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Fevrier 2000
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Conseil Municipal
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76 - QOC 2000-154 Question de Mmes Gisèle MOREAU, Martine DURLACH, M. Michel TUROMAN et des membres du groupe communiste à M. le Maire de Paris au sujet de la création de différents lieux de culture par de jeunes artistes dans les immeubles vides

Débat/ Conseil municipal/ Février 2000


M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - La question suivante Mmes Gisèle MOREAU, Martine DURLACH et M. Michel TUROMAN à M. le Maire de Paris est au sujet de la création de différents lieux de culture par de jeunes artistes dans les immeubles vides.
En voici les termes :
"Mmes Gisèle MOREAU, Martine DURLACH, M. Michel TUROMAN et les membres du groupe communiste attirent l'attention de M. le Maire de Paris sur la création de différents lieux de culture par de jeunes artistes dans des immeubles vides, réduits à l'état d'abandon par leur propriétaire.
L'occupation de ces locaux - remis en état par les artistes - traduit le manque cruel de lieux de création accessibles aux jeunes artistes mais aussi un besoin d'espaces rendant possible la rencontre et l'échange entre créateurs de diverses disciplines.
Ces nouveaux lieux de création constituent également autant d'occasions d'approches de l'art et de la culture pour les habitants des quartiers concernés.
L'action entreprise dans cet esprit par l'association "Survolt", créée en 1996, présente un grand intérêt par la diversité de ses activités et le sérieux de ses responsables. Depuis mars dernier, l'association, qui compte 3.000 adhérents, occupe un immeuble resté vide pendant des années. Aujourd'hui, c'est un lieu de création culturelle apprécié par les habitants du quartier.
Des actions artistiques très diverses, musique, poésie, théâtre, cinéma, peinture, sculpture, sont offertes dans un esprit d'innovation permanente par des artistes engagés dans l'association ou extérieurs.
Manifestement, ces squats d'artistes correspondent à un besoin de rencontres et d'échanges entre les créateurs et de proximité avec la population. Il s'agit de structures informelles et par nature provisoires, créées "à leurs risques et périls" par les artistes dont il n'est nullement dans l'intention de porter atteinte au droit de propriété.
Il serait judicieux que la Ville de Paris prenne en considération ces initiatives, par exemple en facilitant la conclusion de baux d'occupation provisoire couvrant la période d'inutilisation de l'immeuble concerné. Des subventions pourraient également être envisagées en fonction de l'activité exercée.
De telles expériences d'arts vivants existent dans des villes européennes, où elles bénéficient d'une aide des pouvoirs publics, ce qui encourage les jeunes artistes et créateurs ainsi que le développement d'un "tissu culturel" nécessaire au rayonnement de la ville."
Je vous donne la réponse.
La Ville de Paris est tout à fait consciente de l'émergence d'une génération de jeunes artistes qui ne trouvent pas de lieux d'accueil et de diffusion en nombre suffisant et de la nécessité de susciter de nouvelles formes de rencontre entre les artistes et le public.
Pardon, Madame MACÉ de LÉPINAY, vous souhaitiez répondre ?
Je vous en prie, Madame.
Ma chère collègue, excusez-moi. Si vous voulez bien poursuivre. J'ai été entraîné par mon élan.
Mme Hélène MACÉ de LÉPINAY, adjoint. - Vous en étiez arrivé à la fin du premier paragraphe ?
La Ville de Paris est tout à fait consciente de l'émergence d'une génération de jeunes artistes qui ne trouvent pas de lieux d'accueil et de diffusion en nombre suffisant et de la nécessité de susciter de nouvelles formes de rencontre entre les artistes et le public.
C'est pourquoi elle est attentive aux opportunités permettant l'affectation de locaux à des collectifs d'artistes. Ce souci l'a conduite par exemple à décider du maintien en place des artistes de la Forge de Belleville, rue Ramponeau, dans le 20e arrondissement et à réfléchir à l'aménagement, dans les anciens bâtiments des Pompes funèbres, au 104, rue d'Aubervilliers, d'un lieu de création et de répétition ouvert à plusieurs disciplines.
D'une manière générale, la Ville de Paris a mis en ?uvre et développé une politique de soutien en faveur des artistes en subventionnant la création d'ateliers, et en attribuant des aides à la formation et au projet ainsi que des soutiens financiers importants à de nombreuses associations.
La Ville a ainsi aidé régulièrement l'association "Usines éphémères", qui a fait revivre les locaux de l'ancien hôpital Bretonneau en les transformant en un centre de création artistique particulièrement dynamique.
Citons aussi l'exemple des ateliers "Portes ouvertes" dans le 6e, à la Bastille, à Belleville, à Ménilmontant, au Père-Lachaise, à Montmartre, qui offrent aux artistes plasticiens une occasion de présenter leur travail et de rencontrer le public à l'écart des circuits traditionnels.
En revanche, dans le cas évoqué par les auteurs de la question, une intervention de la Ville ne peut être envisagée s'agissant de l'occupation illégale d'un lieu privé.
Merci, Monsieur le Maire.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Merci, Madame MACÉ de LÉPINAY.
Madame MOREAU, vous avez la parole.
Mme Gisèle MOREAU. - Je veux dire un mot parce que je trouve que ces créations de lieux se multiplient. Il y a plusieurs dizaines de milliers de mètres carrés d'immeubles vides, laissés à l'abandon dans la ville et il y en aura encore.
Il y a un engagement sérieux de la part des jeunes artistes qui font un travail énorme pour nettoyer les lieux et les rendre aptes à la visite. Je précise que d'autres villes, à l'étranger, prêtent beaucoup d'attention à ce phénomène et aident autant qu'elles le peuvent.
La proposition que j'avançais, c'était que la Ville favorise la conclusion de bail d'occupation provisoire c'est-à-dire ne mettant pas en cause la propriété des immeubles et correspondant à la période d'inutilisation des immeubles et permettant ainsi d'offrir aux artistes qui s'investissent dans ces lieux une garantie de maintien pendant un an, deux ans, trois ans, six mois, peu importe la durée. C'est un facteur important d'encouragement pour la création de ces lieux.
Je regrette vraiment que la Ville s'abrite derrière "l'illégalité" puisque ce sont des immeubles abandonnés depuis des années, que les artistes remettent en état. Je pense vraiment que la Ville devrait reconsidérer cette question. Elle ne peut pas tout faire, bien évidemment, et ce sont les propriétaires qui décideront de conclure un bail d'occupation provisoire ou non, mais je pense que, si la Ville proposait cette solution, ce serait bien venu et ce serait encourager les artistes.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Merci.
M. Michel OTTAWAY. - On constate, ce soir, l'exercice totalement artificiel des questions orales. Que chaque élu qui a posé une question vous signale qu'il souhaite qu'elle soit passée au B.M.O. ou alors qu'on modifie le règlement mais tant qu'il y aura des questions orales, j'aimerais qu'on ne sombre pas dans un artifice.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Monsieur OTTAWAY, contrairement à ce que vous affirmez, il est systématiquement demandé aux présidents de groupes ou à leurs représentants s'ils acceptent, compte tenu de l'avancement de nos travaux et, en général, de l'heure, que les questions orales soient reproduites au B.M.O.
Votre groupe l'a accepté.
Si vous souhaitez, par exception, qu'une question soit évoquée, il est de règle qu'elle soit effectivement évoquée en séance, ce qui est bien le cas, Monsieur OTTAWAY, pour la question que vous souhaitez voir évoquer.
Je pose la question pour éviter toute polémique sur le reste des questions orales. Les élus du groupe socialiste souhaitent-ils que l'on évoque en séance d'autres questions orales ? Ce n'est pas le cas.
Je pose la question aux élus communistes ; ce n'est pas le cas.
Je pose la question au groupe Mouvement des citoyens ; je n'entends pas de réponse.
Je pose la question aux groupes "Paris-Libertés" et "Rassemblement pour Paris", au groupe "U.D.F. et Modérés" et aux élus non inscrits ; je crois donc que certaines réponses aux questions orales passeront au B.M.O.