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38 - 2000, DPA 29 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer un marché de travaux sur appel d'offres en vue du réaménagement de la section intégrée des "moyens" à la crèche collective, 64 bis, avenue Claude-Vellefaux (10e)

Débat/ Conseil municipal/ Février 2000


M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DPA 29 relatif à un marché de travaux sur appel d'offres en vue du réaménagement de la section intégrée des "moyens" à la crèche collective, 64 bis avenue Claude-Vellefaux (10e).
La parole est à Mme TROSTIANSKY.
Mme Olga TROSTIANSKY. - Monsieur le Maire, nous voterons bien entendu ce projet de délibération qui autorise le lancement d'un appel d'offres pour poursuivre le réaménagement de la crèche Claude-Vellefaux.
Ces travaux sont nécessaires pour améliorer l'accueil des enfants et se conformer aux normes définies par la D.A.S.E.S. Je souhaite attirer votre attention sur les conséquences de ces travaux dans un arrondissement confronté à une pénurie notoire de places en crèche.
La réalisation du gros oeuvre ne peut se faire en présence des enfants des autres sections. S'agissant en l'espèce de deux crèches superposées, il faudra durant deux à trois semaines fermer non pas une mais deux crèches de 72 places.
Je rappelle par ailleurs que des travaux du même type sont programmés dans la crèche de la rue Louis-Blanc durant la même période.
Il est absolument nécessaire de coordonner ces deux opérations pour éviter la fermeture simultanée des trois plus grandes crèches du 10e arrondissement. Elles représentent 200 places sur les 550 existantes dans le 10e. Il me paraît impensable dans le climat actuel d'exaspération des parents, de fermer en même temps et sans prévoir aucune solution de repli plus d'un tiers des places en crèche dont dispose le 10e arrondissement.
L'insatisfaction des parents est réelle. Le rajeunissement de la population du 10e creuse l'écart entre les demandes de places en crèche, environ 650, et le nombre de places existantes. Le nombre totalement insuffisant d'assistantes maternelles dans le 10e arrondissement renforce cette pénurie. Les opérations en cours accumulent les retards. Le chantier de la crèche des Récollets symbolise pour les parents du 10e arrondissement l'action de la Ville en direction de la petite enfance.
La crèche a été démolie en 1995. Le calendrier établi par la Ville prévoyait sa réouverture en août 1997. Cinq ans après la fermeture de la crèche et 22 millions de francs plus tard, nous ne savons toujours pas quand elle pourra à nouveau accueillir des enfants. La Ville, visiblement empêtrée dans une opération qu'elle ne sait plus gérer, se refuse à avancer une date de réouverture. Pourtant, dans votre bilan "Paris c'est vous", vous anticipez sa réouverture puisque sa reconstruction est déjà inscrite dans vos réalisations.
On peut légitimement s'interroger sur la validité de votre luxueux bilan si vous inscrivez à votre actif des réalisations à l'instar de la crèche des Récollets, que les parisiens attendent toujours.
Malgré les problèmes de garde existant dans le 10e, la Ville n'a jamais jugé utile de mettre en place une solution temporaire pour compenser ce retard et faire face à ses responsabilités.
Vous comprendrez l'étonnement des parents du 10e, à la lecture d'un autre document municipal, le dernier numéro du journal municipal "Paris Première Ile-de-France", pour l'accueil des tout-petits. Paris semble-t-il, est la ville la mieux desservie en matière de crèches et de haltes-garderies avec un nombre de places quatre fois supérieur à la moyenne nationale.
Comment expliquez-vous que plus de 1.200 parents aient apporté leur signature à une pétition lancée par la municipalité du 10e pour la création de nouveaux lieux d'accueil de la petite enfance ? Le tableau idyllique dressé par l'article ne correspond pas tout à fait à leur expérience quotidienne.
Cette poussée d'autosatisfaction est un peu déplacée quand de plus en plus de parents sont laissés sans solution de garde. Certains doivent interrompre ou ne peuvent reprendre leur activité professionnelle. La plupart s'en remettent aux systèmes D et aux gardes sauvages.
La mairie du 10e arrondissement ne cesse de proposer des solutions et dans ce cadre, elle a présenté un voeu lors de notre dernier Conseil d'arrondissement. La liste est longue. Je voudrais vous citer un exemple qui est encore plus d'actualité : il s'agit de l'attribution d'un local à la crèche parentale République Enfants dont le déménagement est préconisé par la D.A.S.E.S. pour des raisons d'hygiène et de sécurité.
Il y a un local, propriété de la R.I.V.P. au 48, rue du Faubourg Saint-Denis, qui nous semble tout à fait approprié et qui permettrait de regrouper la crèche avec la P.M.I. dans cet immeuble.
Nous souhaitons vivement que cette crèche soit réinstallée dans le 10e et ne quitte en aucun cas notre arrondissement.
Par ailleurs, nous vous demandons, Monsieur le Maire, un certain nombre d'engagements : un engagement sur la date de réouverture de la crèche des Récollets, sur sa viabilité et un engagement sur le calendrier des opérations en cours qu'il s'agisse de l'ouverture d'un jardin maternel rue du Buisson Saint-Louis, qu'il s'agisse d'une halte-garderie rue du Chalet.
Il y a un certain nombre d'autres propositions que l'on fait, mais je ne m'appesantirai pas.
Monsieur le Maire, pour conclure, votre politique pousse les familles avec enfants hors de la Capitale et ne révèle aucune ambition pour restaurer la place de l'enfant à Paris.
Il est temps de poser des actes nouveaux car il en va du rayonnement futur de notre collectivité.
Je vous remercie.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je donne la parole à Mme HERMANGE.
Mme Marie-Thérèse HERMANGE, adjoint, au nom de la 5e Commission. - Vous parlez de poser des actes nouveaux. Lorsque nous en posons, par exemple lorsque nous transformons des appartements en mini-crèches, le groupe, Madame TROSTIANSKY, auquel vous appartenez, ne vote pas ces actes nouveaux ! Je suis étonnée.
Malgré les projets de principe que vous n'avez pas cru bon voter, si vous trouvez un certain nombre d'appartements dans le 10e arrondissement pour les transformer en mini-crèches, c'est bien volontiers que je suis à votre disposition.
Ceci étant, je comprends, Madame TROSTIANSKY, les soucis que vous avez sur le 10e arrondissement étant entendu que nous avons fait vraiment preuve de malchance suite à un certain nombre de travaux ou d'appels d'offres infructueux.
En ce qui concerne le dossier que vous évoquez, sous couvert du réaménagement de la crèche Vellefaux, vous avez évoqué différents dossiers, je voudrais vous dire que la réalisation des travaux de restructuration va permettre d'accueillir les enfants dans de meilleures conditions. Un appel d'offres a été lancé fin 1999. Il a permis d'attribuer d'ores et déjà certains lots.
En revanche, d'autres lots étant infructueux, il convient tout simplement de relancer les consultations d'entreprises, après analyse par les services et l'expert judiciaire. Tel sera le cas, dès ce mois-ci, afin que les travaux puissent reprendre le plus rapidement possible.
Mais si, d'ores et déjà, je vous le redis, vous nous trouvez un appartement disponible dans le 10e arrondissement pour le transformer en mini-crèche, nous sommes à votre disposition.
Et malgré les pétitions qu'un certain nombre d'habitants signent ou que vous incitez à faire signer, je dois vous répéter qu'effectivement, oui, le C.R.E.D.O.C. dit et redit que nous sommes, en matière de mode de garde, la première ville de France, même si nous ne couvrons pas l'ensemble des besoins.
C'est la raison pour laquelle, Madame TROSTIANSKY, nous attendons avec impatience les décrets d'accueil qui doivent paraître et devraient permettre de faire en sorte qu'un certain nombre de financements en ce qui concerne les modes de garde puissent être mis aux normes très prochainement. Je vous remercie.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Merci, Madame HERMANGE.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DPA 29.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2000, DPA 29).