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Decembre 2009
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2009, DU 196 - Projet Triangle (15e) - Engagement de la procédure de révision simplifiée du PLU sur le site de la Porte de Versailles ; définition des objectifs poursuivis et des modalités de concertation.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2009


 

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Nous passons à l'examen du projet DU 196 relatif au projet Triangle (15e) Engagement de la procédure de révision simplifiée du PLU sur le site de la Porte de Versailles ; définition des objectifs poursuivis et des modalités de concertation, sur lequel le groupe "Les Verts" a déposé les amendements nos 90, 91, 92, 93, et 94 et le groupe U.M.P.P.A., l?amendement n° 95 bis.

Je donne la parole à M. Jean-Pierre CAFFET.

M. Jean-Pierre CAFFET. - Merci, Monsieur le Maire, chers collègues.

J'ai envie de vous dire pour commencer que c'est avec un réel plaisir que j'ai pris connaissance de ce projet de délibération, qui marque une avancée, même un tournant dans ce projet qui est né sous l'ancienne mandature, puisque nous débattons aujourd?hui d'une modification du PLU qui le rendra possible, en tout cas sur un plan réglementaire du point de vue urbain.

Je crois, et ce sera mon propos, que ce projet a de grandes qualités. La plus visible est évidemment la qualité architecturale évidente du futur bâtiment et son insertion urbaine. Tout le monde a vu les images du Triangle, et je ne reviendrai pas sur sa beauté formelle.

L'insertion urbaine également, particulièrement importante dans ce secteur de Paris, me semble avoir fait l'objet d?une attention soutenue et avoir été traitée avec beaucoup de soin. Elle permettra de revitaliser l'avenue Ernest Renan sans doute un peu tristounette, grâce à l'animation de nouveaux commerces et restaurants. Ce projet ne réside pas dans la seule construction de ce bâtiment, mais cette dernière s'accompagne d'un réaménagement des espaces environnants avec la création d'un jardin de 8.000 mètres carrés (près d'un hectare), et le déplacement de la zone logistique, source de nuisance.

Enfin, et peut-être surtout, ce projet a été pensé pour supprimer la véritable coupure urbaine qui existe entre Paris, Vanves et Issy-les-Moulineaux. A l?heure du Grand Paris dont nous pensons que la dimension urbaine est essentielle, cet aspect du projet est loin d'être négligeable.

Deuxième qualité de ce projet : sa dimension économique. Il est clair que l'attractivité économique du parc des expositions de la Porte de Versailles, qui est incontestablement bénéfique au rayonnement international de la capitale était sérieusement concurrencée et le restera sans doute dans les décennies à venir par d'autres métropoles européennes.

Il fallait donc réagir et le faire en offrant pas loin de 100.000 mètres carrés dédiés à l'activité tertiaire, mais dont une partie sera consacrée à des équipements d'intérêt collectif, et qui de plus sera un geste architectural très probablement de retentissement international, cela doit être salué.

Ce projet confortera cette attractivité et permettra d'affirmer ce secteur du 15e arrondissement comme un pôle économique d'activité majeur, qui permettra d'accueillir environ 5.000 emplois. Je crois par ailleurs qu'il serait judicieux d'insister pour y implanter, je crois que c'est un projet mais il faudrait le concrétiser, une pépinière d'entreprises qui contribuerait à la diversité des activités.

Troisième qualité et non des moindres, c'est que ce projet est porté par des acteurs économiques dont la C.C.I.P., ce qu'il faut souligner, et qu'il ne bénéficiera pas de financements publics sauf, j'imagine, pour les équipements d'intérêt collectif. La Ville ne sera donc pas sollicitée sur le plan financier.

Reste évidemment l'impératif, et je parle bien d'impératif, environnemental. J'entends bien les craintes, les critiques, les certitudes définitives qui condamnent ce projet et le vouent d?emblée aux gémonies. Oui il faudra que ce bâtiment, comme les autres qui seront désormais sur le sol parisien, respecte le Plan climat. Ce ne sera sans doute pas facile, mais je ne vois pas pourquoi il serait décrété ex abrupto et a priori, que ce sera un objectif inatteignable.

En tout cas il doit être possible de le vérifier ex ante, mais pour conclure, au-delà des contraintes justement imposées par le Plan climat, je crois nécessaire pour mener à bien ce projet, de mener une réflexion sur les autres composantes environnementales dans une démarche globale sur la refonte du parc des expositions. Par exemple, prendre en considération l'ensemble des critères de la haute qualité environnementale, j'ai déjà évoqué l'insertion urbaine, il y en a beaucoup d'autres comme l'accessibilité, la problématique de la densification à proximité des n?uds de transport et bien d?autres.

Voilà, mes chers collègues, ce que je voulais dire sur ce projet, en tout cas, à ce stade. Encore une fois nous nous félicitons de ce projet de délibération qui va le rendre possible, et je souhaite bonne chance et bon vent au projet Triangle.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci, Monsieur le Président.

Je donne la parole à Mme BRUNO.

Mme Catherine BRUNO. - Monsieur le Maire, mes chers collègues.

Lors du débat en juillet 2008, nous avons eu l'occasion de le dire, nous n'avons rien contre le déplafonnement des constructions à Paris, et donc rien contre l'implantation de tours à Paris, à condition que ce ne soit ni systématique ni anarchique, mais adapté à la configuration des lieux. Dans le cadre de la tour Triangle, nous en avons donc approuvé le principe.

Depuis le lancement de l'opération au début de la mandature, ce projet a beaucoup évolué, à la fois de façon positive et de façon négative.

L'évolution négative concerne le projet lui-même. Au départ, le projet était tout beau, tout nouveau, il devait comprendre non seulement des bureaux mais aussi un hôtel, des bureaux partagés pour les exposants du parc d?exposition, un centre de conférences, une pépinière d'entreprises axée sur les médias et la communication et d'autres équipements, comme une crèche, des commerces de proximité, tout cela adossé au parc des expositions de la Porte de Versailles, pour attirer à nouveau dans Paris des salons, des expositions et faire revivre ce quartier en requalifiant l'avenue Ernest Renan et en créant un lien avec Issy-les-Moulineaux et Vanves.

Puis, petit à petit, les équipements de proximité, qui auraient pu aider à emporter l'adhésion des riverains, ont été réduits comme peau de chagrin. Plus de crèches, moins de stationnements résidentiels, et à cause de la crise économique, plus d'hôtels mais des bureaux, encore des bureaux.

A la mairie du 15e arrondissement, nous avions organisé la concertation avec les architectes et Unibail, et un peu plus tard avec les conseils de quartier. Ces réunions nous ont permis de ressentir les inquiétudes des riverains et de faire des propositions. Car, comme l?a bien résumé Philippe GOUJON, cette tour, c'est le projet du siècle pour le 15e arrondissement.

C'est là où une évolution positive est intervenue, lors de notre dernier Conseil. Jusqu?à cette date, il y a dix jours, Madame la première adjointe au Maire de Paris s'était approprié ce dossier avec les responsables d?Unibail, sans associer le moins du monde les élus de la majorité du 15e, qui avaient du mal à faire entendre leurs avis.

Puis, grâce à la ténacité de Philippe GOUJON, à des v?ux des élus de la majorité municipale du 15e, un co-pilotage par Mme HIDALGO et Philippe GOUJON a été accepté par celle-là même qui le refusait jusqu'alors.

On ne peut que s'en féliciter et espérer que les élus et les habitants du 15e pourront continuer d'émettre des avis constructifs, jusqu'à l?achèvement des travaux. Ces avis constructifs sont résumés dans l'amendement n° 95 bis, auquel le groupe Centre et Indépendants s'associe totalement.

Je vous remercie.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci, Madame.

Madame TACHENE, vous ne parlez pas ? Bien.

La parole est donc à M. Yves CONTASSOT.

