signale que la Bibliothèque Nationale de France va lui rendre hommage par une exposition pour le 300e anniversaire de sa naissance à partir du 6 mars.

J?ai également choisi trois autres femmes qui ont été spoliées des honneurs liés aux travaux scientifiques qu?elles avaient menés, seuls les membres masculins des équipes scientifiques y ayant droit.

Nicole-Reine Lepaute qui fut astronome et qui, en juin 1757, calcule avec Jérôme Lalande et Alexis Clairaut le retour de la comète d?Halley prévu pour la fin de l?année 1758. Alexis Clairaut s?attribuera la totalité du mérite des calculs en publiant en 1760 la ?Théorie des comètes?.

Lise Meitner, physicienne allemande. Elle prit une part décisive, avec les chimistes Otto Hahn et Fritz Strassmann, à la découverte de la fission du noyau d?uranium dans les années 1934/1936. Parce que juive, elle doit fuir l?Allemagne nazie. Seul Otto Hahn sera récompensé par le prix Nobel de Chimie en 1944. Elle aurait dû y être associée.

Enfin, Rosalind Franklin, physicienne chimiste britannique, qui a apporté une part déterminante à la compréhension du modèle hélicoïdal de l?ADN. Cette découverte a été récompensée par un prix Nobel en 1962, seuls ses collègues masculins l?obtiendront.

Je vous propose donc que le Conseil de Paris propose de donner le nom de ces femmes scientifiques remarquables à des voies ou édifices parisiens.

M. Alain LHOSTIS, adjoint, président. - La parole est à M. Jean-Pierre CAFFET, pour l?Exécutif.

M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

Pour l?Exécutif, c?est évidemment un avis favorable. Je tiens à préciser à Mme POURTAUD que, d?ores et déjà des voies ont été identifiées pour porter le nom de quatre de ces femmes scientifiques, à savoir Julie Daubié, Nicole-Reine Lepaute, Lise Meitner et Emilie du Châtelet.

Il restera, bien évidemment, à trouver des lieux pour Marie-Louise Dubreil-Jacotin et Rosalind Franklin.

M. Alain LHOSTIS, adjoint, président. - Merci pour cette anticipation.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe le groupe socialiste et radical de gauche.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2006, V. 47).