Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Mai 2009
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
> Type de document (Débat / Délibération)  

2009, Vœu déposé par Mme Edith CUIGNACHE-GALLOIS et les élus du groupe Centre et Indépendants relatif à une campagne de prévention et de rappel des comportements civiques de circulation.

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2009


 

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Nous passons à l'examen du v?u référencé n° 59 dans le fascicule, déposé par le groupe Centre et Indépendants, relatif à une campagne de prévention et de rappel des comportements civiques de circulation.

Je donne la parole à Mme Edith CUIGNACHE-GALLOIS.

Mme Edith CUIGNACHE-GALLOIS. - Monsieur le Maire, je vous remercie.

En matière de circulation routière à Paris, l?action ne se limite pas à celle de la Préfecture de police, comme on vient de le voir, qui est responsable du contrôle et de la verbalisation, en revanche, c'est à la Municipalité que revient la charge de l'aménagement de l'espace public et de la prévention.

Je voudrais donc, sur ces deux points plus précis, le contrôle et la verbalisation, revenir sur le rapport de la Préfecture sur la sécurité routière.

Il est indéniable que la politique d'aménagement de l'espace public menée par la Municipalité a directement entraîné une augmentation importante des deux-roues motorisés et des vélos.

Dans le même temps, on peut observer une dégradation importante des comportements civiques de circulation, quels que soient les modes de transport - d'ailleurs, Laurent FARY, le porte-parole du Maire de Paris, l?a reconnu lui-même - et une nette progression des accidents graves qui impliquent les deux-roues et les piétons.

Les rapides changements dans l'aménagement de la voirie et l'explosion des modes de déplacement ont, c?est évident, brusquement bouleversé des équilibres et des comportements de circulation dans la Capitale. C?est désormais assez incontestable.

La Municipalité a été dépassée par son succès et, de ce fait, sa politique de prévention n'a peut-être pas été suffisamment en rapport avec les transformations et l'explosion de ces nouveaux modes de déplacement.

Un exemple est assez frappant à cet égard, le sentiment d'insécurité des piétons au milieu de ce trafic, j'espère que M. GAREL m'entend bien, ils sont les principales victimes d'accidents mortels et dans la moitié des cas, ce sont des personnes âgées. Un autre chiffre montre que les piétons se sentent perdus dans tous ces changements et qu'un effort spécifique de prévention envers eux est nécessaire. Dans un cas sur deux, ils sont fautifs par imprudence.

Je souhaiterais que la Mairie de Paris renouvelle une campagne globale de prévention et de rappel des comportements civiques de circulation et qu'elle mène une campagne de prévention et d'information ciblée sur les piétons aux carrefours particulièrement accidentogènes, ainsi qu'un effort de sensibilisation en direction des personnes âgées.

Je vous remercie, Monsieur le Maire.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - La parole est à Mme LEPETIT pour vous répondre.

Mme Annick LEPETIT, adjointe. - Je vous remercie, Monsieur le Maire.

Je vais être brève pour dire que nous avons fait et continuons à faire des campagnes de prévention. Vous avez raison, il faut en faire. La pédagogie est sans doute la meilleure façon d'obtenir un peu de civisme de la part de nos concitoyens, quels qu'ils soient. Nous avons fait une campagne à la fin de l'année 2008, "Changeons de conduite, partageons Paris", qui était une campagne d'affichage importante par sa quantité.

Nous continuons à poursuivre des campagnes de sensibilisation, notamment en direction des personnes âgées, comme vous le demandez dans votre v?u. Et, bien sûr, nous rappelons des comportements qui peuvent être dangereux, particulièrement pour les cyclistes et les piétons et je fais référence à une des campagnes, la campagne "Angle mort" que nous poursuivons. Par conséquent, Madame CUIGNACHE-GALLOIS, je vous demande le retrait de ce v?u.

Sur le fond, je n'y vois pas d'objection, mais nous ne pouvons pas non plus - vous le comprendrez - faire des campagnes ou des grandes campagnes comme nous avons fait avec celle de "Changeons de comportements", tous les mois. Ce n'est pas possible mais, sur l'esprit, je partage le vôtre.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - J'ai une demande de parole de Mme CAPELLE, j'imagine que c'est une explication de vote.

Mme Liliane CAPELLE, adjointe. - C'est très bref. Pour venir en complément de ce que dit Annick LEPETIT, il y a avec la Préfecture de police, notamment en direction des personnes âgées, des campagnes qui vont au plus près des personnes âgées puisque ces campagnes se déroulent en général dans les clubs réservés aux personnes âgées. Cette information se fait, peut-être faudra-t-il l'améliorer, peut-être faudra-t-il la revoir, en tout cas, cette campagne se fait très régulièrement et tout au long de l'année.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - La parole est à M. GAREL pour une explication de vote du groupe "Les Verts".