M. Yves CONTASSOT. - Il y a quelques jours, surfant sur Copenhague, Bertrand DELANOË signait une tribune pour réclamer des mesures à la hauteur des enjeux du dérèglement climatique. Il disait que dire qu?il faut désormais des actes ne suffit pas, il faut les poser.

Avec ce projet Triangle, incontestablement un acte est posé. Hélas, il nous éloigne de Copenhague et nous entraîne plutôt vers Dubaï. Un pas vers Dubaï parce que les tours sont l'emblème de l'uniformisation des métropoles mondiales qu'engendrent la compétition financière. Est-ce votre projet pour Paris, alors que seuls quelques oligarques russes sont encore les financeurs potentiels des tours de La Défense ?

Moscou, Shanghai, les capitales des Emirats sont engagées dans cette folle course à la production de tours en série, toujours plus hautes. Paris doit-elle nécessairement les suivre et tourner le dos à la vraie modernité, en renonçant à ouvrir le chemin de l'innovation urbaine ?

Copenhague, incontestablement, le projet Triangle nous en détourne. Triangle, c'est d'abord une pollution visuelle pour tous les Franciliens. Ce bâtiment massif constituera un véritable mur dans le paysage métropolitain, une barrière visible depuis n'importe quel point de Paris et surtout des collines de Meudon. Un élément aussi incongru que solitaire est hors d'échelle. L'impact visuel serait sans précédent dans notre agglomération, rappelant la balafre de la tour Montparnasse dans le ciel de Paris.

Un impact plus immédiat encore serait celui de l'ombre portée sur les bâtiments alentour, au détriment de l'ensoleillement des logements voisins mais aussi du potentiel en énergie solaire des toits et terrasses du parc des expositions. Ceux-ci constituent pourtant un potentiel majeur pour réaliser l'objectif des 220.000 mètres carrés de panneaux solaires durant la mandature.

Vous dites qu?une étude d'ensoleillement a été effectuée. J?ai participé à l?atelier au cours duquel cette étude a été présentée. Et les représentants du promoteur et des architectes ont bien été obligés de reconnaître qu'elle était partielle et sous-estimait les ombres portées.

Vous annoncez également que ce projet créerait 5.000 emplois. Face à la compétence revendiquée du président du groupe socialiste avant-hier, je ne peux être que surpris. Avez-vous réalisé une étude sur ce sujet ? Et comme le demandait Jean-Pierre CAFFET pour une autre étude, avez-vous pris en compte le TES, le taux d'entrées sorties ? J'en suis peu convaincu.

(Mouvements divers dans l?hémicycle).

Je sais, il n?y a que toi qui connais ces questions-là ! Cela sera décompté de mon temps de parole, comme le fait systématiquement Jean-Pierre CAFFET.

Evidemment non, vous n'avez pas fait d'étude, car vous le savez pertinemment, il n?y aura aucune création d'emploi mais tout au plus déplacement d'emplois.

Pour reprendre à nouveau une formule de Jean-Pierre CAFFET, je peux dire que cette annonce est donc une simple arnaque électorale !

Nous n?aurons de cesse de le répéter. Avec l'ensemble des experts, au-delà de ce projet de tours, les tours sont une forme d'architecture anti-écologique, en contradiction totale avec les principes de sobriété et de solidarité affirmés en ce moment même à Copenhague.

Leur construction nécessite d'employer des matériaux particulièrement énergivores comme l?acier et le béton. A cela s?ajoute l?importance de la surface de parois en contact avec l?extérieur ou encore le traitement des fluides et des personnes. La grande hauteur engendre des surconsommations considérables.

La société Enertech, spécialisée dans la consommation d'énergie des bâtiments, a publié une note technique à l?automne dernier. Ses ingénieurs se sont interrogés, sans a priori. Les tours sont-elles compatibles avec le Grenelle et donc aussi avec notre Plan climat ? Leur conclusion est sans appel. Je les cite : "Les tours, fussent-elles trois fois plus performantes que les meilleures du monde actuellement, ne pourront jamais satisfaire les exigences réglementaires en vigueur et présenter un niveau de consommation suffisamment bas". Les auteurs poursuivent : "Si on considère l'ensemble des usages, la consommation électrique pourrait au mieux être de 60 kWh par an, soit une consommation en énergie primaire, critère du Plan climat, de 194 kWh par mètre carré et par an. C?est quatre fois l'objectif que nous nous sommes unanimement fixés dans le Plan climat.

Les faits sont têtus : entre les tours et le climat, il faut choisir. Osez reconnaître, dans ces conditions, que vous vous apprêtez à ignorer le Plan climat. Engagez-vous à fournir un bilan prévisionnel de la consommation du projet.

Enfin, je m'étonne de la confusion que vous entretenez sciemment, évidemment, sur la question de la densité. En politique, le débat et la divergence de vues sont éminemment respectables. Mais c?est une escroquerie intellectuelle que de colporter que les tours seraient une réponse à l'étalement urbain. On se demande bien d?ailleurs où pourraient s?étaler Paris et en quoi les tours y remédieraient.

Le climat électoral n'oblige pas à ce genre de mensonge. Je tiens à votre disposition une fiche réalisée par vos services, et ceux de la S.E.M.A.P.A. pour les ateliers Masséna-Brunesseau. Vous voyez si j?ai de saines lectures. Et je cite : "La densité bâtie d'un quartier de tours est de 0,75, celle d?un quartier en habitat collectif est de 1,8." Oserez-vous dans cette assemblée contester une nouvelle fois vos propres données confirmées par vos experts, comme par tous les manuels d'urbanisme.

En conclusion, je dirai que ce projet repose sur une série de mensonges. Pour justifier votre dogmatisme de vouloir construire des tours à tout prix, vous n'avouez pas la vérité sur le non-respect du Plan climat. Vous n?avouez pas la vérité sur les non-créations d'emplois. Vous n?avouez pas la vérité sur le programme. René DUTREY y reviendra. Vous n?avouez pas la vérité sur la concertation qui devait se poursuivre et qui est évidemment stoppée, tant vous avez un consensus contre ce projet. Vous n?avouez pas la vérité sur les motifs réels vis-à-vis du promoteur. Vous n?avouez pas que ces projets de tours ne sont que le reflet d?une vision urbaine dépassée, une conception de la ville productiviste aveugle aux enjeux climatiques?

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Vous concluez, s'il vous plaît !

M. Yves CONTASSOT. - ? qui nous renvoient 40 ans en arrière. Tout cela repose singulièrement sur un égoïsme territorial indigne de la métropole à construire. Face à l'avenir du Grand Paris, vous ne proposez que le Paris d'hier.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Très bien.

Vous avez largement dépassé votre temps de parole, mais ce n?est pas grave? Monsieur DUTREY, vous rattraperez tout cela !

M. René DUTREY. - Je vais essayer de rattraper le temps de parole car, cela ne vous étonnera pas, je fais, bien sûr, le même constat qu?Yves CONTASSOT.

En matière d'urbanisme et d?architecture, les tours, c'est exactement le contraire de l'écologie. Ce constat, nous ne sommes pas, d?ailleurs, loin d'être les seuls à le faire. De l'architecte Hélène JOURDA à l?urbaniste Thierry PACO en passant par l?énergéticien Olivier SIDLER, c'est l'ensemble des spécialistes de l'architecture écologique qui le partage.

C'est le constat des associations qui vous ont récemment interpellé dans un communiqué de presse : "Madame HIDALGO, les élus socialistes remisent le Plan Climat de Paris au placard et décident de construire un monstre dévoreur d?énergie, en contradiction totale avec les objectifs fondamentaux de l?éco-quartier". Il s'agit là d'associations qui ont fait la preuve de leur capacité d'expertise et de leur sérieux : "Amis de la Terre", réseau "Sortir du Nucléaire", "Amis de l?éco-Z.A.C. des Batignolles", réseau "Action Climat" et même, oui, l?association "Greenpeace" et là, je ne peux m'empêcher, à la lecture du communiqué de presse présentant les listes pour Paris, de découvrir que des militants Greenpeace sont présents sur différentes listes à ces futures élections régionales ; j'espère que ces militants pourront expliquer la position de Greenpeace sur les tours ; elle est absolument parfaite et nous la partageons complètement.

