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Decembre 2009
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2009, Vœu déposé par le groupe Communiste et élus du Parti de Gauche relatif au soutien de la Ville de Paris à la demande de libération de Salah HAMOURI.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2009


 

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Nous passons maintenant à l'examen du v?u référencé n° 130 dans le fascicule, déposé par le groupe Communiste et Parti de Gauche, relatif au soutien de la Ville de Paris à la demande de libération de Salah HAMOURI.

La parole est à M. Ian BROSSAT pour le présenter ?

M. Ian BROSSAT. - Merci, Monsieur le Maire.

Lors du dernier Conseil de Paris, j'avais fait une promesse à Pierre SCHAPIRA, à savoir qu?à chaque Conseil de Paris, je présenterai un v?u avec mon groupe, le groupe Communiste et des élus du Parti de Gauche, pour évoquer la situation de Salah HAMOURI, ce jeune franco-palestinien, incarcéré depuis 2005 dans les prisons israéliennes, alors qu'il n'a commis aucun crime.

J'ai eu l?occasion de visiter Salah HAMOURI en novembre et l'une des choses sur lesquelles il a insisté, c'est que, pour obtenir sa libération, il est extrêmement important que nous nous mobilisions en France, comme d'ailleurs nous nous mobilisons pour bien d'autres hommes et femmes incarcérés à travers le monde.

C'est la raison pour laquelle nous représentons un v?u ce mois-ci et j'espère bien que cette fois-ci, il sera voté, contrairement à la fois précédente. Ce v?u vise à ce que, pour défendre la libération de Salah HAMOURI, nous apposions le portrait de Salah HAMOURI sur l?Hôtel de Ville.

Je vous remercie.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci.

La parole est à M. Pierre SCHAPIRA.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint. - Je reconnais au Président BROSSAT qu?il tient ses promesses !

Alors, moi, cela m'ennuie beaucoup, cette affaire. D'abord parce qu'on a fait le nécessaire, je ne vais pas répéter ce qui a été fait par la Ville, par le Maire. Le Gouvernement français fait le nécessaire pour défendre un compatriote.

J'ai ce soir la déclaration du Chef du bureau politique du Hamas concernant l'échange des prisonniers. Il l'a faite depuis Téhéran. Il y a un refus de Khaled MECHAAL pour l'instant.

Très honnêtement, je pense que nous faisons une faute en ce moment en parlant de Salah HAMOURI maintenant. Et je le répète parce que c'est vraiment le fond du problème. Je crois qu'il y a une discussion, d'une part, entre le Hamas, d'autre part, avec le Fatah pour la libération de 500 personnes d'un côté et 500 personnes de l'autre.

Voilà ! Donc, la question : personne n'est capable de nous dire ! Personne n'est capable de nous dire, que ce soient les autorités françaises, l'ambassade, bref, personne n'est capable de nous dire si Salah HAMOURI fait partie de la négociation, s'il est réclamé par les Palestiniens ou pas.

Je dis simplement : laissons faire la négociation !

Je vous le dis, Monsieur le Président : laissons faire la négociation !

Si, effectivement, il n'était pas dedans, si par hasard - je vais aller encore plus loin - BARGHOUTI était libéré, ce qui semble être le cas, si l'accord se fait, si BARGHOUTI était libéré et si lui n'était pas libéré, alors, à ce moment-là, je pense que nous devons avoir une action.

Mais, pour l'instant?

Et je termine en disant, puisque votre v?u est fait ainsi?

(Mouvements divers dans l'hémicycle).

Ecoutez, c'est assez sérieux pour ne pas s'invectiver !

J'ai rencontré la femme de Marwan BARGHOUTI. Je sais très bien et j?ai travaillé avec l'Association des prisonniers palestiniens de Fares KADOURA. Je sais très bien dans quel état d?esprit ils sont et comment ils négocient ?

M. Alain LHOSTIS. - Nous aussi.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint. - Je ne vous interromps pas, Monsieur LHOSTIS. Laissez-moi. Vous faites une obsession constante sur cette petite région mais je ne sais pas pourquoi.

Je dis simplement, et je terminerai là-dessus, parce que je ne veux pas être plus long. Je dis que votre v?u demandant qu?on affiche la photo de BARGHOUTI sur l?Hôtel de Ville?

