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119 - QOC 2000-112 Question de M. Michel BULTÉ et des membres du groupe "Rassemblement pour Paris" à M. le Préfet de police relative à l'augmentation du nombre des crimes et délits constatés dans le 19e arrondissement et les mesures à prendre pour y remédier

Débat/ Conseil municipal/ Février 2000


M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - La question suivante de M. Michel BULTÉ à M. le Préfet de police est relative à l'augmentation du nombre des crimes et délits constatés dans le 19e arrondissement et les mesures à prendre pour y remédier.
Je vous en donne lecture :
"Devant l'augmentation dramatique des crimes et délits constatés dans le 19e arrondissement au cours de l'année 1999, M. Michel BULTÉ et les membres du groupe "Rassemblement pour Paris" demandent à M. le Préfet de police d'expliquer pourquoi une telle hausse, qui atteint 11,62 %, soit un taux 6 fois supérieur à celui de la moyenne parisienne.
Ils lui demandent de bien vouloir préciser les mesures qu'il entend prendre pour juguler ce phénomène."
La parole est à M. le Préfet de police.
M. LE PRÉFET DE POLICE. - Dans la brochure de présentation de la délinquance à Paris en 1999 qui a fait l'objet d'une large diffusion auprès des élus de la capitale, deux points ont été tout particulièrement soulignés qui sont directement liés à la réforme du 18 avril 1999.
Celle-ci visant à rapprocher la police et le public, à améliorer le service rendu à la population et à accroître l'efficacité de la lutte contre la petite et moyenne délinquance, à entraîné des conséquences immédiates sur les statistiques de la délinquance en révélant des faits qui, jusqu'ici, n'étaient pas ou peu portés à la connaissance de la police par les victimes, principalement en raison de leur faible gravité. En effet, l'amélioration très nette de l'accueil du public, en particulier la nuit, et l'image de la police de proximité ont amené les victimes à se faire davantage connaître.
Par ailleurs, il a été également rappelé qu'un certain nombre d'infractions apparaissaient désormais dans les statistiques d'arrondissements, ce qui a pour effet d'augmenter artificiellement d'environ 2,4 % les chiffres relevés à partir de cette date.
Il s'agit notamment des infractions à la législation sur les stupéfiants et des délits économiques et financiers qui entrent depuis dans le champ de compétence des services de la Direction de la police urbaine de proximité, dès lors qu'ils revêtent un caractère local.
Dans le 19e arrondissement, les faits constatés en matière de stupéfiants, n'étaient ainsi que de 5 en 1998, contre 113 en 1999, tandis que dans le domaine économique et financier, les délits passaient dans un même temps de 647 à 1.017.
A ces éléments d'analyse, j'ajouterai que les infractions les plus représentatives de l'insécurité quotidienne, que sont les délits de voie publique, enregistrent une augmentation moindre à hauteur de 5,54 % alors qu'en 1998 cette hausse atteignait plus de 20 %.
Par ailleurs, il est important de noter que le 19ème fait partie des rares arrondissements à avoir enregistré une augmentation sensible de sa population (4,6 %) lors du dernier recensement.
Pour ce qui concerne l'action strictement déployée depuis la mise en place de la police urbaine de proximité, celle-ci s'est pleinement développée autour de deux grands axes : la prévention par la dissuasion et la répression.
La présence dissuasive sur la voie publique s'est doublement exprimée tant par les opérations de sécurisation que par le redéploiement des îlotiers. Les premières, conduites dans la plupart des cas, en liaison avec des effectifs de la Direction de l'ordre public et de la circulation ou d'unités de renfort se sont élevées à 184 pour la période comprise entre la mise en place de la réforme et le 31 décembre 1999, dans le 19e arrondissement.
Quant à l'îlotage traditionnel, déjà réaménagé dans cet arrondissement par la création d'une dizaine de "points de visibilité, de rencontre et de dissuasion", celui-ci a été renforcé par la création récente d'un groupe de soutien à l'îlotage, adapté dans ses horaires et modalités à l'environnement immédiat.
L'activité répressive, pour sa part, s'est accrue dans la mesure où le nombre des gardes à vue est passé de 1001 en 1998 à 1288 en 1999, soit une augmentation de 28,67 % ; il en est de même du nombre des personnes présentées au parquet, qui était de 346 en 1998 et de 484 en 1999 soit 39,88 % de hausse.
On retiendra enfin qu'en 1999, dans la répartition géographique de la délinquance par arrondissement le 19e occupe toujours la 4e place, juste derrière le 20e et avant le 16e arrondissement.