Cette capacité d?expertise des associations et des citoyens, nous devons nous en nourrir. Cela suppose d'associer les citoyens à la conception même du projet, en amont, dès le diagnostic.

Vous avez montré le peu de cas que vous faisiez de cette expertise, en présentant à la presse un projet arrêté avant même la première réunion publique avec les Parisiens.

En matière d'urbanisme, l'innovation, ce n'est pas la hauteur, c'est la démocratie. L'expérience réussie des ateliers locaux d'urbanisme, à Paris comme ailleurs en Europe, a montré que lorsqu'une collectivité s'en donne les moyens, ces outils sont extrêmement productifs ; ils permettent une phase délibérative infiniment plus riche qu'une simple enquête publique.

L'expérience montre également qu'ils favorisent l'émergence de choix urbains et de solutions innovantes. Oui, les Parisiens ne sont pas des ignares frileux qui refusent toute évolution de leur ville ; il n'est pas nécessaire de les ignorer pour faire preuve d'audace et d'innovation en la matière. Bien au contraire, nous comptons sur eux pour élaborer une politique urbaine plus inventive et plus efficace, car prétendre lutter contre l'étalement urbain en bétonnant Paris intra-muros relève de quelque chose de dérisoire à l'heure du débat sur le Grand Paris.

Paris concentre sur son micro territoire une part excessive des richesses de notre métropole. Notre Plan Local d?Urbanisme fait déjà la part belle aux bureaux et, bien sûr, aux recettes fiscales qui en découlent. C?est grâce à la présence de ces bureaux que Paris a pu maintenir une fiscalité infiniment plus basse que dans la plupart des communes limitrophes.

A son tour, cette fiscalité avantageuse permet d'attirer de nouvelles entreprises. Pour les finances de la Ville, incontestablement, c'est là un cercle vertueux, mais pas pour les Franciliens. Dans le même temps, en effet, cette politique du tout bureau a favorisé l'envolée des prix de l'immobilier. Se loger à Paris devient inabordable pour une frange de plus en plus importante des classes moyennes et populaires et ces dernières sont peu à peu reléguées en banlieue.

A leur tour, les communes périphériques qui accueillent ces populations sont privées des ressources financières pour développer sur leur territoire les infrastructures et équipement nécessaires : crèches, écoles, bibliothèques, équipements publics.

C?est ainsi que, malgré un chômage persistant, Paris compte moitié plus d'emplois que d?habitants actifs. Bureaux concentrés à La Défense, logements en banlieue, tous les passagers du R.E.R. A connaissent l?impact désastreux de ces déséquilibres. C'est toujours au nom de la croissance et de l'emploi que ces déséquilibres ont été créés.

Vous vantez la création de 5.000 emplois grâce au projet de tours. M. CAFFET doit être impressionné, lui qui émettait des doutes sur l?efficacité de nos propositions budgétaires en termes de création d'emploi.

Rendez-vous compte, une tour de 5.000 emplois créés ! Il suffira donc, en fait, d?une petite vingtaine de tours à Paris pour résoudre le chômage parisien ; c?est cadeau ! Merci l'Exécutif !

Il n'en est rien, évidemment. 5.000 emplois seront peut-être hébergés dans la tour, mais ils ne seront en aucun cas créés. Plus que de création, il s?agit bien de captation de richesse au détriment des communes voisines.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Il vous reste une minute.

M. René DUTREY. - Merci.

Nous proposons, pour notre part, de consacrer les derniers terrains à des activités réellement nouvelles et innovantes ; favoriser l?activité, oui, mais au service d?un emploi diversifié, au service de la conversion de notre économie à l'écologie, au service de l'adaptation de notre territoire à la crise environnementale.

Je finirai donc en une phrase.

Effectivement, c'est très difficile de parler d'écologie aujourd'hui dans la capitale, quand on voit une municipalité développer une flotte de voitures, des tours et des caméras de vidéosurveillance ; cela ne ressemble pas à une ville durable.

Je vous remercie.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci, Monsieur DUTREY.

Je donne la parole à Gilles ALAYRAC.

M. Gilles ALAYRAC. - Merci, Monsieur le Maire, mes chers collègues.

Le processus qui permettra l?édification de la tour "Triangle" se poursuit avec ce projet de délibération qui prévoit une révision du P.L.U.

Il vise plusieurs objectifs qui sont ceux, d?ailleurs, affirmés dès 2008. Alors pourquoi soutenir ce projet ?

D?abord, parce qu?il va contribuer au développement de l?activité économique. Cet immeuble de grande hauteur, nous l?espérons, accueillera jusqu'à 5.000 emplois. Il sera un signal fort pour le parc des expositions, pour le dynamisme de la métropole parisienne qui est, nous le savons, confrontée à un contexte international tendu. Il sera un atout plus que symbolique en faveur de la visibilité et de l?attractivité internationale de notre ville. La tour "Triangle" sera aussi un moyen d'offrir de l'espace pour les bureaux. Beaucoup de chantiers ont été gelés ces derniers mois avec la crise et on s'oriente donc vers une rareté de l'offre immobilière.

Deuxième objectif : animer et requalifier le secteur de la porte de Versailles. La tour accueillera un ensemble de commerces de 1.500 mètres carrés en rez-de-chaussée, du côté de l?avenue Ernest-Renan. Naturellement, mon v?u est que ces commerces soient en lien avec les besoins de ce quartier du 15e arrondissement. La tour sera librement accessible au public depuis les commerces jusqu'aux belvédères qui accueilleront cafés et restaurants. Il s'agit donc bien d'un projet d'intérêt général, puisqu'il sera ouvert au public.

Je voudrais souligner qu?avec ce projet, nous tournons le dos à ce qui se faisait auparavant ; je pense en particulier à La Défense ou à la tour Montparnasse, qui sont des immeubles de grande hauteur qui n'offrent pas ou peu la possibilité d?y accéder librement. Je n'oublie pas le jardin de 8.000 mètres carrés qui sera créé le long du boulevard Victor et qui, lui aussi, offrira un espace public supplémentaire.

La tour "Triangle" permettra, enfin, d'accentuer le lien entre Paris, Vanves et Issy-les-Moulineaux. Elle ne sera pas un obstacle visuel ou même physique, mais un lieu de passage entre les trois villes.

Je voudrais rappeler que l?avenue Ernest-Renan, pour ceux qui ne la connaissent pas, ne sert aujourd'hui qu'à la logistique du parc des expositions, qu?elle n'accueille aucun commerce et je ne vois pas comment on pourrait faire pire.

La tour "Triangle" s'implantera aussi dans une zone qui connaît un renouveau exemplaire, avec le réaménagement de la porte de Versailles, la requalification du boulevard des Maréchaux et les offres nouvelles en matière de transports qui ont complètement métamorphosé ce quartier.

Enfin, ce qui contribue à rendre séduisant ce projet de tour, c?est que la révision du P.L.U. vise à encourager les nouvelles formes d'architecture dans le respect du Plan Climat de la Ville et du Grenelle de l?environnement.

Il n'est pas indifférent de relever que l'agence suisse Herzog et de Meuron est une structure prestigieuse qui fait honneur à notre ville. Je rappelle que le Grand stade de Pékin ou la Tate Modern de Londres sont aussi issus de leurs travaux.

2010 sera l'année du lancement de l'enquête publique de révision du P.L.U. Je souhaite que la concertation qui sera organisée sur le projet rassure ceux qui ont encore besoin de l?être.

