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50 - QOC 95-154 Question de M. Jean-Yves AUTEXIER et des membres du groupe du Mouvement des citoyens à M. le Préfet de police concernant la restructuration de la caserne de sapeurs-pompiers de Ménilmontant.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 1995




M. LE MAIRE DE PARIS.- La question suivante de M. AUTEXIER à M. le Préfet de police concerne la restructuration de la caserne de sapeurs-pompiers de Ménilmontant.
Elle est ainsi rédigée :
"Le Conseil de Paris a été saisi en mai 1995 du projet de restructuration de la caserne de sapeurs-pompiers de Ménilmontant (20e).
Le projet initial envisageait la démolition du bâtiment en façade de la rue Saint-Fargeau, ainsi que du pignon orné d'une fresque de réalisation récente, et auquel les habitants de ce quartier sont très attachés.
Devant l'émoi suscité par ce projet, la procédure relative au lancement de l'appel d'offres et à la signature du marché a été suspendue.
C'est pourquoi M. Jean-Yves AUTEXIER et les membres du groupe du Mouvement des citoyens demandent à M. le Préfet de police si le réexamen de ce projet permet d'envisager la conservation dans son intégralité de l'édifice et de la fresque."
M. le Préfet de police a la parole.

M. LE PRÉFET DE POLICE.- La caserne de Ménilmontant, étudiée en 1880, a été livrée en 1904.
Le cahier des charges de l'époque la destinait à abriter un P.C. de compagnie.
Elle comprenait :
- une remise pour 4 véhicules, dont une échelle, une fourgon, une pompe à vapeur et leurs chevaux de trait ;
- 4 chambrées de 24 pour l'hébergement de 96 sapeurs ;
- un gymnase sous préau ;
- 24 logements pour les officiers et les sous-officiers.
En 1911, 11 logements pour sous-officiers furent ajoutés par utilisation des combles (soit au total 35 logements).
Depuis cette date, plusieurs étapes d'adaptation aux nouveaux modes d'intervention et de fonctionnement de la Brigade ont modifié l'utilisation des lieux sans parvenir, et de loin, à mettre cette caserne aux normes minimales imposées par les règlements militaires pour l'hébergement des troupes et sans donner à ses occupants des conditions de travail acceptables.
Il faut rappeler qu'en 1904 la lutte contre l'incendie n'imposait que 2 à 3 sorties quotidiennes. Mais, depuis lors, les choses ont quelque peu évolué puisque les sapeurs-pompiers sont sortis de la caserne de Ménilmontant :
- 2.407 fois en 1964 ;
- 3.171 fois en 1974 ;
- 7.777 fois en 1984 ;
- et 10.482 fois en 1994, soit une moyenne de 40 sorties quotidiennes.
Les points les plus "noirs" qu'il convient de souligner sont :
1°) L'installation de l'infirmerie du premier groupement d'incendie, qui couvre 5 compagnies, bricolée (il n'y a pas d'autre terme) en 1971 dans des appartements libérés. La salle de soin des brûlés est installée dans une ancienne salle de bains de logement.
2°) L'installation de 160 sapeurs-pompiers qui assurent plus de 80 heures de travail hebdomadaire, et dont 70 sont des chefs de famille, dans des chambrées cloisonnées, qui ne disposent que des anciens sanitaires communs de 1904, sur les paliers.
3°) L'absence de tour d'instruction (équipement demandé depuis 1950).
4°) L'état voisin de l'insalubrité des 18 logements de personnel.
5°) L'inadaptation totale de la remise de véhicules au gabarit des engins modernes (certains ne peuvent passer sous le porche) et à leur nombre (26 véhicules de secours).
6°) Des locaux de restauration exigus et vétustes.
Plusieurs projets ont été étudiés depuis 1980.
Ils ont tous été abandonnés car le parti pris de "rentabilité" sur le plan fonctionnel, pour la Brigade, s'avérait trop "mutilant" pour l'environnement.
C'est pourquoi un concours d'architecture a été lancé en 1993. Le projet qui a été choisi représentait aux yeux de la Commission de sélection, le meilleur compromis entre les exigences du programme et le respect des espaces verts et du patrimoine architectural.
Mais, en raison de nombreuses réactions relatives à la conservation du patrimoine bâti, le projet de restructuration de la caserne de sapeurs-pompiers de Ménilmontant a été retiré de l'ordre du jour de la séance de votre Assemblée du mois de mai 1995.
J'ai pris alors, en accord avec M. le Maire de Paris, l'engagement de faire procéder à un nouvel examen approfondi de ce projet dont chacun sait l'importance pour le fonctionnement de la Brigade dans un secteur particulièrement sensible de la Capitale : les 11e, 12e, 19e et 20e arrondissements et aussi les communes de Bagnolet, Romainville et des Lilas (Seine-Saint-Denis).
Les militaires de la Brigade et leur famille logée sur place attendent de chacun de nous que leurs problèmes de vie quotidienne et d'hébergement soient pris en compte.
Et je suis, personnellement, très concerné et préoccupé par le retard déjà pris par le projet.
Mais, l'engagement que j'ai pris a été tenu et plusieurs solutions de réaménagement ont été examinées depuis lors.
Aucune ne permet de concilier complètement les besoins opérationnels de la Brigade avec le souhait, exprimé localement, de conserver le bâtiment et la fresque sur la rue Saint-Fargeau.
La conservation de ce bâtiment et de cette fresque impose, en effet, une remise en cause pure et simple du projet dans son ensemble.
De nombreuses études ont déjà été faites, je le rappelle, depuis 1980 et le projet actuel est le résultat d'un concours.
Techniquement, il paraît vain d'espérer une solution de meilleur compromis.
Toutefois, afin que la concertation la plus ouverte possible puisse se dérouler, j'ai demandé un délai supplémentaire d'instruction de ce permis de deux mois.
Je forme le voeu que ce délai supplémentaire nous permette, ensemble, de dégager une solution optimale qui n'obère pas plus longtemps la capacité opérationnelle de la Brigade et, ce faisant, n'affecte pas la sécurité des Parisiens.
J'ai donc proposé à M. le Maire de Paris d'organiser au plus tôt une réunion de tous les partenaires concernés afin d'examiner les éléments réunis à ce jour et d'arrêter, cette fois-ci définitivement, la position de la collectivité parisienne sur cette caserne.

IV - Question des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés"