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2 - Allocution de M. Jacques FÉRON, Doyen d'âge.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 1995




M. Jacques FÉRON, doyen d'âge, président.- Mes chers collègues, notre ordre du jour marque sans aucun doute une nouvelle étape dans la vie de la collectivité parisienne.
Chacun d'entre nous, j'en suis persuadé, en mesure l'importance.
Les élections municipales des 11 et 18 juin derniers ont renouvelé la composition du Conseil de Paris et je me trouve ainsi conduit, un mois après la prise de fonction du Président de la République et de la désignation de son successeur à la tête du Conseil de Paris, à présider en tant que Doyen d'âge de cette Assemblée une formation qui a très sensiblement changé.
Il m'appartient d'en faire le constat : les Parisiens qui se sont exprimés par leur bulletin de vote ont souhaité, tout en reconduisant la majorité municipale, promouvoir l'opposition à la tête de six arrondissements de la Capitale. C'est là le jeu démocratique que nous respectons, bien entendu, et j'adresse en ma qualité de Doyen tous mes voeux de bienvenue aux nouveaux élus, quelle que soit leur sensibilité politique.
Nous sommes réunis, en effet, pour travailler au bien commun des Parisiens et je souhaite que les efforts de chacun concourent le mieux possible à le préserver et à le développer. C'est le sens du mandat qui nous a été confié.
Je ne reviendrai pas sur le déroulement de la campagne, elle est terminée et nos travaux aujourd'hui doivent commencer de la façon utile et sereine qui convient à leur exercice. C'est la sagesse qui doit être notre règle.
L'existence d'une opposition au sein du Conseil de Paris n'est pas d'ailleurs un phénomène nouveau. J'ai connu, depuis ma première élection en octobre 1947, aux différentes responsabilités que j'ai eu l'honneur d'assumer au sein de cette Assemblée, des situations difficiles où la majorité ne disposait que d'une marge de manoeuvre extrêmement faible.
Tel n'est pas le cas aujourd'hui. L'exercice du jeu démocratique, s'il se déroule loyalement, comme chacun s'y attachera ici, j'en suis sûr, s'avère en général tout à fait stimulant et constructif. C'est le voeu que je forme très sincèrement. Il s'agit de la qualité de nos débats futurs et de la satisfaction des Parisiens qui nous ont investis de lourdes responsabilités.
Il est de notre devoir de ne pas nous dérober à celles-ci en suscitant polémiques, querelles et divisions.
M'adressant plus particulièrement à certains de mes collègues de l'opposition, je pourrais être tenté de relever le caractère parfois détestable de la campagne qui vient de se terminer mettant à l'index quelques-uns des collègues de la majorité dont le crime serait d'avoir été ou d'être locataires d'immeubles appartenant à la Ville de Paris. A mon tour, je pourrais brandir, comme cela fut fait par certain dans une autre Assemblée, une liste de collègues de l'opposition ou de journalistes se voulant vertueux, moralisateurs et qui se trouvent dans la même situation...
Je veux m'écarter de cette tentation, qui était grande pour moi, voulant conserver à cette séance le caractère de dignité et de solennité que doit avoir l'élection du Maire de notre Capitale, et cela en conformité d'ailleurs avec le voeu formulé par M. DELANOË, chef de file du groupe le plus important de l'opposition, qui souhaitait tout récemment dans la presse conserver un climat, et je cite, "qui soit le plus serein possible".
Je pense qu'il nous faut nous unir pour travailler ensemble au bien commun de nos concitoyens. C'est ainsi et seulement ainsi que nous mériterons la confiance qu'ils nous ont manifestée et que nous répondrons à l'espoir qu'ils placent en nous. Je suis d'ailleurs persuadé que j'exprime le voeu de chacun d'entre nous au sein de cette Assemblée.
Mes chers collègues, je vous demande maintenant de bien vouloir passer au vote.
Ce vote aura lieu après, s'ils le souhaitent, que les candidats auront donné les motifs de leur candidature.
Ensuite, je proclamerai l'élection du Maire de Paris.
Je rappelle que l'ordre du jour est limité à cette élection et à l'élection des Adjoints. Il n 'y aura donc pas a priori de débat et, s'il devait y avoir des interventions, je demande, comme je l'ai fait il y a quelques minutes, qu'elles soient empreintes de la plus grande courtoisie et de la plus grande sérénité.

(Applaudissements des élus "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").