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Decembre 2001
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Conseil Municipal
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74 - QOC 2001-614 Question de M. Eric AZIÈRE et des membres du groupe Union pour la Démocratie française à M. le Maire de Paris concernant le nouveau moyen de nettoyage des trottoirs

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2001


M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Nous passons à la question de M. Eric AZIÈRE et des membres du groupe Union pour la Démocratie française à M. le Maire de Paris concernant le nouveau moyen de nettoyage des trottoirs...
(Mouvements divers - brouhaha).
... M. SÉGUIN est allé fumer une cigarette.
(Remous).
La parole est à M. AZIÈRE. On l'écoute.
M. Eric AZIÈRE. - Si vous me le permettez, une remarque préalable simplement puisque le groupe U.D.F. s'est peu exprimé, que chacun prenne ses responsabilités. Si nous avons collectivement la responsabilité de la durée de la tenue du Conseil, je voudrais faire remarquer que ce sont essentiellement les divisions au sein de la majorité qui ont occupé beaucoup de temps dans les débats et que tout ceci se fait au dépens du temps de parole de l'opposition.
M. Christophe CARESCHE, adjoint. - Votre question orale !
M. Eric AZIÈRE. - Merci. Je vous ferai une deuxième remarque : les questions orales aussi sont quelquefois d'intérêt général comme celle que je vais poser à M. CONTASSOT que je remercie d'être resté en l'occurrence.
Monsieur le Maire, votre politique pour lutter contre l'un des fléaux pour les Parisiens : le déversement de tonnes de déjections canines sur nos trottoirs est exactement le contraire de ce qu'il faudrait faire.
Selon vous, tout est résolu en commençant par éduquer les propriétaires, puis par les verbaliser - c'est votre politiques répression-incitation - et enfin surtout en renonçant aux 140 motos vouées à leur ramassage, motos qui ne vous plaisent pas vraiment alors qu'elles ramassent, bon an mal an, 20 % de cette immonde pollution.
Je parle à peine des cent Toutounets qui vous servent d'alibi dans ce manque évident de moyens, alors que la seule ville de Lausanne en a installé 300.
Le moins qu'on puisse dire c'est que vous n'êtes pas influençable par l'opinion publique.
Parmi les solutions prioritaires des Français sondés par la S.O.F.R.E.S l'année dernière, ils se déclarent d'abord favorables à 87 % à un nettoyage plus fréquent des trottoirs et lieux publics par les services municipaux, et à 84 % à la mise en place de davantage d'infrastructures et d'espaces publics réservés aux chiens. C'est exactement ce que vous ne faites pas et c'est à l'inverse de ce que vous préconisez.
Est-ce que vous descendez quelquefois de vélo, Monsieur CONTASSOT, volontairement ? Est-ce que vous reposez les pieds sur terre sur nos trottoirs en faisant attention tout de même ? Comment allez-vous nettoyer ces trottoirs le temps que les consciences canines s'élèvent à la citoyenneté ?
Ce que plébiscitent les Français c'est exactement ce que vous avez remis en cause dans la politique bâclée que vous nous proposez. Pourquoi abandonner une politique d'aménagement de l'espace urbain qui a fait ses preuves dans d'autres grandes villes ? Pourquoi reléguer au dernier rang de vos priorités la gestion de ces nuisances en supprimant des moyens, les motos, parmi d'autres moyens certes, mais d'une relative efficacité ? Par quel nouvel équipement allez-vous les remplacer ?
La propreté, ce n'est pas de gauche, du centre ou de droite, c'est un droit citadin, citoyen, comme il vous plaira, et c'est votre devoir de le rendre aux Parisiens.
Pour le reste de vos propositions, quelques questions :
Les propriétaires de chiens ont-ils l'obligation de montrer leurs papiers aux agents municipaux chargés de faire respecter le règlement ?
Les contrôles seront-ils majoritairement effectués à l'heure matinale ou tardive à laquelle les propriétaires ont coutume de promener leur chien ?
Tout ceci est-il compatible avec les 35 heures ? Nous attendons vos réponses.
Pourtant, face aux questions majeures que pose la présence du chien en ville, on aurait pu espérer une vraie réponse à une triple demande de sécurité, de propreté et de moralité. Il faudra donc se contenter, j'en ai peur d'une glissade de plus dans ce débat. Merci.
M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - M. CONTASSOT va répondre avec beaucoup de chien à M. AZIÈRE.
M. Yves CONTASSOT, adjoint. - J'aime beaucoup le panégyrique qu'a fait M. AZIÈRE sur la politique menée par l'ancienne municipalité. Ce qu'il propose, c'est de faire ce qui s'est fait pendant des dizaines d'années dont chacun peut mesurer l'efficacité aujourd'hui. C'est le choix qui est plébiscité par les Parisiens ? Je l'invite à venir avec moi le matin de bonne heure à 6 heures, aucun élu avant moi ne l'avait fait, parmi les responsables de la propreté. Venez donc avec le personnel du nettoiement voir comment cela se passe sur le terrain. Ce n'est pas tout à fait ce que vous dites.
Deuxième élément, je ne sais pas où, sauf peut-être dans quelques fantasmes de tel propriétaire d'une entreprise, vous avez pu voir que la Ville avait décidé de renoncer au contrat passé avec la société "Ridalis". J'ai affirmé de la manière la plus claire que le contrat courait jusqu'en 2004 et que, malgré certaines demandes du responsable de la société, je n'entendais pas dénoncer ce contrat par anticipation.
Je n'ai jamais dit l'inverse. J'ai dit simplement que si, comme je l'espère, nous constations qu'il n'était plus nécessaire de faire appel à ces motos qui, je le rappelle, vous avez l'air de l'oublier, coûtent pour 20 % du traitement 50 % du budget du ramassage des crottes de chiens à Paris : 35 millions. Si nous n'avons plus besoin des machines, nous n'allons pas dépenser de l'argent pour rien. C'est un mot qui effectivement choque quelques oreilles : "bonne gestion", le passé aussi l'a prouvé.
En ce qui nous concerne, les choses sont simples : nous souhaitons effectivement faire appel à la responsabilité des propriétaires de chien.
Ce plan que nous mettons en ?uvre se décline autour de deux grands axes essentiels : l'incitation au ramassage et la répression du comportement incivique.
Pour permettre aux propriétaires de chiens d'acquérir un réflexe de ramassage, nous avons, vous le savez, installé déjà une centaine de distributeurs de sacs en plastique. Cette mesure s'accompagne d'actions pédagogiques menées avec les éducateurs canins à qui il faut rendre hommage pour le travail accompli.
Parallèlement - c'est peut-être une nouveauté - toute infraction aux dispositions des articles 99-2 et 99-6 du Règlement sanitaire départemental est désormais réprimée avec sévérité. Cela change effectivement et dans ce cadre l'effectif des inspecteurs du C.A.P.P. ont été renforcés et les inspecteurs de sécurité de la D.P.P. assurent également ces tâches de verbalisation.
(Mouvements divers).
...Vu le niveau particulièrement élevé de M. DESTREM, je n'aurai pas l'outrecuidance de lui demander...
M. Alain DESTREM. - Cela va beaucoup mieux, tout le monde le sait !
M. Yves CONTASSOT, adjoint. - Quel était le niveau des contraventions au cours du premier trimestre de cette année ? En période électorale ? Quels étaient les Maires de l'ancienne majorité qui avaient demandé explicitement que l'on ne verbalise pas dans leur arrondissement ?... Cela vous gêne.
M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Depuis des siècles !
M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Laissez M. CONTASSOT terminer, écoutez, c'est déjà un sujet assez emmerdant comme cela !
M. Yves CONTASSOT, adjoint. - Parlons de vos demandes dans le 1er.
M. Alain DESTREM. - Je trouve que cela va beaucoup mieux !
M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Franchement, laissez M. CONTASSOT s'exprimer et terminer. Merci beaucoup.
M. Alain DESTREM. - Il n'y a pas de problèmes dans Paris. Cela va beaucoup mieux. La politique est exceptionnelle.
M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - On ne va pas s'envoyer des crottes de chiens à la figure. C'est bon ! Cela va ! Monsieur DESTREM, laissez M. AZIÈRE du groupe UDF répondre s'il le souhaite, ou pas d'ailleurs dans sa grande sagesse.
M. Eric AZIÈRE. - Ma sagesse m'impose d'aller vite et d'être court. Je voulais simplement souligner la priorité qui semblait être nécessaire du choix des investissements d'équipements liés au nettoyage et à la propreté plutôt qu'accompagner uniquement des campagnes de sensibilisation sur l'élévation du niveau de conscience citoyenne des propriétaires. Voilà !
Mais j'accepte votre proposition au passage.
M. