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Mai 2009
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Conseil Municipal
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2009, Vœu déposé par M. Ian BROSSAT et les élus du groupe Communiste et élus du partie de Gauche relatif à la commémoration des déportés homosexuels de la IIe guerre mondiale.

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2009


 

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Nous passons à l'examen du v?u référencé n° 33 dans le fascicule, déposé par le groupe communiste et élus du parti de Gauche, relatif à la commémoration des déportés homosexuels de la IIe guerre mondiale.

La parole est à Mme SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - La déportation de citoyens français pour motif d'homosexualité est un fait historique, reconnu par les autorités françaises depuis le début des années 2000.

Un rapport de la Fondation pour la mémoire de la déportation, publié en 2007, dénombre 63 cas de déportations de ce type.

Une cérémonie nationale a lieu chaque année à l'initiative du Ministère de la Défense au Mémorial des Martyrs de la déportation sur l'île de la Cité le dernier dimanche d'avril, journée du souvenir de la déportation.

A cette occasion est déposée une gerbe unique qui intègre le souvenir des déportés homosexuels.

Cette cérémonie nationale est précédée le matin par des cérémonies organisées dans les mairies d'arrondissement de Paris.

Le v?u qui vous est présenté aujourd'hui par le groupe communiste et élus du parti de Gauche demande que dorénavant, la mémoire des déportés homosexuels soit honorée à cette occasion dans les mairies d'arrondissement ainsi qu'elle l'est lors de la cérémonie nationale se déroulant l'après-midi, présidée par le Ministre de la Défense.

Je vous remercie.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - La parole est à Mme Catherine VIEU-CHARIER.

Nous aurons ensuite une explication de vote du groupe Centre.

Mme Catherine VIEU-CHARIER, adjointe. - Il est juste de rendre hommage officiellement aux déportés homosexuels qui ont été considérés par les nazis comme des individus nuisibles à la société et qui, sous couvert de la loi des nazis de la protection de la race, ont été déportés et envoyés dans les camps de la mort en raison de ce qu'ils étaient.

Certes, en France il y a eu moins de déportés homosexuels qu'en Allemagne, cependant c'est désormais un fait avéré comme l'indique le rapport de la Fondation pour la mémoire de la déportation de 2007, je cite: "Au bout de quatre années de recherches historiques, la Fondation pour la mémoire peut affirmer que la déportation pour motif officiel avancé d'homosexualité a bien existé".

Je rappelle qu'en 2005, lors de la Journée du souvenir de la déportation, le Président de la République, Jacques CHIRAC, a explicitement évoqué la persécution des homosexuels.

A partir de ce jour, le triangle rose, signe distinctif des déportés homosexuels, a été mis en place sur l'oriflamme du monument de l'île de la Cité, à côté des autres triangles.

La Ville de Paris aide déjà l'association "Les Oubliés de la Mémoire" à organiser une commémoration dans un parc de Paris dans le cadre de la journée internationale contre l'homophobie. Cette année, elle aura d'ailleurs lieu le 16 mai dans le square du Temple.

Je donne un avis favorable à ce v?u car effectivement, il est juste que dans tous les arrondissements un hommage soit rendu officiellement aux déportés pour homosexualité.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Madame Catherine VIEU-CHARIER.

Nous avons une explication de vote de Mme Geneviève BERTRAND.

Mme Geneviève BERTRAND. - Le groupe Centre et Indépendants s'associera au v?u déposé par le groupe Communiste relatif à la commémoration des déportés homosexuels durant la seconde guerre mondiale.

En effet, on oublie trop souvent que la déportation en direction des camps de concentration et d'extermination ne concerna pas seulement en France la population juive.

La Fondation pour la mémoire de la déportation ?uvre très scrupuleusement à la connaissance la plus objective possible de notre histoire.

Lors de la cérémonie du 27 avril dernier, à la pointe est de l'île de la Cité, deux jeunes lauréates du concours national de la résistance et de la déportation ont fait état des chiffres les plus précis à ce jour à l'aune des recherches historiques.

Ce sont près de 166.000 personnes qui ont été déportées de France vers les camps de concentration.

Les associations d'anciens déportés sont attachées au rappel de la diversité des causes de leur internement dans des camps de concentration qui se situaient en Pologne, en Allemagne et même sur le sol français.

De nombreux catholiques qui furent parmi les premiers résistants dès 1940 figuraient parmi eux, laïcs ou membres du clergé, souvent militants issus de la démocratie chrétienne ou du scoutisme.

Héritier de cette famille politique, le groupe Centre et Indépendants est à ce titre sensible à la reconnaissance et à la commémoration de la déportation dans le respect des différentes causes de ces drames personnels qui sont autant d'illustrations de l'horreur d'un des deux grands totalitarismes du XXe siècle.

Je vous remercie.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe communiste et élus du parti de Gauche, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u n° 33 est adoptée à l'unanimité. (2009, V. 145).

(Applaudissements sur les bancs des groupes communiste et élus du Parti de gauche, socialiste, radical de gauche et apparentés, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").