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Fevrier 2006
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Conseil Municipal
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2006, DPJEV 37 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer avec Réseau Ferré de France (R.F.F.) un protocole concernant les intentions d’aménagement de la petite ceinture dans le 15e arrondissement.

Débat/ Conseil municipal/ Février 2006


 

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous examinons maintenant le projet de délibération DPJEV 37 concernant une autorisation à M. le Maire de Paris de signer avec Réseau Ferré de France un protocole concernant des intentions d?aménagement de la Petite ceinture (15e), sur lequel l?Exécutif a déposé un amendement technique 60.

Monsieur DARGENT, vous avez la parole.

M. Claude DARGENT. - Merci, Monsieur le Maire.

Monsieur le Maire, chers collègues, je voudrais dire ma satisfaction et celle des élus socialistes du 15e de voir arriver ce projet de délibération devant notre Assemblée et sous la forme où il nous est soumis.

Aujourd?hui, nous allons, j?en suis sûr, approuver ce projet de protocole avec R.F.F. concernant l?aménagement du site de la Petite ceinture ferroviaire dans le 15e arrondissement.

Au demeurant, de nombreux acteurs se sont exprimés depuis plusieurs années en ce sens : que ce soient les riverains et leurs associations évidemment, que ce que soient d?autres associations légitimement sensibles à l?amélioration de l?environnement dans notre Ville ou que ce soient les élus du 15e dans des voeux préalables qui ont souvent été d?ailleurs adoptés à l?unanimité mêlant les voix de la gauche et celle de l?U.M.P. et de l?U.D.F.

Donc nous devrions assister ici à un concert de satisfaction et pourtant, il n?en est rien. L?U.M.P., au Conseil d?arrondissement, n?a cessé de multiplier les réserves comme les amendements lors du débat. Voilà qui me conduit donc à regarder de plus près l?histoire de ce dossier.

Quiconque se livre à cet exercice constate alors toutes les ambiguïtés de la position de l?U.M.P. sur ce dossier. J?ai encore en mémoire les attaques de ses représentants contre le choix d?implantation du tramway sur les Maréchaux plutôt que sur la Petite ceinture ferroviaire.

J?ai encore en mémoire les interventions de représentants éminents de l?U.M.P. comme M. GOUJON et M. TRÉMÈGE contestant le choix opéré par l?actuelle Municipalité.

Et j?ai non seulement en mémoire - vous parliez de porte-parole, Monsieur - mais sous les yeux, la déclaration de M. TIBERI reproduite dans ?Le Parisien? du 9 février où il avançait qu?aucune décision sur l?implantation du tramway n?avait été prise avant 2001 et que les 2 sites présentaient des avantages et des inconvénients.

Conclusion : si aujourd?hui nous pouvons décider de la réalisation d?une coulée verte sur la Petite ceinture, c?est bien exclusivement grâce au choix opéré par cette Municipalité en place depuis 2001 consistant d?abord à réaliser le tramway sur le boulevard des Maréchaux et ensuite consistant à travailler à la résolution des problèmes et à triompher des réticences que rencontrait l?implantation d?un espace vert de promenade ouvert au public sur le site de la Petite ceinture. Je voudrais rappeler cela avant d?en terminer par un dernier point.

Il existe un débat sur la réversibilité de cet aménagement. Chers collègues, nous avons vu trop d?emprises du type de celles de la Petite ceinture rendues inutilisables à cause de transformations irréversibles ou de la réalisation d?équipements ponctuels sur l?une ou l?autre de leurs sections.

En tissu urbain dense, des itinéraires continus comme celui que forme la Petite ceinture ferroviaire dans le 15e sont trop rares pour ne pas être préservés absolument. Nous ne savons pas en effet quels seront dans 20 ans les besoins en matière d?infrastructure de transport.

Ceci dit, il faut que les choses soient claires sur ce point : les socialistes du 15e arrondissement souhaitent que l?espace que constitue la Petite ceinture demeure un espace vert. Et à titre personnel, je suis d?ailleurs convaincu qu?il a les plus fortes chances de le rester mais dans le souci de préserver l?avenir, il est essentiel que les aménagements réalisés dans le cadre de cette coulée verte soit des aménagements réversibles comme le prévoit le projet de délibération.