Une réunion publique est prévue avec Mme HIDALGO, M. GOUJON et les maires des communes voisines et peu importe qui en est l'instigateur, ce qui me paraît bien secondaire d?ailleurs ; des ateliers participatifs sont envisagés, ainsi qu?une exposition pour le grand public.

Mais à ce stade, il est nécessaire que les groupes politiques, de droite en particulier, clarifient leur positionnement sur ce projet, parce que les arguments que nous entendons ne sont pas du tout lisibles. J'ai écouté attentivement les orateurs de l'U.M.P. au conseil du 15e arrondissement et je vois de leur part une sorte d'exercice schizophrène, parce que, d'un côté, on ne veut pas contrarier les investisseurs économiques et la C.C.I., mais, de l'autre, on prête aussi une oreille attentive à certains riverains qui ne veulent pas entendre parler de tours et on met tellement de conditions au projet qu'on ne voit pas comment il pourrait être soutenu.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Il vous reste une minute.

M. Gilles ALAYRAC. - Notre groupe, de son côté, souhaite que le permis puisse être déposé sans tarder après la révision du P.L.U.

Je voudrais souligner que ce sont les investisseurs qui accueilleront qui décideront ce que sera cette tour "Triangle" et eux seuls et, naturellement, ils le feront en fonction du contexte économique. Comment pourrait-il en être autrement ?

Pour nous, ce projet "Triangle" est une très bonne initiative pour l'attractivité économique de Paris et de sa métropole. Il respecte notre environnement et, pourquoi ne pas le reconnaître, il est beau.

Je propose donc de voter en faveur de cette modification du P.L.U. qui permettra la concrétisation de ce projet de tour "Triangle" à la porte de Versailles.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci, Monsieur ALAYRAC.

La parole est à M. Philippe GOUJON, maire du 15e.

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Monsieur le Maire, je ne vais pas répondre à M. ALAYRAC, même s'il a mis en cause les élus de la majorité du 15e, mais lui confirmer que nous avons effectivement bien l'intention de tenir compte de l?avis des habitants du 15e, ce qui me paraît assez légitime.

C'est la seconde fois que ce projet est examiné en Conseil et, lors de la séance du 9 juillet, avait été approuvé le lancement d'un processus d'étude sur l?évolution du paysage urbain parisien. Le Conseil du 15e avait adopté ce projet mais moyennant le vote de trois amendements et si, finalement, nous avons rejeté ce projet de délibération en Conseil à l?époque, ce vote hostile était lié à la réalisation de barres de 50 mètres dans l?ensemble des arrondissements périphériques, et cela, même si le 15e s?en trouvait exclu.

Nous confirmons évidemment notre rejet de cet urbanisme, comme nous confirmons, par souci de cohérence et de conviction, l'approche qui fut la nôtre de la tour Triangle.

Il est vrai qu?il nous appartient aujourd'hui de penser l'avenir sans reproduire les erreurs d'hier. 30 ans ont passé, mais le traumatisme est encore profond, dû à l'échec urbanistique de la tour Montparnasse et du Front de Seine. Deux quartiers d?ailleurs qui attendent impatiemment la réparation de cet outrage et ces erreurs du passé, qui ont défiguré notre ville, reconnaissonsle, ont au moins permis de réviser notre façon de penser l?urbanisme en hauteur.

C?est pourquoi le débat d?aujourd'hui ne saurait, selon nous, se réduire à un débat pour ou contre les tours. Nous ne sommes pas dogmatiques. Elles peuvent aussi, et les exemples abondent, être le gage d'une ville plus moderne et dynamique assumant son passé et, en même temps, tournée vers l'avenir. C?est le cas d?ailleurs à Londres, Berlin ou Milan.

Le Président de la République a eu raison d?initier la réflexion en lançant une consultation internationale sur le Grand Paris à laquelle ont contribué, comme vous le savez, une dizaine des plus grands urbanistes et architectes.

Car l'architecture, c?est vrai, fait partie évidemment de notre identité même ; elle doit être créative, audacieuse, innovante. Dans le cas d'espèce, elle peut permettre une nouvelle ambition et, pourquoi pas, un nouveau souffle pour le 15e.

Alors, oui, il nous faut veiller à tenir compte de l'ensemble des facteurs qui fonde le développement de la ville, c'est-à-dire l'insertion urbaine, l'organisation des transports, la flexibilité des usages dans le temps, l'articulation avec les territoires voisins dans une logique de dynamique urbaine à l'échelle de l'agglomération. Et, alors que le monde attend beaucoup - et vous l?avez souligné, pour certains d?entre vous - du sommet de Copenhague, auquel je me suis rendu hier d?ailleurs, il est absolument essentiel de placer le développement durable au c?ur de la question du renouvellement urbain. On sait bien que des concepts, notamment celui de Jacques FERRIER sur les "tours vertes", sont tout à fait intéressants. Il faut nous orienter vers la performance énergétique, oui, les ventilations naturelles, l?inertie thermique, les panneaux photovoltaïques, la végétalisation, qui ciblent à la fois la préservation de l?environnement et de l?énergie.

J?ajouterai, bien sûr, la nécessaire réussite de l'intégration dans une ville haussmannienne, le traitement harmonieux des usages et des fonctions (bureaux, parkings, transports en commun, commerces, espaces et équipements publics).

Si l?intention d?Unibail, concessionnaire du parc et qui finance intégralement la réalisation, est tout à fait légitime, il faut répondre aux nécessités de la compétition internationale des foires et des salons. L'intérêt des habitants du quartier, des Parisiens dans leur ensemble, est pour nous, c?est vrai, un objectif prioritaire. C'est en ce sens que l'évolution du projet initial tel qu?il avait été présenté au public voilà un an et demi, avec son hôtel, ses espaces de congrès, sa pépinière de salons, nous a semblé aujourd'hui perdre de sa cohérence. Certes, la crise est passé par là et l'hôtel, on le sait, perdait de sa rentabilité et, pis encore, je crois, n'aurait pu respecter les normes du Plan Climat. Dont acte !

Mais alors, étudions néanmoins l'opportunité économique de la réalisation d'un immeuble de grande hauteur porte de Versailles. Une tour est-elle utile à cette fin ? Sa force d?attraction innovante permettra-t-elle la relance des salons à Paris et de l'économie parisienne ?

Précisons, une fois ce point éclairci, le respect des normes H.Q.E. les plus exigeantes, en fixant le plafond de consommation énergétique à 50 kilowatts/heure par mètre carré en améliorant la végétalisation de l?ensemble du site de la porte de Versailles, du parc des Expositions, en équipements photovoltaïques.

Même si les belvédères prévus réjouiront les visiteurs et les touristes, réaffirmons notre préférence pour un équipement collectif qui pourrait être une crèche et la requalification des espaces publics autour de la porte de Versailles.

Prévenons aussi le risque de l'insuffisante capacité des transports en commun, malgré la récente jonction des T2 et T3 et, dans ce secteur déficitaire en capacité de stationnement, ouvrons le stationnement résidentiel, et exclusivement résidentiel, aux riverains.

Le rappel du remplacement de la station-service par un jardin de près de 1 hectare, de la réalisation de commerces, de la réparation indispensable de la rupture urbaine avec Issy et Vanves et de la création d'un grand monument urbain, oui, emblématique d?une nouvelle entrée de Paris dans un secteur où s'érige sur Issy-les-Moulineaux un vaste quartier de tours sont des éléments importants, tout comme le traitement des ombres portées.

Mais évoquons aussi le rappel de l'amendement voté en 2008 pour un programme pluriannuel, et les élus du 15e y tiennent beaucoup, de réparation des opérations d?urbanisme des années 1960-1970 et l?ouverture d?un atelier d?urbanisme permettant de disposer d'une expertise et d'une meilleure appréhension des questions d'urbanisme par les habitants.

Si ces différents points méritent d'être précisés, c'est une approche fondamentalement inverse de celle qui a prévalu jusqu'à présent qu'il faut instaurer en matière de concertation. Celle-ci a en effet totalement évincé jusqu'à aujourd'hui les élus du 15e, dont le maire et le député Jean-François LAMOUR, d?ailleurs. C?est contraire, je crois, à la lettre comme à l'esprit de la décentralisation proclamée par le Maire de Paris. Il est encore temps de réaliser cette intention de travailler avec le maire du 15e qu?affirmait la Première adjointe au Conseil du 9 juillet.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Il faut conclure, Monsieur le Maire !

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Je conclus.

C?est ce que je serai amené à préciser, d?ailleurs, dans l'amendement que j?ai déposé qui, de surcroît, permettra d'accorder davantage de place à la concertation avec le C.I.C.A. et les conseils de quartier.

Voilà la position de l?ensemble de la majorité du 15e. Elle consiste, tout en exigeant une véritable concertation, et je le dis pour M. ALAYRAC qui n'a finalement toujours pas compris notre position, à accepter l?engagement de la procédure de révision, compte tenu d'un amendement récapitulatif.

L'image de Paris à l?étranger compte, tout comme la compétitivité du parc mais pas à n'importe quel prix. Pour moi qui suis le représentant des habitants du 15e, leur intérêt est prioritaire, il doit être bien davantage pris en compte.

C?est pourquoi l'ensemble de ces conditions doivent être posées pour que cette tour, si elle voit le jour malgré la crise et avec l'accord et l'impulsion du Maire de Paris, qui évidemment a seul le pouvoir de décision en la matière, respecte les habitants du quartier, profite au 15e et à Paris.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci.

Je donne la parole à Mme Géraldine POIRAULT-GAUVIN.

Mme Géraldine POIRAULT-GAUVIN . - Merci, Monsieur le Maire.

Je pense que notre débat de ce matin est essentiel pour l'avenir de Paris parce que le projet Triangle est un double pari.

Un pari sur le projet de gratte-ciel, un immeuble de très grande hauteur. C'est le premier, finalement, depuis Montparnasse. Depuis Montparnasse, nous avons eu des immeubles de grande hauteur mais pas des immeubles de très grande hauteur comme celui-ci.

Mais c'est un projet qui a perdu de sa mixité depuis un an, pour ce qui concerne sa destination.

Alors, oui, il y a eu la crise, mais la la mixité des tours est un gage de réussite du projet. Nous ne devons pas échouer dans l'accompagnement de ce projet.

Double pari parce qu?il y a aussi un pari sur les termes de la concertation qu'il faut absolument réussir pour que les Parisiens, et au premier rang desquels les habitants du 15e, comprennent ce projet. Je me réjouis de la confiance retrouvée entre la mairie centrale et la mairie du 15e qui va permettre un copilotage indispensable pour la réussite du projet. Cette confiance d?ailleurs ne doit pas être déçue.

Il faudra dire la vérité aux Parisiens, tout mettre en ?uvre pour la plus grande transparence. Il faudra aussi que l?Exécutif parisien ne cède pas aux sirènes du dogmatisme et choisisse le pragmatisme pour rassurer les riverains. Je pense notamment aux craintes actuelles concernant les embouteillages porte de Versailles. S?il faut un plan de circulation pour étudier en amont les déplacements, il faudra que la Direction de la Voirie et des Déplacements soit disponible. S'il faut être aux côtés des commerçants qui s'inquiètent des conséquences des travaux, là encore, il faudra être à leurs côtés.

A la veille du lancement de la concertation, je me dis que la tâche sera rude. Ce double pari Triangle doit vraiment donner lieu à un geste architectural exceptionnel.

Alors, pas de schizophrénie, Monsieur ALAYRAC ! Il faudra être exigeants, il faudra être sincères, il faudra être courageux pour parvenir enfin à réconcilier les Parisiens avec les gratte-ciel.

Je vous remercie.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - J'ai été surpris par la rapidité de l'intervention.

Je donne la parole à Mme Anne HIDALGO.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, au nom de la 8e Commission. - Merci beaucoup, Monsieur le Maire.

Tout d?abord merci pour ce débat tout à fait serein et, je pense, important pour notre ville et notre métropole.

D?abord, je me réjouis, tout comme l?a fait Jean-Pierre CAFFET en ouvrant cette discussion, que ce projet vienne devant notre Assemblée parce que c'est un pas décisif que nous allons faire aujourd'hui. Nous en avions parlé le 8 juillet 2008, lorsque j'avais présenté le projet de délibération ouvrant justement la possibilité de faire des immeubles de grande hauteur sur des sites mentionnés en couronne de Paris, et la porte de Versailles faisait partie de ces sites, non pas pour le logement mais effectivement pour l'attractivité économique, puisque la porte de Versailles n'est pas une zone d'aménagement, comme nous l'avons, par exemple, à Batignolles ou à Masséna ou encore à Paris Nord-est. Donc, nous ne sommes pas sur un projet d'aménagement de cette nature dans lequel il y a logement, espaces verts et bureaux, nous sommes vraiment spécifiquement centrés sur la thématique économique, ce que j'avais dit au mois de juillet 2008.

Nous accomplissons un pas décisif et je crois que nous pouvons nous en réjouir parce que, par les temps qui courent, c'est-à-dire quand même dans un contexte de crise financière et économique particulièrement dure, on peut se réjouir que des investisseurs européens, puisque "Unibail-Rodamco" est une société de capitaux européens (français et hollandais), aient la capacité d'investir pour l'emploi dans notre Capitale et que cet investissement privé soit également soutenu par ce projet, par la Chambre de commerce et d'industrie de Paris, qui est un partenaire extrêmement important de la Ville sur la dynamique économique et sur les questions d'emploi.

Nous pouvons nous en réjouir, comme nous pouvons nous réjouir à terme des 5.000 emplois créés. J'entends beaucoup de certitudes de la part de mes collègues "Verts", il faut qu'ils arrêtent de voir le monde uniquement à travers leurs lunettes et des lunettes qui sont quand même d'un pessimisme notoire. Nous devons aussi, c'est notre responsabilité d?élus et de responsables politiques offrir des solutions et pas simplement dénoncer les catastrophes à venir.

Offrir des solutions, c'est notamment offrir des solutions en matière d'emploi, et je n'accepte pas et n'accepterai jamais - je remercie les différents orateurs de la majorité comme de l'opposition qui s'expriment en ce sens -, que l'on considère que la question de l'emploi à Paris n'est pas une question, et que ce serait égoïste que de vouloir créer de l'emploi à Paris, compte tenu du niveau de chômage.

Allez dire cela à des personnes sans emploi, qui sont en train de tomber sous nos yeux, vous verrez ce qu?elles vous répondront. C'est aussi urgent de lutter contre le chômage que contre le réchauffement climatique, je n?admettrai pas qu'on relativise la condition humaine d'un certain nombre de personnes qui sont en souffrance forte. Donc oui, nous continuerons à créer de l'emploi et oui je crois que ce sera particulièrement apprécié par les Parisiens et les Franciliens. C'est un moment important que nous vivons aujourd?hui avec l?examen de ce projet de délibération puisqu?il s'agit d'ouvrir le processus de révision simplifiée du P.L.U. nous permettant de déplafonner sur le site du Parc des Expositions pour réaliser cet immeuble de grande hauteur.

Tout d'abord, comme cela a été dit par beaucoup de mes collègues ici, la qualité architecturale du bâtiment. Les grands architectes que sont Herzog et de Meuron sont vraiment au rendez-vous de la recherche architecturale et esthétique qui doit aussi être la nôtre dans le choix d'un certain nombre de bâtiments qui s'implantent à Paris. Je crois que la qualité architecturale de cet immeuble apportera beaucoup aussi à l'attractivité du secteur de la porte de Versailles et du Parc des Epositions.