M. Sylvain GAREL. - Oui, en lisant ces v?ux et entendant le débat, il serait temps que notre Ville et notre pays, parce que cela va de pair, adoptent le Code de la rue qui est déjà en cours en Belgique, c'est-à-dire un code urbain qui fasse que, dans les villes et en particulier dans les grandes villes, il y ait une règle qui s'impose, c'est que le plus fort doit respecter le plus faible.

C'est une règle qui fonctionne dans d'autres pays et qui devrait être adoptée dans notre ville rapidement. Il s'agit de dire aux cyclistes qu'il faut respecter le piéton, aux motards qu'il faut respecter le cycliste, aux voitures qu'il faut respecter le motard et aux camions qu'il faut respecter tout le monde.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Madame DOUVIN, vous avez la parole pour le groupe U.M.P.P.A.

Mme Laurence DOUVIN. - Une explication de vote rapide pour dire que je ne comprends pas comment on peut s'opposer à ce v?u qui vise avant tout la sécurité des piétons.

Je répondrai également à Mme LEPETIT que ce n'est pas un débat de Commission mais de Conseil de Paris, d'ailleurs, ce que vient de dire M. GAREL va tout à fait dans ce sens. Nous soutiendrons donc ce v?u et la position du groupe Centre et Indépendants.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - La parole est à M. POZZO di BORGO, pour une explication de vote sur son propre v?u.

M. Yves POZZO di BORGO. - Je vous remercie.

Je rappelle à M. GAREL que nous avons fait un v?u en ce sens sur le Code de la rue en Belgique et que l'Exécutif l'avait refusé. C'est la même logique que je ne comprends pas. Quand on parle à chacun d'entre vous, on dit : "Bien sûr, tout cela, c'est très bien". Mme LEPETIT dit : "Tout cela, c'est très bien", mais on ne fait rien.

C'est un peu ce que vous faites, je ne dis pas que vous ne faites rien, ce que je veux dire, Madame LEPETIT, c'est un problème de mesure. Nous considérons qu'il y a un véritable problème et qu'il est nécessaire d'avoir un coup de rein fantastique sur le sujet.

Madame LEPETIT, vous avez l'air de dire que ce qui est fait actuellement est suffisant. Nous considérons qu'il est nécessaire d'avoir un coup de rein fantastique sur la prise de conscience de ce problème, aussi bien de la part de la Préfecture de police que de la Ville. Je regrette que la Ville ait cette réponse aussi fermée, pas fermée, mais pratiquement?, c'est une affaire comme les autres. Je vous dis que vous êtes responsable.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Madame LEPETIT, vous avez la parole.

Mme Annick LEPETIT, adjointe. - Si tout le monde prend la parole, à un moment donné, je ne peux pas laisser dire. Je n'ai pas voulu faire l'énumération des campagnes que nous faisons, mais je ne peux pas laisser dire que nous ne faisons rien. C'est faux ! La preuve, j'ai rappelé qu'une des premières grandes campagnes d'affichage faites par la nouvelle mandature a justement porté sur la prévention et sur le fait que chacun avait sa part de responsabilité.

Je suis contente des propos de Sylvain GAREL parce que cette campagne a été largement critiquée. Or, elle représentait le fait que chacun, qu'il soit automobiliste, cycliste, motard ou piéton, avait une part de responsabilité et qu'il fallait, au contraire, que la loi du plus faible l'emporte sur celle du plus fort. C'est exactement ce que reprend le Code de la rue.

Nous développons des campagnes en ce sens. Simplement, par esprit de responsabilité - vous êtes toujours les premiers à nous donner des leçons de morale sur nos dépenses -, je sais le coût de ces campagnes et je réponds donc avec franchise que nous ne pouvons malheureusement pas faire ce type de campagne d'affichage tous les mois.

En revanche, nous faisons des campagnes ciblées vis-à-vis des différents publics. J'ai fait allusion aux personnes âgées, j'ai fait allusion aux cyclistes, etc., et nous continuons à le faire avec l'aide des mairies d'arrondissement.

Dès que nous pourrons, nous poursuivrons des grandes campagnes, parce qu'il faut - ce n'est pas une seule campagne qui va sensibiliser nos concitoyens -, il faut la répéter. D'ailleurs, tous ceux qui ont fait allusion, tout à l'heure, à la sécurité routière en parlant du rapport, le savent très bien. Nous poursuivrons nos campagnes.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Sur ces explications, je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe Centre et Indépendants, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.