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Mai 2009
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2009, VI - Question d'actualité posée par le groupe U.M.P.P.A. à M. le Maire de Paris relative à la vidéoprotection à Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2009


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons à la dernière question d'actualité, celle du groupe U.M.P.P.A.

La parole est à M. GOUJON.

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - La question que je pose au nom de mon groupe va vous permettre, Monsieur le Maire, de clarifier enfin votre position sur un sujet essentiel pour les Parisiens et qui pourtant continue plus que jamais, à en croire la presse, à diviser votre majorité. Je veux évidemment parler de la vidéo protection. Nous avons entendu à l?instant M. GAREL s?y opposer.

Certes, votre majorité nous a habitués à de spectaculaires passes d'armes sur des thèmes d?ailleurs souvent assez éloignés des préoccupations des Parisiens : mais s'opposer sur le nucléaire ou la dénomination du parvis Jean-Paul II n'impacte pas vraiment la vie quotidienne de nos concitoyens.

En revanche, s'ils ont une exigence forte et sur laquelle vous leur devez leur clarté, c'est bien celle de la sécurité, même si, comme le reconnaissent "Les Verts" eux-mêmes dans l'un des quatre v?ux relatifs à la vidéo protection déposés en 5e Commission, la délinquance est en baisse depuis sept ans dans notre Ville.

Votre majorité, Monsieur le Maire, vous soutient-elle encore dans votre acceptation, du bout des lèvres il est vrai, du plan 1.000 caméras décidé par l'Etat ?

Ce plan permettra pourtant, à l'instar de 300 villes françaises de gauche comme de droite qui s'en sont équipées, d?amplifier à Paris la baisse de l?insécurité, comme dans le métro, où la Région "rose, verte et rouge" en a déjà implanté 6.500.

Le parti communiste et "Les Verts" s?y opposent ici si résolument, ces derniers considérant la vidéo protection comme carrément "attentatoire à la liberté fondamentale de circuler", je les cite, tandis que le premier exige que vous reveniez à cet engagement électoral pris, selon eux, je les cite aussi : "sans réfléchir", que cela laisse songeur sur l'ensemble de notre programme?

Pire, si je peux dire, comment appréciez-vous, Monsieur le Maire, les "réserves" de la maire du 4e, de l'éminent adjoint chargé de la Culture ou encore d'une élue du 18e qui a pris publiquement position contre ?

Ça flotte dans les rangs, commente un élu socialiste. C?est le moins que l'on puisse dire ! Il est temps que vous repreniez le contrôle de ce bateau ivre.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

Même vous d?ailleurs, vous traînez les pieds après vous être opposé à un tel dispositif en rejetant tous mes v?ux?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Même vous, vous n'y croyez pas tellement vous rigolez.

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Pas du tout, je suis très sérieux. C'est un sujet sérieux pour les Parisiens. Je ne crois pas que la sécurité soit un sujet qui prête à rire.

Même vous, vous traînez les pieds après vous être opposé à un tel dispositif en rejetant tous les v?ux que j'ai déposés entre 2005 et 2008 sur le sujet, retardant d?autant sa mise en place, et en refusant aujourd'hui de le financer comme le font toutes les villes de province qui s'en sont équipées.

Les Parisiens attendent que vous soyez un accélérateur au lieu d'être un frein, que vous aidiez à sa mise en ?uvre le plus rapidement possible, que vous équipiez les ensembles immobiliers sensibles et les grands équipements municipaux qui relèvent de votre responsabilité et que vous financiez au moins les travaux de voirie nécessaires.

Surtout, Monsieur le Maire, les Parisiens auraient préféré, sur un tel sujet, que votre majorité ainsi que tous vos adjoints soutiennent les efforts de l'Etat au lieu de se déchirer.

Je conclus, puisque vous m?y inviter, d?une phrase : une fois de plus, sur la sécurité, les Parisiens, mais ils le savaient déjà, savent bien sur qui ils peuvent compter.

Merci.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Mais bien sûr.

Je vais donner la parole à Georges SARRE, mais vous savez, Monsieur GOUJON, il est possible d'être favorable à la vidéoprotection sous certaines conditions, de faire un travail d'élaboration avec la Préfecture de police avec des conditions, et d'être en désaccord total avec vos voeux. C'est autorisé. C'est possible.

