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Fevrier 2000
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67 - QOC 2000-145 Question de M. Pierre AIDENBAUM et des membres du groupe socialiste et apparentés à M. le Maire de Paris et à M. le Préfet de police à propos des nuisances dues aux commerces dans les rues Réaumur, des Vertus, au Maire, des Gravilliers, Bailly, Volta et Chapon (3e)

Débat/ Conseil municipal/ Février 2000


M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - La question suivante de M. Pierre AIDENBAUM à M. le Maire de Paris et à M. le Préfet de police est relative aux nuisances dues aux commerces dans les rues Réaumur, des Vertus, au Maire, des Gravilliers, Bailly, Volta et Chapon (3e).
Je vous en donne lecture :
"Le quartier formé par les rues Réaumur, des Vertus, au Maire, des Gravilliers, Bailly, Volta, Chapon (3e) est très largement soumis à des nuisances constantes jour et nuit.
Celles-ci ne sont pas liées à la grande délinquance même si, au cours des 3 derniers mois, 2 agressions criminelles ont été recensées. Cependant, ces faits accentuent l'inquiétude des habitants qui sont constamment exposés à des nuisances telles, que s'instaurent des relations de voisinage tendues, voire un climat insécurisant.
Aux 19e et 20e siècles, la configuration du quartier se prêtait très bien aux activités laborieuses qui apportaient une animation et une circulation des hommes. Aujourd'hui, force est de constater que cette ambiance a changé et que la circulation des hommes se transforme maintenant en circulation des marchandises.
Dans le périmètre précité, les rues sont étroites, parfois piétonnes et la circulation des marchandises évolue avec une intensité qui suppose des moyens matériels et techniques en véhicules et en manutentions accrus. Cela induit quotidiennement des infractions tant au regard du stationnement, de la circulation, que du stockage et de l'organisation des livraisons. Il n'est pas rare de voir l'espace public occupé par des cartons en transit, des déchets industriels.
Cette évolution des flux et les conséquences induites ne sont naturellement pas bien ressenties car les conditions de la vie économique locale, si elle est de tradition, ne se pratiquent plus à la même échelle. Les riverains ressentent ce phénomène de mutation de leur quartier comme une agression au patrimoine privé et public. Un sentiment d'abandon des pouvoirs public est aussi exprimé.
La non-intervention des autorités dans ces secteurs autorise de fait des "activités" ou des attitudes de nature répréhensible (ateliers dans des logements, stockage dans des parties communes, attroupements dans ou devant les accès aux immeubles, négligence sanitaire, etc.), ce qui ouvre la porte à des tensions.
Ce vieux quartier de Paris a donc tendance à être défiguré, asphyxié, et les riverains exigent aujourd'hui que chacun prenne ses responsabilités.
Aussi, M. Pierre AIDENBAUM et les membres du groupe socialiste et apparentés demandent-ils à M. le Maire de Paris et à M. le Préfet de police s'ils entendent mettre en oeuvre les moyens sanitaires pour assurer l'hygiène et la propreté du domaine public, sécuritaires notamment de prévention de la petite délinquance et de protection civile-incendie, de respect des réglementations en vigueur afin de prévenir tous risques et toute aggravation de la situation."
Je vous donne la réponse au lieu et place de M. Philippe GOUJON, adjoint.
Dans le quartier formé par les rues Réaumur, des Vertus, au Maire, Gravilliers, Bailly, Volta et Chapon, un entretien régulier des chaussées et trottoirs est assuré par les services concernés de la Mairie de Paris.
Ce quartier est balayé tous les jours ouvrables et les rues sont lavées avec une grande fréquence.
Les dépôts de vrac sont enlevés également chaque jour ouvrable par les engins de la Propreté de Paris qui parcourent le secteur.
Le Centre d'Action pour la Propreté de Paris adresse régulièrement des courriers d'information et ne manque pas de verbaliser tous les contrevenants au Règlement Sanitaire départemental.
Parallèlement, une action de prévention de la délinquance est mise en ?uvre dans ce quartier.
Elle a été confiée à une association de prévention spécialisée dûment agréée et mandatée par le Département de Paris : "ARC 75".
Cette association a pour mission d'aller au devant des jeunes en grande difficulté qui peuvent être tentés par des comportements déviants (marginalisation, délinquance, violence...) et de les amener à modifier leurs comportements et leur mode de vie en proposant des solutions à leurs différents problèmes.
L'association "ARC 75" a mis en place sur ce secteur une "équipe de rue" de trois postes équivalents temps plein.
Les résultats de son action de terrain sont régulièrement portés à la connaissance des élus de l'arrondissement par les services de la DPE.
La parole est à M. le Préfet de police.
M. LE PRÉFET DE POLICE. - Si les faits de délinquance constatés sont modérés dans cette partie du 3e arrondissement, les difficultés de circulation liées aux activités commerciales et notamment la gêne occasionnée par les véhicules de livraison l'affectent notablement.
S'agissant, en premier lieu, des problèmes liés à la sécurité, seuls dix délits de voie publique ont été recensés depuis le début du mois de février.
Je les rappellerai brièvement :
- un vol simple d'automobile et un vol simple au préjudice d'un particulier dans un lieu public, tous deux commis rue Réaumur ;
- un vol avec effraction au préjudice de l'exploitant d'un local commercial et des dégradations de bien privé, rue des Vertus ;
- un vol à main armée, dont l'auteur a été interpellé en flagrant délit et un vol à la roulotte, rue des Gravilliers ;
- deux vols de motocyclette constatés, rue Volta et des dégradations de biens privés, rue Chapon.
Aucun fait délictueux concernant les rues au Maire et Bailly n'a, toutefois, été porté à la connaissance des services de police.
Pour lutter contre ces actes de délinquance, les effectifs de la Direction de la Police urbaine de proximité mènent sur l'arrondissement des actions complémentaires de prévention et de répression.
Ainsi, pour l'année 1999, 368 mesures de garde à vue ont été prises et 139 personnes mises en cause ont été présentées devant les autorités judiciaires.
Bien entendu, ces actions vont se poursuivre avec toute la rigueur nécessaire.
S'agissant, en second lieu, des problèmes de circulation et de stationnement, des consignes de fermeté sont régulièrement données aux effectifs de la Direction de l'ordre public et de la circulation.
La configuration de ce périmètre et l'étroitesse des rues ne facilitent pas la circulation automobile malgré le système urbain de régulation des feux dit "S.U.R.F. 2000", qui privilégie, en cas de difficultés, la circulation sur le boulevard Sébastopol, axe rouge, par rapport à celle de la rue de Réaumur.
En tout état de cause, les services de police de l'arrondissement maintiendront une vigilance soutenue dans ce secteur, où 75 procès-verbaux ont d'ores et déjà été établis au motif d'infraction au stationnement, depuis le 1er février.