De ce point de vue, me semble-t-il, nous sommes totalement fidèles au mandat que nous confié nos électeurs de travailler pour l?intérêt général, tel que nous le percevons aujourd?hui, sans hypothéquer pour autant le futur.

Je vous remercie.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Vous avez la parole, Monsieur ALAYRAC.

M. Gilles ALAYRAC. - Monsieur le Maire, merci.

Mes chers collègues, j?ai quant à moi été toujours partisan d?un aménagement de la Petite ceinture ferrée dans le 15e arrondissement en un lieu de promenade réservé aux circulations douces. Mais mon propos ne concernera que ce seul arrondissement. Aussi je me réjouis que les négociations de la Ville avec R.F.F. aient pu aboutir à une mise à disposition de la Ville d?une partie de la Petite ceinture. Je rappelle qu?il s?agit là d?une promesse faite en 2001 aux Parisiens par Bertrand DELANOË qui s?était déclaré favorable à l?idée d?une coulée verte sur l?emplacement des infrastructures ferroviaires.

L?exploitation de la Petite ceinture en 1851 pour assurer le transit des marchandises entre les gares, son ouverture aux voyageurs en 1862 n?a pas survécu à la révolution automobile des années 30 Depuis 1934, la Petite ceinture est presque silencieuse. Alors, c?est vrai que 72 ans après, nous ne dissimulons pas notre plaisir de voir les choses avancer.

La plupart des gares ont été rasées ou elles sont délabrées, les tunnels sont noircis, les rails rouillés, les quais devenus fantômes. Pourtant ce ?no man?s land? le long de ces mystérieux couloirs ferroviaires ne manque pas de charme. Une végétation luxuriante et spécifique a colonisé ces lieux inhabituels et l?idée qui consiste à la conserver afin de mettre en évidence ce côté poumon vert dans la Capitale me paraît positive. L?aménagement de la Petite ceinture dans le 15e arrondissement met donc un terme au combat d?arrière-garde que menaient les partisans de l?implantation des tramways T2 et T3 sur ces emprises. Un certain nombre d?entre eux siègent dans notre Assemblée, ils se reconnaîtront.

La Petite ceinture est déconnectée des rues avoisinantes. Elle est éloignée des stations de métro. Elle est difficilement accessible pour des centaines de milliers de voyageurs qui auraient dû monter sur des remblais ou des viaducs ou descendre en profondeur sur les voies. Elle est aussi, ne l?oublions pas, le lieu le long duquel vivent aujourd?hui plus de 200.000 Parisiens, nous ne pouvons pas faire autrement qu?en tenir compte.

Il faudra aussi songer, je crois, à organiser une concertation avec les riverains et sans doute les conseils de quartier d?ailleurs qui auront probablement des propositions à formuler. J?en fais la demande. Mais le protocole avec R.F.F. qui nous est proposé ne peut complètement nous satisfaire, et c?est vrai que j?ai des nuances à apporter aux propos de mon collègue, Claude DARGENT.

Pourquoi évoquer une convention précaire ? Pourquoi évoquer aussi une convention révocable ? S?imagine-t-on un instant, mes chers collègues, que les Parisiens qui vont bénéficier d?un nouvel espace vert public accepteront qu?on le leur retire un jour ? Qui peut croire qu?à cet endroit-là on fera circuler un jour de nouveau des trains ?

La réversibilité des aménagements projetés me paraît personnellement critiquable. Elle est même une atteinte au bon sens car je veux croire que la Petite ceinture réaménagée où la nature aura été sauvegardée et protégée - c?est votre projet, Monsieur le Maire - demeurera pour l?avenir un espace pérenne, un lieu de promenade dans la Ville sur lequel nous ne reviendrons pas.

Je formule donc la demande que la Ville défende auprès de R.F.F. cette position. Plusieurs de mes collègues de gauche et moi-même avons d?ailleurs voté un v?u en ce sens-là en Conseil d?arrondissement mais peut-être d?ailleurs que nos collègues de l?U.M.P. pourraient également intervenir auprès de R.F.F., établissement public d?Etat, pour que l?on avance sur cette question de la non réversibilité de l?infrastructure.

J?ai toutefois conscience, Monsieur le Maire, que la chose ne sera pas aisée même si vous êtes parvenu à un accord que nous attendions depuis très longtemps, nous élus mais aussi les riverains et les associations. Et cela c?est déjà une performance. Elle méritait d?être saluée.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.

Je donne la parole à Mme de CLERMONT-TONNERRE.

Mme Claire de CLERMONT-TONNERRE. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, la venue de ce projet de délibération devant notre Assemblée représente une bonne nouvelle mais j?avoue que son contenu est un peu décevant.

C?est une bonne nouvelle parce que le projet de réalisation d?une coulée verte sur l?emprise de l?ancienne Petite ceinture est resté au point mort depuis le début de la mandature alors que vous nous aviez annoncé à plusieurs reprises des dates de programmation qui n?ont jamais été tenues. Alors aujourd?hui, nous ne pouvons que nous réjouir que ce projet d?aménagement refasse surface.

En revanche, le contenu du protocole que vous nous proposez est décevant parce que ce projet ne concerne qu?une partie de la Petite ceinture située dans le 15e, parce qu?il s?inscrit dans le cadre d?une convention précaire et révocable de 12 ans mais aussi parce que l?ouverture du premier tronçon ne sera pas réalisée avant août 2009.

Et pourtant cette coulée verte est attendue. Vous le savez, Monsieur le Maire, les élus U.M.P. du 15e y sont favorables. Cet aménagement paysager avait d?ailleurs été étudié dès 2000. Il s?agissait alors de relier les deux plus grands parcs de notre arrondissement, le parc Georges Brassens et le parc André Citroën, et de réaliser une promenade champêtre de plus de 2 kilomètres de nature à contribuer à l?amélioration du cadre de vie des habitants de ce secteur.

J?ajoute que ce cheminement avait été présenté dans le cadre des réunions de la commission de réflexion et d?étude de la Petite ceinture qui se sont tenues en 2000.

Compte tenu du nombre de mes collègues qui sont inscrits, je vais limiter mon intervention à 3 points : le périmètre du projet, la valorisation du patrimoine bordant la Petite ceinture et la concertation.

En premier lieu, le périmètre du projet. Nous ne comprenons pas que le projet avancé dans le projet de délibération ne traite pas de la coulée en tranchée qui s?étend entre les rues Olivier-de-Serres et Brancion. Ce qui est d?ailleurs plutôt surprenant car cette portion se trouve au bord du parc Brassens sur la seule emprise de la Petite ceinture 15e à être inscrite en zone urbaine verte.

Le tunnel de Vaugirard est certes complexe à traiter mais il est difficile d?imaginer que la Ville ne trouve pas une solution appropriée pour contourner cet obstacle, d?autant qu?il y a plus de 10 ans notre Municipalité a su traiter de façon satisfaisante le tunnel de la promenade plantée du 12e.

Cette révision à la baisse du projet initial d?aménagement de la Petite ceinture a d?ailleurs conduit le Conseil d?arrondissement à adopter à l?unanimité le v?u présenté à l?initiative de mon collègue Philippe GOUJON demandant que soit étudié le prolongement de l?aménagement en coulée verte de la Petite ceinture ferroviaire pour relier le parc Brassens au parc André-Citroën.

En second lieu, j?évoquerai le patrimoine bâti qui borde la Petite ceinture. Au-delà des aménagements paysagers et de la mise en sécurité des lieux, la promenade sur la Petite ceinture ne trouvera tout son sens que si elle s?accompagne d?une mise en valeur et d?une meilleure utilisation du patrimoine qui la borde et en particulier des deux bâtiments qui bénéficient d?une protection P.V.P. et dont la destination a fait l?objet de v?ux dans le cadre du P.L.U.

Il s?agit de l?ancienne gare de Vaugirard pour laquelle le Conseil du 15e a demandé qu?une Maison de la nature y soit aménagée. C?est une idée particulièrement intéressante dans la mesure où cet édifice est situé au milieu d?un véritable corridor écologique où se développe une exceptionnelle diversité d?espèces végétales et animales.

Le deuxième bâtiment est situé à l?aplomb de la Petite ceinture. Il s?agit des anciens locaux du syndicat hippophagique. Aujourd?hui, ce bâtiment est encore occupé par les services techniques du S.T.E.G. mais il pourrait accueillir à terme un équipement culturel polyvalent à l?image du projet de maison des associations culturelles qui était proposé par ma collègue Ghislaine FONLLADOSA, adjointe au Maire en charge de la culture à l?occasion du P.L.U.

