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Decembre 2009
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Conseil Municipal
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2009, Vœu déposé par le groupe U.M.P.P.A. relatif à la création d'un espace réservé aux activités culturelles et festives nocturnes.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2009


 

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Nous passons à l?examen du v?u référencé n° 124 dans le fascicule, déposé par le groupe U.M.P.P.A., relatif à la création d'un espace réservé aux activités culturelles et festives nocturnes.

La parole est à M. Thierry COUDERT.

M. Thierry COUDERT. - L'objet de ce v?u est de sortir par le haut et de manière constructive du débat qui nous occupe depuis quelques semaines sur la lente agonie de la nuit parisienne.

Il y a plusieurs raisons? En tout cas, je ne sais pas si c'est l'agonie ou le fléchissement, mais parmi les raisons, il y en a une, en tout cas, qui est importante : les difficultés de coexistence entre les lieux nocturnes et leurs voisins. Il paraîtrait donc de bon sens et de bonne politique de prévoir sur les zones qui sont encore à aménager dans Paris à l'avance la localisation d'espaces qui permettent précisément de réunir un certain nombre de bars musicaux, de salles d?activités culturelles ou festives nocturnes qui, ainsi, n'auront évidemment aucun effet sur des voisins tout à fait hypothétiques ou alors il faudrait avoir été bien pervers pour prévoir qu?il en soit ainsi.

Bien entendu, dans la lignée de ce qui a été dit tout à l'heure, je proposerai que les 50 hectares des Batignolles puissent recevoir une telle place ou une telle rue de la nuit, étant entendu qu?il y a une partie qui est en parc, et qu?il y a une partie qui est en bureaux. Ce serait quand même bien le diable si on n'arrivait pas à trouver une localisation qui permette de faire de ce merveilleux quartier qui se préfigure, en même temps, un quartier qui vive la nuit.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci.

La parole est à M. Christophe GIRARD.

M. Christophe GIRARD, adjoint. - Sans perversion aucune de ma part, je voudrais vous citer une phrase et vous allez me dire si vous reconnaissez l'auteur : "Si quelques bobos ont du mal à trouver leur boisson favorite dans quelques lieux qui ont changé, à mon avis, c'est qu'ils n'ont pas vraiment suivi l'évolution de la carte de la vie nocturne à Paris ; la vie culturelle à Paris ne se résume pas uniquement à l'évolution de la carte des plaisirs nocturnes parisiens". Cette phrase est de Frédéric MITTERRAND, interrogé en même temps que moi au Cabaret Sauvage, pas plus tard que jeudi dernier, à l'invitation d'un échange organisé par le Préfet de Région, M. CANEPA, sur la place de la culture dans le Grand Paris, au Cabaret Sauvage, dans le 19e arrondissement.

Nous avons été, le Ministre et moi, interrogés. Lui a fait une réponse qui, je trouve, devrait vous inspirer, puisqu'elle est assez précise et assez cynique et je la trouve assez courageuse. Ma réponse a été plus modérée, puisque j'encourageais l'entreprise privée, les entrepreneurs de la nuit, à être peut-être plus créatifs et à ne pas hésiter à inventer et bousculer les habitudes et, peut-être, en particulier, d'aller proposer de s'installer dans le 16e arrondissement, dans le 8e arrondissement et dans le 17e arrondissement, où il y a, en effet, une vie nocturne possible également.

J'ai participé récemment à une émission sur France Culture, le 30 novembre dernier, avec Thierry COUDERT, qui vient de s'exprimer, sur la nuit à Paris, une émission - je crois qu'il partagera mon avis - qui était d'une grande qualité, d?une grande sérénité, où l'ensemble des propos tenus était nuancé, montrant bien la complexité du débat sur la vie nocturne à Paris.

Je rappelle que Paris est une ville de 105 kilomètres carrés pour 2,2 millions d?habitants. Berlin est une ville huit fois plus grande que Paris ; Londres, sa superficie est de 1.580 kilomètres carrés, soit 15 fois plus grande que celle de Paris. Cela veut dire qu?à Paris, il y a 22.000 habitants par kilomètre carré. Vous imaginez ce qu'est une ville de 22.000 habitants qui se tient dans un kilomètre carré, vous la multipliez par 10 ; c'est donc tout à fait inédit en Europe.

Je vous rappelle également que c?est une ville, et c?est Frédéric MITTERRAND qui me l?a rappelé, qui est très contrainte en patrimoine et que cela rend évidemment la place des habitations très proche des lieux de nuit et qu'en effet, il faut apprendre à se respecter et à cohabiter.

