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Juin 1999
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Conseil Général
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4 - 1999, ASES 75 G - Subvention à la Fédération des centres sociaux de Paris (20e). - Montant : 50.000 F

Débat/ Conseil général/ Juin 1999


M. LE PRÉSIDENT. - Nous passons à l'examen du projet de délibération ASES 75 G accordant une subvention à la Fédération des centres sociaux de Paris.
La parole est à Mme SCHERER.
Melle Sylvie SCHERER. - Monsieur le Président, mes chers collègues, ce projet de délibération vise à subventionner la Fédération des centres sociaux de Paris. Créée en 1992, cette association vise à favoriser le développement des centres sociaux parisiens et à coordonner leurs actions.
Elle assure un soutien dans le montage de projets et dispense une formation aux salariés bénévoles des centres sociaux.
Cette Fédération a, par exemple, assuré la coordination logistique d'activités d'été menées par plusieurs centres sociaux dans le cadre du dispositif "Ville-Vie-Vacances". L'association a également très largement contribué à la réouverture d'un centre social dans le 19e et se préoccupe à l'heure actuelle de sauver le centre social du 14e.
La Fédération des centres sociaux de Paris est et doit être un partenaire essentiel et privilégié de la collectivité parisienne. D'ailleurs, le projet de délibération soumis ne semble pas remettre en cause le travail important accompli par l'association. Je cite :
"Elle apporte souvent un appui technique aux centres sociaux et constitue un interlocuteur solide pour les financeurs institutionnels".
On peut lire aussi que le renforcement des centres sociaux est l'une des orientations du Schéma directeur de la protection de l'enfance et de l'aide à la famille. Pourtant, alors que l'association sollicite une aide d'un montant de 120.000 F, la collectivité parisienne entend ne lui donner que 50.000 F. Pourquoi ?
Tout est question de priorités. De nombreuses associations reçoivent chaque année l'intégralité des sommes qu'elles demandent. Je pourrais m'attarder des heures sur toutes les associations religieuses plus ou moins déguisées comme "Art culture et foi", "La Charitable Sainte-Clotilde" ou "Les Fraternités monastiques de Jérusalem", largement encouragées par la collectivité parisienne.
Je pourrais vous parler longuement des associations qui ont des liens étroits avec certaines organisations politiques : l'Alliance des étudiants francophones qui n'a aucun souci à obtenir l'intégralité des sommes qu'elle souhaite toucher, sans compter les associations en lien avec l'extrême droite comme les Scouts d'Europe, "S.O.S. grossesse", avec lesquelles la Ville se montre si généreuse.
Ces choix financiers sont des choix politiques. Nous voudrions y voir plus clair sur votre politique de subventions aux associations. C'est pourquoi nous réitérons notre demande qui a depuis été relayée par le groupe socialiste, visant à ce que la Ville et le Département de Paris publient chaque année une liste des associations qui ont fait une demande de subvention ayant été refusée.
La majorité municipale considère toujours que la Ville est au sommet de la modernité, à la pointe de tout, en particulier dans le domaine social.
M. Jean-François LEGARET. - C'est vrai !
Melle Sylvie SCHERER. - Mais les discours et les incantations ne peuvent tenir lieu de politique sociale et je suis au regret de constater qu'elle n'est pas à la pointe en matière d'action sociale.
En effet, savez-vous que quand le grand Grenoble compte 40 centres sociaux, le Val-d'Oise, 50, la Capitale n'en bénéficie que de 23. Au lieu de s'atteler à créer de nouveaux centres sociaux, nous en sommes à tenter de sauver ceux existant. La situation est extrêmement préoccupante.
Prenons par exemple le 14e arrondissement. Ce dernier connaît des problèmes sociaux de plus en plus inquiétants depuis un an. Ce n'est pourtant pas l'arrondissement le plus démuni. En l'espace d'un an, 3 structures sociales ont fermé leurs portes. Il ne reste plus qu'une seule petite antenne sociale pour un quartier de plus de 60.000 habitants et qu'avez-vous fait, Monsieur le Maire, pendant un an, malgré nos demandes répétées sur ce dossier, à part vous complaire dans le discours sécuritaire ? Rien !
Sans la mobilisation des associations et habitants et l'intervention de la Fédération des centres sociaux, la Ville en serait encore à consulter, à tergiverser, alors que les associations qui dispensaient soutien scolaire, alphabétisation à des centaines de personnes, devenaient S.D.F. La Fédération des centres sociaux parisiens contribue à animer la vie sociale des quartiers et permet de venir en aide à un grand nombre de personnes en difficulté. Elle joue un rôle essentiel pour les Parisiennes et les Parisiens touchés de plus en plus par le chômage et la précarité et confrontés très souvent à un certain isolement pour ne pas dire à un isolement certain.