Enfin, en troisième lieu, je souhaiterais dire quelques mots sur la concertation. Au-delà des réunions publiques que vous nous annoncez, Monsieur le Maire, pour 2006, il est indispensable qu?une concertation approfondie soit conduite autour de ce projet avec les trois conseils de quartier intéressés, c?est-à-dire le conseil de quartier Vaugirard-Parc des expositions mais aussi les conseils de quartier Georges-Brassens et Boucicaut-Citroën.

Ces discussions seront vraisemblablement accompagnées d?une exposition en mairie du 15e et donneront probablement lieu à la tenue d?un C.I.C.A. mais ce dispositif de concertation sera d?autant plus intéressant s?il repose sur une bonne connaissance des lieux devant être aménagés.

Dans cette perspective, j?ai donc proposé au Conseil du 15e d?organiser une marche exploratoire à l?image de ce qui avait été fait pour les berges de Seine. Cette initiative aura notamment pour objet de permettre à chacun d?apprécier les lieux, les aménagements qui pourraient voir le jour mais aussi de mieux appréhender les questions de sécurité.

Cette marche qui aura lieu au printemps réunira les élus du 15e, les conseillers de quartier intéressés, les associations de riverains, R.F.F., les services des parcs et jardins ainsi que la présidente de la 4e Commission qui exprimait son intérêt pour cette initiative et, naturellement, vous aussi, Monsieur le Maire, si vous souhaitez-vous joindre à nous.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Monsieur GOUJON, vous avez la parole.

M. Philippe GOUJON. - Je voudrais tout d?abord dire à M. DARGENT qui s?agite sur son siège qu?il joue un peu le rôle, là-dedans, de l?arroseur arrosé parce qu?il essayait de montrer les divisions de l?opposition qui parle d?une seule voix. On le verra encore dans les interventions...

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - D?une seule voix mais de façon nombreuse.

M. Philippe GOUJON. - Oui, merci, parce que c?est un sujet d?importance mais j?ai constaté qu?entre M. ALAYRAC dont je partage une bonne partie d?ailleurs des points de vue et M. DARGENT, il y a plus que des divergences d?appréciation.

Je voudrais aussi faire un bref historique de cette affaire puisque tous ceux qui ont entendu M. CAFFET, adjoint au Maire chargé de l?urbanisme à l?époque, lors de notre Conseil de janvier 2003 - c?est lui qui répondait à ce sujet, je ne sais pas pourquoi - peuvent s?attendre, à bon droit, à une inauguration de la coulée verte reliant le parc Citroën et Brassens sur 2,4 kilomètres au milieu de l?année 2006 !

Ce sont ses propos, ?après des études préalables, continuait-il, entre 2003 et des travaux début 2005?. Et bien, tous ceux qui ont entendu ces propos seront évidemment déçus car, décidément, le compte n?y est pas, ni sur la longueur, on ne nous parle que de 1,3 kilomètre et encore en deux tranches, ni sur les délais car, depuis 2001, je crois que la Municipalité a un peu tendance à s?abriter derrière les difficultés rencontrées au cours des négociations avec R.F.F. pour justifier les lenteurs de ce dossier, même si une part de l?explication réside dans cette négociation.

En mai 2004 encore, M. BAUPIN me répondait à l?époque que des études de faisabilité de coût étaient conduites. Il aura fallu encore attendre 18 mois pour qu?un protocole nous soit soumis. Chacun sait, je l?ai dit au début de mon propos, la profonde division de la majorité sur ce sujet qui est vraiment une des causes principales de ce retard.

Le président du groupe communiste nous confiait encore lors de la séance du 7 mars 2005 du Conseil, son souhait de faire passer des tramways pour le fret sur la Petite ceinture ferroviaire et c?est même là un de ses arguments pour revendiquer le maintien de celle-ci en zone G.S.U. dans le P.L.U., ce qui provoquait d?ailleurs le refus de M. CAFFET au v?u déposé par Claire de CLERMONT-TONNERRE et moi même d?inscrire cette Petite ceinture ferroviaire en zone urbaine verte.

D?ailleurs, au Conseil du 15e arrondissement de la semaine dernière, la représentante du parti communiste a encore défendu le passage de fret sur la Petite ceinture ferroviaire. J?ai cru comprendre que M. DARGENT n?était pas loin de cette position. Prise en étau entre les positions contradictoires des ?Verts? et du parti communiste, la Municipalité n?a pas beaucoup bougé, du temps a été perdu, au moins 3 ans de retard.

