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4 - 2000, DASCO 37 - Communication de M. le Maire de Paris sur le "Plan universités du 3e millénaire à Paris"

Débat/ Conseil municipal/ Février 2000


M. LE MAIRE DE PARIS. - Mes chers collègues, Monsieur le Préfet de police, alors que la discussion sur le contrat de plan Etat-Région va commencer à l'Assemblée régionale d'Ile-de-France, j'ai souhaité vous tenir très précisément informés de l'état d'avancement du plan "Universités du 3e Millénaire" à Paris.
En effet, si le plan U3M doit s'étaler sur 15 ans, une part très importante de cet immense chantier, de ce chantier essentiel pour l'avenir de Paris est contenue dans le prochain contrat de plan.
Je l'ai dit, je le redis devant vous : sous la conduite de mon adjoint, Vincent REINA, qui a su donner à ce dossier une impulsion et un rythme tout à fait nouveaux, les services de la Ville, et particulièrement ceux de la Direction des Affaires scolaires, mènent un remarquable travail. Ils le mènent en pleine concertation et en plein accord avec les universités et les grands établissements de Paris, et nous avons établi, je m'en félicite, des relations que je qualifierai de particulièrement constructives avec le Rectorat et aussi avec la Préfecture de Région.
Désormais, ce dossier a pris corps. Des points de discussion existent encore, mais la Ville et l'Etat se dirigent vers un accord global. Un bon accord, dont témoigne la communication qui vous a été transmise. Un accord que viendra sceller la convention Etat-Ville que nous élaborons parallèlement au contrat de plan. Cette convention viendra marquer l'engagement sans précédent et sans équivalent de la Ville de Paris au service de l'enseignement supérieur et de la vie étudiante. Elle constituera une véritable charte pour l'avenir de l'enseignement supérieur à Paris.
Ce travail mené en commun montre que lorsque la bonne foi et la bonne volonté sont partagées, l'Etat et la Ville parviennent à coopérer de manière très satisfaisante au service de l'intérêt général, au service des Parisiens.
Tous les Ministres n'ont heureusement pas l'attitude de Mme AUBRY.
Nous travaillons très correctement avec le Ministre du Logement, et j'espère qu'avec lui, nous allons trouver, pour le financement du logement étudiant, des solutions qui nous ont fait défaut. La Ville est, en effet, prête à construire 4.000 logements sur la durée du plan U3M. A cette fin, j'ai écrit à M. BESSON, dès le mois d'avril 1999, pour que le financement des résidences étudiantes puisse bénéficier à nouveau des formules de prêt attractives, permettant des loyers de sortie modestes. J'ai écrit à M. HUCHON au même moment pour que l'aide de la Région par logement créé soit augmentée.
Dans le même esprit de coopération et de concertation, nous sommes parvenus à faire prendre en compte par le Ministre de l'Education nationale, de la Recherche et de la Technologie, les demandes fortes que nous portons au nom des universités. Après un premier rapport, qui ne répondait ni aux attentes des universités, ni à celles de la Ville, le ministre a suivi mes propositions sur l'implantation de Paris VII et de l'INALCO sur la Z.A.C. "Rive-gauche". Ces propositions avaient reçu l'appui du Recteur de l'Académie, M. René BLANCHET, et du Préfet de la Région, M. Jean-Pierre DUPORT, et je tiens à les remercier devant vous.
Au-delà, nous obtenons que le plan U3M, à travers des opérations de mise en sécurité, de modernisation et de regroupement, profite à Paris à toutes les universités, je dis bien toutes, ainsi qu'à des établissements aussi considérables et prestigieux que l'Ecole normale supérieure, l'Ecole nationale supérieure des Arts et métiers, ou encore l'Institut d'Etudes politiques qui, avec d'autres, a fait connaître son intérêt pour le site de l'hôpital Laënnec. Il apparaît clairement qu'une implantation universitaire sur ce site serait utile et bienvenue. Ces terrains appartiennent à l'A.P.-H.P. qui a visiblement l'intention de les vendre au prix le plus élevé possible. L'Etat demande à la Ville de Paris de consentir pour ses propres terrains les meilleures conditions. Ne peut-il influer pour qu'au moins une partie des terrains de l'hôpital Laënnec soit dévolue au plan U3M dans des conditions acceptables ?
Quoiqu'il en soit, les perspectives sont positives : U3M ne sera pas Universités 2000. Les graves retards que subissent les universités de Paris ne nous laissent pas oublier que Paris a été le parent pauvre de ce plan, élaboré et conduit par un ancien Président, par un Ministre, M. Lionel JOSPIN, et par Jack LANG, Ministre de l'Education nationale en 1992-1993. Ce sont des rappels intéressants.
M. LANG souhaite rappeler tout ce qu'il a fait pour Paris. Qu'a fait M. LANG pour Jussieu qui a besoin, aujourd'hui, de 4 milliards de travaux ? Eh bien, quelques mois avant les élections de 1993, il a présenté un projet de nouvelle bibliothèque universitaire, proposé par l'architecte Rem KOOLHAS, un projet qui avait toutes les qualités, sauf une, celle d'être financé !
Oui, je vous le dis, Paris a besoin d'une gestion plus sérieuse et moins artificielle.
De même, puisque nous évoquons la Z.A.C. "Rive-gauche", je ne peux pas dire que la construction de la Bibliothèque nationale de France, dont M. Jack LANG était le Ministre responsable, a été un exemple de concertation avec la Ville et ses habitants. Dois-je rappeler que le Gouvernement s'est permis, à l'époque, de délivrer le permis de construire de ce bâtiment sans attendre l'avis de la Ville ?
Lorsque M. SARRE nous parle, à propos de la Z.A.C., d'un ensemble noyé dans le béton, dois-je lui rappeler qu'il y a, sur la Z.A.C., un jardin grand comme celui du Palais-Royal ? C'est le jardin de la B.N.F., et ce jardin, grâce à M. LANG, est fermé au public.
Oui, il faut construire des bureaux à "Paris-Rive gauche", parce que la demande est très forte, parce qu'en y répondant qu'on incitera les grandes entreprises à choisir Paris plutôt que la banlieue et plutôt que d'autres villes en Europe. La construction de ces bureaux, dans le respect des superficies et des densités prévues dès le départ, n'empêche pas pour autant la Ville de se soucier de la qualité de l'urbanisme de la Z.A.C. auquel Michel BULTÉ est très attentif, et de répondre à une demande pour l'enseignement supérieur qui atteint 200.000 mètres carrés.
Dans l'immédiat, ces implantations pourront commencer et largement progresser dans le cadre du plan d'aménagement de zone. S'il faut répondre à la totalité de la demande, une modification à terme du P.A.Z. devra peut-être s'envisager. Quoiqu'il en soit, rien ne se fera sans la plus large concertation au niveau local. Elle a déjà commencé puisque la Ville et le Rectorat ont rencontré les associations la semaine dernière, et je me réjouis de leur accueil ouvert au projet.
