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Mai 2009
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2009, SG 64 - Signature d'une convention avec la SARL Cinevog pour l'attribution d'une subvention de fonctionnement pour le cinéma "Les 5 Caumartin". Montant : 15.000 euros.

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2009


 

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Nous passons à l'examen du projet de délibération SG 64 relatif à la signature d'une convention avec la SARL "Cinevog" pour l'attribution d'une subvention de fonctionnement de 15.000 euros pour le cinéma "Les 5 Caumartin", sur lequel le groupe U.M.P.P.A. a déposé l'amendement n° 23.

Je donne la parole à Mme Delphine BURKLI.

Mme Delphine BURKLI. - Merci, Monsieur le Maire.

Oui, comme vous, Monsieur GIRARD, nous sommes attachés au cinéma de quartier, mais là où le bât blesse, c?est la réponse que vous proposez d'apporter pour pérenniser son activité dans le 9e arrondissement.

En effet, la situation des "5 Caumartin" est bien plus préoccupante que celle que vous avez évoquée dans l'exposé des motifs. Ce cinéma se trouve légalement en cessation de paiement, les capitaux propres sont épuisés et les charge d?exploitation en augmentation.

Dans ce contexte difficile, la direction de ce cinéma a sollicité de la Ville de Paris une subvention de fonctionnement de 160.000 euros. Vous proposez de lui verser 15.000 euros. Autant ne rien faire !

Cet établissement est en danger et le soutien que vous lui apportez est quelque peu dérisoire.

C'est la raison pour laquelle je vous propose cet amendement qui engage plus fortement la Ville, à hauteur de 50.000 euros, et je sais que c'est un effort particulièrement important, compte tenu du contexte économique que nous connaissons, mais primordial pour assurer la pérennité de l'activité de ce cinéma de proximité qui est fortement apprécié par les habitants du 9e arrondissement.

Je rajouterais également que "Les 5 Caumartin" fait partie, avec "Les 7 Parnassiens" des établissements qui proposent le plus d'écrans et, paradoxalement, ils disposent chaque année d'une des subventions de fonctionnement les plus modestes.

A l'occasion de la réunion de la 9e Commission, qui s'est tenue le 9 avril dernier - Mme BERTRAND le rappelait -, Michel GOMEZ, responsable de la mission cinéma, a rappelé votre priorité : préserver les quartiers historiques comme le Quartier Latin et rééquilibrer l'offre en équipant le Nord-Est parisien. Il est regrettable que votre politique, certes louable, se fasse au détriment d'autres arrondissements et que vous ne souteniez pas davantage le 9e et ce cinéma en particulier qui propose une programmation européenne de qualité.

Je ne souhaiterais pas non plus que "Les 5 Caumartin" subisse le même sort réservé au "Grand écran", place d'Italie dans le 13e, qui a fermé ses portes malgré la très forte mobilisation des riverains, pour être transformé en magasin.

Par conséquent, au regard de sa situation géographique ainsi que de sa politique de programmation, je vous demande d'apporter un soutien significatif et réel à ce cinéma et d'approuver cet amendement.

Je vous remercie.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Merci, Madame.

Monsieur GIRARD, vous avez la parole.

M. Christophe GIRARD, adjoint, au nom de la 9e Commission. - Il est de règle de respecter le vote des arrondissements et j'ai eu, avant la séance du Conseil de Paris, un échange avec Jacques BRAVO - qui m'avait prévenu qu'il ne serait pas présent parce qu?il avait une réunion à la mairie du 9e, ainsi que Mme VERON - sur ce dossier.

Bien évidemment, tel que vous l'avez présenté, Madame BURKLI, nous n'avons qu'une envie, c'est en effet de signer un chèque. Si ce n'est que ce n'est pas aussi simple que cela et, comme il s'agit d'un amendement, je vais vous expliquer pourquoi nous sommes défavorables à l'amendement, mais pourquoi, en revanche, un travail très attentif sera fait, comme me l?a demandé Jacques BRAVO et comme Michel GOMEZ s?y est engagé.

Avec Geneviève BERTRAND, présidente de la 9e Commission, nous avons reçu Michel GOMEZ, le délégué général à la Mission cinéma, afin de présenter la politique du cinéma à Paris de défenses des salles Art et Essai. Je crois que nous tiendrons à nouveau une réunion car la situation que vous décrivez n'est pas que celle de ce cinéma. Elle est celle, malheureusement, de tous les cinémas.

Vous savez, par exemple, qu?un grand groupe, un grand exploitant a, pour la sortie d'un film à succès, pratiqué un tarif de 3 euros pendant toute la semaine, ce qui a mis en difficulté? et que Marin KARMITZ, pour le cinéma MK2, a proposé, lui, en réaction, d'offrir des places à 2,50 euros.

Ce ne sont que des intentions, mais voilà donc un climat concurrentiel qui s'aggrave : des grands groupes qui ont les moyens de faire pression et qui fragilisent de plus en plus les cinémas comme celui que vous défendez.

Je propose non pas d'accepter votre amendement, car il serait local et partisan mais, en revanche, d'étudier la situation en période de crise de tous les cinémas comme celui que vous venez d'évoquer. Je propose à la 9e Commission, lors d'une réunion, si la présidente l'accepte, que nous abordions de façon spécifique ce sujet.