Aujourd?hui, on nous saisit enfin d?un protocole avec R.F.F., tant mieux mais il ne règle pas tout. Et pourquoi, d?ailleurs, n?a-t-on pas plutôt procédé à un achat de cette section de la ligne, achat auquel était tout à fait disposé R.F.F ? On voit bien que ce protocole qu?on nous propose est le fruit d?un compromis boiteux négocié âprement entre les différentes formations de la majorité municipale.

D?ailleurs, la distinction générale que fait l?exposé des motifs entre une perspective d?utilisation de la Petite ceinture ferroviaire à long terme pour du transport de marchandises et des aménagements ponctuels à court terme à des fins pédagogiques et récréatives, à condition qu?ils soient réversibles, au grand dam de M. ALAYRAC d?ailleurs, c?est ce qui est précisé dans le protocole, ne peut nous satisfaire et ne nous satisfait pas plus qu?il ne satisfait M. ALAYRAC, comme nous l?avons rappelé d?ailleurs à chaque fois que cette question était abordée au Conseil de Paris.

Notre inquiétude est renforcée par la décision retenue d?une ?convention d?occupation temporaire, précaire et révocable pour une durée de 12 ans?. Pourquoi d?ailleurs insister sur cette convention précaire et révocable puisque c?est implicite à partir du moment où c?est le domaine public de l?Etat ? Je partage vraiment le point de vue de M. ALAYRAC, mais notre inquiétude est renforcée aussi par le maintien d?une voie ferrée de circulation pour y permettre le passage occasionnel des trains, par la prise en compte ?d?utilisations éventuelles complémentaires à caractère ferroviaire de la vocation ferroviaire?, de la ligne de la Petite ceinture.

Qu?est-ce que tout cela cache ? En tout cas, la conséquence générale est contenue dans ce principe de réversibilité que nous contestons pour notre part parce que les aménagements réalisés ne seront certainement pas suffisamment ambitieux et certainement pas définitifs comme cela aurait dû l?être au profit des promeneurs, des cyclistes, des sportifs pour lesquels le projet technique est muet. Sans compter l?implantation pendant au moins 3 ans de la base de maintenance du R.E.R. C situé à Issy-les-Moulineaux à cause des travaux du T2.

Enfin, les formes dans lesquelles la concertation doit être menée nécessitent des précisions. Il serait certainement opportun de prévoir, au-delà même de la consultation de nos Conseils d?arrondissement et de Paris, et on ne sait rien à ce jour du projet envisagé bien qu?un dossier technique ait déjà été transmis à R.F.F., des concertations avec les conseils de quartier et les riverains.

Nous voterons ce projet que nous appelions de nos v?ux depuis longtemps nous aussi, projet qui nous avait déjà été présenté à la fin de la précédente mandature mais qui n?a pas eu le temps d?aller à son terme et qui a même conditionné d?ailleurs notre acquiescement au nouvel itinéraire retenu pour le T2.

Mais nous regrettons de constater que ce projet manque d?ambition, que sa pérennité n?est pas garantie et que beaucoup de temps a été perdu. Deux v?ux ont été adoptés au Conseil d?arrondissement, à l?unanimité, je peux le dire. Le premier pour que soit étudié le prolongement de l?aménagement de la coulée verte de la Petite ceinture ferroviaire pour relier le parc Citroën au parc Georges Brassens, comme le prévoyait le projet d?origine sur 2,4 kilomètres.

Le deuxième v?u pour que soit supprimée la réversibilité des aménagements prévus sur cette ligne afin de permettre, dans de meilleures conditions, la réalisation de la coulée verte.

Je vous remercie.

M. Claude DARGENT. - Le deuxième v?u?

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Attendez, j?ai encore des inscrits.

Monsieur GALDIN, vous avez la parole.

M. Alexandre GALDIN. - Monsieur le Maire, ce projet que vous nous présentez aujourd?hui va dans le bon sens de l?amélioration de l?environnement du 15e arrondissement. Il reprend en effet partiellement le programme municipal du maire du 15e, René GALY-DEJEAN qui s?était alors déclaré favorable à la transformation de la Petite ceinture en coulée verte entre le parc Georges Brassens et le parc André-Citroën. Mais ce projet est insuffisamment ambitieux, comme l?indique les faibles moyens alloués, 5 millions d?euros pour ce projet, et sa longueur limitée à 1,3 kilomètre.

