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Fevrier 2006
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Vœu déposé par M. Georges SARRE et les membres du groupe du Mouvement républicain et citoyen relatif à la sauvegarde du patrimoine typographique hérité de l’Imprimerie nationale.

Débat/ Conseil municipal/ Février 2006


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons donc à l?examen du v?u référencé n° 31 dans le fascicule, relatif à la sauvegarde du patrimoine typographique hérité de l?Imprimerie nationale.

La parole est à Mme Liliane CAPELLE.

Mme Liliane CAPELLE. - Merci, Monsieur le Maire.

Le v?u déposé par le groupe des élus du M.R.C. a pour vocation d?aider à la sauvegarde d?un patrimoine qui n?est pas seulement parisien mais également universel.

Depuis 1994, l?Imprimerie nationale est devenue une société anonyme soumise aux règles de la concurrence. C?est un fait regrettable certes, mais dont les conséquences s?imposent et se sont déjà faites sentir.

Le site historique de l?Imprimerie nationale a été vendu au fonds de pension américain Carlyle, ce qui est en soi un symbole. Les activités de l?Imprimerie nationale ont déménagé vers des sites comme Ivry, Douai ou Choisy-le-Roi.

L?Imprimerie nationale a une histoire riche. Les buts du corps des imprimeurs du roi fondés par François 1er, devenu Imprimerie royale sous Richelieu, puis Imprimerie nationale, n?étaient nullement de remplir les seules fonctions d?Imprimerie d?Etat mais bien d?être un outil de diffusion de la pensée, d?analyse de l?écrit et de pérennisation de la culture. Il va sans dire que l?Imprimerie nationale a été un vecteur de l?intelligence et de la culture.

L?Imprimerie nationale dispose d?une typothèque unique au monde dont l?étude et la pérennité sont une garantie de maintien d?un degré de culture et de civilisation.

Il s?agit donc désormais de sauver et de mettre en valeur l?Atelier du livre et le Cabinet des poinçons dépendant de l?Imprimerie nationale.

(Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe, remplace M. le Maire de Paris au fauteuil de la présidence).

Notre groupe accepte volontiers la modification du dernier considérant qui serait ainsi modifié : ?Considérant qu?il appartient en premier lieu à l?Etat d?initier un projet susceptible de mettre en valeur ce patrimoine?, il s?agit en effet de ne pas nier le rôle central de l?Etat.

La situation actuelle est en grande partie due au manque de volonté de l?Etat. Il nous appartient d?initier le sauvetage de l?Imprimerie nationale, il appartient à l?Etat de s?engager de manière décisive.

Vous avez le v?u sous les yeux, je ne vais pas vous le relire. Je vous demande donc évidemment d?apporter un avis favorable à ce voeu.

Je vous remercie.

Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe, présidente. - La parole est à Mme Moïra GUILMART.

Mme Moïra GUILMART, adjointe. - Je vous remercie, Georges SARRE et Liliane CAPELLE, d?évoquer la question effectivement très préoccupante du devenir du patrimoine de l?Imprimerie nationale.

Je rappelle que ce patrimoine comporte en particulier le Cabinet des poinçons créé sous François 1er, constitué de

500.000 pièces gravées et classées Monument historique, mais aussi une bibliothèque historique riche de 30.000 volumes ainsi qu?une collection d?une cinquantaine de machines dont les plus anciennes remontent au XVIIIe siècle.

Bien entendu, je souhaite tout comme vous que le patrimoine de l?Imprimerie nationale, société anonyme dont l?Etat est l?actionnaire unique, soit préservé et valorisé.

Depuis l?annonce du déménagement de l?Imprimerie nationale, la Municipalité n?est d?ailleurs pas restée inactive, rencontrant à plusieurs reprises ses responsables et se rendant sur place comme l?a fait d?ailleurs Mme Anne HIDALGO accompagnée de membres des cabinets des principaux adjoints concernés.

Toutefois, les démarches de la Municipalité se sont jusqu?à présent heurtées à l?absence de réponse concernant l?engagement de l?Etat dans un éventuel projet de valorisation de ce patrimoine national.

