Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Fevrier 2000
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

27 - 2000, JS 15 - Subvention à l'Association des Marocains en France (11e). - Montant : 5.000 F

Débat/ Conseil municipal/ Février 2000


M. Jean-Loup MORLÉ, adjoint, président. - Nous allons maintenant passer à l'examen du projet de délibération JS 15 relatif à l'attribution d'une subvention à l'Association des Marocains en France, pour un montant de 5.000 F.
La parole est à M. REVEAU.
M. Jean-Pierre REVEAU. - Monsieur le Maire, ce rapport me donne l'occasion d'examiner la politique de la ville telle que menée par la Mairie.
Deux observations : tout d'abord de nombreux projets de délibération soumis à notre séance s'inscrivent dans le cadre de cette politique protéiforme : les projets DAC 22, DVLR 6, 23, 25 ou 26 G, visent à l'intégration par le sport, les voyages, le théâtre, le scolaire ; bref, un inventaire à la Prévert, mais la poésie n'est pas au rendez-vous !
Ces projets ont en commun de passer par le canal de subventions associatives. L'attribution de cette subvention illustre toute l'ambiguïté, la nocivité et l'inutilité de la politique de la ville, appellation camouflée de la politique d'immigration.
Ambiguïté puisque votre projet précise qu'il entend promouvoir la culture d'origine de ces ressortissants étrangers. J'avais cru comprendre que l'intégration supposait une adhésion sincère et sans retour à la société française.
C'est ainsi que les Etats-Unis conçoivent l'intégration des non-Américains à la nation américaine : il faut avoir fait preuve d'un désir effectif et prolongé de s'absorber dans la société américaine pour participer pleinement à sa vie publique et obtenir éventuellement sa citoyenneté.
Nocivité ensuite, car le maintien de la culture d'origine implique qu'il n'y a pas de rupture avec cette dernière ; il n'y a pas, dans ces conditions, d'intégration possible et durable dans la communauté nationale française.
La conséquence évidente de la politique de la ville est donc de maintenir des communautés étrangères constituées sur le sol français, dérive dont on mesure tous les jours les conséquences.
Inutilité, enfin, de la politique de la ville car, par le biais de toutes ces subventions de prévention, d'animation, d'insertion, vous achetez ou croyez acheter la paix civile. Or, le déversement de crédits dans le tonneau sans fond de la prétendue intégration que vous allez multiplier par quatre par le biais du prochain contrat de plan n'empêche ni les incidents, ni les violences dans nos écoles, nos stades, les rues et les transports.
Il s'agit là d'un échec de tous les gouvernements et institutions depuis trente ans, échec tragique dont vous porterez la responsabilité devant l'Histoire et le peuple français.
Merci, Monsieur le Maire.
M. Jean-Loup MORLÉ, adjoint, président. - La parole est à M. MESMIN.
M. Georges MESMIN. - Monsieur le Maire, nous sommes tout à fait hostiles, s'agissant de l'attribution de subventions à des associations, quel que soit le terrain sur lequel elles se placent, à tous les critères qui ont un caractère clairement communautariste, que celui-ci touche à la religion, à la nationalité d'origine, à une ethnie ou à une culture.
Nous pensons que, s'il est parfaitement légitime qu'une association se crée avec pour objectif, par exemple, de développer des activités socioculturelles, sociales et d'éducation, au sein de la communauté marocaine et des populations issues de l'immigration dans les quartiers Fontaine-au-Roi et Bas-Belleville, il n'est pas dans la vocation de la Ville de Paris de subventionner de telles associations, même si celles-ci sont utiles et sympathiques, car la Ville ne peut intervenir, dans notre esprit, que sur des critères laïques et universels et certainement pas sur des critères identitaires ou communautaristes.
M. Jean-Loup MORLÉ, adjoint, président. - Merci, Monsieur MESMIN.
La parole est à M. BURRIEZ pour répondre aux orateurs.
M. Jean-Pierre BURRIEZ, adjoint, au nom de la 4e Commission. - Monsieur le Maire, je ne répondrai pas à M. REVEAU, parce qu'il n'a pas attaqué le dossier proprement dit, il s'est livré à une analyse qui n'engage que lui, sur la nocivité de la politique de Paris. Donc, il s'est en fait servi de ce dossier pour attaquer la politique de la ville.
Les activités de cette association des Marocains de France s'adressent - et je répondrai à M. MESMIN, qui apparemment était mal informé puisqu'il parlait de critères identitaires et communautaristes - à tous les jeunes Parisiens et en particulier à ceux de ces quartiers du Bas-Belleville et Fontaine-au-Roi, dans le 11e arrondissement.
Je rassure donc tout à fait M. MESMIN, une quarantaine de jeunes fréquentent les animations proposées, il n'y a aucun critère communautariste, comme il le disait, et je vous propose d'adopter ce projet de délibération.
M. Jean-Loup MORLÉ, adjoint, président. - Merci, Monsieur BURRIEZ.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération JS 15.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2000, JS 15).