Nous aurions en effet préféré ce que j?avais proposé dans différents amendements financiers et encore dernièrement dans un v?u que j?avais présenté du 12 et 13 décembre 2005 et que la majorité municipale avait alors repoussé. Je préconisais, en effet, premièrement, l?achat des terrains, empêchant ainsi toute réversibilité, deuxièmement, une promenade sur toute la largeur de la voie ferrée et non sur la moitié, troisièmement, une promenade qui aille du parc André-Citroën au parc Georges-Brassens, ce qui n?est pas du tout impossible.

Nous n?avons donc pas entièrement satisfaction. Merci.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Pour répondre, Monsieur CONTASSOT, vous avez la parole.

M. Yves CONTASSOT, adjoint, au nom de la 4e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.

Tout d?abord, je voudrais dire que j?admire les gens qui disent : ?Ça va dans la bonne direction, mais ce n?est pas ce qu?on voulait ; néanmoins, on va le voter?.

Je constate que nous faisons, pendant que certains débattent de manière un peu théologique, je dois le dire, sur la réversibilité ou non. Vous oubliez juste un détail : c?est qu?il s?agit de signer un protocole avec un partenaire et que soit on est dans la logique, effectivement, comme le dit le mot ?partenaire?, de trouver un accord avec lui, soit on est dans une autre logique, mais nous ne pourrons pas lui acheter s?il n?est pas vendeur, contrairement à ce qu?a dit M. GOUJON. Je le mets au défi de montrer où et quand R.F.F. a dit qu?il était prêt à vendre ce terrain. R.F.F. nous dit depuis le début qu?il ne veut pas vendre ce terrain, que la seule portion de la petite ceinture qu?il est prêt à vendre, c?est effectivement dans le 16e, mais qu?ailleurs il est hors de question, d?une manière ou d?une autre et quel que soit le lieu, de céder l?emprise foncière.

Nous sommes dans un accord à trouver avec un partenaire et je dirais avec un deuxième partenaire masqué, qui est la S.N.C.F. Vous semblez sous-estimer totalement que la S.N.C.F. a son mot à dire, car elle est gestionnaire de l?emprise, même si elle n?en ait pas propriétaire. C?est bien là la vraie difficulté : la S.N.C.F. n?est pas partie prenante directement aux négociations et à la signature mais il n?empêche qu?elle est derrière R.F.F. lors des négociations. Si ces négociations - comme vous, je le regrette - ont pris beaucoup plus de temps, c?est que la S.N.C.F. a imposé un certain nombre de choses et notamment de mener, et c?est ce qui va être fait, des études spécifiques sur le 15e arrondissement, pour regarder, et c?est uniquement R.F.F. et la S.N.C.F. qui seront habilités à mener ces études, les contraintes techniques sur ce site.

Evidemment, nous aurions aimé, comme vous, beaucoup, autour des discussions qui ont eu lieu, aller plus vite, aller plus loin, aller jusqu?à Georges-Brassens, mais là encore, quand les gestionnaires et le propriétaire nous disent : ?Il y a un tunnel, nous ne voulons pas qu?il soit pour l?instant l?objet d?une convention, car ne nous ne savons pas si nous autoriserons un jour ou pas la traversée des tunnels qui n?ont rien à voir en termes de longueur avec ce qui a été fait dans le 12e arrondissement.? Même si nous, nous sommes convaincus qu?il existe des solutions, nous ne pouvons pas imposer la signature dans ce domaine à quelqu?un qui n?a pas envie de signer.

Si vous êtes si doués que cela, si vous étiez si prêts de le faire à la fin du dernier mandat, pourquoi cela n?a-t-il pas été réalisé ? Cela, je me le demande.

En tout cas, je vois que les mêmes qui demandaient que le tramway passe sur la petite ceinture, demandent aujourd?hui que soient maintenant irréversibles les aménagements qu?on va y faire. Je trouve qu?il y a un niveau de cohérence qui me dépasse très, très largement, si ce n?est le principe de prendre le contre-pied de ce que propose l?Exécutif de manière permanente.

