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Fevrier 2006
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Conseil Municipal
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Vœu relatif à l’attribution du nom de Françoise d’Eaubonne, militante féministe et écologiste à un lieu de la Capitale.

Déliberation/ Conseil municipal/ Février 2006 [2006 V. 45]


Délibération affichée à l?Hôtel-de-Ville
et transmise au représentant de l?Etat le 15 mars 2006.
Reçue par le représentant de l?Etat le 15 mars 2006.

Le Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil municipal,

A quelques jours de la journée internationale de la femme, nous souhaiterions rendre hommage à une personnalité attachante du féminisme français. Françoise d?Eaubonne est née en 1920 à Paris. Elle est la fille d?un membre du Sillon aux sympathies libertaires et d?une fille de réfugiés de la première révolution espagnole. Elle devient dès son plus jeune âge une ardente pacifiste du fait du déclin physique de son père, gazé pendant la guerre de 14-18. Personnalité hypersensible marquée par la guerre d?Espagne, et plus encore par le retour des rescapés juifs des camps de concentration, elle relatera ensuite son sentiment sur cette période de sa jeunesse sous le titre évocateur de Chienne de Jeunesse. Particulièrement sensible au sort des indépendantistes algériens, elle s?engagera contre la guerre d?Algérie.

Cette jeunesse l?a conduit à porter sur le monde un regard critique qui façonnera la militante radicale et féministe des années 70. Un temps membre du Parti Communiste Français, elle co-fonde le FHAR en 1971. Cette philosophe, remarquable à de nombreux points de vue est également à l?origine du terme écoféminisme en 1974. Ce terme regroupe à la fois une philosophie et un mouvement nés de l?union des pensées féministes et écologiques. Ce mouvement pense que le comportement de domination et d?oppression des femmes est le même que celui qui contribue au saccage environnemental. A titre d?exemple, dans les années 70, des villageoises indiennes avaient fondé Chipko, un mouvement de protestation contre la déforestation, à laquelle contribuaient parfois leurs époux ; lutte exemplaire d?une action écoféministe avant la lettre.

En 1978, elle avait fondé la revue ?Écologie-Féminisme?. Cette vie littéraire et militante se croise avec celles d?autres militants féministes ou d?écrivains féministes, Colette, Sartre ou Jean Cocteau. Elle était l?amie de Simone de Beauvoir. On lui doit également l?invention d?un néologisme français qui a fait date : phallocrate.

Exemplaire d?un certain combat, il serait particulièrement heureux que notre Conseil puisse reconnaître son action et son oeuvre littéraire à sa juste mesure.

L?écrasante majorité des noms de rue dans la Capitale est dédiée à des hommes. Il est probable qu?un juste rééquilibrage en faveur de cette personnalité attachante et engagée ne portera guère ombrage à tous ces hommes illustres.

Voilà pourquoi, sur la proposition de Mme Violette BARANDA, M. Sylvain GARREL, Mme Anne LE STRAT et des élu(e)s du groupe ?Les Verts?,

Emet le voeu :

Qu?un lieu de la Capitale (rue, passage, villa, square, gymnase, etc.) porte le nom de Françoise d?Eaubonne.