Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Fevrier 2000
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

75 - II - Questions du groupe communiste.QOC 2000-153 Question de Mme Martine DURLACH, MM. Henri MALBERG, Michel TUROMAN et des membres du groupe communiste à M. le Maire de Paris sur la délocalisation de la Direction de l'Imprimerie nationale (15e)

Débat/ Conseil municipal/ Février 2000


M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons aux questions du groupe communiste.
La première d'entre elles est ainsi libellée :
"La Direction de l'Imprimerie nationale vient d'annoncer son intention de délocaliser autour de l'année 2002 son établissement de Paris situé dans le 15e arrondissement.
Une telle décision, si elle se confirmait, se traduirait ainsi par le départ d'une des dernières grandes entreprises de production de la Capitale et la perte des 1.000 emplois existants.
La Direction invoque comme raisons à ce projet, la structure surdimensionnée du bâtiment par rapport à son activité industrielle, les coûts de son fonctionnement, des travaux à y effectuer, et la seule solution qu'elle préconise pour y remédier est la construction d'une autre usine hors de Paris afin de rationaliser davantage encore les activités de l'entreprise. Et pour dégager les financements nécessaires propres à cette opération, évaluée à 200 millions de francs, elle envisage de se séparer de son patrimoine en vendant l'usine du 15e arrondissement, dont le prix est estimé à 500 millions de francs.
Il s'agit bel et bien là d'une opération immobilière spéculative et d'une politique à courte vue.
L'Imprimerie nationale est un service public et c'est dans le cadre de ses missions que doivent être recherchés sa modernisation et son nécessaire développement.
Mme Martine DURLACH, MM. Henri MALBERG, Michel TUROMAN et les membres du groupe communiste sont opposés à un tel projet. Celui-ci ne peut qu'avoir de graves répercussions sur les quartiers avoisinants, sur les conditions de vie des personnels et sur l'emploi, car il n'y a aucun exemple de délocalisation qui ne s'est traduite par des réductions d'effectifs.
Ce projet porte également un nouveau coup à l'activité économique de la Capitale, alors que depuis des années, le nombre d'emplois de production n'a cessé de décroître au profit d'une croissance démesurée des bureaux.
L'Imprimerie nationale est une grande unité de production et de créativité graphique dont la réputation est mondialement reconnue et une entreprise qui a été constamment modernisée. Son activité, ses personnels, doivent rester à Paris.
Aussi, Mme Martine DURLACH, MM. Henri MALBERG, Michel TUROMAN et les membres du groupe communiste demandent-ils à M. le Maire de Paris de bien vouloir leur indiquer les mesures qu'il compte prendre pour que ce projet de délocalisation ne se réalise pas afin de maintenir et d'assurer la mixité des activités et des fonctions dans la Capitale."
Je vous donne la réponse au lieu et place de M. Pierre GABORIAU, adjoint.
Le développement économique de la Capitale et le maintien de ses emplois constituent des priorités essentielles de la Municipalité qui est particulièrement attentive à la préservation de l'équilibre des fonctions urbaines des arrondissements et des quartiers qui les composent.
A cet égard, les entreprises et les établissements publics implantés dans Paris jouent un rôle très important dans la vitalité du tissu économique parisien.
C'est pourquoi l'annonce récente par la Direction de l'Imprimerie nationale de son intention de délocaliser son établissement parisien situé dans le 15e arrondissement est très préoccupante.
Une nouvelle fois, le Maire de Paris ne va pas manquer de rappeler aux responsables de l'entreprise publique concernée et à l'Etat que la Ville de Paris souhaite très fortement que les entreprises publiques présentes sur le territoire parisien intègrent parmi leurs critères décisionnels les conséquences susceptibles d'être induites par toute réorganisation interne sur l'équilibre habitat/emploi et l'animation des quartiers concernés.
Il ne saurait cependant échapper aux auteurs de la question que les modalités d'organisation et de fonctionnement de l'Imprimerie Nationale relèvent de la seule responsabilité de l'entreprise publique ainsi que de l'Etat et qu'il n'appartient pas à la Ville de Paris de se prononcer sur le bien-fondé économique de la restructuration envisagée.
En revanche plus généralement, on ne peut que critiquer une approche malthusienne des questions de développement économique de Paris par l'Etat, qui relève d'une idéologie de la répartition et non de la croissance.
Cette politique a eu des effets particulièrement dommageables pour Paris :
- loin d'utiliser Paris au service de l'économie nationale dans le cadre d'une concurrence exacerbée, elle a contribué à affaiblir notre pays et les chances de l'économie nationale ;
- elle porte atteinte aux grands équilibres urbains de la Capitale qui se caractérise par l'équilibre et une grande diversité de ses activités ;
- elle est de nature à créer à terme l'émergence de problèmes sociaux et leur concentration dans la Capitale.
Le dynamisme retrouvé de l'économie parisienne ne doit pas être entravé par des délocalisations publiques relevant d'une politique systématique initiée par l'Etat.