Mme de CLERMONT-TONNERRE a fait des suggestions, comme d?autres, en matière de concertation. Elle connaît ma réponse puisque je l?ai donnée en 4e Commission : oui, bien sûr, je souhaite qu?il y ait une concertation réelle et approfondie, et pas simplement avec une marche exploratoire, des expositions, mais aussi des réunions publiques avec des débats. Je l?ai dit, je souhaite que le maire du 15e accepte ces propositions de concertation. Ce sera peut-être un peu novateur dans le 15e, mais je souhaite en tout cas qu?on aille à une concertation approfondie dans ce domaine, comme sur tous les autres projets, et que le plus rapidement possible, on ait effectivement ensuite la capacité de passer à la réalisation.

Monsieur GALDIN, si vous jugez l?ambition d?un projet uniquement au montant de la facture, nous n?avons effectivement pas tout à fait la même notion de l?ambition. Je dirais que vous êtes plutôt dans la dépense pour la dépense et du moment qu?on dépense de l?argent, vous êtes content et si on n?en dépense pas, cela n?a pas d?intérêt ! Très franchement, ce n?est pas comme cela que je vois les choses et, pour avoir vu les premières esquisses, je crois que c?est un très beau projet qui sera soumis aux habitants du 15e et que ceux-ci seront vraiment contents qu?il débouche.

Voilà ce que je voulais dire.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Très bien. Des explications de vote ?

Monsieur NAJDOVSKI ?

M. NAJDOVSKI était inscrit avant Mme GÉGOUT.

M. Christophe NAJDOVSKI. - Les élus du groupe ?Les Verts? voteront, bien entendu, ce projet de délibération qui est tout à fait conforme au contrat de mandature, qui prévoit l?aménagement d?une coulée verte sur la Petite ceinture.

Je voudrais simplement quand même relever ici le double discours de l?U.M.P., ou plutôt le discours incohérent de l?U.M.P., puisque selon les arrondissements on a des discours à géométrie variable.

Ce matin, on a eu M. ARAJOL qui proposait d?utiliser la Petite ceinture ferroviaire pour y faire circuler des convois ferroviaires. On a les élus U.M.P. du 15e qui veulent l?aménagement d?une coulée verte, après avoir défendu le tramway non pas sur les Maréchaux mais sur la petite ceinture. On a entendu M. TRÉMÈGE défendre cette option ardemment à plusieurs reprises ici dans l?hémicycle. Les élus U.M.P. du 12e arrondissement, par contre, ne veulent pas entendre parler de la circulation des trains.

Alors, j?aimerais savoir quelle est la position de l?U.M.P., puisque, manifestement, vous êtes pour des tronçons d?aménagement qui se limitent très certainement aux frontières des arrondissements.

En tout cas, nous, notre position est claire : nous souhaitons l?aménagement d?une coulée verte sur l?ensemble du linéaire de la Petite ceinture.

C?est pourquoi nous voterons ce projet de délibération.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Bien.

Madame GÉGOUT, vous avez la parole.

Mme Catherine GÉGOUT. - Merci.

Nous ne nous étions pas inscrits sur ce projet de délibération parce que notre position est tout à fait connue, donc c?était totalement inutile, mais vu la tournure des débats, je me sens obligée d?intervenir.

Nous sommes tout à fait d?accord avec la position extrêmement mesurée qu?a eue Claude DARGENT ainsi qu?avec le projet de délibération, précisément parce qu?il préserve l?avenir en utilisant cet espace pour le présent, ce qui est tout à fait utile pour les Parisiens.

Quant à ceux qui se préoccupent d?un poumon pour Paris, j?espère qu?ils vont s?en préoccuper tout autant quand, dans le cadre du P.D.P., nous rechercherons des solutions pour diminuer le fret par camion dans Paris ! Nous verrons aux actes !

La Petite ceinture, pour nous, est une chance urbaine considérable pour Paris, même si aujourd?hui elle présente des solutions de continuité.

Vous estimez que nous n?avons pas d?ambition. Je dirais que c?est plutôt tout le contraire, mais notre ambition n?est pas au niveau de tel ou tel tronçon de la petite ceinture ; elle est au niveau du développement durable de Paris. Alors, laissons-nous au moins la possibilité du choix. C?est ce que fait ce projet de délibération et c?est pour cela que nous l?approuvons totalement.

Je vous remercie.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Pas d?autres interventions ?

Je mets aux voix, à main levée, le projet d?amendement n° 60 déposé par l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet d?amendement n° 60 est adopté.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DPJEV 37 ainsi amendé.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération amendé est adopté. (2006, DPJEV 37).