Je vous remercie d'avoir évoqué cette situation qui servira et qui fera jurisprudence.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Une explication de vote du président du groupe "Les Verts".

M. Sylvain GAREL. - Je pense que la situation des "5 Caumartin" est effectivement très délicate et difficile. C'est un cinéma important parce que situé dans un secteur où il y a très peu de cinémas Art et Essai. C?est aussi un cinéma qui est important parce qu'il est fréquenté par beaucoup de banlieusards qui prennent leur train à Saint-Lazare et qui vont au cinéma en quittant leur lieu de travail.

Ils voient dans cette salle des films qu'ils ne peuvent pas voir dans leur ville de banlieue parce que, malheureusement, dans la ville de banlieue, soit il n'y a pas de cinéma du tout, soit, s?il y a un cinéma, il ne passe que les "blockbusters" américains.

Je pense que c'est vraiment une salle que l'on doit aider. Je comprends que passer de 15.000 à 50.000 euros représente un palier important, mais en tout cas, Monsieur le Maire, nous soutenons vraiment votre proposition pour qu'une attention particulière soit apportée sur un certain nombre de cinémas d?Art et d?Essai qui, malheureusement, risquent de devenir des cinémas d'Art et Décès, pour faire un mauvais jeu de mots, mais qui méritent vraiment notre attention.

Comme je suis suppléant à la 9e Commission, je pense que le jour où vous travaillerez sur les cinémas, je viendrai aussi y participer parce que je crois que la situation est grave.

Je pense aussi qu'il faudra réfléchir à permettre à ces cinémas de pouvoir offrir des places moins chères. Je pense que l'un des gros problèmes du cinéma à Paris, c'est que les places sont trop chères. Dans la plupart des cinémas, la place à plein tarif, c?est 10 euros. Et 10 euros pour des gens qui ont des revenus modestes ou pour des familles, c?est extrêmement cher et je pense qu?il va falloir trouver des moyens d'aider les cinémas et en particulier les cinémas d'Art et d?Essai à proposer des prix de place plus abordables.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Oui, Monsieur GIRARD, allez-y ?

M. Christophe GIRARD, adjoint, rapporteur. - Pour compléter les propos du Président GAREL, la difficulté est la classification faite par le C.N.C., puisque la salle dont Mme BURKLI et vous-même venez de parler, et pour laquelle j?ai répondu, n'entre pas dans la catégorie des cinémas Art et Essai. Il y a là une anomalie et la Ville de Paris ne peut pas prétendre seule modifier les critères du C.N.C.

C'est une difficulté que Michel GOMEZ connaît bien. C'est un professionnel du cinéma. Mais je crois que, là, nous devons en effet peut-être saisir la Ministre de la Culture, en espérant que le message que je lui adresserai n'ira pas atterrir ailleurs... Je ne dirai pas chez qui !

(Rires).

M. Sylvain GAREL. - Chez TF1 !

M. Christophe GIRARD, adjoint, rapporteur. - En tout cas, que le message restera bien au Ministère !

Mais je crois que c?est un sujet, en effet, que nous pourrions aborder collectivement.

J'avais l'intention de poser à ce sujet-là une question à Françoise de PANAFIEU - mais elle n'est pas là - qui n'était pas une question perverse ni malicieuse. Je désirais lui demander quel enseignement elle avait tiré du très grave incident, dont elle était - je le dis et j'en suis convaincu - involontairement à l'origine, lorsqu'un de ses administrés, qui se trouve travailler dans un grand groupe télévisuel, l'avait interrogée ou mise en le garde sur le projet de loi Hadopi qu'il trouvait néfaste. Et d'apprendre qu'un message fait, en effet, auprès de son député, ne garde plus de caractère confidentiel, mais se retrouve transféré par un membre d'un cabinet ministériel, directement auprès de l'employeur de cette personne, me parait en effet une atteinte à la protection de la vie privé. Ne peut-on plus s'adresser, en toute tranquillité, à son député comme tout administré a le droit de le faire dans une démocratie sereine et respectueuse des divergences d'opinion ?

Françoise de PANAFIEU, je pense, a été piégée, elle l'a fait dans un bon état d'esprit, comme peuvent le faire les députés qui reçoivent un courrier, en posant une question au ministère de référence. En général, on ne s'attend pas à ce qu'un collaborateur de Ministre - je crois la ministre également tout à fait sincère - quand elle ne savait - je pense que ce n'est pas dans la culture de Mme ALBANEL que je connais bien - de pouvoir cautionner un tel agissement.

Je pense que c'est un fait assez grave pour que nous entendions, si elle le veut bien, Françoise de PANAFIEU, pour savoir quel enseignement elle a tiré de ces nouvelles pratiques, avec les mails et SMS, que nous recevons tous, très nombreux dans nos permanences, que l'on soit député ou simplement élu parisien.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Madame BURKLI, retirez-vous votre amendement ?

Mme Delphine BURKLI. - On est un peu loin des "5 Caumartin".

Je prends acte de la proposition de M. GIRARD. Je me réjouis d'ailleurs que l'on puisse aborder cette question au-delà de tout clivage politique, mais je maintiens cet amendement.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Vous le maintenez.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition d'amendement n° 23 déposée par le groupe U.M.P.P.A., assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition d'amendement n° 23 est repoussée.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération SG 64.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2009, SG 64).