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Mai 2009
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2009, Evocation des mesures prises par la Ville de Paris suite à l'apparition de la grippe A.

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2009


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je voudrais vous dire un petit mot, après en avoir informé les présidents de groupe, sur la grippe A. L'actualité récente me conduit donc à vous donner quelques informations sur l'engagement de notre collectivité sur ce sujet. En effet, le 29 avril dernier, l'Organisation Mondiale de la Santé a déclenché un état d'alerte de niveau 5 après l'apparition au Mexique d'un virus inédit de type H1N1, dont la transmission interhumaine est avérée.

Le lendemain, à son tour, la France élevait son seuil d'alerte au même niveau, et le 1er mai, les deux premiers cas d'infection dans notre pays étaient rendus publics.

Face à cette possible menace d'épidémie, j'ai souhaité que chaque direction de la Ville se mette en capacité d'activer les dispositifs élaborés en 2004 dans le cadre du plan national de pandémie grippale et révisés depuis à quatre reprises.

En effet, l'intervention de notre collectivité, qui est à la fois Commune et Département, s'inscrit dans un cadre national placé sous le pilotage de l'État. C'est l'État, et lui seul qui, dans l'hypothèse d'une situation d?une crise sanitaire, oriente l'ensemble du schéma opérationnel.

Ce commandement unique constitue une garantie de cohérence et d'efficacité absolument indispensable.

Concrètement, dans l'hypothèse d'un passage au niveau d'alerte 6, c'est toute notre vie économique et sociale qui devrait s'adapter en fonction des mesures que l'État nous demanderait de prendre pour combattre la pandémie.

Par exemple : fermeture des crèches et des écoles, fonctionnement réduit des transports collectifs, restriction des rassemblements pour limiter la propagation du virus.

Dans ce cadre, le service public municipal serait concentré sur ses missions essentielles comme l'état civil, le ramassage des ordures ménagères, la production d'eau, ou encore le chauffage collectif.

Mais le rôle de notre collectivité s'exprimerait aussi pour d'autres impératifs.

D'abord, protéger les personnes accueillies dans nos établissements, et je pense en particulier aux plus jeunes dans le cadre de l'aide sociale à l'enfance, ainsi qu'aux personnes âgées ou handicapés.

Ensuite, il faudrait aider au quotidien la population parisienne, notamment les plus fragiles, les personnes âgées ou dépendantes, et les familles maintenues à domicile pour soigner un malade.

Enfin, une crise sanitaire de cette ampleur impliquerait de notre part une information quotidienne très pratique en relais du dispositif de communication national. Au total, ce sont environ 15.000 agents municipaux qui seraient ainsi mobilisés.

C'est pourquoi, afin d'assurer leur protection, nous avons d'ores et déjà acquis 5 millions de masques ainsi que des combinaisons adaptées, et bien évidemment, nous veillons à en vérifier régulièrement les durées de validité.

J'ajoute qu?en cas de pandémie majeure conduisant à la saturation des hôpitaux, nous serions associés à l'application du Plan Blanc de l'État.

Ce plan, je le rappelle, organise le système de soins et vise notamment à déterminer les lieux susceptibles d'être réquisitionnés.

Dès l'apparition de la grippe A, nous nous sommes immédiatement rapprochés de la Préfecture de police et des services sanitaires. Le 27 avril, j'ai également souhaité établir le contact avec les présidents de groupe de notre Assemblée. En outre, nous avons tenu la semaine dernière une réunion de travail avec les 20 maires d'arrondissement ou leurs représentants et les présidents de groupe. Nous nous réunirons d'ailleurs une nouvelle fois après-demain.

En effet, il est essentiel de faire le point régulièrement, de bien préciser le rôle de chacun et de rendre ainsi notre dispositif global très opérationnel.

C'est même un enjeu central.

Pour faire face à toute situation, nous devons disposer d'une organisation parfaitement structurée. À cet effet, j'ai l'intention de mettre à profit les prochaines semaines pour rendre aussi performant que possible le lien entre mairie centrale et mairies d'arrondissements.

Dans mon esprit, cet axe, associant également les présidents de groupe, doit être au c?ur d?une réponse à la fois réactive et maîtrisée. C?est fondamental, car face à une crise de cette nature, la parole publique doit contribuer à la sérénité par la clarté d?un message unique, précis et cohérent.

Cette préoccupation s'applique dès à présent à travers l'information spécifique que nous avons mise en place en direction des citoyens, grâce aux service téléphonique du 3975 et du site Internet de la Ville, ce dernier proposant d'ailleurs un lien avec celui du Ministère de la Santé.

Les éléments les plus récents fournis par l'OMS sont plutôt rassurants mais notre vigilance doit demeurer intacte.

En effet, si les virus grippaux se font rares dans l'hémisphère nord pendant la période estivale, ils prolifèrent en zone tropicale et peuvent revenir en Europe à l'automne ou en hiver.

Aussi, quelle que soit l'évolution de la pandémie dans les prochaines semaines, nous devons rester extrêmement attentifs dans la perspective d'une éventuelle deuxième vague.

Voilà mes chers collègues les informations que je souhaitais aujourd'hui porter à votre connaissance, qui seront adressées à chaque conseiller de Paris et à chaque conseiller d'arrondissement de manière à ce que chacun des élus de cette Ville sache exactement dans quel cadre nous nous inscrivons.

Il n'y a aucune raison de s'alarmer ni de céder à je ne sais quelle forme d'irrationnel.

Nous sommes prêts mais nous devons rester en alerte et poursuivre notre travail afin de faire face, si c'était nécessaire, à une situation éventuellement grave.

Je veux d'ailleurs souligner la qualité de notre dialogue avec la Préfecture de police et saluer la réactivité des services de la Ville qui, sous l'autorité de la secrétaire générale, sont fortement mobilisés.

C'est ce message de vigilance mais aussi de confiance que je tenais à adresser ce matin à travers vous à l'ensemble de nos concitoyens.

Voilà mes chers collègues sur ce sujet. On se tiendra au courant évidemment régulièrement. Après-demain nous travaillerons avec les 20 maires d'arrondissement et les six présidents de groupe pour la suite du travail sur ce dossier que je tiens à ce que nous menions sereinement justement pendant que la menace semble, à court terme en tout cas, s'éloigner.