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Fevrier 2000
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106 - QOC 2000-69 Question de M. Claude LAMBERT à M. le Préfet de police concernant le secteur Marx-Dormoy (18e)

Débat/ Conseil municipal/ Février 2000


M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons à la question de M. Claude LAMBERT à M. le Préfet de police concernant le secteur Marx-Dormoy (18e).
Elle est ainsi rédigée :
"Le secteur "Marx-Dormoy" (18e) est un quartier en danger. L'afflux de drogués dans les centres qui s'y trouvent provoquent, c'est évident, une prolifération des dealers. Même si des efforts de circonstances ont été accomplis, les nuisances et l'insécurité touchent à nouveau les riverains qui en ont assez de vivre dans un tel environnement.
M. Claude LAMBERT, après les derniers incidents du 54, rue Philippe-de-Girard, demande à M. le Préfet de police que la pression soit mise quotidiennement sur ceux qui troublent l'ordre public et la vie des habitants du secteur "Marx-Dormoy". Des renforts de C.R.S. sont indispensables et ceux-ci doivent être durables."
La parole est à M. le Préfet de police.
M. LE PRÉFET DE POLICE. - Dans le cadre de la politique de prévention, de réduction des risques et d'accès aux soins conduite par l'Etat à l'égard des personnes toxicomanes, plusieurs dizaines de centres d'accueil se sont ouverts au cours de ces dernières années dans la Capitale.
Six de ces structures ont été implantées dans le quartier Marx-Dormoy/Chapelle. Les habitants et les commerçants, regroupés en association, dénoncent les faits d'atteinte à la sécurité des biens et des personnes et les infractions à la législation sur les stupéfiants.
Cette association a déposé plainte auprès du Procureur de la République près le Tribunal de grande Instance de Paris, le 15 octobre dernier.
Je rappellerai, tout d'abord, que la décision du choix des lieux d'implantation de ces structures n'est pas du ressort de la Préfecture de police.
En revanche, le traitement des difficultés qu'elles peuvent induire relève de ses services et dans le 18ème arrondissement, les dispositions prises et les moyens engagés ne peuvent faire douter de leur volonté de répondre aux inquiétudes des habitants tout particulièrement ceux du quartier Marx-Dormoy/Chapelle.
En effet, depuis ces derniers mois, les actions mises en oeuvre se déclinent autour de trois axes :
- le contact avec les habitants et les responsables associatifs ;
- l'intensification de la présence policière sur la voie publique ;
- la répression du trafic de drogue.
S'agissant du premier point, j'évoquerai les réunions successives organisées par la mission de prévention et de communication et les îlotiers du commissariat central de l'arrondissement avec les résidents des rues les plus sensibles, tant pour assurer ces derniers de la prise en considération de leurs doléances que pour réfléchir aux différentes solutions possibles.
Dans ce contexte, toutes les volontés ont été amenées à s'exprimer et des dispositions ont été arrêtées qui viennent en appui du dispositif policier, dans un esprit de concertation très satisfaisant.
Il s'agit notamment des éducateurs de rue dépendant de la Direction de l'Action sanitaire et sociale de Paris et dont la mission dans le quartier consiste à orienter les polytoxicomanes vers des structures de soins spécifiques installées dans les hôpitaux Bichat et Lariboisière.
De même, le responsable des agents locaux de médiation sociale recrutés par la Régie immobilière de la Ville de Paris, propriétaire de l'importante cité du 54, rue Philippe-de-Girard, rencontre régulièrement les fonctionnaires locaux de police urbaine de proximité, pour un échange d'informations utiles sur la physionomie du site.
La présence policière se manifeste par l'implantation, en continu, d'effectifs en tenue et en civil dans ce quartier, qui bénéficie également de plusieurs points de visibilité, rencontre et dissuasion (PRVD), tenus par des îlotiers. Ces points viennent conforter chez les riverains la perception des forces de police dans la mesure où ceux-ci peuvent à des heures régulières et en des lieux précis et fortement fréquentés, contacter ces policiers.
J'ajouterai qu'il est répondu systématiquement à tous les appels des riverains signalant les nuisances occasionnées par les toxicomanes aux abords de ces structures d'accueil, les fonctionnaires de la brigade anti-criminalité étant plus spécialement chargés, soit d'évacuer ces personnes, soit de les interpeller en cas d'infraction caractérisée.
Dans le domaine de la lutte contre le trafic de stupéfiants, les toxicomanes de ce quartier constituent des clients faciles, pour les fournisseurs de produits illicites.
La lutte contre ce trafic opéré dans la rue est donc l'objectif principal des effectifs locaux de la police urbaine de proximité.
J'en veux pour preuve le nombre des interpellations réalisées et suivies de procédures judiciaires.
Du 1er juin au 31 décembre 1999, l'activité du commissariat central du 18ème arrondissement se décompose comme suit :
- 98 procédures pour trafic et revente sans usage ;
- 86 procédures au motif d'usage, et revente ;
- 72 procédures pour usage simple ;
- 30 autres procédures, indirectement liées au trafic de stupéfiants.
Au total ces procédures ont conduit, en l'espace de sept mois, à la mise en cause de 400 personnes qui ont été placées en garde à vue.
Sans vouloir nier la persistance de nuisances directement induites par la fréquentation de ces structures d'accueil, il convient toutefois de nuancer, en matière de délinquance, le constat relatif à la physionomie du quartier Marx-Dormoy/Chapelle.
Ainsi, depuis le 24 janvier dernier, seules deux plaintes ont été déposées pour des délits commis dans le triangle circonscrit par les rues Philippe-de-Girard, Pajol et Riquet à l'intérieur duquel sont implantées deux de ces structures d'accueil.
Pour l'un, il s'est agi d'un vol avec violences perpétré le 2 février rue Philippe-de-Girard, et pour l'autre, d'un vol en réunion, rue Riquet, intervenu le 3 février dernier.
Toutefois, les riverains n'auront une réelle perception des effets positifs des efforts conséquents déployés par les services de police que lorsque les nuisances et les incivilités auront très visiblement régressé.
Or, le traitement de ces dernières ne relève pas seulement de la compétence des services de police, le partenariat récent institué dans le cadre du contrat local de sécurité parisien devrait contribuer à améliorer la situation.
Je puis vous assurer que la Préfecture de police poursuivra, pour ce qui la concerne, l'ensemble des actions déployées dans ce secteur, avec la plus grande vigilance et fermeté tant que la situation l'exigera.