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Mai 2009
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2009, II - Question d'actualité posée par le groupe Centre et Indépendants à M. le Maire de Paris relative à l'engagement de la Mairie de Paris dans le cadre du Grand Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2009


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons à la question d'actualité posée par le groupe Centre et Indépendants.

La parole est à M. CAVADA.

M. Jean-Marie CAVADA. - Merci, Monsieur le Maire, chers collègues.

Je voulais revenir sur les choix énoncés par le Président de la République concernant le plan pour le futur Grand Paris, qui concerne tout le monde avec beaucoup de passion dans cette assemblée, et c'est tout à fait légitime.

Ce projet très ambitieux marque un élan pour donner à la région capitale une nouvelle physionomie, et surtout un nouveau souffle adapté à notre époque.

Dans la concurrence entre les métropoles mondiales, Paris a semblé prendre du retard, je le dis avec prudence, face à Londres, c'est une réalité, encore que l'on verra l'issue de la crise financière dont souffre cette dernière ; face à New York ; face à Shanghai. Il y a d'ailleurs des raisons objectives.

Paris est enfermée dans les frontières de son périphérique et aucune municipalité n'en porte la responsabilité, quelle que soit sa couleur politique.

La Ville est asphyxiée par des infrastructures, c'est vrai, qui pour avoir été très performantes à leur époque, sont maintenant vieillissantes. C'est donc une approche nouvelle que l'époque réclame, dont notre capitale avait besoin, pour essayer de présenter à ce début de XXIe siècle les pôles d?activité, les structures nécessaires pour que ceux-ci se développent. C?est une approche globale, de toute la région francilienne, tenant compte à la fois de l'importance nationale et européenne de cette question, du poids économique et démographique, et aussi scientifique et culturel de cette région, mais aussi des disparités et des inégalités entre ces territoires, ainsi que des besoins et des atouts dont cette région dispose pour l'avenir, car, tout de même, objectivement, notre région n'en manque pas tant que cela.

Aujourd'hui, tranchée par le chef de l'Etat, il est proposé une vision intégrée des transports, des logements, des pôles économiques et de développement durable, de l'activité scientifique et des réseaux de transport pour faire fonctionner tout cela.

Autour du projet qui avait été esquissé par notre ami Christian BLANC, du fameux métro automatique, c'est un projet structurant qui va se mettre en place et qui va essayer de redessiner la géographie et les équilibres de la Région-Capitale. Il était temps : la preuve, d?ailleurs, c'est que chacun, pendant longtemps, a eu son opinion personnelle sur ce sujet.

Le réseau actuel des transports est arrivé à saturation. Il ne correspond plus à la réalité des besoins ni des déplacements des populations concernées ; encore moins, par parenthèse, aux populations qui transitent pour venir travailler, faire leurs affaires et répartir à l'étranger mais qui ont besoin de la Capitale pour faire leur business.

Le trajet du "Grand Huit", sur 140 kilomètres, envisagé par le secrétaire d?Etat au Développement de la Région-Capitale, se présente donc comme un moyen de désenclavement et de revalorisation, et parfois même de création, d'unificateur en tout cas, de certains secteurs ; je pense à la zone de Clichy et Montfermeil.

Mais il jouera aussi un rôle moteur de croissance.

L?ambition d?un Grand Paris, c?est celle de l?imagination des projets architecturaux qui nous sont proposés, parce que c'est autour du transport et de l'architecture que se créera l'ensemble et qu'il se dynamisera.

L?exposition publique sur le futur Grand Paris en témoigne. Chacun de ces projets, d'ailleurs, a beaucoup d'élan, de l'audace. C'est très difficile de faire un choix, car la plupart sont vraiment extrêmement originaux.

La volonté du Chef de l'Etat d'apporter une réponse à la question du logement en Ile-de-France, que naturellement vous ne pouvez pas désavouer, est déterminée. La construction de 70.000 logements, si elle est tenue, sera une très bonne nouvelle. Il faudra libérer les terrains nécessaires et assouplir certaines règles d?urbanisme. Le reste, vous le connaissez, je voulais braquer le projecteur sur l'actualité de cette question fondamentale qui va conditionner la vie des Parisiens et des Franciliens pendant sans doute plusieurs décennies.

Je vous remercie d'avoir abordé une réflexion qui n'est pas totalement hostile à ce projet, d'après les dernières démarches et signatures que j'ai vues.

Merci, Monsieur le Maire.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je vous remercie, Monsieur CAVADA.

Il me semble même que nous avions commencé il y a plusieurs années, mais Pierre MANSAT va vous en parler. C'est justement celui qui le fait au nom de Paris depuis seulement huit ans.