Une précision pour Mme POIRAULT-GAUVIN qui dit que depuis la tour Montparnasse il n'y a pas eu de construction de tour à Paris. Si, la dernière en date est la tour Cristal, qui est d'ailleurs sur Beaugrenelle, c'était une précision.

Qualité architecturale et qualité environnementale, et là encore, arrêtez d'être dans la caricature, si vous pensez que le modèle de la majorité parisienne c?est Dubaï, j'ai du mal à me dire ce qui fait que vous êtes encore avec cette majorité, parce que c'est de la caricature. Dubaï n'est pas notre modèle.

En revanche, Berlin oui, Copenhague oui, Francfort oui, ce sont des villes écologiques. Berlin est d?ailleurs devant nous dans le classement des grandes villes écologiques, puisque nous sommes deuxièmes, rendu public à Copenhague il y a quelques jours. Ces villes conjuguent très bien l'écologie et un urbanisme dans lequel il y a place aussi pour des émergences et des immeubles de grande hauteur.

Nous ne sommes pas dans une écologie punitive, nous sommes là pour apporter des solutions et de l'envie de croire en l'avenir. Si nous disions en permanence à nos citoyens "Vous êtes fichus, la planète est fichue, il n?y a aucune solution à rien", je ne sais pas à quoi nous servirions. Nous sommes donc là pour apporter des solutions, et une des solutions en matière d'écologie, puisque nous savons qu'une concentration importante se fait autour des villes, que d'ici quelques années elles regrouperont environ 80 % de la population de la planète, nous savons que la solution c'est notamment la ville dense. Oui la ville dense, c?est une ville dans laquelle on ose la création architecturale, on ose y compris la hauteur dès lors que nous respectons les normes environnementales pour les bâtiments que nous créons.

Lorsque je vous entends dire que faire des immeubles de grande hauteur et faire de l'"Autolib'", ce serait anti écologique, je vous dis, nous ne sommes pas là pour punir les citoyens, nous sommes là pour trouver des solutions, et trouver une solution de déplacement avec la voiture électrique est une façon de lutter contre les gaz à effet de serre et de permettre aussi la mobilité indispensable à la vie d?une métropole.

Nous devons avancer, le Plan Climat sera respecté, c'est la norme dans laquelle nous sommes, c'est aussi le Grenelle de l'Environnement, et je vous entends nous dire, ce sera pas possible. Comme on nous disait il y a trois ans, ce ne sera pas possible de faire des immeubles à 50 kilowatts-heure par mètre carré, on disait, c'est de la folie, c?est beaucoup trop, et aujourd?hui on a des immeubles produits à Paris en énergie positive et des immeubles qui sont à 30 kilowatts-heure d'énergie primaire par mètre carré.

Je fais confiance aussi aux progrès technologiques et à la science pour nous aider à résoudre notamment ce défi planétaire qui passe par la réduction de la consommation énergétique et de l'émission des gaz à effet de serre des bâtiments que nous produisons. Le Plan Climat sera respecté.

Je ne reviens pas sur l'attractivité économique, mais le fait d'avoir ce beau signal à la porte de Versailles va permettre au Parc des Expositions, qui est en concurrence, je sais que pour certains c'est un gros mot, mais elle est là, et il faut que l'on se batte aussi pour les populations qui nous ont désignés pour les représenter. La concurrence est très forte entre les villes de salons et de congrès, je pense en Europe à Francfort et Milan, et ce signal apporté sur la Porte de Versailles permettra de redonner à la porte de Versailles et au Parc des Expositions sans doute une attractivité renouvelée. Bien sûr, il y aura d'autres évolutions à imaginer par les actuels gestionnaires de ce parc. Il y aura des équipements. Le programme a subi des modifications et j'ai entendu notamment Jean-Pierre CAFFET évoquer la pépinière. Oui, je tiens vraiment à ce qu'il y ait une pépinière d'entreprises. Nous sommes nombreux à partager cette volonté, et nous ferons tout pour qu?il y en ait une sur ce site, notamment une pépinière qui pourrait être dédiée aux activités de foire et salon.

Oui, il faut un équipement petite enfance, un équipement public pour les habitants du quartier mais aussi pour les personnes qui viendront travailler dans ce bâtiment ou qui viennent au Parc des Expositions. L?idée d?avoir un équipement petite enfance ou enfance tout court est une idée à laquelle nous souscrivons tous et que nous ferons avancer ensemble.

Dans ce projet qui nous est présenté aujourd?hui, la dimension métropolitaine ne peut pas être passée sous silence, nous devons affirmer dans notre métropole, en lien avec les communes riveraines, notamment Issy-les-Moulineaux et Vanves, cette ambition métropolitaine. Le fait d'avoir un immeuble qui pourra accueillir 5.000 emplois au c?ur d'un quartier qui est lui même au c?ur de la métropole et qui est extrêmement bien irrigué par un réseau de transports performants, puisque nous sommes aujourd?hui, avec le T3 et le T2 qui viennent de se connecter à cet endroit, à 25 minutes de La Défense, nous avons plusieurs lignes de métro, un ensemble de propositions de transport en commun qui font que placer 5.000 emplois à cet endroit, certes dans un immeuble de grande hauteur est sans doute plus écologique que placer 5.000 emplois dans un champ betteraves où il n'y aurait aucun moyen de s?y rendre en transport en commun.

Il y a non seulement la performance des bâtiments mais aussi la performance d'un territoire qui font que nous sommes dans la métropole écologique ou pas.

Enfin, vous avez évoqué la concertation, je ne reviendrai pas sur des éléments de polémique, puisque l?heure n'est pas à la polémique, nous n'avons pas évincé les élus du 15e arrondissement, nous n?avons pas pu travailler ensemble pour des raisons qui sans doute doivent être partagées de part et d?autres, je suis quand même conciliante et ouverte.

Aujourd'hui, nous ouvrons une nouvelle page. Je l?avais toujours dit, le Maire de Paris aussi, bien sûr que le copilotage de ce projet doit se faire avec le maire du 15e, bien sûr que les populations doivent être associées par l'ensemble des outils qui permettent de les associer (conseil de quartier, C.I.C.A., Conseil d'arrondissement), mais nous poursuivrons aussi les ateliers participatifs qui nous ont permis d?associer une population assez large à un projet qui, certes, peut inquiéter un certain nombre de riverains, mais pour habiter quand même tout près de ce lieu, je peux vous dire qu'il y a aussi une envie très forte de beaucoup de riverains, de beaucoup de commerçants du secteur de voir ce secteur se redynamiser. Je sais qu?il y a aussi de l'enthousiasme.

En tous les cas, je voulais vous remercier.

Une réponse sur l'amendement présenté par "Les Verts". Je le rejetterai, parce qu'on est quand même dans des considérations qui relèvent de la caricature, donc ce n'est pas possible, je suis désolée. J'aimerais tellement qu'on puisse travailler d'une façon moins dogmatique et moins caricaturale, mais je ne pourrai pas accepter vos amendements.

En revanche, j'accepterai l'amendement de l'U.M.P. Il y a des éléments dans les considérants qui ne pèsent pas juridiquement sur la délibération, avec lesquels je ne peux pas être en accord, mais en tous les cas, sur les éléments, les amendements qui, eux, ont une force juridique puisqu'ils vont être intégrés à la délibération, je suis en accord, que ce soit sur le parc de stationnement considérant le résidentiel, que ce soit sur les considérations relatives au quartier environnant? Je crois que nous avons pu travailler ensemble et, en tous les cas, j'apporterai un avis favorable à votre amendement.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci, Madame la Maire.

Je donne la parole, pour une explication de vote, à Mme la Présidente Marinette BACHE.

Mme Marinette BACHE. - Je serai très rapide, puisqu?il ne s'agit, bien sûr, que d'une explication de vote, mais quand même deux mots pour vous dire que notre groupe a toujours été attaché à ce qu?on ne construise pas les tours n'importe où et le choix de ce quartier - Mme HIDALGO vient d?ailleurs de le souligner - nous semble particulièrement bien choisi parce que bien desservi.

