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172 - 2002, DPP 3 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer avec l'association "Paris pour les Jeunes" une convention d'objectifs. - Subvention correspondante. - Montant : 452.771 euros.2002, DPP 4 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer avec l'Institut de formation des animateurs de collectivités une convention d'objectifs. - Subvention correspondante. - Montant : 392.400 euro

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2002


Melle Sandrine MAZETIER, adjointe, présidente. - Nous passons à l'examen des délibérations de la 5e Commission, nous commençons avec le projet de délibération DPP 3 autorisant M. le Maire de Paris à signer avec l'association "Paris pour les Jeunes" une convention d'objectifs. - Subvention correspondante. - Montant : 452.771 euros.
Je donne la parole à Sophie MEYNAUD.
Mme Sophie MEYNAUD. - Merci, Madame la Maire.
Je vais tâcher d'aller vite devant les quelques personnes qui restent !
Cette délibération est l'occasion de revenir sur la question des antennes "action jeunes info", question sur laquelle je suis déjà intervenue à plusieurs reprises devant notre Assemblée. Parce que vous nous demandez de délibérer sur les subventions de fonctionnement des A.J.I. je me permets de renouveler un certain nombre d'interrogations et d'attentes que nous avons en ce qui concerne ces antennes. Alors qu'il n'est pas question pour les élus communistes de remettre en cause l'existence et l'utilité de telles structures, cela fait plusieurs mois que nous demandons un débat pour faire le bilan et dégager de nouvelles pistes de travail, notamment sur le régime, le rôle et les missions de ces antennes, ainsi que sur les moyens que nous souhaitons leur donner.
Certes, nous avons été destinataires ce mois-ci, du rapport 2001 sur le fonctionnement des antennes parisiennes. Ce rapport est riche d'enseignements. Toutefois, selon moi, il ne remet pas du tout en cause la nécessité de mettre tous les éléments sur la table et de décider ensemble de ce que nous voulons faire de ces structures, au contraire.
En effet, ne nous le cachons pas, les A.J.I. sont aujourd'hui dans un état qui nécessite de revoir le dispositif en profondeur. Structures d'accueil et d'information des jeunes des quartiers dits "sensibles", les A.J.I. souffrent de ne pas avoir une mission clairement définie. Elles n'ont pas de perspective et surtout, pas de moyens pour explorer des projets plus ambitieux pour ces jeunes des quartiers qui, pourtant, font partie de ceux qui en ont le plus besoin.
Le nombre de personnes qui les fréquentent n'est pourtant pas négligeable car même s'il est en baisse par rapport à 2000, les 20 A.J.I. parisiennes ont reçu près de 83.000 visites en 2001. C'est un chiffre important mais qui n'éclaire pas non plus complètement la réalité des demandes car à effectifs pratiquement équivalents, une antenne du 20e recevrait 11.000 visites en une année alors qu'une des antennes du 13e en recevait 1.000.
Si l'on met ce chiffre à côté des 7.600 euros alloués par an en fonctionnement à chaque antenne, on arrive à des sommes étonnantes de 1,5 euro en moyenne accordés par an et par adolescent.
Il ne me semble pas que l'on puisse proposer des activités dans des conditions satisfaisantes à ce prix-là. Là encore j'ai une remarque. Lorsque l'on regarde de plus près la fréquentation effective de ces structures, on remarque une fréquentation quasiment exclusive, en tout cas à hauteur de 80 %, voire de plus de 90 %, de jeunes hommes. Je ne crois pas que les jeunes filles aient des problèmes moindres dans les quartiers populaires ou sensibles, je pense même le contraire et je m'étonne qu'une réflexion n'ait pas été poussée plus avant pour accueillir des proportions plus importantes de jeunes filles.
De nombreux axes sont donc à retravailler : le régime juridique de ces antennes doit être redéfini, y compris en ce qui concerne le recrutement des animateurs, et à mon sens, il faut offrir une latitude plus grande aux élus d'arrondissement, notamment aux élus chargés de la jeunesse en collaboration avec ceux chargés de la prévention. Il s'agit également d'augmenter de manière très conséquente les moyens accordés à ces antennes : moyens humains, avec des personnels qualifiés, correctement formés et en nombre suffisant, moyens en locaux et moyens financiers.
