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Mai 2009
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2009, DEVE 35 - Approbation des modalités de lancement et signature de l'appel d'offres ouvert pour les prestations d'entretien, d'aménagement et de nettoiement des espaces plantés du boulevard périphérique.

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2009


 

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Nous examinons à présent le projet de délibération DEVE 35 relatif à l'approbation des modalités de lancement et signature de l'appel d'offres ouvert pour les prestations d'entretien, d'aménagement et de nettoiement des espaces plantés du boulevard périphérique.

Je donne la parole à M. Jacques BOUTAULT, pour le groupe "Les Verts".

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire.

Si l'air que l'on respire est pollué, ce n'est pas uniquement en raison de la trop grande circulation des automobiles et des camions, notamment équipés de moteurs diesel, dans les rues de Paris, mais les pesticides y contribuent largement.

Ainsi, chaque année, au printemps, la présence de molécules chimiques dans l'air parisien augmente, en raison notamment du traitement des plantes de balcon par les particuliers. Les plus exposés sont les plus fragiles : les bébés, les enfants, les femmes enceintes.

Or, il est possible de jardiner sans polluer. A ce sujet, la Ville de Paris a pris toute une série d'initiatives visant à sensibiliser à la pollution par les pesticides. Notamment, Fabienne GIBOUDEAUX, dans le cadre de ses responsabilités, a décidé de donner le bon exemple en promouvant ces bonnes pratiques.

On sait que parmi les nombreuses attaques de l'homme contre la biodiversité, celle des pesticides est l?une des principales et des plus dangereuse, car les pesticides sont utilisés à grande échelle, notamment par l?agriculture industrielle et intensive moderne. La France est aussi championne d'Europe de la consommation de ces produits chimiques, avec 76.000 tonnes de produits qui sont répandus sur les terres agricoles, partout en France.

Depuis plusieurs années, les jardiniers qui entretiennent les espaces verts - Yves CONTASSOT avait initié cette pratique dans la précédente mandature - ont diminué considérablement l'utilisation des pesticides. Ce sont donc aujourd'hui soixante-trois jardins parisiens, qui sont dotés du label "espace vert écologique".

Je tiens à féliciter les jardiniers municipaux, qui se sont adaptés à ces nouvelles pratiques, en mettant en ?uvre des nouvelles méthodes non chimiques dans le choix des plantes, l'abandon du désherbage systématique, le retour à l'emploi de la binette, et ce sont des formations mises en ?uvre et qui ne sont pas simples toujours à faire, puisqu'il faut changer des pratiques très anciennes. Déjà, vous avez vu que la Ville de Paris a décidé de ne plus entretenir, de ne plus éradiquer plutôt, les herbes folles au pied des arbres, pour le plus grand bien des passants et des arbres.

Pour en revenir plus précisément au projet de délibération qui nous est soumis, l'entretien des espaces verts des talus du boulevard périphérique, qui se fera donc à la suite de cet appel d'offres sans pesticide, va valoriser ces milieux qui souffrent de nombreuses pollutions. Il permettra de créer une trame verte autour de la capitale. La réduction du nombre des tontes diminuera la consommation d?énergie et de production de gaz à effet de serre, permettant en outre de mieux préserver les micros habitats de biodiversité et de respecter le cycle des plantes.

C'est donc pour les Parisiens un exemple très net de changement de pratique de la Ville de Paris, et je me réjouis que notre ville puisse promouvoir ces bonnes pratiques pour la santé de tous, mais aussi pour montrer qu'il est possible de jardiner sans produits chimiques.

Merci beaucoup pour votre attention.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Pour vous répondre, je donne la parole à Mme Fabienne GIBOUDEAUX.

Mme Fabienne GIBOUDEAUX, adjointe, au nom de la 4e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.

Je remercie Jacques BOUTAULT pour l?intérêt qu?il porte à la gestion écologique de nos espaces verts. Effectivement, c?est un sujet important pour moi dans cette mandature, nous allons faire auditer la totalité des jardins, 480 jardins, par un organisme extérieur, qui évaluera lui-même la gestion écologique de nos espaces verts.

C'est un marché important. Je crois que c?est la première fois qu?une ville à cette échelle entreprend ce genre de démarche, donc tout à fait exemplaire.

Je pense qu?il faut aller au-delà de la démarche exemplaire de la Ville de Paris. D?abord, tous les espaces verts ne sont pas des espaces verts municipaux. Nous avons engagé des contacts avec d'autres gestionnaires d'espaces verts, comme l?Etat. Je vous rappelle que le Luxembourg, les Tuileries, le Jardin des Plantes ne sont pas gérés par la Ville de Paris. Il y a aussi de nombreux espaces verts qui sont gérés par des gestionnaires privés, comme l'évêché, et qui sont de taille importante.

Nous avons donc pris des contacts pour échanger sur nos pratiques, et avec l'ambition d'avoir une gestion écologique sur tout le territoire, et pas seulement au niveau des espaces verts parisiens. Je vous tiendrai informés de la démarche. Je pense que cela fera l'objet d'une communication, si on arrive à la globaliser.

Nous avons aussi d'autres contacts avec d'autres villes de France, voire même européennes, sur les pratiques environnementales dans les jardins. Comme l?a souligné Jacques BOUTAULT, c'est un enjeu de santé important, à la fois pour les jardiniers et les usagers des jardins, mais aussi qui génèrent de graves problèmes sur l'eau. On sait que tous les pesticides vont rapidement dans les nappes phréatiques et génèrent des coûts très importants pour mettre l'eau aux normes d'eau potable. Ce sont aussi des coûts environnementaux, qui sont à mon avis sous-évalués aujourd'hui, et qui doivent être aussi discutés de façon démocratique.

C'est aussi un enjeu de biodiversité. On sait que la biodiversité s'enrichit en ville, au détriment des zones, notamment en Ile-de-France où il y a une agriculture intensive qui pénalise de façon importante la biodiversité. Vous avez tous entendu parler des abeilles, qui ont fait l'objet de nombreuses publications ces derniers jours. On sait qu'elles ne résistent pas à l'utilisation de ces pesticides.

Ce sont des enjeux importants, que nous essayons aussi de faire partager avec d'autres villes, avec un objectif politique fort qui est de dire qu'on pourrait avoir une certification, voire même nationale ou européenne - je pense que c?est un vrai sujet européen - pour que dans les espaces publics, il n'y ait plus l'utilisation de ces produits dangereux, auxquels aujourd'hui nous avons tout à fait des alternatives à proposer, qui sont testées à Paris et dans d'autres villes.

Je pense que nous allons sur cette voie. En tout cas, je vous en tiendrai informés.

Je vous remercie.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DEVE 35.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2009, DEVE 35).

Je profite de la présence de jeunes gens dans les tribunes pour les saluer et les remercier d'être présents à nos débats.

(Applaudissements sur tous les bancs de l'hémicycle).