Nous sommes aussi attachés à ce que les tours soient aussi des lieux de mixité de destination ; le fait que les équipements publics ne soient pas oubliés nous va également.

Deux mots aussi pour dire que nous sommes bien conscients de l'importance de la décision que nous allons prendre aujourd'hui et du "pas décisif", pour reprendre l'expression qui a été utilisée tout à l?heure, que l?on va faire en votant ce projet de délibération.

Deux mots enfin pour dire que nous sommes sensibles à la fois au geste architectural qui va être commis dans ce quartier et pour souligner qu'une tour n?est pas forcément anti-écologique, contrairement à ce que disent nos amis "Verts". Pour ce qui est de notre groupe, nous sommes tout à fait sensibles au fait qu'une ville écologique est forcément une ville dense. Je suis également sensible à l'engagement de l'Exécutif sur le Plan Climat à ce sujet.

Au-delà de tout cela, au-delà de tous ces arguments, venons en à l'essentiel qui est, pour nous, déterminant, au-delà, d?ailleurs, de la pépinière d'entreprise : les 5.000 emplois créés. Je pense que dans la situation de crise que traverse aujourd'hui notre pays, c'est un argument déterminant et c'est quelque chose qu'on ne peut pas traiter à la légère.

Bien évidemment, nous voterons ce projet de de délibération.

(Applaudissements sur les bancs des groupes du Mouvement républicain et citoyen socialiste, radical de gauche et apparentés et Communiste et élus du Parti de Gauche).

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci, Madame la Présidente.

Je donne la parole, pour une explication de vote, à M. Alain LHOSTIS.

M. Alain LHOSTIS. - Le groupe Communiste et des élus du Parti de Gauche votera ce projet de délibération, parce que nous sommes partisans de la ville écologique, nous sommes partisans de la densité qui est une garantie pour la ville écologique, nous sommes partisans de l'emploi créé parce que c'est en pleine conformité avec le développement écologique, le développement durable. Nous pensons aussi que dans un quartier comme celui de la porte de Versailles, dont on peut dire aujourd'hui qu'il n'a pas vraiment d'organisation urbaine bien visible et que cela ressemble plutôt à un ensemble de grands hangars, certes nécessaires au parc des expositions mais que, justement, faire un beau geste architectural dans ce secteur peut lui donner un atout fort dans le domaine de concurrence nous l'assumons aussi - des villes pour attirer les expositions, pour la présentation des nouvelles technologies, pour la présentation des activités économiques les plus diverses c'est nécessaire à une grande capitale.

Nous voterons sans aucune réserve, parce que tout cela s'inscrit dans le Plan local d'urbanisme que nous avons voté, qui nous convient et qui se met en ?uvre d'ores et déjà.

Merci.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci.

Je donne la parole au Président LAMOUR.

M. Jean-François LAMOUR. - Merci, Monsieur le Maire.

Je vous ai entendue, Madame HIDALGO, nous parler de beaucoup de concertation. Malheureusement, en particulier quand vous avez lancé cette opération, qu'on le veuille ou non, dans la précipitation, la concertation était plutôt un élément accessoire de cette dynamique qui doit amener un jour une tour dans le 15e arrondissement.

Je voudrais en revenir à l'essentiel, parce qu'il y a quelque chose que je n'ai pas très bien compris, Madame HIDALGO. Vous et vos services avez travaillé avec le cabinet de M. Philippe GOUJON, et vous avez donné votre accord pour établir le v?u n° 95 bis.

Il a fait vraiment l'objet, il faut le reconnaître, au travers des échanges, d'une vraie concertation. Mais vous connaissez le subtil équilibre entre l'exposé des motifs et l'amendement en lui-même qui a fait l'objet de cet accord.

Or, j'ai entendu de votre bouche il y a quelques instants que vous étiez opposée - je reprends vos propres mots - à un certain nombre d'éléments de cet exposé des motifs.

Alors, Madame HIDALGO, là, les choses changent radicalement. Si l'accord global sur ce document est rompu aujourd'hui, puisque vous vous dites opposée à un certain nombre d'éléments qui sont inscrits dans l'exposé des motifs, à moins d'entendre autre chose dans votre bouche maintenant, je vous demanderai une suspension de séance pour que nous réunissions notre groupe pour définir quelle sera notre position. Car, là aussi, si la concertation s'arrête dès aujourd'hui, alors on peut craindre effectivement que dans la période assez lourde d'enquête publique et de travail en commun entre le maire du 15e et vous-même, il y ait une telle divergence d'opinions que ce travail soit voué à l'échec.

J'attends de votre part, Madame HIDALGO, que vous puissiez nous préciser quelle est exactement votre position, y compris sur un certain nombre d'éléments qui, pour nous, sont majeurs et, pour des raisons juridiques, n'apparaissaient pas dans l?amendement lui-même, mais dont nous tenions qu'ils apparaissent très clairement dans l'exposé des motifs.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Explication de vote demandée par M. Yves CONTASSOT. Je pensais qu?on avait tout compris, mais vous rajoutez une explication de vote.

Ensuite, Mme HIDALGO vous répondra et nous aviserons.

M. Yves CONTASSOT. - Nous aussi, nous sommes évidemment pour la ville dense, compacte, je dirai, ce qui n'est pas tout à fait la même chose, et écologique et je crois que personne ne peut nous faire le reproche de ne pas avoir défendu cela de manière bien solitaire pendant des années, il faut bien le dire, même si, maintenant, tout le monde revendique les mêmes vocables.

Je n?ai pas compris, parce qu?il me semblait que Jean-Pierre CAFFET avait demandé dans son intervention qu?il y ait un bilan ex-ante - je reprends ses termes - sur les questions énergétiques ; c'est exactement ce que nous demandons dans l'amendement n° 91, alors j?ai du mal à comprendre pourquoi on félicite Jean-Pierre CAFFET de son intervention et qu?on refuse l'amendement qui va avec.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Madame la Maire, vous répondez à l'interpellation du Président.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, rapporteure. - Merci.

Je peux comprendre que M. LAMOUR soit un peu gêné, puisque ce n'était pas exactement une position qu'il souhaitait suivre, et je me réjouis que la majorité du 15e et son maire aient accepté de travailler de façon très concertée avec nous.

Nous avons fait un travail tout à fait précis sur les éléments qui permettaient de ne pas fragiliser la délibération que nous portons, qui est une délibération sur l'engagement de la procédure de modification simplifiée du P.L.U. et nous avons fait en sorte qu?effectivement, ne figure comme élément réglementairement ayant un impact sur la délibération, sur le plan juridique, que des éléments qui se rapportent à la modification simplifiée du P.L.U.

Cet amendement est un amendement qui, moi, me convient. Je crois qu?on l?a bien travaillé ensemble, et pour lequel j?émets un avis favorable.

Les considérants de l'exposé des motifs qui ne pèsent pas juridiquement, c'est comme cela, cela ne pèse pas juridiquement. Ce sont des considérants, ils vous appartiennent et c'est très bien.

Il y a des éléments de ces considérants sur lesquels je me sens tout à fait à l'aise. Par exemple, le fait qu'on explique qu'il y a des avancées récentes sur la mise en place des correspondants de nuit, et pour cause, on y a quand même bien travaillé. En tout cas, j'y suis aussi pour quelque chose.

Ce qu'on dit sur les quartiers Duplex, Beaugrenelle, etc. d?ailleurs, c?était un amendement ou un v?u que l?on avait voté en juillet 2008 ensemble, et c?est repris ici, cela me va.

Prendre acte qu'il n'y a aucune opération d'aménagement dans le 15e arrondissement, c'est une chose qui est là sous nos yeux. C?est factuel. Il n?y a pas d'opérations d?aménagement dans le 15e arrondissement avec des immeubles de logement allant jusqu'à 50 mètres de hauteur.