Par ailleurs, la nécessité est évidente de retravailler les conventions conclues entre les différentes structures jeunesse de proximité pour favoriser un véritable travail en réseau, avec les Conseils locaux de la jeunesse, les missions locales, les centres d'animation, les comités de prévention de la délinquance, etc.
Quelle articulation envisageons-nous par ailleurs avec les espaces jeunes qui dépendent eux de la Direction de la Jeunesse et des Sports ?
Enfin, une fois le rôle et les missions des antennes plus clairement définis, ce sont les critères d'ouverture qui doivent être affinés afin de déterminer les priorités d'action et d'implantation des structures existantes et des deux nouvelles structures par an projetées dans l'avenant au contrat local de sécurité dont nous débattions récemment. Parce que nous considérons que toutes ces propositions doivent être débattues au sein de cette Assemblée, Monsieur le Maire, je vous demande à nouveau, ce soir, qu'une réflexion soit menée avec les maires d'arrondissement et qu'un débat soit organisé sur cette question et plus généralement sur les questions transversales afférentes à la politique jeunesse menée par la Ville de Paris. Nous ne pourrons pas faire l'économie d'un tel débat si nous souhaitons répondre à nos engagements et à l'ambition que nous affichons pour les jeunes Parisiennes et jeunes Parisiens.
Je vous remercie.
Melle Sandrine MAZETIER, adjointe, présidente. - Merci.
Monsieur GOUJON, vous avez la parole.
M. Philippe GOUJON. - Madame le Maire, je propose d'ailleurs que l'on puisse joindre l'examen des projets PP 3 et PP 4 dans la mesure où il s'agit du même problème.
Je n'interviendrai pour ma part qu'une seule fois, si vous en êtes d'accord... même avec enthousiasme... !
Je crois qu'il ne faut pas voir dans ces structures autre chose que ce qu'elles sont, ce sont des structures de proximité, originales, uniques en leur genre, qui ont été mises en place en 1989 par le Maire de l'époque, Jacques CHIRAC, qui sont implantées - c'est cela leur spécificité - au c?ur même des ensembles immobiliers sociaux les plus sensibles afin d'aller au contact de ces groupes de jeunes dés?uvrés que l'on rencontre dans tous ces ensembles sociaux pour les orienter vers les équipements et les structures les plus adaptés à leurs problèmes.
Les A.J.I. ont pour objet de contribuer à leur insertion et de réduire les tensions dans ces ensembles. Et d'ailleurs l'intérêt de leurs missions résulte de leur énoncé : la lutte contre l'échec scolaire, la recherche d'emploi, des activités ludiques, culturelles, sportives, des campagnes de prévention du Sida, de la toxicomanie.
Ces antennes inscrivent leurs actions dans toutes les démarches de la politique de prévention, de la politique de la ville, des opérations "Villes-Vie-Vacances", de la politique de sécurité générale menée à Paris. Je rappelle d'ailleurs que le Contrat local de sécurité signé en 2000 et son avenant signé plus récemment prévoient l'augmentation chaque année de leur nombre, qui a été budgété d'ailleurs par la Municipalité. C'est vrai qu'il serait utile de les doter de budgets plus importants - là j'exprime mon accord avec l'oratrice précédente - et de davantage d'animateurs. C'est d'ailleurs l'objectif de la Municipalité. Animateurs auxquels je tiens à rendre particulièrement hommage tant est difficile cette mission qu'ils exercent dans des conditions de sécurité souvent particulièrement hasardeuses au point que certaines d'entre elles ne peuvent fonctionner en raison des problèmes de sécurité qui se posent à leurs abords.
C'est vrai qu'il faut adapter toujours davantage ces structures ; c'est ce qui est fait depuis leur création.
Je rappelle d'ailleurs qu'à cette époque, nous avons même reçu la visite d'une délégation de maires démocrates de villes américaines qui examinant les politiques de prévention menées sur le plan national en France, avaient souhaité visiter ces antennes pour essayer éventuellement de reproduire le modèle aux Etats-Unis.