J'avais d'ailleurs signalé au dernier Conseil de Paris que s'il y avait exaspération des habitants qui souhaitent dormir la nuit pour aller travailler le matin, tôt souvent, dans les transports en commun, c'est qu'il y a une montée des bruits, et je dois dire que ma demande auprès du Préfet de police, par un v?u que j'avais déposé en Conseil d'arrondissement du 4e sur une explication et une sagesse trouvées dans l'utilisation des gyrophares avec sirène, a été entendue par le Préfet de police et que l?on voit bien qu'en 15 jours, vous constatez que dans Paris, il y a en effet des sirènes et des gyrophares, mais vraiment réservés aux ambulances ou aux voitures de police en mission d?extrême urgence et qu?il y a beaucoup moins de voitures banalisées qui utilisent à tort et à travers, pour passer les feux ou se rendre à un rendez-vous, l?utilisation de ces fameuses sirènes.

Je crois que si nous réapprenons à vivre, en effet, ensemble beaucoup plus sereinement, dans le respect des uns et des autres, nous pourrons trouver dans le débat qui se tiendra sur la nuit à Paris, auquel Thierry COUDERT sera évidemment associé puisqu'il fait partie aujourd'hui des grandes voix qu'on entend à Paris sur la nuit à Paris, on fera vraiment avancer la place de la nuit à Paris.

Je tiens également à rappeler que la question de la nuit à Paris ne va pas être abordée uniquement sous l?angle festif. Depuis 2001, la Ville de Paris est mobilisée en faveur de la vie nocturne, dans son ensemble, considérant que la nuit est un élément central de la vitalité culturelle, du dynamisme économique et de l?attractivité de Paris.

Cette politique s'est traduite par l'organisation, entre autres, de "Nuit blanche", événement aujourd?hui repris dans vingt-cinq villes dans le monde, par des ouvertures tardives de piscines, des nocturnes dans les musées, le renforcement de l'offre de transports de nuit, le développement de la médiation avec les correspondants de nuit, la création de l'Observatoire des lieux de vie et de diffusion musicale avec la Préfecture de police, Observatoire dont la fonction est très appréciée.

Je voudrais également ajouter que nous avons mené, dans le cadre de la vie nocturne et de l'attractivité de Paris, un certain nombre d'actions en faveur des musiques actuelles, qui étaient plutôt ignorées, me semble-t-il, jusqu'à maintenant.

Le soutien à ce secteur s'est traduit par des subventions de fonctionnement à des lieux musicaux, comme le Glazart, la Guinguette Pirate, la Maroquinerie, des festivals comme Hip-Hop citoyens. Musiques et jardins, le jazz à Saint-Germain des Prés, très apprécié de M. LECOQ et de M. LÉVY dans son arrondissement.

Par la création de l?Observatoire des lieux de vie et de diffusion musicale, instance de médiation et de concertation entre la Ville, les exploitants de lieux, la Préfecture de police et les riverains, dont la prochaine réunion est prévue le 14 janvier 2010.

Mais également par le biais de subventions d?investissement pour aider les lieux musicaux à engager des travaux d'insonorisation ou d?aménagement qui, comme vous le savez, sont contraints par le décret Voynet. C?est vrai que ce décret de Dominique VOYNET, qui fut donc Ministre de l?Environnement, est un décret de bonne qualité, mais qui est contraignant puisqu?il oblige les établissements, évidemment, à faire des travaux, souvent, qu'ils ne peuvent pas payer.

Arrêtons de parler de débats polluants de la vie nocturne à Paris. Je crois qu'au contraire, nous n?avons pas besoin de v?ux, mais j?encourage, si je suis défavorable à ce v?u pour le Conseil de Paris, à ce que ce v?u soit présenté en Conseil d'arrondissement du 17e arrondissement.

M. François DAGNAUD, adjoint. - Merci.

M. Ian BROSSAT souhaite ajouter un mot.

M. Ian BROSSAT. - Oui, en guise d'explication de vote.

Il y a juste deux petites choses qui m?étonnent. La première, c'est que l'on avait un débat budgétaire ce matin et qu'un amendement a été proposé, en l?occurrence, par mon groupe, qui proposait l'organisation d?Etats généraux de la Nuit parisienne. Cet amendement a été adopté par la majorité, et l'opposition a voté contre.

Alors, vous voyez, je suis un peu surpris. Je ne sais pas si Thierry COUDERT était là ce matin mais, en tout état de cause, il y a une contradiction entre le positionnement du groupe U.M.P. sur cette proposition-là, proposition qui visait précisément à redynamiser les nuits parisiennes et le v?u qui nous est présenté en ce moment par Thierry COUDERT.

Et deuxième chose, deuxième question que je me pose, elle porte sur l?emplacement que vous proposez : la ZAC Batignolles. Alors qu?on sait que la priorité là-bas, la priorité fixée par notre municipalité, c'est le logement social. On a le sentiment que vous êtes prêts à envisager tous les projets possibles pour limiter la place du logement social. Voilà, c'est ça l?impression que cela donne ! C'est ça l?impression que cela donne !

Donc, tout cela fait que nous ne voterons pas ce v?u.

Je vous remercie.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Bien, Merci.

Nous passons au vote sur ce v?u avec un avis défavorable de l?Exécutif.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe U.M.P.P.A., assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstention ?

La proposition de v?u est repoussée.