Mais dans les propos, par exemple, de M. GOUJON - je ne l'ai pas repris pour dire que l'accord ne pouvait pas être possible entre nous - il y a, par exemple, des formulations - même dans les formulation de Mme BRUNO, j?aurais pu m?en offusquer aussi - visant à dire que l'urbanisme que nous poursuivrons consisterait à vouloir faire des barres et des tours de 50 mètres de logements. Je ne suis pas d'accord avec cette vision. D?accord ?

Mais dans la formulation qui a été reprise par vous, c'était quand même évoqué. Donc, il y a des choses qui nous distinguent. C'est comme ça, c'est la démocratie. On n'est pas d'accord, par exemple, sur Batignolles ou sur d'autres sites. Là-dessus, nous sommes d'accord.

Je continue. Sur l'amendement, je suis parfaitement en accord, mais je ne suis pas favorable à ce que l'on caricature ou que l'on extrapole. Voilà. Il n?y a pas d'opérations, c'est factuel, d'aménagement dans le 15e arrondissement sur des immeubles de 50 mètres, je le réaffirme comme je l'avais affirmé dès le 8 juillet dernier, parce que c?est factuel, mais je ne souhaite pas que l'on caricature.

Sur l'évocation que vous avez eu - vous l?avez dit oralement, c?est vrai que cela ne figure pas aussi nettement dans le considérant -, notamment d'un atelier d?urbanisme dans le 15e arrondissement, nous nous en sommes expliqués et nous sommes d'accord, non pas pour créer un atelier d'urbanisme dans le 15e arrondissement, mais pour voir, à l?instar de ce qui se passe dans d?autres arrondissements, comment, en partant d?associations qui aujourd?hui travaillent sur ces questions d?urbanisme, les aider à effectivement mettre en ?uvre une expertise sur les questions d'urbanisme dans notre arrondissement.

Je vois bien que M. LAMOUR continue à être un peu gêné aux entournures. J'émets un avis favorable à cet amendement. Si pour vous cela justifie une suspension de séance, je ne sais pas ce qui ne la justifierait pas.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Vous avez entendu les explications de Mme HIDALGO.

Une précision ? Une précision du Président du groupe et ensuite M. GOUJON.

M. Jean-François LAMOUR. - Une précision. Tout à fait.

Madame HIDALGO, je ne suis absolument pas gêné aux entournures. Déjà, je ne parlais pas en mon nom personnel, mais au nom du groupe, cela ne vous a pas échappé. C?est une position de groupe et non pas une position individuelle. Je ne suis absolument pas gêné aux entournures.

La seule raison qui me fait intervenir, c'est que comme on n?a été absolument pas, en ce qui nous concerne, associés à vos démarches, je mets simplement un certain nombre de bémols. Je retrouve parfaitement ce qui est inscrit dans l'amendement n° 95 bis, pour justement faire évoluer votre position et aller vers plus de concertation.

Je vois un signe positif, mais nous resterons très attentifs.

Je donne la parole, si vous en êtes d?accord, Monsieur le Maire...

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - C'est moi qui donne la parole, jusqu?à preuve du contraire. Mais je vais vous suivre?

M. Jean-François LAMOUR. - On s?y voit de temps en temps ! Merci.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Donc, Monsieur le Maire du 15e, vous avez la parole.

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Merci. C?est trop d?honneur que vous soyez si nombreux à me donner la parole.

Je voudrais rassurer Mme HIDALGO pour confirmer qu'avec mon collègue Jean-François LAMOUR, nous sommes dans un accord total sur cette politique et sur cette position concernant la tour Triangle. D'ailleurs, je pourrais le dire aussi, sans trop m'engager, comme sur tout le reste, cela va s'en dire.

Nous avons travaillé ensemble sur ce sujet avec toute la majorité, parce que nous nous sommes concertés de façon très importante au niveau de la majorité du 15e, mais la position qui est la nôtre, exprimée par nos voix, c'est un accord unanime de notre majorité du 15e, avec d?ailleurs le Nouveau centre, et je remercie Mme BRUNO de son intervention.

Bref. Juste pour qu?on y voit plus clair. C?est vrai qu?il y a eu d?abord un débat, fort riche et fort long, au conseil d'arrondissement du 15e. Mme HIDALGO, à l'époque, a fait pour son groupe un N.P.P.V. concernant l'amendement que nous déposions. A partir de là, elle nous a engagé à une concertation, ce que nous avons bien sûr tout à fait apprécié.

Cette concertation a eu lieu et a donné lieu à cet amendement, qui est un, même si on sait très bien que c'est le dispositif qui est juridiquement valable, mais qui est un en matière d'exposé des motifs et de dispositif. D'ailleurs, nous avons même, et elle le sait bien avec elle et avec son cabinet de la direction de l?urbanisme, travaillé à la virgule.

Ce qui a pu être dit oralement par les uns et les autres, bien sûr, c?est l?expression orale de présentation d'une position, d'un groupe, d'un maire, d'une majorité. Mais ce qu'il y a dans l'exposé des motifs, c?est quelque chose de très précis.

Ce que je demande simplement à Mme HIDALGO, et je crois que ce ne sera pas très difficile et qu?on pourra aboutir très vite à un vote unanime, en tout cas de notre part, sur le projet de délibération, par rapport à ce qu'elle vient de dire, et actant les trois propositions, que nous avons accepté de retirer justement du dispositif à sa demande, que nous avons accepté de ne pas mettre dans un v?u à sa demande, mais qui figurent à l'exposé des motifs, après un travail - je remercie ses services d'ailleurs très élaboré qui était, comme je vous l?ai dit, à la virgule, ne doit pas poser de problème.

C'est simplement, j?imagine, un engagement, en tout cas de prendre en considération, de façon politique. Ce sont, en tout cas, ces trois considérants qui, je le rappelle, prévoient simplement de prendre en compte la nécessité de rénover un certain nombre de quartiers dégradés du 15e. Il est vrai que c'était simplement la reprise d'un amendement que nous avions voté en juillet 2008, la gauche et nous.

Prendre acte qu?il n?y a pas d?opération d?aménagement dans le 15e avec des immeubles de 50 mètres, Mme HIDALGO vient de le dire, et puis d'une structure adéquate, dont la formule est à trouver ensemble, pour mener des réflexions sur l?urbanisme du 15e, je pense qu?il n'y a pas de problème et que dans ces conditions nous pourrons avoir un vote unanime.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Très bien. Nous sommes sur la voie du compromis.

Madame HIDALGO, quelques mots et nous allons passer au vote.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, rapporteure. - J'émets un avis favorable à cet amendement. J'ai repris un certain nombre de formulations, certes pas celles qui sont écrites mais que vous avez évoquées dans vos interventions orales, avec lesquelles j?ai plus que des nuances.

Mais pour ce qui est écrit, je n'ai pas de nuance. Je l?ai dit trois fois, j?émets un avis favorable à l'amendement de l'U.M.P.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Bien. Nous allons passer au vote.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition d?amendement n° 90 déposée par le groupe "Les Verts", assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition d'amendement n° 90 est repoussée.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition d?amendement n° 91 déposée par le groupe "Les Verts", assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition d'amendement n° 91 est repoussée.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition d?amendement n° 92 déposée par le groupe "Les Verts", assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition d'amendement n° 92 est repoussée.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition d?amendement n° 93 déposée par le groupe "Les Verts", assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition d'amendement n° 93 est repoussée.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition d?amendement n° 94 déposée par le groupe "Les Verts", assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition d'amendement n° 94 est repoussée.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition d?amendement n° 95 bis déposée par les groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition d'amendement n° 95 bis est adoptée.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DU 196 ainsi amendé.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération amendé est adopté. (2009, DU 196).