Je conclurai en soulignant le geste que représente la mise à disposition des droits à construire pour le pôle universitaire. Notre Conseil aura à décider d'un effort financier d'un milliard et demi de francs. Cette somme n'est pas, comme vous l'avez dit, Monsieur DELANOË, une simple hypothèse unilatérale de la Ville, elle est le résultat précis de l'addition des prix des terrains demandés. Je ne comprends pas qu'un élu qui met en avant, contre d'autres candidats, sa proximité avec les Parisiens et son écoute, puisse ainsi traiter, me semble-t-il - et ce n'est pas une critique mais une constatation - légèrement l'effort considérable et légitime demandé aux Parisiens.
Cet effort, mes chers collègues, doit être au contraire pleinement mis en valeur, comme l'a fait publiquement Jean-François LEGARET, car il sera au coeur de la réussite du plan U3M à Paris, qui est un plan légitime, important et ambitieux.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").
Je donne la parole à M. MALBERG.
M. Henri MALBERG. - Monsieur le Maire, Mesdames, Messieurs, la communication dont nous discutons ce matin comporte une prise de position du Maire de Paris et des propositions chiffrées sur la contribution de la Ville au développement universitaire des quinze prochaines années.
Avant d'en venir à la critique des propositions du Maire, je souhaite dire quelques mots des universités parisiennes :
Paris et l'Université, Paris et l'enseignement supérieur, c'est une longue histoire d'amour, de créativité, de colère. Cela remonte au moyen âge en passant par mai-juin 1968. Je pourrais parler de Normal Sup et de Sartre, de Beauvoir et de Becquerelle, de Curie et de Charpak, des étudiants héroïques qui, le 11 novembre 1940, ont remonté les Champs-Elysées lorsque Paul Langevin fut arrêté et, parmi eux, mon ami habitant toujours le 13e, Francis COHEN.
Je n'oublierai jamais - permettez un souvenir personnel - le petit matin de mai 68 (vous ne deviez pas être loin, Monsieur le Maire) où des étudiants parisiens, les mains derrière la nuque, remontaient en colonne la rue Gay-Lussac vers Curie, où ils devaient être entassés, accompagnés par un cortège de policiers dont un commissaire se détacha pour me dire, me reconnaissant, que ma place n'était pas ici !
Bref, c'est une sacrée aventure !
J'ajoute qu'il y a un mariage de caractère quasi génétique entre Paris, la Sorbonne, les Universités, les Grandes Ecoles, les profs, les étudiants.
Il y a aujourd'hui 330.000 étudiants à Paris et aussi, maintenant, de grandes universités vivantes, importantes, de l'autre côté du "périph", avec pas loin de 600.000 jeunes, des filles, des garçons, des blancs, des noirs, des Français, des étrangers... C'est pour une grande part la Nation de demain et, pour une part, la culture du monde.
Oui, les Universités parisiennes et de la Région, les grands établissements, sont toujours importants, productifs, mais, il faut le dire, les conditions matérielles et d'études ne vont pas :
- la moitié des étudiants travaillent pour gagner leur vie ;
- les conditions de logement, de travail dans les Universités sont parfois déplorables ;
- de l'amiante à un bout, comme à Jussieu, et à l'autre beaucoup de lieux en mauvais état, inadaptés, des lieux d'études éclatés, des amphis bourrés.
Et puis il y a les problèmes d'entretien de cet immense patrimoine, j'y reviendrai. Je reviendrai également sur la condition étudiante, dans laquelle la responsabilité de l'Etat, de la Région et de la Ville est engagée.
Je fais remarquer d'ailleurs que la Région, depuis qu'elle est dirigée à gauche, a renversé complètement les choix faits par vos amis de droite quand ils dirigeaient la Région, et que je résume grossièrement : l'Université, je m'en lave les mains ! Je le prouverai après.
J'en viens, Monsieur le Maire, à votre communication.
L'approche des élections municipales favorise de toute évidence une forme d'emphase. Ainsi, dans votre communication, vous semblez surtout vouloir démontrer, d'une part, que l'Etat et la Région ne feraient pas assez pour les Facultés parisiennes et, d'autre part, que la Ville ferait des efforts gigantesques en faveur des 330.000 étudiants inscrits dans les Universités de la Capitale.
Or, ce n'est pas la réalité, Monsieur le Maire.
Le contrat de plan Etat-Région 2000-2006 dont nous venons de parler et qui devrait être signé prochainement prévoit un financement en faveur de l'enseignement supérieur en Ile-de-France de 4 milliards de la part de l'Etat et de 2,5 milliards de la part de la Région. Ce n'est pas suffisant, je le pense, mais il faut noter que le contrat précédent, c'était 1,9 milliard de l'Etat et 1,4 de la Région. Et encore faut-il ajouter qu'un certain nombre d'opérations, en particulier celles concernant Paris, inscrites à ce contrat précédent, n'avaient pas été réalisées.
Je voudrais, en outre, faire part de mon étonnement lorsque je vous entends, Monsieur le Maire, regretter que les Universités parisiennes aient été laissées de côté dans le cadre du plan 2000. Mais, si ce plan n'a profité qu'aux Universités de province, c'est parce que la Région, alors dirigée par vos amis, avait refusé d'entrer dans le plan "Université 2000" ! C'est un fait.
Effectivement, aujourd'hui, il y a grand besoin de rénover et de mettre en sécurité les bâtiments universitaires parisiens. Je me réjouis que vous en formuliez le souhait et que vous ne prôniez pas le même laisser-aller que celui observé par la Ville lorsqu'il a fallu mettre par exemple l'Ecole Boulle aux normes de sécurité.
Et puis, dans ce domaine comme dans les autres que nous avons évoqués en début de séance, l'intérêt que nous devons porter à Paris et à ses Universités ne doit pas, aux yeux des élus communistes, nous amener à opposer la banlieue à la Capitale comme vous le faites en présentant les réalisations en faveur des Universités de la petite couronne comme une sanction contre Paris.
Comment ignorer d'abord les retombées positives qu'aura aussi pour Paris la création d'un nouveau pôle universitaire sur le territoire comprenant La Villette, Aubervilliers et la Plaine Saint-Denis, qui inclura un IUT dans le 18e, qui était une vieille demande venant de nous, et contribuera à une revivification de ce secteur de la Capitale ?
Monsieur le Maire, tant que la conscience de la communauté d'intérêts de Paris et de la Région n'aura pas avancé, il se dira et se fera beaucoup de bêtises de la part des élus parisiens, quel que soit leur bord. Un état d'esprit étroitement partisan des uns et des autres n'est pas supportable.
J'en viens à l'action proprement dite de la Ville.
Une écoute attentive de la communication que vous venez de faire devant l'Assemblée permettent de mieux cerner et son ampleur et ses limites.
Si l'on met de côté les intentions non chiffrées, la Ville entend mettre à disposition les terrains nécessaires à l'installation du pôle de la Z.A.C. "Rive gauche". Nous nous en réjouissons. On sait que leur évaluation fait débat, mais mon propos n'est pas de polémiquer sur les chiffres ni sur le fait que cette opération est d'autant plus la bienvenue pour la majorité de cette Assemblée qu'elle ne savait pas, voici peu de temps encore, comment se dépatouiller d'une opération urbanistique qui s'apparente à un fiasco. En tout état de cause, ceci dit, nous nous réjouissons que bientôt un pôle universitaire voie le jour à cet endroit de Paris.
S'agissant des étudiants, qui est la dernière question que je vais traiter, la Ville consacrera 80 millions de francs à la rénovation des logements de la Cité Internationale, 150 millions de francs pour la construction de 4.000 logements en quinze ans, sur la période du plan U3M.
Je vous fais remarquer que cela ne représente que 260 logements en moyenne par an.
Je voudrais m'arrêter sur ce point en rappelant que, selon un rapport récemment publié, 100.000 étudiants sur les 2 millions qui sont en France vivent en dessous du seuil de pauvreté, ce dont on ne parle pas beaucoup. 50 % travaillent. Quand on connaît le coût à payer pour se loger dans la Capitale, on voit bien (ce que j'entends de plus en plus dire) que les gens viennent étudier au Quartier Latin, mais n'y demeurent quasiment plus, ce qui modifie y compris le caractère de la Ville.
C'est un obstacle souvent insurmontable pour ceux qui étudient à Paris, d'autant plus que, par rapport à la province, le taux des boursiers et la quantité de logements étudiants sont bien moindres.
Ceci pour souligner le caractère crucial de la question qui se pose aux étudiants parisiens.
Permettez-moi de dire, Monsieur le Maire, que depuis votre élection en 1995, le nombre de logements pour étudiants n'a pas dépassé la soixantaine... Or, les occasions ne manquaient pas, par exemple en transformant des logements du domaine privé en chambres ou logements d'étudiants, comme nous vous l'avons demandé. Vous avez préféré les vendre...
Donc, à nos yeux, les objectifs que vous affichez sont insuffisants et nous souhaitons un effort plus grand.
Pour conclure, je pense que d'autres pistes sont à explorer pour améliorer les conditions de vie des étudiants parisiens. Par exemple, pourquoi ne pas envisager de rendre gratuite pour tous les étudiants qui étudient à Paris, même sans y habiter, l'entrée dans des établissements municipaux (musées, expos, piscines). Pourquoi ne pas augmenter sensiblement le nombre des bourses municipales ? J'espère d'ailleurs que la création par la Région de bourses pour les étudiants d'Ile-de-France afin de leur permettre de partir à l'étranger dans le cadre de leur cursus recueillera l'assentiment des élus de droite du Conseil régional qui, l'an dernier, ont voté avec l'extrême droite contre un amendement présenté en ce sens par les Conseillers régionaux communistes.
Mesdames, Messieurs, Monsieur le Maire, la présence à Paris d'étudiants nombreux est une chance, un atout pour l'avenir de la Ville et de notre région. C'est un élément du rayonnement international de la Ville. Cela mérite un effort. Je vous remercie de votre attention.
Je sais que j'ai "mangé" mon temps de parole, ce qui est une façon d'appliquer ce que j'ai dit tout à l'heure.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous aviez 5 minutes et je vous ai laissé parler 10 minutes. Il y a aussi un équilibre à trouver. Je vous montre mon ouverture d'esprit que vous pourriez souligner de temps en temps.
Pour le reste, vous dites "Paris c'est bien mais en banlieue c'est bien aussi". Vous n'avez pas la même règle lorsqu'il y avait les localisations de certaines entreprises. Vous aviez une position plus ferme.
Universités 2000 : c'est l'Etat, qui à l'époque, avec la majorité que vous savez, a pris les dispositions financières nécessaires.
Ensuite vous dites : "mais voyez l'Etat..." mais sur ce dossier, je sais être objectif.
J'ai dit qu'avec le Ministre de l'Education nous avons parfois des difficultés de dialogue. Sur le plan Universités, dès le début, il y a eu un accord, je peux le dire publiquement. Je m'en réjouis.
J'ai dit volontairement, tout à l'heure, parce qu'il y a un problème à l'A.P., que Mme AUBRY n'a même pas daigné, à la demande de rendez-vous que je lui avais adressée en mon nom personnel et au nom de tous les membres du Conseil d'Administration, il y a quelques semaines, répondre, c'est dire le mépris à l'égard des élus parisiens, des personnels de l'A.P. et des médecins. Un mépris sans précédent alors que le Conseil d'Administration était unanime.
En revanche, M. ALLEGRE pratique la concertation et avec lui nous travaillons bien. Avec lui, avec le Président d'Université, avec le Recteur, avec le préfet, nous avons fait avancer le dossier Universités.
Je réponds donc à votre question : je me réjouis du dialogue qui s'est instauré sur ce plan-là.
Pour le logement, nous le mettons en oeuvre dans le cadre de la convention Ville de Paris-Etat que nous avons signée et que le Conseil de Paris a signée il n'y a pas longtemps.
Pour le reste, j'entends bien que nous devons faire plus. Monsieur MALBERG, peut-être pourriez-vous avoir quelque influence, c'est-à-dire que l'Etat donne l'exemple ?
Je prends un exemple : que l'Etat ne vende pas les terrains qui lui appartiennent, directement ou indirectement et notamment la S.N.C.F...
M. Bertrand DELANOË. - Préemptez !
M. LE MAIRE DE PARIS. - ... la S.N.C.F. qui a vendu à prix d'or des terrains.
A Austerlitz, qu'a fait la S.N.C.F. ? Qu'a fait le Ministre ? Pourquoi n'a-t-il pas voulu là faire autre chose et vendre des logements sociaux à Austerlitz ? Voilà qui était une initiative heureuse dans l'esprit que vous évoquez !
J'eusse aimé rencontrer, de votre part, un soutien actif pour éviter cette vente dans les conditions que l'on connaît. Qu'a fait le Gouvernement ? Qu'a fait la S.N.C.F. ? Elle a fait un plus grand profit. Donc avant de donner des leçons aux autres, on devrait faire attention. Nous aurons l'occasion de le rappeler aux Parisiennes et aux Parisiens.
Monsieur DELANOË, vous avez la parole.
M. Bertrand DELANOË. - Après cette introduction que vous faites à mon intervention, je vais essayer de revenir au sujet, sans esprit polémique, mais enfin avec un esprit combatif.
Monsieur le Maire, mes chers collègues, ce plan Université du 3e Millénaire a une volonté politique forte. Ainsi le Gouvernement crée les conditions d'une dynamique nouvelle autour de la recherche de la science et de l'intelligence.
Cet enjeu est fondamental pour une ville comme Paris car il doit permettre à notre cité de renouer avec la tradition inaugurée dès le 12e lorsque fut créé le collège de Sorbon.
Dans son ouvrage "Paris, 2000 ans d'histoire", Jean FAVIER décrit remarquablement l'évolution à travers le temps de cette fourmilière, multi-éthniques, contribution décisive au rayonnement international de la Capitale.
Alors qu'aujourd'hui l'influence intellectuelle de Paris s'est affaiblie sur la scène mondiale, le plan U3M du Gouvernement JOSPIN fixe des objectifs très pertinents au service d'une renaissance indispensable.
D'abord, mieux identifier la population étudiante pour mieux répondre à ces demandes ; développer la recherche au sein même des facultés, ouvrir l'université aux nouvelles technologies de l'information et de la communication, affirmer la nécessité d'un partenariat nouveau entre les établissements, enfin privilégier une logique de sites et de réseaux dans l'organisation de ce nouveau dispositif.
L'ensemble s'inscrit en outre dans une logique de désenclavement de PARIS. Par exemple, le projet d'implantation d'un centre moderne sur le site de La Villette qui s'appliquerait à des technologies très avancées, est très révélateur d'une démarche ouverte sur l'agglomération, ce que la Municipalité a toujours ignoré.
U3M concerne évidemment les 13 universités parisiennes dont 8, comme nous le savons tous, sont situées dans les frontières mêmes de notre ville.
Au coeur de ce plan, il y a la création d'un pôle université dans la Z.A.C. "Paris-Rive gauche". C'est une demande que nous formulons inlassablement avec beaucoup de force depuis tant d'années, notamment par la voix de Jean-Marie LEGUEN.
Ainsi s'ouvrent des perspectives majeures pour la Capitale, et alors que votre intention initiale se limitait presque essentiellement à l'implantation de bureaux, de sièges sociaux, face au gouffre économique et financier qui dessinait votre projet, vous vous ralliez maintenant à la seule solution qui offre réellement un avenir à cette Z.A.C.
Que cette opération s'inscrive dans le cadre d'une action de l'Etat, n'a rien d'étonnant ! Depuis près de trois ans, ce Gouvernement montre à quel point il sert avec efficacité les vrais intérêts des parisiens malgré les pièges polémiques, un petit peu dérisoires que lui tend parfois la municipalité parisienne. Mais, Monsieur le Maire, pour que ce nouvel espace universitaire s'impose comme un vrai levier de développement, encore faut-il y créer des synergies avec d'autres activités économiques. Je pense en particulier aux nouvelles technologies ainsi qu'aux énergies propres et aux services car, incontestablement, cette recherche de secteurs tertiaires peut s'imposer comme les composantes d'une alchimie gagnante avec cependant une autre condition : donner enfin au monde étudiant parisien des infrastructures dignes de notre cité.
Faut-il vous rappeler, vous qui avez parlé de logement, il y a quelques instants, qu'en 18 ans de mandat, votre prédécesseur n'a pas créé un seul logement étudiant à Paris.
Et vous-même, considérez-vous comme un exploit les 63 unités que vous avez réalisées depuis le début de la mandature ?
Un peu de modestie !
Est-il normal que les C.R.O.U.S parisiens ne disposent que de 2.000 logements pour une population d'environ 250.000 étudiants, dont 20.000 boursiers ?
Pour ma part, je ressens plutôt comme une honte la manière dont la Capitale de la France accueille, ou plutôt n'accueille pas les étudiants, les chercheurs, les professeurs français ou étrangers que vous incitez, par votre politique, à se tourner vers nos concurrents.
Dans votre communication, vous prétendez prendre enfin conscience du problème du logement étudiant. Il n'est que temps ! Mais que proposez-vous ? Réaliser 4.000 logements étudiants sur quinze ans ! Cela fait 267 par an. Chacun sait ce qu'il faut penser de vos effets d'annonce mais surtout, les manques sont tels que nous avons besoin, au minimum, de 500 créations par an car il faut commencer à rattraper votre retard.
La question des infrastructures, mes chers collègues, essentielle car elle est la marque d'une option stratégique que vous avez toujours ignorée. Toutes ces petites chambres murées au fil des années alors qu'elles auraient pu être reconverties, tous ces logements vides qui insultent le bon sens, tous ces laboratoires, bibliothèques, équipements sportifs en nombre insuffisant qui signent une action politique indifférente face à l'avenir et encore, lors d'une visite récente que j'ai effectuée à l'école Boulle, j'ai pu constater l'état déplorable dans lequel se trouve aujourd'hui cet école municipale d'art, qui contribue pourtant à la réputation internationale de notre Ville.
Voilà votre bilan et, disant cela, je m'adresse à l'ensemble de la majorité municipale. Paris, c'est vous, proclame un slogan lancé la semaine dernière. Sur ce point, je ne vous le fais pas dire et les étudiants parisiens n'ont pas lieu de s'en féliciter.
Dernier constat. En quatre pages d'autosatisfaction, vous n'évoquez jamais la question du monde associatif étudiant. Or, savez-vous qu'il existe 1.500 structures qui composent un tissu démocratique foisonnant. La Municipalité devrait explorer les voies d'un partenariat avec ces corps intermédiaires qui sont aussi l'expression d'une diversité propre à Paris.
Nous proposons la création d'une maison des associations étudiantes. Cela vous fait sourire ? Je suis sûr que, bientôt, vous vous y rallierez et que, bientôt, vous prendrez cette proposition et que M. le Maire dira en même temps que nous ne faisons jamais de propositions.
De même, je défends le projet de réalisation d'un centre universitaire de conférences qui serait notamment doté de moyens modernes de traduction, ce qui n'existe pas à Paris.
Voilà quelques suggestions très concrètes au service d'un objectif majeur. En effet, nous croyons que la renaissance universitaire de Paris est l'une des clefs de son rayonnement futur sur la scène internationale.
Oui, il faut restaurer l'influence intellectuelle de Paris, pas en polémiquant de façon un peu stérile avec l'Etat mais en considérant ce plan U3M comme une chance à saisir et à amplifier. Il faut donc agir et accorder une place et des moyens à tous les acteurs de la science et de la recherche car ils sont aussi les garants d'une mixité sociale et générationnelle, d'une place à redonner aux étudiants à Paris, d'une vie, d'une énergie, d'une ambition à reconquérir.
Pour la Capitale, nous faisons le pari de l'intelligence, orientation ignorée par la Municipalité au cours des deux dernières décennies.
Mais vous le savez bien, et je l'ai prouvé, il y a un instant, vous le savez bien, monsieur le Maire, il est des mouvements plus forts que certaine inertie un peu anachronique et c'est un fait, le moment n'est peut-être pas loin où l'action mise en ?uvre rejoindra enfin l'époque dans laquelle elle s'inscrit.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, du Mouvement des citoyens et communiste).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Je ne veux pas entrer dans le détail. Il n'en est pas moins vrai que vous devriez faire attention aux mots que vous prononcez. Vous parlez de honte. Vous oubliez sans doute qu'en matière universitaire, la compétence principale...
M. Bertrand DELANOË. - Pas sur le logement.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Je parle de l'université, je répondrai au logement tout à l'heure. C'est le plan Université 2000 qui a été, et je suis modéré dans l'expression, un échec total pour Paris et vous savez qui était le Ministre compétent à l'époque. Alors, de grâce, ne donnez pas de leçons !
Je dis simplement que c'était de la compétence de l'Etat. La Région, les municipalités, c'est autre chose. La compétence juridique, politique en matière universitaire, c'est l'Etat.
On voit bien ce que l'Etat, le Gouvernement, notamment M. JOSPIN, ont fait du plan Université 2000 pour Paris. Cela a été quelque chose de dérisoire et qu'il faut rapidement dénoncer. Première observation.
Deuxième observation. Vous dites "pas de polémique". En matière universitaire, c'est moi qui ait dit le contraire, tout à l'heure. Pas de polémique. Au contraire !
M. Bertrand DELANOË. - Vous n'arrêtez pas de polémiquer.
M. LE MAIRE DE PARIS. - J'ai dit que ce plan avait été établi en bonne concertation avec M. ALLEGRE. Bien entendu, les crédits affectés par l'Etat sont insuffisants, très largement insuffisants...
M. Bertrand DELANOË. - On n'avait rien fait avant.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous me laissez terminer ? Qui a fait le plan Université 2000 ?
M. Bertrand DELANOË. - Les autres n'ont rien fait.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Qui a fait le plan Université 2000 ?
M. Bertrand DELANOË. - C'est M. JOSPIN.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Jusqu'à aujourd'hui, c'est M. JOSPIN. Sans engager de polémique, vous n'avez pas de leçon à donner et, de toute façon, c'est de la compétence de l'Etat.
Je n'engage pas de polémique. Je dis que ces crédits sont insuffisants mais que la Ville veut s'engager dans un dialogue, et elle l'a fait, avec le Ministre ALLEGRE, avec le Recteur, avec le Préfet, avec les présidents d'universités. Nous ne pratiquons pas la polémique, au contraire, nous nous réjouissons de ces évolutions. Alors, vous avez tort de dire ces choses.
Sur le plan du logement, nous y travaillons dans le plan Ville/Etat qui a été signé par M. BESSON et moi, à la suite d'un vote de notre Assemblée, auquel vous avez participé positivement. Vous pouvez dire que c'est insuffisant, certes, mais c'est un vote que vous avez approuvé.
Sur le point des logements vides, que voulez-vous dire par là, Monsieur DELANOË ? Voulez-vous dire qu'il faut les réquisitionner ?
M. Bertrand DELANOË. - Oui.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Alors, faites-le. C'est le Gouvernement qui a la responsabilité de la réquisition. Quelle leçon donnez-vous ?
Je dis simplement que la réquisition des logements privés doit être exclue, totalement.
M. Bertrand DELANOË. - Vous n'arrêtez pas de changer d'avis.
M. Daniel MARCOVITCH. - La loi ne le permet pas, Monsieur le Maire.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Je dis simplement que, sur le principe, je suis défavorable.
M. Bertrand DELANOË. - Là, je ne comprends rien.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Parce que vous ne m'écoutez pas. Je suis contre la réquisition des logements privés et je crois savoir que vos amis aussi.
M. Daniel MARCOVITCH. - La loi ne le permet pas.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Le problème qui se pose, c'est pour les logements appartenant à des établissements publics, de grandes sociétés, des entreprises nationales, qui les laissent vacants. J'aimerais bien connaître la position du Gouvernement sur les logements ou bureaux vacants appartenant à de grandes entreprises nationales. J'aimerais bien le savoir, j'ai donné l'exemple tout à l'heure, mais il y en a hélas d'autres - vous devriez être prudent au moins dans l'expression - où la S.N.C.F., sous l'autorité du Gouvernement, a vendu au plus cher des locaux qui auraient pu servir pour faire des logements sociaux. Attendez, je parle de la place Valhubert...
M. Jean-Marie LE GUEN. - Quel est le P.O.S. ?
M. LE MAIRE DE PARIS. - A qui est-ce que cela a été vendu ? A des entreprises privées, au grand capital privé ? Qu'avez-vous fait, vous et votre Gouvernement ?
Peut-être fallait-il le faire, mais de grâce, avant de donner des leçons, regardez les exemples flagrants !
Quant aux écoles de la Ville, la Ville gère des établissements qui devraient être gérés par l'Etat, des établissements municipaux et l'Etat devrait financer ces équipements, il ne le fait pas. Vous savez que chaque année il y a une somme de 50 millions de francs qui est payée et M. REINA vous le confirmera, par la Ville alors que c'est l'Etat qui devrait le payer. Je ne dis pas cela pour dire que c'est bien ou que ce n'est pas bien, mais prudence au moins avant d'affirmer, avant de donner des leçons, soyez de la plus grande prudence.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").
La parole est à M. BORDET.
M. Xavier-Marie BORDET. - Monsieur le Maire, chers collègues, depuis des années la situation matérielle des Universités, des laboratoires de recherche et aussi des étudiants parisiens est difficile, et dans bien des endroits scandaleuse.
Si la qualité des enseignements, des travaux des chercheurs garde un rayonnement international, si Paris reste un phare et un aimant pour les étudiants, il est temps et nous y travaillons depuis des années, d'offrir aux étudiants dont le nombre s'est multiplié considérablement en quelques années, des locaux décents qui leur permettent de ne plus être entassés au-delà de l'imaginable. Il est temps d'offrir aux enseignants chercheurs des conditions de travail décentes et modernes. Il est temps de se pencher sur les conditions de vie, de santé, de logement des étudiants dont un récent rapport rappelle pour beaucoup la grande misère.
Le dynamisme de l'Université parisienne depuis des siècles est un élément considérable du rayonnement, du développement de Paris. Faut-il ici en faire l'histoire et dresser l'interminable liste qui de Sorbon à Charpak, de Villon à Bourdieu, de tout ce que l'Université apporte à Paris parce que Paris apporte à l'Université... Oui, Bourdieu, pourquoi pas, il vous dérange sans doute, Monsieur LE GUEN ?
Il est temps, après bien des tentations centrifuges que l'Etat prenne en charge ses responsabilités et nous nous en félicitons pour notre part. L'effort, Monsieur le Maire, que vous nous présentez aujourd'hui, est considérable et à la hauteur du défi.
Nous arrivons avec un plan pour les années à venir qui permet de propulser les universités parisiennes dans le siècle et de leur redonner toute leur place. Les mètres carrés mis à disposition dans un nouveau quartier moderne, dynamique, avec l'environnement de la bibliothèque, des entreprises de recherche, les lieux culturels dans le prolongement du complexe de la Salpétrière, du muséum de Jussieu, s'inscrivent dans la continuité du quartier latin.
L'accord de tous les présidents d'Université indique bien ce besoin et cet effort et la large concertation qui a présidé à l'élaboration de ce plan.
Je souligne donc l'effort qui est fait et qui est sans précédent et qui est fait aussi pour la vie étudiante, le logement, le sport, la culture, les bourses.
Il est nécessaire que cet effort soit contractualisé dans une convention qui mette à plat toutes les imbrications de l'Etat et de la Ville et de la Région dans le dispositif d'enseignement. Vous avez parlé du problème des établissements publics locaux d'enseignement et des écoles de la Ville et de toutes les contributions financières de la Ville de la Région et de l'Etat.
Monsieur le maire, toute notre assemblée peut être fière aujourd'hui des options prises en matière universitaire. Cependant, il faut rester vigilant et exigeant sur les responsabilités de chacun.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur BORDET.
Monsieur SARRE, vous avez la parole.
M. Georges SARRE, président du groupe du Mouvement des citoyens, maire du 11e arrondissement. - Monsieur le Maire, chers collègues, l'enseignement supérieur et la recherche constituent un potentiel qu'il convient de renforcer pour soutenir le développement économique, l'emploi, et accroître le rayonnement de la Capitale.
Ce potentiel étant menacé d'affaiblissement, j'avais fait part en juin 1997 à M. le Ministre de l'Education nationale et de la Recherche de la nécessité de lancer un plan en faveur de l'Université à Paris.
Le Gouvernement a pris avec le lancement d'U3M la mesure de l'effort à engager. Des crédits importants prévus par l'Etat et la Région Ile-de-France permettront de rattraper le retard en matière d'équipement, d'améliorer les conditions de vie des étudiants et des enseignants.
La Ville de Paris se devait d'accompagner ce mouvement. J'accueille donc avec satisfaction les premières annonces de la Municipalité parisienne qui contraste avec l'insuffisante implication de la Ville en ce domaine au cours des vingt dernières années, mais je veillerai à ce que les engagements de la Ville soient tenus, voire renforcés.
Les conditions de mise en oeuvre du plan U3M ne sont pas en effet encore totalement définies. Il se développera sur deux contrats de plan, or il y a urgence pour Paris. La Ville doit donc apporter des garanties pour la mise en oeuvre de ces concours, pour l'amélioration des conditions de vie des étudiants, les crédits prévus notamment pour le logement par la Ville, 150 millions de francs, restent insuffisants.
La pérennisation de l'aide aux bénéficiaires de bourses Erasmus recueille par contre mon assentiment. Elle est l'aboutissement des propositions formulées par le groupe du Mouvement des Citoyens formulées en 1997.
Les opérations prévues au titre d'U3M offrent l'occasion d'engager une profonde réorientation de la Z.A.C. "Paris-Rive gauche", et dès 1990 j'avais préconisé de réduire les surfaces de bureaux au profit d'équipements, d'espaces verts et de logements sociaux.
Nous avons fait depuis, en tant que groupe du Mouvement des citoyens, d'autres propositions pour renforcer la vocation universitaire et culturelle de cette Z.A.C.
Vous avez proposé en 1999 suivant nos orientations d'augmenter les surfaces du pôle universitaire. C'est une avancée positive, l'INALCO devrait aussi être implantée dans cette Z.A.C., comme nous l'avons demandé.
Nos propositions sont donc progressivement mises en oeuvre, mais il faut revoir, Monsieur le Maire, le contenu de cette Z.A.C.
Comme vous m'avez cité, Monsieur TIBERI, s'il vous plaît, du moins j'ai cru me reconnaître..... peut-être est-ce de l'immodestie, il m'a semblé que parmi les propos que vous citiez en exergue, je me reconnaissais !
En effet, pour réussir l'intégration du futur pôle universitaire, je souhaiterais que vous revoyez le programme d'ensemble. Cette Z.A.C. prévoit le long de l'avenue de France le développement d'une muraille de bureaux de 35 mètres de haut, les 900.000 mètres carrés de bureaux et les 200.000 mètres carrés de locaux d'activité prévus constituent pratiquement l'équivalent de la première phase de la Défense. Je vois mal comment, Monsieur le Maire, un pôle universitaire isolé ou trop éclaté pourra se distinguer sur ce site. Il ne faut pas de crispation.
Vous avez su ainsi renoncer en 1996 à cet autopont, qui devait transpercer la verrière de la gare d'Austerlitz. Vous venez de prendre la mesure de la réorientation qui s'impose pour cette Z.A.C. Il faut agir vite et définir pour les secteurs Tolbiac, Masséna un projet complémentaire du pôle universitaire en formant un véritable technopôle intégrant un complexe multisalles, des équipements périuniversitaires, des circulations douces. Il faut mettre en oeuvre, pour créer le plus près possible de la BNF, le pôle langues et civilisations, qui doit regrouper l'INALCO avec des bibliothèques spécialisées. Ceci nécessite que l'INALCO ne soit pas isolé sur un bout de terrain, éloigné du reste du pôle universitaire. C'est pourtant ce qui se dessine, d'après les premières informations dont je dispose.
Aussi, je vous demande, Monsieur le Maire, d'associer les groupes politiques du Conseil de Paris à la définition des choix qui seront faits par la Ville, dans le cadre de la convention préparée avec l'Etat pour le plan U3M.
Je souhaite enfin qu'un débat soit organisé sur la Z.A.C. "Paris-Rive gauche" afin d'inscrire ce projet dans la perspective d'un urbanisme novateur, cohérent et maîtrisé.
Je vous remercie.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur SARRE.
La parole est à M. POZZO DI BORGO.
M. Yves POZZO DI BORGO. - Le groupe U.D.F., dès sa création, par la voix de notre collègue Adrien BEDOSSA, avait insisté de façon vigoureuse pour que la Municipalité de Paris ait une politique universitaire. Il rejoignait en cela la préoccupation que vous avez exprimée plusieurs fois, Monsieur le Maire, de faire de Paris une capitale universitaire internationale.
En 1991, le plan "Université 2000" était lancé. Il allait ouvrir la période de 1991 à 1995, et au-delà. Son objet était d'accueillir 300.000 étudiants supplémentaires sur l'ensemble de la France. L'Etat s'était engagé pour 16 milliards. La négociation au niveau de chaque région a conduit le projet "Université 2000" à un montant de près de 33 milliards de francs qui a profité à l'ensemble des villes universitaires.
Seule la Ville de Paris qui regroupait pourtant 55 % des étudiants de la Région Ile-de-France a été complètement oubliée par ce plan, alors que pour notre région la somme totale qui lui était attribuée se montait à 8 milliards 90 millions, comprenant la part de l'Etat et la part des collectivités.
La conséquence fut un lourd retard de 9 ans pour l'université parisienne. Ce qui l'a handicapée, notamment en ce qui concerne les opérations de mise en sécurité des locaux.
Le Gouvernement socialiste ne pouvait l'ignorer, d'autant plus que le Premier Ministre et le Ministre de l'Education actuel étaient à l'époque les décideurs et donc aujourd'hui les principaux responsables de ce retard.
Presque 10 ans plus tard, dans le lancement du plan "Université du 3e Millénaire", les mêmes corrigent leurs erreurs en y intégrant pleinement les universités parisiennes.
Il était donc tout à fait légitime que la municipalité de Paris s'implique dans ce plan. Elle a eu raison d'offrir à l'Etat la possibilité de construire jusqu'à 200.000 mètres carrés de surfaces universitaires sur la Z.A.C. "Rive-gauche" et de s'associer très étroitement au développement du logement étudiant et à l'amélioration de la vie étudiante.
C'est une décision majeure pour cette fin de mandature et pour la mandature suivante.
Mais elle nous oblige à avoir une politique ambitieuse et imaginative qui sorte de l'ordinaire.
C'est dans cet esprit et sans qu'il existe le moindre soupçon de critique à l'égard de l'action de notre collègue REINA en ce domaine, qu'il devrait y avoir, dès aujourd'hui, un de vos adjoints qui s'occupe à plein temps de ce dossier et qui ne fasse que cela. Une direction de la vie universitaire, au sein des services de la Ville, devrait être également créée pour favoriser son action, si notre secrétaire général a évidemment le temps de s'occuper de notre administration, occupé comme il l'est par ses activités politiques.
Une politique ambitieuse a besoin de décisions fortes. Cette politique devrait faire l'objet d'un débat plus important. C'est notre avenir et en partie l'avenir du pays, qui se joue dans un monde où la formation deviendra le bien le plus durable. Pourquoi un Conseil de Paris ne lui serait-il pas uniquement consacré ?
En attendant ce débat, au nom du groupe U.D.F., je me contenterai de faire trois remarques.
La première remarque concerne le logement étudiant. Les capacités d'accueil dans les résidences universitaires permettent d'héberger 7,5 % des étudiants en France (ce chiffre, pour certains, serait de 8,3 %). Pour mémoire, il est de 13 % en Allemagne, mais il n'est que de 0,6 % à Paris.
Le plan U3M a prévu 4 000 logements sociaux et seulement 2000 sur la période du contrat de plan. Si cet objectif est atteint à la fin du contrat de plan, nous aboutirons péniblement au chiffre de 1,2 % de capacité d'accueil en résidences universitaires, par rapport à la population étudiante. Ces chiffres, si je n'ai pas fait d'erreurs, montrent quel chemin il nous reste à parcourir.
La deuxième remarque concerne l'arrivée future d'un nombre important d'étudiants sur la Z.A.C. "Rive gauche". C'est un peu de l'esprit du quartier latin, qui arrive dans cette zone. Cette arrivée ne conditionnera pas seulement l'aménagement d'une partie du secteur Masséna, mais l'ensemble de la Z.A.C.
Dans cette Z.A.C., 5.500 logements sont prévus, un tiers de P.L.A., un tiers de P.L.I., un tiers d'accession à la propriété. Il est évident compte tenu de la carence en logements étudiants dans la Ville de Paris, qu'un nombre important de P.L.A. et dans une moindre mesure de P.L.I. devront être réservés aux étudiants.
Dans le cadre des responsabilités qui me sont confiées, j'ai été amené à votre demande à présider une réunion de concertation sur la Z.A.C. "Paris-Rive gauche". Ce qui m'a frappé dans cette belle opération, c'est l'absence future d'équipements culturels et sportifs de proximité.
Bien sûr, au niveau culturel, l'environnement de la Z.A.C. propose la BNF, le complexe MK2 qui va s'installer, le bâtiment du 91, quai de la Gare, qui sera un lieu d'accueil pour l'art contemporain, mais malgré cela la Ville ne fera pas l'économie, par exemple d'une salle de cinéma d'art et d'essai ou d'une maison de l'étudiant ou d'autres initiatives qui ne seraient pas prises par les universités. L'absence de tout équipement sportif, bien qu'un petit gymnase soit prévu, va nous obliger à une nouvelle réflexion sur les décisions d'aménagement en cours pour pouvoir répondre à ces besoins.
Pourquoi pas une piscine sur la Seine, dans le cadre de l'aménagement de la Seine ?
Ma troisième et dernière remarque concerne l'aide financière aux étudiants. 2 millions de francs distribués à 500 étudiants sur 51.000, pour étudier à l'étranger, dans le cadre du programme ERASMUS, et aucune véritable action affichés d'aide directe pour accueillir des étudiants étrangers. Convenez chers collègues que, pour une ville qui se veut une capitale internationale, il est nécessaire que nous réorientions complètement notre action en ce domaine. Le coût de la vie pour un étudiant parisien est aussi plus élevé que pour un étudiant en province.
Actuellement, 10 millions de francs de bourses municipales sont distribués chaque année à 2.000 étudiants dont les parents ne dépassent pas un certain plafond familial.
Est-ce suffisant ?
Personnellement, je réponds non. Je le dis fermement : si nous voulons avoir une politique ambitieuse et faire de Paris une capitale universitaire internationale, l'ensemble de cette aide est nettement insuffisante.
Nous devons donc engager une réflexion en ce domaine. Pourquoi ne ferions-nous pas comme la Région Rhône-Alpes qui offre un nombre conséquent de bourses de thèse, sur appel d'offres et sur examen des dossiers à des étudiants en DEA et en thèse ?
Pourquoi ne créerions-nous pas les "Grands prix universitaires de la Ville de Paris", comme nous le faisons pour les activités culturelles ? Nous reconnaîtrions ainsi et valoriserions le mérite et le talent des étudiants, chercheurs et thésards de toutes les disciplines.
Evidemment, tout cela a un coût. Il va falloir que nous fassions des choix budgétaires. Et pour cela, je ne prendrai qu'un exemple. Supporter du P.S.G., amateur de football, j'ai toujours voté avec réticence la subvention de 42 millions de francs au P.S.G., propriété d'une chaîne de télévision internationale française. D'autant que l'on sait que certains joueurs, qui le méritent, sont payés plus de 500.000 F par mois alors que dans le secret de nos laboratoires universitaires, des chercheurs préparent l'avenir du pays et pour certains de l'humanité, pour 15.000 F par mois.
Je m'adresse à mes collègues de la majorité municipale. Puisque malheureusement nous sommes déjà en campagne municipale, prenons l'engagement pour le dernier budget de la mandature, de ne plus voter la subvention du P.S.G. et de reverser intégralement cette somme pour l'aide aux étudiants.
Ce serait un signe fort qui montrerait que cette majorité municipale s'occupe de choses sérieuses et non de paillettes.
En conclusion, Monsieur le Maire, je dirai que la décision de la Ville de Paris d'offrir 200.000 mètres carrés à l'université et de s'engager dans une politique universitaire plus conséquente est un acte fort de votre mandature mais que nous devons réfléchir encore pour accroître nos efforts d'accompagnement de la vie universitaire dans notre Capitale.
Merci.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "U.D.F. et Modérés", "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Je me réjouis que nous nous engagions totalement dans ce secteur universitaire, ce qui n'a pas été le cas de la part de certains de nos amis qui ont parfois dit que ce n'était pas de la compétence de la Ville. Vous vous en souvenez ? Certains de vos amis d'ailleurs.
Je me réjouis de les voir se rallier à ces orientations qui font que, même si ce n'est pas de notre compétence juridique, nous le faisons parce que c'est l'avenir de notre jeunesse.
Vous dites qu'il faut trouver de l'argent, une somme qui n'est pas à la mesure d'ailleurs du problème. Vous avez vu que rien que les terrains, c'est 1.500.000.000 F.
C'est une vieille antienne, parler de subventions, etc... Paris est une des villes qui fait en ce domaine, c'est vrai pour le sport professionnel, un certain effort qui n'est pas supérieur à celui que font d'autres villes de province quelle que soit leur sensibilité.
Puis-je me permettre de vous rappeler que le sport professionnel, la Coupe du Monde de football en a été un exemple, est un symbole pour les jeunes, pour les petits clubs que nous devons bien sûr aider et qui sont fascinés, enthousiasmés.
Nous devons aussi intégrer cette notion d'exemple pour les jeunes et donc vous me permettrez de ne pas être d'accord sur cette substitution. On ne va pas prendre d'un côté pour l'un ou l'autre. Tout doit être pris en compte. On ne va pas faire moins de travaux de voirie, parce qu'il faut qu'ils existent.
J'ai noté avec intérêt ces prises de position positives pour les universités.
La parole est à M. KUBICZ.
M. Richard KUBICZ. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, lors de la dernière rentrée scolaire, j'avais eu l'occasion de rappeler au nom du groupe "Paris-Libertés" que notre ville consacre, chaque année, 3,5 milliards pour que nos enfants aient un accueil scolaire de qualité.
J'en profite pour souligner à nouveau que nous contribuons 500 millions de plus que ce que l'Etat nous demande. En échange de notre générosité, l'Académie de Paris rendra neuf postes au titre de la solidarité entre les académies, les remplacements ne sont plus assurés, les élèves en difficulté laissés à l'abandon. 25 % des écoles classées en zone d'éducation prioritaire ont besoin de moyens exceptionnels qui ne sont pas accordés.
Le groupe "Paris-Libertés" avait pourtant naïvement cru jusqu'ici que la relation Etat-Ville était contractuelle. Notre collectivité ne cesse d'investir mais qu'obtenons-nous en échange : des écoles en grève, car parents et enseignants, solidaires, défendent l'école comme enjeu essentiel pour l'avenir d'enfants appelés à rentrer dans une économie en mutation constante.
Le Gouvernement est censé conduire l'Education nationale et donc de la financer correctement. Il n'y parvient pas alors même que nombre de coûts sont partagés avec les collectivités.
Quand il s'agit d'universités, compétence exclusive de l'Etat, celui-ci nous roule en traitant les dossiers dans le cadre du contrat de plan. En inscrivant les crédits de l'université dans ce contrat, on travestit l'ampleur réelle de l'effort consenti en faveur de Paris, ville oubliée par la Région et mal aimée par l'Etat.
Notre ami, Philippe DOMINATI, rappelait tout à l'heure, que du fait de la politique des friches organisée par Lionel JOSPIN en 1989, dans le cadre du plan 2000, les universités parisiennes souffrent de 26 milliards de francs de retard d'investissement.
26 milliards alors que l'Union européenne, dans le cadre de l'agenda 2000, reconnaît enfin que les grandes agglomérations urbaines sont le centre et le point de départ des développements sociaux, politiques et économiques.
L'héritage culturel et la puissance intellectuelle des universités urbaines offrant ainsi des potentialités inexploitées d'innovation, l'Union européenne met désormais l'accent sur l'urgence de renforcer la vitalité intellectuelle des grandes villes, car la compétitivité de l'Europe sera conditionnée par notre faculté de traduire au niveau des produits et services d'un nouveau type, le potentiel innovateur des métropoles européennes.
Mais il est presque trop tard. Permettez-moi de vous donner quelques exemples :
Israël est aujourd'hui une nation-clé dans le développement de la nouvelle économie, celle de l'informatique et des télécommunications. Mais il y a encore peu, Israël n'avait formé que 60.000 ingénieurs, un chiffre insuffisant pour alimenter une industrie de haute technologie. L'U.R.S.S. décide alors de laisser les juifs russes émigrer. Sur 800.000 émigrants, 200.000 ingénieurs viennent du jour au lendemain renforcer le potentiel scientifique d'Israël. Vous connaissez la suite !
Prenons les Etats-Unis : les anciens élèves du M.I.T. ont à ce jour créé 4.000 sociétés qui emploient 1,1 million de salariés avec un chiffre d'affaires combiné de 232 milliards d'euros, soit la 24e économie mondiale. Une seule université est à l'origine d'une pareille réussite.
Quid de Paris ? L'Etat nous a abandonné mais Paris a beaucoup manqué d'ambition dans le passé.
C'est ainsi que nombre d'établissements d'enseignement supérieurs ont quitté la Capitale depuis des années (Polytechnique à Saclay, H.E.C. à Jouy-en-Josas, l'E.S.S.E.C. à Cergy, Normale Sup à Lyon, et d'autres moins connus ont suivi cette politique de délocalisation). Depuis 1968, l'essentiel des développements ont été faits à la périphérie de la Ville (Orsay, Nanterre, Saint-Maur, Villetaneuse, Saint-Denis...) mais non dans le c?ur historique. Depuis près de trente ans, la seule modification a été la restauration et le réaménagement du Collège de France.
Paris ne manquait pourtant pas de terrains qui auraient pu être affectés à des projets de technopôle à l'instar de ce qui se produisait à l'étranger.
A Paris, depuis plus de trente ans, la Ville a eu à céder de nombreux terrains à l'Etat pour un autre usage : l'ambassade d'U.R.S.S., l'Institut du Monde arabe, la Très Grande Bibliothèque, ou même pour le Grand Stade (même si le terrain n'est pas à Paris intra-muros).
Un autre grand terrain disponible avait été utilisé pour construire le Palais des sports de Bercy. D'autres ont été affectés à d'autres usages, comme des logements pour l'ancienne caserne Dupleix, ou des logements et un grand parc Quai Citroën.
La Ville met aujourd'hui gratuitement à la disposition de Paris VII des terrains d'une valeur de un milliard de francs sur la Z.A.C. "Rive gauche". 130.000 mètres carrés qui accueilleront également Langues O., université prestigieuse démantelée dans les années 1960 et exilée dans des locaux périphériques.
Le groupe "Paris-Libertés" se réjouit de cette décision mais souhaiterait que l'effort soit plus ambitieux encore. Nous pensons que l'hôpital Laënnec, idéalement situé au c?ur de la rive gauche historique et dont l'architecture se prête à une transformation au profit de l'enseignement, soit racheté par la Ville et affecté à un pôle d'excellence qui associe université et entreprises innovantes. Faire aussi bien sinon mieux que nos voisins britanniques est à notre portée.
Ainsi, autour de la prestigieuse université de Cambridge, les entreprises technologiques ont depuis quatre ans créé plus de 5.000 emplois. Un seul de ces établissements, Trinity College a lancé un "science park" en 1970, c'était l'un des premiers, qui, à lui seul, regroupe aujourd'hui soixante entreprises et 4.500 emplois. Au total, l'université de Cambridge qui n'a que 16.000 étudiants a attiré plus d'un millier d'entreprises de haute technologie devenant ainsi plus un centre de haute technologie qu'une ville universitaire.
Donc merci au Gouvernement de permettre à Paris de se payer des universités avec son propre argent.
Nous aurons donc un nouveau quartier latin mais encore faut-il qu'il ne soit pas celui du XIXe siècle. La Ville a, en ce sens, un rôle fondamental à jouer, rôle qui est de sa compétence, en créant les conditions politiques et fiscales pour que des pépinières d'entreprises accompagnent ce nouveau pôle d'excellence.
En défiscalisant les jeunes entreprises, en offrant des contrats de recherche, en créant comme le M.I.T. un prix parisien de l'innovation, en passant avec les propriétaires des accords de stabilisation de loyer dans les quartiers comme le Sentier où s'installent les start-up, la ville s'inscrira dans le mouvement qui anime les grandes villes ambitieuses.
Après tout, ce serait un comble si Paris ne pouvait faire mieux que San Francisco, dont la municipalité a su, en quelques mois, abriter dans un quartier déshérité 500 entreprises de haute technologie, soit 35.000 emplois et 2 milliards et demi d'euros de chiffre d'affaire.
Du Sentier jusqu'aux hauteurs de Belleville, des dizaines d'entreprises essaient de relever ce défi. Aidons-les à prospérer car si l'Etat nous oblige à pallier ses carences, en revanche dans le domaine économique nous sommes maîtres de notre destin. Soyons donc ambitieux !
M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur REVEAU, excusez-nous, mais je crois que pour l'intérêt du débat, il vaut mieux reprendre cette discussion cet après-midi après le Conseil général, aux environ de 16 heures. Je suis désolé, mais il faut savoir s'arrêter. Merci de votre compréhension.