Dans une ville immense comme Paris, subventionner une telle association revient donc à aider directement et concrètement les jeunes et moins jeunes de notre cité, en demande de lien social, d'écoute et de soutien. Pour toutes ces raisons, la Fédération des centres sociaux de Paris mérite de recevoir l'intégralité du montant de la subvention sollicitée, à savoir 120.000 F et non 50.000. Il en va du respect des personnes les plus en difficulté ; il en va de la vie de nos quartiers ; il en va de la politique sociale de notre Ville.
Je vous remercie.
M. LE PRÉSIDENT. - Madame, c'est parfaitement votre droit de critiquer. C'est le rôle de l'opposition. Mais dire qu'en matière sociale la collectivité parisienne n'est pas en tête, non ! Est-ce que vous connaissez beaucoup de départements qui font un effort aussi important...
M. Jean-François LEGARET. - C'est grotesque !
M. LE PRÉSIDENT. - ... qui ont un budget social aussi important ? Citez-m'en un, Madame ! Un seul avec un tel pourcentage du budget ! Donnez-nous en un !
Certes, tout n'est pas parfait, il y a encore peut-être à faire, mais compte tenu de nos contraintes, voir un département et une ville faire autant devrait être reconnu. Dire qu'il y a des insuffisances, des lacunes à combler, oui, mais oser affirmer que Paris ne fait pas un effort en ce domaine, c'est tellement une contrevérité absurde - excusez-moi - que je voulais le dénoncer parce qu'il y a des limites qu'il ne faut pas franchir !
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").
La parole est à Mme STIEVENARD.
Mme Gisèle STIEVENARD. - Monsieur le Président, chers collègues, il est évident que la Capitale et le Département de Paris ne peuvent se comparer à aucune autre collectivité. On n'est pas la Capitale pour rien, tout de même !
Certes, les crédits ne sont pas extensibles à l'infini, nous en sommes bien d'accord, mais il s'agit de savoir quels sont les arbitrages décidés. Je pense en effet qu'on peut certainement faire mieux que ce qui existe aujourd'hui. Par exemple : sur la subvention à la Fédération des centres sociaux, la décision proposée ne nous paraît pas logique dans la mesure où cette Fédération est bien connue du Département de Paris et d'autres partenaires comme l'Etat, la Région, la C.A.F., le F.A.S., etc.
Actuellement, sur 25 centres sociaux agréés à Paris, 16 centres associatifs sont adhérents de la Fédération, comme il est indiqué dans le projet de délibération. Cette structure apporte régulièrement un appui technique aux centres sociaux et est un interlocuteur reconnu par les financeurs institutionnels. Elle a démontré à de multiples reprises son savoir-faire pour faire revivre et dynamiser des centres confrontés à des difficultés. Ce fut le cas pour le centre social Jules-Romain dans le 19e devenu centre social Belleville où une nouvelle équipe a su rapidement proposer de nouvelles activités en partant des besoins réels du quartier, en impliquant les habitants et les associations de proximité.
La Fédération a également été sollicitée sur un projet de création d'un nouveau centre social dans le 14e.
Par ailleurs, le renforcement des centres sociaux figure parmi les orientations retenues dans le Schéma directeur de la protection de l'enfance et d'aide à la famille récemment adopté. Il serait donc logique que la collectivité parisienne, qui n'hésite pas à recourir aux services de la Fédération chaque fois qu'elle est dans l'ennui, ne mégote pas son soutien à une structure gestionnaire efficace et compétente.
Or, il est proposé de n'accorder que 50.000 F sur les 120.000 F de subvention demandés, ce qui va déséquilibrer le plan de financement présenté par l'association.
C'est une bien mauvaise façon de récompenser le sérieux et l'efficacité d'un partenaire qui n'a pas fait défaut et a répondu présent en toutes circonstances.
C'est pourquoi le groupe socialiste et apparentés demande que la subvention de 120.000 F soit accordée, car elle reste modeste et permettra à la Fédération de développer des activités dont l'utilité n'est plus à démontrer au service des Parisiens.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, communiste et du Mouvement des citoyens).
M. LE PRÉSIDENT. - Merci.
Monsieur LAFAY, vous avez la parole.
M. Philippe LAFAY, vice-président, au nom de la 5e Commission. - Merci, Monsieur le Président.
Je voudrais d'abord recentrer le débat sur le mémoire en discussion et répondre en même temps à Mme SCHERER et à Mme STIEVENARD.
Je rappellerai que ce n'est que la deuxième année consécutive que la collectivité parisienne apporte son soutien à la Fédération des centres sociaux de Paris.
Il est vrai que la collaboration entre la Fédération et le Département de Paris est de plus en plus étroite, puisque la Fédération intervient de façon active auprès des centres sociaux qui présentent des difficultés.
Dans ce contexte, il pourra être envisagé d'augmenter le financement accordé à la Fédération des centres sociaux de Paris dans les années à venir, en fonction du soutien effectif qu'elle continuera d'apporter aux centres sociaux et des objectifs qui seront déterminés.
Je vous remercie, Monsieur le Président.
M. LE PRÉSIDENT. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 75 G.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (1999, ASES 75 G).