Le rapport 2001 qui nous a été donné est tout à fait éloquent, vous avez eu raison de le rappeler, puisqu'il démontre à foison leur utilité et aussi leur évolution et montre que ces antennes collent au terrain et suivent tout à fait l'évolution des problèmes des jeunes, qui les identifient parfaitement surtout d'ailleurs pour l'aide à l'emploi et à la formation et aussi leurs difficultés générées par un climat social tendu.
Ces antennes répondent à l'attente des jeunes majeurs qui comptent beaucoup sur l'écoute, le besoin de se retrouver dans un local. D'ailleurs, nous le savons, nous qui sommes des élus du terrain, quelles sont les demandes des jeunes dans ces quartiers.
Je propose également bien sûr de renforcer les effectifs pour élargir les activités, les plages horaires d'ouverture, l'encadrement des jeunes.
Il faut aussi encore davantage coordonner leurs actions avec les autres structures, mais en cas de déconcentration de leur gestion, néanmoins conserver une unité de conception de la politique menée par ces antennes qui consiste non pas à assister les jeunes, mais au contraire à favoriser leur autonomie et leur responsabilité.
Il est urgent de voter ces conventions qui ont déjà été reportées d'un Conseil sur l'autre car depuis plus de trois mois ce sont les associations elles-mêmes qui rémunèrent les animateurs faute de paiement par la Ville. Cela devient donc assez urgent.
Enfin, pour terminer, je citerai simplement le rapport qui nous a été fourni par la D.P.P. qui montre à l'évidence l'intérêt de ces structures qui - je cite - "par leur présence, leur polyvalence et leur souplesse structurelle évitent que nombre de jeunes soient marginalisés et contribuent de façon efficace à la prévention de la délinquance".
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs du groupe "Rassemblement pour la République et apparentés").
M. Christophe CARESCHE, adjoint, au nom de la 5e Commission. - Le fonctionnement des A.J.I. n'est pas satisfaisant ; c'est d'ailleurs le constat qui est fait dans l'avenant au Contrat parisien de sécurité. Néanmoins, les objectifs que remplissent ces équipements doivent demeurer et les A.J.I. ont un rôle de proximité tout à fait important qu'il faut préserver et même développer. Donc dans le même temps, il faut également améliorer le fonctionnement de ces antennes.
Je voudrais aborder trois points.
Outre le rapport fait par la D.P.P., nous avons lancé un audit qui sera établi par la société SURETIS, sélectionnée pour accompagner l'élaboration des contrats de sécurité d'arrondissement. Dans le cadre de ce marché, il y aura une analyse du fonctionnement de leur implantation dans la perspective notamment de la déconcentration de leur gestion aux mairies d'arrondissement. Je vous confirme en effet que les A.J.I. feront partie des équipements décentralisés.
En second lieu, les moyens, notamment humains, seront renforcés dès 2003 avec l'objectif de disposer d'un animateur et d'un éducateur pour améliorer le fonctionnement.
Enfin, dernier point, leurs conditions matérielles sont en cours d'amélioration et vont continuer à l'être. Dès cette année, dans le cadre du budget modificatif de la D.P.P., du matériel informatique leur sera fourni.
Evidemment, tout cela s'accompagnera d'une meilleure mise en réseau de ces A.J.I. qui, si elles sont bien utilisées, représentent un équipement tout à fait intéressant pour permettre de mener un réel travail de prévention auprès des jeunes.
Je voudrais terminer en vous disant que je travaille sur cette question en étroite collaboration avec Clémentine AUTAIN. Nous avons ensemble discuté de ces propositions et ensemble nous ferons des propositions à l'Assemblée. Il est d'ailleurs prévu de faire une communication sur la jeunesse au cours de l'année, et vous aurez par conséquent davantage d'informations sur les A.J.I.
Je vous demande de voter les deux délibérations : si elles ne l'étaient pas, cela remettrait en cause le fonctionnement actuel des A.J.I. Or, si tout le monde souhaite leur évolution, je pense que personne ne veut, en revanche, les voir s'arrêter.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DPP 3.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2002, DPP 3).
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DPP 4.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2002, DPP 4).