Ne croyez pas que je marche à la "schlague", dans le style : "Vous allez obéir et voter les voeux de M. GOUJON". Non ! Nous développons notre propre politique, effectivement, contrairement à ce que vous avez dit?

M. Jean-François LAMOUR. - Pour l'instant, on a du mal à la discerner.

M. LE MAIRE DE PARIS. - ? en conformité parfaite avec les engagements pris par tous les élus de cette majorité municipale en mars 2008.

La parole est à M. Georges SARRE.

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Il y en a qui ne s'en souviennent pas.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je suis là pour le leur rappeler gentiment.

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Vous avez mes encouragements.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je m?en passerais bien ! Cela ne me facilite pas la tâche. D?ailleurs, je ne suis pas sûr que vous le fassiez pour me faciliter la tâche.

Georges SARRE.

M. Georges SARRE, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

Monsieur GOUJON, quand j'ai lu votre question, j'ai souri.

Une question sur la vidéo protection aurait dû s'adresser au Préfet de police dont c?est la prérogative à Paris compte tenu du statut particulier de la Capitale.

Mais vous avez préféré interpeller le Maire de Paris, alors je vous réponds.

Vous le savez, le Maire de Paris a depuis le début manifesté un clair soutien à ce projet, sous des conditions de garantie des libertés publiques et privées qui sont remplies.

Ce projet engage la Municipalité. Il figure dans notre programme de mandature validé par les Parisiens. Et depuis que, par délégation, le Maire de Paris m'a chargé des enjeux de sécurité et de prévention, cet engagement a été réaffirmé, précisé et constamment expliqué.

Je rappelle qu'un voeu de l'Exécutif en mars dernier souligne le soutien constructif de la Municipalité à ce plan et ses raisons, et je rappelle qu'il a été voté par une majorité de voix de gauche, de voix de la majorité municipale. Il n'y a donc aucune ambiguïté. Et s'il y a des déclarations et des initiatives de groupes et de personnalités de la majorité, elles sont manifestement minoritaires. Sans être comme d'aucuns, des ayatollahs de la caméra, et vouloir un deuxième plan avant même la mise en ?uvre du premier, sans dégainer la caméra chaque fois que l'insécurité vient en débat et en réaffirmant que notre priorité c'est la présence humaine, préventive et répressive, au plus proche du terrain, oui, nous sommes, ceci étant dit, favorables à une vidéo-protection raisonnée. C'est clair et c'est établi.

Quant à la participation de la Ville au financement de ce plan, le Maire de Paris a été explicite depuis le début.

Dès octobre dernier, il annonçait que nous prendrions en charge les travaux de génie civil pour les caméras qui intéressent nos compétences, pour l'essentiel en matière de circulation.

L'estimation à l'euro près n'est pas encore fixée, néanmoins tout le monde sait que ceci représente entre 10 et 25 % de l'investissement en travaux de génie civil.

Mais, Monsieur le Député, puisque vous m'interrogez, permettez-moi, si vous voulez bien, que je vous interroge à mon tour.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Non, ce n'est pas prévu !

M. Georges SARRE, adjoint. - Le financement de l'État, lui, est-il assuré ? Monsieur le Préfet de police dispose-t-il d'un engagement budgétaire précis de son Ministère ?

J'ai cru comprendre au contraire que le dossier était encore à l'étude à Bercy et personne ne nous fera croire que c'est l'incertitude qui pèse sur le niveau précis de participation de la Ville aux travaux de génie civil qui remet en cause l'arbitrage du Gouvernement sur ce plan.

Chers collègues, notre engagement constructif constant en faveur de ce projet, inscrit au contrat parisien de sécurité, vient, quoi qu'il en soit, démentir les accusations d'atermoiements.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, communiste et élus du Parti de gauche, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup. Nous aurons l'occasion de reparler de tout cela.

Croyez moi, j'ai beaucoup d'arguments. Je les ai déjà utilisés dans mes discussions constructives avec les membres de la majorité, y compris parce que je pense qu'il faut que l'on s'explique bien à ce sujet.

Nous aurons de nouveau des discussions là-dessus en séance. Je n'ai pas du tout une conception caporaliste de la majorité qui fait vivre efficacement Paris.

D'autres ont cette culture du chef et du petit doigt sur la couture du pantalon, moi j'ai la culture du débat, de l'échange et de la conviction partagée. On a des arguments à faire-valoir les uns envers les autres.

Chacun son style.

La séance est suspendue.