M. Jean-Marie CAVADA. - Les génies ne sont jamais reconnus à leur mesure, vous le savez bien !

M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous ne nous prenons même pas pour des génies ! Même pas Pierre.

M. Jean-Marie LE GUEN, adjoint. - Je ne sais pas où cela va s?arrêter !

M. LE MAIRE DE PARIS. - Là, maintenant, tu as raison, cela devient inquiétant.

(Rires).

Là, je m'inquiète vraiment.

Pierre MANSAT ?

M. Pierre MANSAT, adjoint. - Monsieur le Maire, chers collègues.

Il est extrêmement difficile de "répondre", à une question aussi vaste et d'imbrications aussi multiples que celles que vient de poser M. CAVADA. Nous aurons certainement d'autres lieux et d'autres moments où nous pourrons approfondir l'ensemble de ces questions.

Je rappelle notamment l'existence de la Commission municipale Paris Métropole, qui se réunit la semaine prochaine, où tous les groupes du Conseil sont représentés et qui permettra de prendre le temps d'approfondir un peu plus ces questions que dans une séance du Conseil de Paris.

M. Jean-Marie CAVADA vient d?évoquer le discours du Chef de l'Etat. Je voudrais replacer ce discours dans le cadre particulier qui a été le sien, celui de l'inauguration de l'exposition de la consultation internationale des 10 architectes, consultation à laquelle la Ville de Paris a répondu très positivement dès qu'elle a été mise en place, notamment par une décision financière que nous avons votée ici même et par la participation active d?Anne HIDALGO et de moi-même au comité de pilotage, en s'appuyant sur l'expertise des services parisiens et de l'Atelier parisien d'urbanisme.

Cette consultation internationale, contrairement peut-être à certains grognements de certains au début, a produit un travail de qualité intellectuelle assez extraordinaire, qui commence même déjà à marquer les réflexions, les actions politiques, les décisions des collectivités.

J'en veux pour preuve, par exemple, ce que nous avons voté en fin de matinée : le v?u concernant les terrains de la Ville de Paris, leur utilisation en vue de l'agriculture urbaine. On voit donc, à travers cette consultation, émerger des propositions extrêmement intéressantes, parfois désarçonnantes, pragmatiques qui contribuent à bouleverser un peu plus les points de vue établis sur les enjeux de développement, de solidarité, de confrontation et de défi de la crise climatique et de la crise énergétique.

De ce point de vue, je dirais que Paris était de plein-pied dans cette affaire, en même temps que beaucoup d'élus qui se sont retrouvés dans ce que l?on a appelé la Conférence métropolitaine et maintenant Paris Métropole, qui se posaient les questions du fait métropolitain, des enjeux métropolitains du monde d'aujourd'hui, de la nécessité de répondre à ces questions qui sont parfois présentées de façon antagoniste : attractivité, développement économique et solidarité territoriale, solidarité sociale, enjeux climatiques, enjeux énergétiques, bien sûr les enjeux de transport, les enjeux de logement, les enjeux culturels et les enjeux de gouvernance qui, pour nous, n'ont absolument pas disparu.

M. CAVADA a noté lui-même les réactions du Maire de Paris à ces déclarations, dans la droite ligne de ce que nous avons fait depuis des années, c'est-à-dire la défense du point de vue à la fois de la Municipalité parisienne et l'exigence que les points de vue des collectivités et des élus locaux soient reconnus et respectés, tout en saluant l'engagement de l'Etat, ce qui est une grande nouveauté au regard notamment des dernières années.

Je soulignerais, puisque nous n'avons pas beaucoup de temps, quand même deux points qui nous ont interrogés dans le discours du Chef de l'Etat :

- l?absence de la notion de logement social dans ses déclarations d'intention en matière de logement ; 70.000 logements, c?est extrêmement ambitieux. Dans ces 70.000 logements, la réponse au logement social doit être une mesure première ;

- deuxième absence assez préoccupante : la question de la solidarité, puisque, dans ces défis du développement, de l'attractivité et de l'avenir de la Métropole parisienne, la question de la solidarité entre les territoires, de la solidarité entre les collectivités et entre l'Etat et les collectivités, est une question essentielle qui n'a pas été notée...

En matière de plan de transport, l'objectif est extrêmement ambitieux, mais nous souhaiterions connaître où ira le premier milliard d'euros dégagé par l'Etat en matière de financement de ces infrastructures de transport.

(Applaudissements sur les bancs des groupes communiste et élus du Parti de gauche, socialiste, radical de gauche et apparentés, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup.