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15 - I- Question d'actualité de M. Georges SARRE et des membres du groupe du Mouvement des citoyens à M. le Maire de Paris sur le devenir du Parc-des-Princes.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 1995




M. LE MAIRE DE PARIS.- Nous allons passer maintenant aux questions d'actualité.
La première d'entre elles émane de M. SARRE, Président du groupe du Mouvement des citoyens.
Monsieur SARRE, vous avez la parole.

M. Georges SARRE.- Monsieur le Maire, mes chers collègues, je voudrais vous interroger, Monsieur le Maire, sur la construction du grand stade à Saint-Denis et les conséquences que cela génère pour le Parc-des-Princes. Que va devenir ce stade ?
En effet, la construction du grand stade à Saint-Denis a démarré. Le coût prévisionnel de cet équipement de 80.000 places est de 2,6 milliards de francs. Au-delà de son emploi évident pour la Coupe du monde de football en 1998, je souhaite avoir des éléments de réponse sur plusieurs points qui conditionnent sa rentabilité.
C'est très difficile de parler dans ce brouhaha !

M. LE MAIRE DE PARIS.- M. SARRE a raison, il est difficile de parler avec un fond sonore.
Continuez.

M. Georges SARRE.- La somnolence devrait en gagner certains... ou la sérénité.

M. LE MAIRE DE PARIS.- Ils entendent très bien.

M. Georges SARRE.- Que va devenir le Parc-des-Princes ?
Dans un entretien au journal "Paris", numéro 114, M. Bernard BROCHANT déclare : "Nous sommes très attachés sentimentalement au Parc-des-Princes. C'est un endroit merveilleux, un stade dans la ville, un lieu un peu magique. On ne quittera pas le Parc-des-Princes sans regrets."
Mais, comme il est disert, M. BROCHANT, il poursuit : "Mais le Paris-Saint-Germain assure avec la coupe d'Europe environ 800.000 spectateurs par an. Il est évident que sans cet apport, le grand stade risque d'avoir des problèmes d'équilibre financier. Cependant, ici, au Parc-des-Princes, propriété de la Ville de Paris, nous avons des conditions d'utilisation exceptionnelles comme la récupération au profit du club des bénéfices d'exploitation du stade" et il poursuit etc. etc.
Donc, je le répète, que va devenir le Parc-des-Princes ?
Deuxièmement, si l'équipe du Paris-Saint-Germain va à Saint-Denis, est-ce que nous continuerons à faire les mêmes conditions financières à cette équipe ?
Le terrain du Cornillon sur lequel est bâti le grand stade a été donné par la Ville de Paris. Quelle sera donc, Monsieur le Maire, la place de la Ville dans la gestion de ce stade ?
Monsieur le Maire, qu'entendez-vous faire ? Qu'entendons-nous décider concernant l'avenir de ce stade ? On le garde ? On le transforme ? Pour faire quoi ? C'est vraiment le débat.
Je n'imagine pas que nous nous soyons lancés dans cette entreprise sans prévoir la suite.
Est-il exact que le grand stade sera, après 1998, un complexe polyvalent accueillant tous les types de manifestations sportives ainsi que des spectacles, et dans ce cas, notre Municipalité a-t-elle pensé aux conséquences financières sur l'exploitation du parc omnisports de Bercy qui sera privé d'une partie des ressources ?
Les contribuables, qui en plus des coûts de construction proprement dits financeront à hauteur de 50 % les 3 milliards de coût d'infrastructures annexes, doivent être assurés que passée la coupe du Monde, le grand stade ne connaîtra pas un déficit chronique d'exploitation et que de surcroît le Parc-des-Princes aura en tant que stade une utilité. Laquelle ?
Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS.- Je donne la parole à M. CANE.

M. Dominique CANE, adjoint.- Le Parc-des-Princes est l'un des sites retenus pour la coupe du Monde de football de 1998, et à ce titre, d'importants travaux d'aménagement y seront réalisés d'ici cette date.
D'un montant de 44,6 millions de francs, ils concernent essentiellement le réaménagement du centre de presse, la rénovation complète de l'éclairage de la pelouse, le changement de 25.000 sièges et la réfection des vestiaires des joueurs. Il s'agit donc avant tout d'améliorer l'accueil et la sécurité du stade.
Cet équipement sportif, qui ne date que d'une vingtaine d'années, présente un intérêt incontestable pour la Capitale, même si le grand stade est implanté à quelques kilomètres.
D'une part, il paraît naturel que la Ville de Paris, comme la plupart des grandes métropoles européennes, puisse accueillir un club de football de renom de niveau international.
D'ailleurs la Ville a toujours accompagné et soutenu le Paris-Saint-Germain.
D'autre part, le contrat de la concession conclu avec l'actuel gestionnaire du stade ouvre des potentialités de diversification des spectacles offerts au Parc-des-Princes.
Une réflexion sur son avenir va s'engager, tenant compte de l'évolution de la carrière du Paris-Saint-Germain et de l'éventuelle vocation culturelle de ce stade. Elle doit être très ouverte, mais ne saurait conduire à une remise en question de l'existence du Parc-des-Princes.
Naturellement les élus parisiens seront informés de l'état d'avancement de ces réflexions.

M. LE MAIRE DE PARIS.- Merci, Monsieur CANE.
Voilà, il vous a été répondu, même si, Monsieur SARRE, le caractère d'actualité peut être contesté.

M. Georges SARRE.- Il y a eu un fait nouveau, la pose de la première pierre...

M. LE MAIRE DE PARIS.- Mais cela pouvait attendre.

M. Georges SARRE.- En la compagnie du Maire de Paris !

M. LE MAIRE DE PARIS.- Certes, ce n'est pas négligeable, et cela ne m'a pas échappé...

M. Georges SARRE.- Si cela vous avait échappé, cela serait préoccupant pour vous !

M. LE MAIRE DE PARIS.- C'est vrai. Mais cela aurait pu attendre. Ceci dit, c'est une question intéressante. M. CANE vous a donné tous les apaisements nécessaires.

M. Georges SARRE.- Apaisements, oui en ce qui concerne la pérennité du stade. Mais j'aime autant vous dire que pour les financements, alors là je n'ai pas la moindre information, et je comprends que vous tourniez sept fois votre langue dans votre bouche avant de dire à M. CANE ce qu'il doit nous répondre !

M. LE MAIRE DE PARIS.- Je ne me permettrais pas de dire à M. CANE ce qu'il doit répondre.

M. Georges SARRE.- La suite la prochaine fois...

M. LE MAIRE DE PARIS.- Le Parc-des-Princes est un élément historique, culturel et sportif, c'est un symbole parisien. Je ne vois pas comment on pourrait y toucher.
Vous avez satisfaction, je pense.