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Fevrier 2000
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Conseil Municipal
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101 - QOC 2000-98 Question de M. Georges SARRE et des membres du groupe du Mouvement des citoyens à M. le Maire de Paris à propos de l'acquisition par la Ville de Paris de la Maison des métallurgistes, 94, rue Jean-Pierre-Timbaud (11e).QOC 2000-122 Question de Mmes Cécile SILHOUETTE et Sylvie SCHERER, élues de "Ensemble pour une gauche alternative et écologiste", à M. le Maire de Paris concernant le manque d'équipements culturels, associatifs ou sportifs dans le nord des 11e et 20e arrondissements ainsi que dans l'est du 10e et dans le sud du 19e arrondissement

Débat/ Conseil municipal/ Février 2000


M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous examinons conjointement la question orale émanant de M. Georges SARRE et les membres du groupe du Mouvement des citoyens et celle de Mmes Cécile SILHOUETTE et Sylvie SCHERER à M. le Maire de Paris concernant le manque d'équipements culturels, associatifs ou sportifs dans le nord des 11e et 20e arrondissements.
La première est ainsi rédigée :
"M. Georges SARRE et les membres du groupe du Mouvement des citoyens interrogent à nouveau M. le Maire de Paris sur l'achat, par la Ville de Paris, de la Maison des métallurgistes située 94, rue Jean-Pierre-Timbaud (11e). Ils souhaitent en effet que ce lieu, chargé d'histoire (témoin de l'architecture industrielle du 19e, porteur de la mémoire syndicale des faubourgs de l'Est parisien) soit reconverti en un équipement public de quartier, à vocation culturelle et sociale. Les quartiers de Belleville et du Faubourg-du-Temple sont en effet dépourvus d'équipements de cette nature. Sa création viendrait clairement satisfaire les attentes et les besoins des habitants et des associations. Ces dernières n'ont de cesse de se mobiliser, notamment à travers un collectif regroupant le Comité pour une Maison des savoirs et des cultures de l'Est parisien dans la Maison des Métallos, l'association "La Maison des Métallos".
Cette reconversion et le fonctionnement d'un tel lieu ne peuvent se faire sans l'appui d'un certain nombre de partenaires institutionnels. La Préfecture de Paris, le Conseil régional d'Ile-de-France, la Caisse des dépôts et consignations, ont à plusieurs reprises confirmé l'intérêt d'un projet, porté par la Municipalité du 11e arrondissement et fondé sur la polyvalence du lieu. Sa mise en oeuvre suppose l'investissement et la participation de la Ville de Paris.
La récente inscription à l'Inventaire supplémentaire des monuments historiques des façades et toitures (bâtiment sur rue et bâtiment commercial et administratif sur cour) de cet ancien hôtel industriel vient témoigner de la richesse architecturale et historique de la Maison des métallurgistes. Elle illustre la nécessité de ne pas laisser transformer ce lieu en une opération banale de construction immobilière."
La seconde est ainsi libellée :
"Le nord des 11e et 20e arrondissements, l'est du 10e arrondissement, le sud du 19e arrondissement, sont des quartiers particulièrement désavantagés en terme d'équipements, qu'ils soient culturels, associatifs ou sportifs. Classés en zones de développement social urbain, ces quartiers devraient être particulièrement favorisés en équipements sociaux et culturels de proximité. Ce n'est pas le cas.
La population y est, plus qu'ailleurs, défavorisée, tant sur le plan social que sur celui du cadre de vie : logements vétustes et exigus, densité de population importante, destruction du tissu urbain traditionnel (démolitions massives, reconstructions, nombreux chantiers et terrains vagues, etc.), manque d'espaces de rencontres (jardins, commerces, etc.), éloignement relatif mais perceptible des services publics.
La diversité des cultures et des langues d'origine ne trouve que peu matière à s'exprimer dans un projet commun, partagé. La population a, sans doute plus que dans d'autres quartiers, le sentiment d'être délaissée, négligée.
Pourtant, c'est aussi dans ces quartiers que de nombreuses luttes, anciennes et récentes, sont menées. La mémoire reste, diffuse peut-être, inconsciente sans doute, mais prégnante.
La "Maison des métallos" fait intimement partie de cette mémoire, de cette histoire. Elle est désormais inscrite à l'inventaire des Monuments historiques. Mais elle est surtout restée vivante, et ces derniers temps particulièrement grâce aux activités, fêtes de quartier, manifestations culturelles, festivals, que les associations, qui demandent sa sauvegarde et sa préemption par la Ville de Paris, ont su y développer, pour en faire un lieu de vie commune, pour permettre au quartier d'en prendre possession.
Les pétitions, lancées par le "Comité pour la maison des savoirs et des cultures dans l'est parisien", les associations "La Maison des métallos" et "Onze de pique", ont recueilli 2000 signatures. Cela montre, à tout le moins, que la population est avide de lieux, d'espaces communs.
Les possibilités offertes par la "Maison des métallos" de ce point de vue sont énormes. Elles permettent de prendre en considération plusieurs types de demandes, à condition que la population et les associations du quartier soient associées à la mise en oeuvre du projet. Le Collectif interassociatif, le Comité pour une maison des savoirs et des cultures de l'est parisien dans la Maison des métallos, l'association "La Maison des métallos", ont déjà travaillé à des projets qui prennent en compte des besoins exprimés et des demandes potentielles.
M. le Maire de Paris est-il prêt à y répondre en engageant d'abord d'urgence la procédure de préemption de la Maison des métallos demandée par Mmes Cécile SILHOUETTE et Sylvie SCHERER, les associations et les habitants ?"
Je vous donne la réponse au lieu et place de M. Michel BULTÉ, adjoint.
Ainsi qu'il l'a déjà été indiqué à plusieurs reprises à l'occasion de précédentes questions orales portant sur le devenir de la parcelle 94, rue Jean-Pierre-Timbaud à Paris 11e, les coûts d'acquisition de l'immeuble, ainsi que de réalisation et d'exploitation d'équipements culturels ou d'animation à l'adresse dépassent les possibilités budgétaires actuelles.
C'est pourquoi la Ville de Paris avait renoncé à exercer son droit de préemption à l'occasion de la réception d'une demande d'acquisition de l'ensemble immobilier en cause déposée par l'Union fraternelle des Métallurgistes d'Ile-de-France en 1988.
L'intérêt des partenaires institutionnels évoqués par les auteurs de la question ne s'est à ce jour pas traduit par des engagements sur le plan financier. Aucune précision quant à un éventuel cofinancement régional de l'opération n'a notamment été apportée. En l'absence d'élément nouveau, rien ne permet actuellement d'envisager une intervention de la Ville sur ce site.
L'avis favorable émis par la Commission régionale des patrimoines et des sites pour l'inscription partielle de l'immeuble à l'Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, n'a pas d'incidence sur la position adoptée par la Ville.
Enfin, à ce jour, aucune déclaration d'intention d'aliéner portant sur la vente de l'immeuble à un acquéreur privé n'a été déposée auprès des services municipaux.