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Mai 2009
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2009, III - Question d'actualité posée par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés à M. le Maire de Paris relative au financement des transports publics à Paris et en Ile-de-France.

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2009


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons à la question d'actualité posée par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés.

La parole est à Mme Pauline VERON.

Mme Pauline VERON. - Monsieur le Maire, mes chers collègues.

Mercredi 29 avril dernier, l'inauguration de l'exposition issue de la consultation internationale "le Grand Paris de l'agglomération parisienne", cofinancée par la Ville de Paris a été l'occasion pour le président de la République d?émettre un certain nombre de propositions sur l?avenir de la Métropole parisienne et notamment en matière de transport.

Le groupe Socialiste, Radical de gauche et Apparentés, conscient de la situation catastrophique des transports collectifs parisiens et franciliens a, à maintes reprises, présenté des v?ux que le Conseil de Paris a adoptés, appelant l'Etat à s'engager financièrement afin de désaturer et moderniser le réseau des transports publics.

Nous prenons donc acte de la volonté affichée de l'Etat de mettre enfin un terme après sept ans - il était temps !- à son désengagement et de reconnaître les transports comme étant une priorité pour le développement de notre Métropole.

Rappelons que ce désengagement est à l?origine de la grave saturation et du retard d'investissements important pour notre réseau de transports en commun qui a conduit à la mobilisation de milliers d'usagers, d'élus et d'associations depuis des mois.

En effet, depuis 2002, alors que le nombre d'usagers a augmenté de 20 %, l?Etat a diminué de 50 % ses budgets consacrés aux transports en Ile-de-France.

En revanche, les collectivités franciliennes, depuis deux ans, c'est-à-dire depuis la décentralisation du S.T.I.F., ont fait un effort sans précédent en augmentant de 60 % leur contribution financière à l'amélioration de l'offre de transport en commun.

La collectivité parisienne, deuxième contributeur au budget du S.T.I.F., a même augmenté sa contribution de 70 % en quatre ans.

Face à l'urgence de la situation, les collectivités locales n'ont d'ailleurs pas attendu l'Etat pour financer et lancer elles-mêmes des projets, comme l'extension du tramway des Maréchaux ou, plus récemment, pour s'engager pour le prolongement de la ligne 14 du métro, afin de désaturer la ligne 13 en établissant un projet, un calendrier et un financement, afin de saisir la Commission nationale du débat public avant cet été.

Nous constatons que Nicolas SARKOZY a repris à son compte l'essentiel des propositions du plan de mobilisation pour les transports, d'ores et déjà élaboré et financé à hauteur de plus de 18 milliards d'euros dans le cadre du S.T.I.F. par la Région, Paris et les départements d'Ile-de-France.

Cependant, les élus socialistes, radical de gauche et apparentés s'interrogent fortement sur l'investissement que l'Etat compte y consacrer et qui n?a toujours pas été précisé.

Il est aujourd'hui plus que nécessaire que les annonces du Président de la République se concrétisent en actes, c'est-à-dire que la modernisation des lignes de RER, la désaturation de la ligne 13, le prolongent d?Eole ou la construction de nouvelles lignes de tramway à forte capacité sont autant de projets urgents qu'il faut concrétiser rapidement.

Nicolas SARKOZY s'engage pour des projets dont les travaux interviendraient à la fin de son quinquennat, quand il faudrait certes préparer l'avenir, mais aussi répondre concrètement aux urgences, en améliorant très rapidement le quotidien des Parisiens et Franciliens.

De plus, les déclarations qui ont suivi celle du Président de la République, notamment celle de Christian BLANC, le secrétaire d'Etat chargé du développement de la région capitale, ont semé le doute quant aux moyens financiers que l'Etat compte réellement mettre en ?uvre pour répondre aux besoins des usagers des transports collectifs.

Monsieur le Maire, face à ces interrogations et doutes, pouvez-vous nous faire part de votre sentiment sur les annonces du Chef de l'Etat et nous donner, si vous en avez, des éléments complémentaires quand à l?engagement des pouvoirs publics et à l'aboutissement de ces projets d'envergure nationale ?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

La parole est à Mme Annick LEPETIT.

Mme Annick LEPETIT, adjointe. - Monsieur le Maire, chers collègues.

Le développement des transports en commun figure comme un axe majeur du Grand Paris présenté par Nicolas SARKOZY, il y a maintenant une dizaine de jours.

Face au besoin croissant de mobilité de nos concitoyens dans une région comme la nôtre, face au désengagement continu de l'Etat dans ce domaine au cours de ces dernières années, comme Pauline VERON l?a très justement rappelé, c'était bien la moindre des choses.

Concernant les transports, je retiens deux choses de ce qu?a annoncé le chef de l'Etat : d'une part, un projet d'infrastructure nouvelle par métro automatique qui aura vocation, à terme, à relier les grands pôles économiques de la région ; d?autre part, la reprise des différents projets portés par les élus franciliens dans le cadre du plan de mobilisation initié par Jean-Paul HUCHON, Président de la Région Ile-de-France.

Le Chef de l'Etat, et c?est heureux, car c'était bien là notre crainte, n'a pas balayé d?un revers de la main les projets sur lesquels nous travaillons depuis maintenant 11 mois. Quels sont-ils ?

Tout d'abord, répondre aux urgences en désaturant la ligne 13 du métro en rénovant les R.E.R.

Ensuite, améliorer le quotidien des usagers en accélérant la création de nouvelles liaisons avec les tangentielles et le développement des tramways.

Enfin, réaliser les grandes infrastructures d'avenir avec la construction d?Arc Express autour de Paris et le développement des liaisons entre Saint-Lazare et La Défense, notamment par le prolongement d?Eole vers l'Ouest.

Désormais donc, nous disposons, si j'ai bien compris les annonces qui ont été faites, d'un soutien de l'Etat pour la réalisation de ces projets.

Nous avons aussi la perspective enfin dévoilée du Grand 8, sur lequel avait travaillé Christian BLANC, secrétaire d'Etat chargé du développement de la Région-Capitale.

Pour autant, et au risque de rompre avec une première vague d'optimisme généralisé, il convient, à mon sens, de faire preuve de réalisme face à un sujet qui touche le quotidien de plusieurs millions de Franciliens.

A ce titre, j'ai plusieurs interrogations.

La première question que je me pose : pourquoi avoir fait attendre aussi longtemps les élus en les plaçant dans un climat d'incertitude les empêchant de faire avancer les chantiers ? Pourquoi avoir fait attendre si longtemps les usagers qui ne demandent qu'une chose : la mise en service des projets ?

Ma seconde question porte sur le chiffrage annoncé par Nicolas SARKOZY : 35 milliards d'euros destinés à financer les projets du plan de mobilisation chiffrés à 18,6 milliards et le projet de métro automatique à hauteur de 21 milliards.

De la bouche même de Nicolas SARKOZY, "il ne s'agit pas de retrancher, il s'agit d'ajouter".

Or, si j'ajoute les deux montants, j'arrive à 39,6 milliards d'euros. Sans faire de calcul très poussé, le compte n'y est pas.

Ma troisième interrogation porte sur les sources de financement. Comment dégager autant d'argent en si peu de temps, surtout lorsque rien n'est dit sur une quelconque évolution du versement transport et lorsque est annoncée une tarification unique sur l'ensemble du réseau, dont on ne sait pas concrètement comment elle pourra être financée ?

Les sources de financement pourtant existent ; nous le savons. Je les avais d'ailleurs rappelées au ministre Jean-Louis BORLOO lorsqu'il avait reçu l'ensemble des élus franciliens le 9 juillet dernier.

J'avais également proposé de les intégrer dans le projet de loi Grenelle 1 qui aurait été une excellente occasion de faire avancer les choses.

Voici maintenant que le Chef de l?Etat confie une mission dans ce sens à Gilles CARREZ, dont je ne doute pas de la bonne volonté, mais dont je doute qu'elle nous fasse gagner du temps, ce d?autant plus qu?en matière de financement, Christian BLANC a exclu le recours au partenariat public privé pourtant annoncé par le Chef de l'Etat trois jours auparavant. Que de contradictions au sein du Gouvernement !

Pour conclure, je dirai que tout cela reste encore flou et laisse entrevoir des promesses dont je doute qu'elles pourront toutes être tenues.

Pour autant, prenons acte et profitons-en pour rappeler que si le Chef de l'Etat veut prendre des engagements concrets pour développer les transports à Paris et en Ile-de-France, il est le bienvenu pour s'associer au projet d?extension du T3 vers la Porte d'Asnières.

Merci.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup.