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Novembre 2003
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Conseil Général
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8 - 2003, ASES 278 G - Subvention de fonctionnement à l'association "Prévention santé" (6e). - Montant : 5.000 euros

Débat/ Conseil général/ Novembre 2003


Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Nous passons à l'examen du projet de délibération ASES 278 G portant attribution d'une subvention de fonctionnement à l'association "Prévention santé".
Madame Véronique DUBARRY, je vous donne la parole.
Mme Véronique DUBARRY. - Je vous remercie, Madame la Présidente.
Chers collègues, l'action mise en place par l'association "Prévention santé" consiste à aller au-devant des jeunes errants dans les gares afin de prévenir les conduites à risque et de prendre en charge leur souffrance psychosociale. L'association intervient dans trois gares parisiennes : la gare de l'Est, la gare du Nord et la gare Saint-Lazare. Des points "Ecoute santé jeunes" ouverts toute la semaine y sont implantés et des professionnels interviennent également en-dehors des points "Ecoute" en allant à la rencontre des publics susceptibles d'être concernés par leur action : jeunes en errance, adultes en voie de désocialisation, etc.
Pour l'année passée, 1.613 jeunes se sont rendus au point "Ecoute santé" de la gare Saint-Lazare, 1.360 dans celui qui concerne la gare de l'Est. La fréquentation du point "Ecoute" de la gare du Nord étant nettement inférieure, avec 241 jeunes seulement. Les raisons de cette faible fréquentation sont vraisemblablement multi causales.
Permettez-moi néanmoins de vous rappeler que, au cours des deux dernières années, 2001 et 2002, la gare du Nord a subi des transformations considérables : création de galerie commerciale, réaménagement de la gare banlieue, du parvis, etc. Ces réaménagements se sont accompagnés d'une volonté claire, affichée, de la direction d'exploitation d'éloigner de l'enceinte de la gare une population devenue indésirable. Les associations intervenant dans la gare nous ont à maintes reprises interpellés sur le changement flagrant dans les modes d'intervention des différents services des forces de l'ordre agissant sur les gares. Il a fallu quelque temps et quelques courriers pour qu'un modus vivendi soit enfin trouvé.
Certes, les associations ne sont plus directement dérangées dans leur travail, ce qui est tout de même le moins. Mais la présence, qui reste importante, des forces de police gêne d'une façon certaine leurs interventions. Devons-nous nous étonner que les publics habituellement suivis par ces associations aient tendance à déserter les gares, ou du moins à y rester le moins possible ?
Alors oui, la gare est "nettoyée", c'est le moins que l'on puisse dire, pour reprendre la conception hygiéniste actuellement à la mode du traitement social. Mais cela se fait bien sûr au détriment d'un réel suivi de ces populations car, si ces personnes ne sont plus dans les gares, où sont-elles ? Qui continue la prise en charge entamée par les associations, parfois après des mois de prise de contact, de mise en confiance ? On ne fait que déplacer le problème, le balayer d'un revers de la main parce que cette détresse que l'on ne veut plus voir risque d'indisposer les voyageurs.
Pourtant, "Prévention santé" note bien dans son rapport que l'effort reste un facteur aggravant de risque et de vulnérabilité face aux conduites à risque.
Nous nous trouvons ici dans une situation paradoxale. Les associations, dont nous saluons et soutenons le travail réalisé, ont de plus en plus de mal à suivre ces publics en difficulté dans les gares puisque ceux-ci sont justement de moins en moins dans les gares.
Pourtant, les problèmes n'ont pas pour autant disparu, bien au contraire. Tous les rapports d'activité des associations intervenant sur les gares le notent. Les jeunes mineurs en errance sont toujours aussi nombreux, même de plus en plus, mais ils sont moins visibles. Les adultes en désocialisation également, mais on les trouve désormais plutôt aux abords des gares.
Les problématiques demeurent les mêmes : polytoxicomanie, problèmes de santé, y compris de santé mentale, problèmes d'hygiène, installation d'une prostitution qui ne dit pas son nom et installation d'une prostitution masculine également, etc. Nous nous félicitons donc du soutien de la Ville et du Département à cette association et, plus largement, à toutes les associations qui interviennent sur les gares du Nord et de l'Est.
Mais nous voulons à nouveau insister sur la nécessité de nouer avec la S.N.C.F. des rapports qui permettent de créer, en lieu et place de quelques boutiques, des locaux pour les associations qui travaillent dans les gares. Nous souhaitons également savoir où en est la discussion avec la S.N.C.F. qui avait été entamée sur ce point il y a plus de deux ans.
Par ailleurs, je souhaite vous rappeler que nous avions fait adopter un v?u à notre Assemblée qui stipulait que la Ville de Paris devait prendre l'initiative auprès de la S.N.C.F. afin que soient implantés dans les gares des services publics de façon, justement, à mettre autre chose qu'un aspect purement et uniquement commercial dans ces galeries nouvellement créées.
Les gares ont dans notre ville un statut particulier, mais ce sont malgré tout des parties de notre territoire. Il convient donc de leur accorder la même attention, bien sûr, mais de veiller tout particulièrement aux populations extrêmement fragilisées qui ne cessent de les fréquenter.
Je vous remercie.
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - La parole est à M. Alain LHOSTIS.
M. Alain LHOSTIS, au nom de la 6e Commission. - Je partage l'analyse qui est faite par Véronique DUBARRY, et l'on est d'ailleurs très souvent en accord sur ces questions de prise en charge des toxicomanies. Je dois dire qu'effectivement le travail de l'association "Prévention santé" dans les gares est un travail de qualité assez exceptionnelle. Je connais la conception de la S.N.C.F. sur la façon d'améliorer les gares, comme elle le dit, et il faut beaucoup discuter avec elle pour lui faire comprendre que ces associations participent à cette qualité.
Concernant la gare de l'Est, vous savez que le T.G.V. Est arrivera en 2007. Il y a un autre projet, sur lequel peut-être, on aura des appréciations différentes, qui est envisagé pour cette gare, c'est la liaison directe avec Roissy. C'est une gare qui était un peu en dépérissement avec la création de la gare Magenta, mais qui va donc se revivifier. Dans ce cadre, il y a des travaux importants à faire pour accueillir les voyageurs puisque cette gare n'a pas fait l'objet de travaux importants depuis longtemps.
C'est vrai que, dans ce contexte, le local "Prévention santé" devrait changer d'emplacement et que l'association tient à ce que son nouveau local soit suffisamment visible par les usagers. L'endroit actuel était très bien pour l'association, c'était sans doute un des meilleurs endroits. Sur ce plan, une rencontre est prévue avec la S.N.C.F. au début de l'année 2004 pour réexaminer avec elle cette situation. Pour information, à la gare Saint-Lazare, l'association est logée ; c'est vrai qu'il y a une crainte sur la localisation, car elle est dans un immeuble qu'elle partage, en particulier, avec les organisations syndicales. Comme pour l'instant, on n'a pas trouvé de relogement pour ces organisations syndicales, le projet de relogement est momentanément bloqué. Il y a donc un sursis sur la localisation actuelle, mais il n'y a pas d'éclairage sur l'avenir. Concernant la gare Montparnasse, l'association est également en pourparlers avec la S.N.C.F. pour une future installation dans cette gare.
On ne peut pas laisser la discussion simplement entre l'association, soutenue par la mission "Toxicomanie", par Mme ARENE en particulier, et la S.N.C.F. Je m'engage à reprendre contact avec celle-ci, pas seulement au niveau régional, mais au niveau national pour essayer d'avoir une discussion globale et voir comment on peut gérer à nouveau ces situations.
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 278 G.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Qui s'abstient ?
Le projet de délibération est adopté. (2003, ASES 278 G).