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115 - QOC 2002-306 Question de M. Jacques DAGUENET, Mme Nicole BORVO et des membres du groupe communiste à M. le Maire de Paris concernant les foyers de la Poste

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2002


M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous passons à la question de M. Jacques DAGUENET, Mme Nicole BORVO et des membres du groupe communiste à M. le Maire de Paris concernant les foyers de La Poste.
La parole est à M. DAGUENET.
M. Jacques DAGUENET. - Merci, Monsieur le Maire.
Vous n'êtes pas sans savoir qu'un vent de fronde souffle dans les foyers de La Poste à Paris. La colère est grande après que des jeunes postiers aient reçu une lettre les mettant en demeure de quitter leur chambre sans aucune proposition de relogement. Je ne vais pas détailler cette lettre, mais elle est particulièrement scandaleuse et elle mettait en demeure les postiers de quitter les foyers. C'est une véritable lettre d'expulsion.
Devant la mobilisation de ces postiers, la direction de La Poste de l'Ile-de-France est revenue sur cette décision et s'engage à ne procéder à aucune expulsion de résident et à proposer des délais supplémentaires. C'est un premier succès. En même temps, elle confirme sa volonté de fermer les foyers. Je rappelle qu'à plusieurs reprises les élus communistes et moi-même sommes intervenus pour dire notre opposition à ces fermetures.
Vous nous avez fait part des réponses de la Direction de La Poste selon lesquelles ces foyers ne répondraient plus aux besoins, notamment du fait que le recrutement des postiers aujourd'hui s'effectuerait sur une base régionale.
Ces arguments ne tiennent pas la route.
Deux exemples.
Le premier à propos du recrutement régional. Les provinciaux montent toujours autant à Paris. C'est si vrai que 70 % des personnes qui sont venues passer le concours à Paris au mois de décembre sont issues de la province.
Le deuxième, à propos des missions sociales de La Poste. La Direction de La Poste déclare qu'elle met en place une véritable politique du logement social. Cette proposition est louable, mais La Poste est incapable aujourd'hui et demain de faire face à ses besoins, elle l'a dit et répété à l'occasion d'une réunion la semaine dernière. C'est si vrai qu'elle propose de se retourner vers la Ville de Paris pour nous demander de reloger ces jeunes postiers ! En quelque sorte, c'est le monde à l'envers et nous attendons autre chose d'un service public.
En conséquence, Monsieur le Maire, les élus communistes réitèrent leur demande d'intervenir auprès de la Direction de La Poste de l'Ile-de-France pour réaffirmer notre opposition à la fermeture des foyers et demander que des propositions de logement définitif soient faites aux résidents des foyers qui le souhaitent.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci, Monsieur DAGUENET.
La parole est à M. MANO.
M. Jean-Yves MANO, adjoint. - Monsieur DAGUENET, d'abord je suis en possession d'un courrier en date du 5 avril émanant de La Poste, en réponse à une question de Bertrand DELANOË, Maire de Paris, sur le sujet, que je voudrais bien vous transmettre et que je vous lirai.
De façon complémentaire, il est évident que la Ville de Paris prendra les initiatives pour prendre contact avec La Poste afin de voir le devenir de ces ensembles immobiliers à Paris intra-muros, non pas éventuellement pour faire perdurer la charge pour la collectivité parisienne, de logements pour les postiers, mais bien évidemment pour saisir les opportunités qu'ils peuvent offrir pour du logement jeune, de la résidence sociale ou autre.
Voilà en quoi la Ville de Paris peut s'engager.
D'autre part, les éléments fournis - mais je ne vais pas me faire lecteur de la réponse du Directeur de La Poste en la matière - montrent qu'il y a un souci de La Poste et une prise en compte de vos démarches pour, qu'on le veuille ou non, remettre à plat un peu sa politique de logement envers les postiers, qui mobilise un certain nombre d'aides complémentaires pour les jeunes notamment, type Locapass, type allocation complémentaire venant aider aujourd'hui le personnel de La Poste à se trouver un logement soit dans le secteur privé, soit dans le secteur social émanant du patrimoine de La Poste, qui possède 17.500 appartements. Il faut le dire.
Donc, je pense qu'il y a nécessité d'avoir un lien plus étroit entre les organisations syndicales éventuellement, et La Poste, mais cela ne dépend pas, vous en conviendrez, de la Ville de Paris.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci, Monsieur MANO.
La parole est à M. DAGUENET.
M. Jacques DAGUENET. - Un mot.
Je crois qu'au moment où la nouvelle Municipalité fait, comme chacun le sait, un gros effort en termes de construction pour faire face aux demandes, il serait bon qu'un service public tel que La Poste joue lui-même un rôle important pour répondre à ses missions, notamment vis-à-vis de ses personnels.
C'est pour cela que nous réaffirmons notre position, à savoir qu'il ne serait pas bon que La Poste ferme ses foyers comme elle l'envisage, mais qu'il faudrait au contraire qu'elle réponde aux besoins en termes de logement et qu'elle ait une véritable politique de logement en direction de ses personnels.