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Juin 2009
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Conseil Général
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Déliberation

G - Vœu relatif à la politique nationale de réduction des risques liés à l’usage de drogues.

Déliberation/ Conseil général/ Juin 2009 [2009 V. 26]


 

Délibération affichée à l?Hôtel-de-Ville

et transmise au représentant de l?Etat le 19 juin 2009.

Reçue par le représentant de l?Etat le 19 juin 2009.

 

Le Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général,

Les politiques volontaristes de réduction des risques sanitaires et sociaux liés à l?usage de drogues ont montré leur efficacité : le taux de prévalence du VIH chez les usagers de drogues ainsi que le nombre d?overdoses ont considérablement diminué. Néanmoins, les risques de contamination par les hépatites B et C demeurent élevés et imposent de nouvelles actions.

Ainsi, les hépatites B et C sont responsables de 8.000 contaminations et de 4.000 morts par, avec des taux de prévalence de l?hépatite C allant de 70 % à 90 % chez les usagers de drogues injectables fréquentant les structures de soins. La prévention est en effet compliquée par le fort pouvoir contaminant du virus, le nombre important des contaminations précoces, et le fait que l?infection par le VHC est souvent durablement asymptomatique.

Sur la base de ce constat, en février dernier, la Ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports, Mme Roselyne BACHELOT, a présenté un plan national de lutte contre les hépatites B et C. Cependant, ce plan n?a pas répondu aux attentes des professionnels et associations engagés dans la lutte contre ces épidémies. Alors que la répression des usagers de drogues n?a jamais été aussi forte, le gouvernement n?apporte aucun remède aux carences en matière de prévention, de dépistage et d?accès aux traitements, ne reprenant aucune des propositions concrètes des associations consultées.

Face à ces insuffisances, et afin de relancer le débat, 6 associations engagées dans la réduction des risques, l?aide aux usagers et à leur entourage, ont mis en place une ?salle de consommation de drogues à moindre risque?, le temps de la journée mondiale des hépatites du 19 mai. Ces salles de consommations, qui sont développées dans de nombreux pays européens comme l?Allemagne, la Suisse, l?Espagne ou la Norvège par exemple, ont montré leur utilité pour l?accueil et la prise en charge des usagers les plus marginalisés, pour améliorer l?accès aux soins et réduire la mortalité directe liée à l?usage de drogues, grâce à des conditions d?hygiène optimales et à la présence de professionnels médico-sociaux.

Cette mobilisation associative, qui souligne l?efficacité de cette démarche de prévention ne peut que nous interpeller.

Les salles de consommation limitent les pratiques clandestines et participent ainsi d?une politique de prévention active, globale d?accompagnement vers le soin et l?insertion sociale des usagers de drogues marginalisés. Elles réduisent également les nuisances telles que, par exemple, la présence de seringues souillées dans l?espace public et limitent les tensions entre riverains et consommateurs de drogues.

C?est pourquoi, sur la proposition de Mme Sylvie WIEVIORKA et des élus du groupe socialiste, radical de gauche et apparentés,

Emet le voeu que :

- le Maire de Paris intervienne auprès du gouvernement afin qu?une politique ambitieuse de réduction des risques soit mise en ?uvre pour répondre aux enjeux identifiés sur le terrain afin qu?un large débat soit engagé afin de déterminer dans quelles conditions une expérimentation sur des salles de consommation à moindre risque pourrait être menée et une adaptation du cadre légal et réglementaire engagée.