M. Alain LHOSTIS. - Pas de BARGHOUTI.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint. - De Salah HAMOURI sur l?Hôtel de Ville, je pense qu?on ne peut que vous dire non, dans la mesure où on n?affiche plus personne sur la façade de l?Hôtel de Ville.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci.

La parole est à M. Sylvain GAREL.

M. Sylvain GAREL. - Cette argumentation est complètement inacceptable. Lorsqu'on a affiché le portrait d?Ingrid BÉTANCOURT - à notre demande d'ailleurs, je le rappelle - on ne s'est pas posé la question de savoir si elle faisait partie des négociations entre les FARC et le Gouvernement colombien. On l?a apposé parce que c?était une franco-colombienne.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint. - On ne peut pas comparer.

M. Sylvain GAREL. - On ne peut pas comparer ?

C'est quelqu'un qui est retenu contre son gré pour une action politique. Effectivement, on peut comparer. Lorsqu?on a mis le portrait d?Ingrid BÉTANCOURT, on ne s?est pas posé de question de savoir si elle faisait partie ou pas des accords. Cela a mis très longtemps avant qu'elle en fasse partie.

Je pense que c?est là un prétexte. Si effectivement on demande la libération de Salah HAMOURI, c?est pour faire pression sur le Gouvernement israélien, pour que celui-ci libère Salah HAMOURI.

Quant aux négociations avec le Hamas et avec le Fatah, si j'ai bien compris Israël reproche à Salah HAMOURI d?être membre du F.P.L.P. Il n?est pas concerné par le Hamas et peu par le Fatah.

Je pense de toute façon que l'on n'a pas à rentrer dans ces considérations. On a demandé sa libération. Un point, c'est tout.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci.

La parole est à M. Ian BROSSAT.

M. Ian BROSSAT. - Je serai bref car j'ai déjà eu l'occasion d'intervenir sur cette affaire.

Monsieur SCHAPIRA, vous avez dit tout à l'heure que cette affaire vous embête. C?est effectivement l?impression que cela donne.

Au fond, j'ai le sentiment que ce ne sont pas des arguments que vous présentez, ce sont des prétextes, et à chaque fois vous trouvez des raisons pour ne pas voter de v?u en faveur de Salah HAMOURI. C?est cela la vérité.

Vous nous aviez expliqué, la dernière fois, dans le v?u que nous avions présenté, que vous nous reprochiez de ne pas avoir cité ce qu?avait fait Bertrand DELANOË pour la libération de Salah HAMOURI. Alors, nous l?avons ajouté à ce v?u ce mois-ci. Mais cela ne vous convient pas non plus.

Vous aviez évoqué également l?idée que, dans cette affaire, il conviendrait d'être discret. C?est extraordinaire, c?est la première fois que dans une affaire de prisonnier, on nous explique qu'il faut être discret et qu?il ne faut pas en parler.

Au fond, à chaque fois, on a le sentiment que vous sortez de votre chapeau un argument qui, en réalité, n'en est pas. C?est la raison pour laquelle nous présenterons à nouveau un v?u lors du prochain Conseil de Paris et j'espère bien que cette fois-ci, vous le voterez.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci.

Pierre SCHAPIRA ? Oui, mais on s'est dit beaucoup de chose déjà.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint. - On sait ce que l?on pense sur la libération de Salah HAMOURI. On l'a demandée. Le Maire de Paris était intervenu auprès des plus hautes autorités israéliennes là-dessus.

La dernière fois, ce n?était pas pareil, vous demandiez que la mère de Salah HAMOURI soit reçue à l?Elysée par le Président de la République.

M. Ian BROSSAT. - Pas seulement.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint. - C?était le v?u de la dernière fois. Elle a été reçue. J'ai toute la liste des actions qui ont été menées. Vous ne pouvez pas dire. On a des notes précises de la direction et du Quai d'Orsay sur ce sujet. Vous ne pouvez pas raconter des histoires sur ce sujet.

Je pense que c'est contre-productif, compte tenu de la caisse de résonance qu'est le Conseil de Paris. Je pense que c'est contreproductif pour Salah HAMOURI.

Sur le fait que le Maire de Paris ait fait des actions pour la libération de Salah HAMOURI, c?est indéniable. Mais de là à mettre le portrait sur l?Hôtel de Ville, alors qu'on ne le fait plus depuis Ingrid BÉTANCOURT.

Voilà, c?est pour cela que je vous refuse ce v?u. Je dis non.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe Communiste et élus du Parti de Gauche, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.