La Ville de Paris est donc tout à fait disponible pour évoquer tout projet de valorisation des collections de l?Imprimerie nationale et des métiers du livre, de création de pôles des arts graphiques - les arts graphiques sont un vrai sujet pour nous sans d?ailleurs exclure a priori un projet régional implanté dans une autre commune d?Ile-de-France pourvu que le projet soit cohérent et d?une qualité digne de cette collection unique au monde comme nous le savons tous et comme la presse d?ailleurs en a largement parlé.

J?insiste néanmoins sur la responsabilité première de l?Etat en la matière en sa qualité d?actionnaire, comme je l?ai dit tout à l?heure. L?Etat doit clairement préciser l?engagement qui serait le sien dans un projet de valorisation qui reste aujourd?hui à définir.

C?est pourquoi je vous propose d?adopter votre v?u en reformulant, si vous le voulez bien, le dernier considérant de la façon suivante - et je cite : ?Considérant qu?il appartient en premier lieu à l?Etat d?initier un projet susceptible de mettre en valeur ce patrimoine?, étant entendu que nous sommes tout à fait ouverts à la perspective de nous associer à une démarche qui préserverait l?Imprimerie nationale.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe, présidente. - Merci.

Madame CAPELLE, acceptez-vous cette modification ?

Pour les explications de vote, je donne la parole à Jean VUILLERMOZ.

M. Jean VUILLERMOZ. - Merci, Madame la Maire.

Effectivement, nous voterons bien entendu ce v?u mais nos collègues du M.R.C. ont certainement été sensibles comme nous au texte paru dans le journal ?Libération? du 16 février dernier dans lequel Elisabeth BADINTER, Yves BONNEFOY, Roger CHARTIER, Jacques RIGAUD et Bernard STIEGLER ont lancé un vibrant appel pour éviter que le patrimoine exceptionnel de l?Imprimerie nationale ne soit dispersé. Patrimoine, pour lequel je suis intervenu à la Commission du Vieux Paris, sans succès, je dois le dire, pour son maintien dans le 15e arrondissement sur les lieux socioprofessionnels de son utilisation.

Alors nous sommes d?autant plus d?accord avec le groupe

M.R.C. qu?en décembre 2004 notre collègue, Nicole BORVO, avait fait adopter un v?u au Conseil de Paris sur l?avenir des 3 sections du patrimoine de l?Imprimerie nationale dont le Cabinet des poinçons qui risque de voir ses pièces dispersées et la bibliothèque, d?être mise sous caisse.

Il nous avait paru en effet vital de ne pas laisser la direction du groupe Imprimerie nationale SA et son Ministère de tutelle, les Finances, décider seuls du devenir d?un tel patrimoine unique au monde, regroupant tout à la fois le Cabinet des poinçons, l?Atelier typographique et une bibliothèque de plus de 30.000 ouvrages constituée depuis le XVIe siècle.

Je voulais informer nos collègues également que depuis décembre 2004, Nicole BORVO, en qualité de parlementaire, a sollicité le Maire de Paris, le Président de la Région Ile-de-France mais aussi les Ministres successifs de la Culture et des Finances afin d?étudier les propositions de création d?un Conservatoire de l?imprimerie, de la typographie et de l?écrit tel que le propose le collectif interdisciplinaire ?Garamonpatrimoine? et dont l?appel lancé dans la presse le 16 février dernier reprend largement les propositions.

Enfin, je voudrais vous informer que Nicole BORVO toujours s?est adressée aux signataires du texte ?La typographie en danger? afin qu?ils s?associent à une nouvelle démarche auprès des responsables du Gouvernement pour éviter la dispersion de ce formidable patrimoine de l?humanité. Elisabeth BADINTER et Yves BONNEFOY ont d?ores et déjà fait savoir à Nicole BORVO qu?ils étaient disposés à s?engager.

J?invite, bien sûr, à voter ce v?u mais j?invite l?ensemble de nos collègues, s?ils le souhaitent, à s?associer à la démarche que Nicole BORVO va engager avec Elisabeth BADINTER et Yves BONNEFOY dans les prochains jours.

Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur le Président.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe du Mouvement républicain et citoyen ainsi amendée, assortie d?un avis favorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2006, V. 58).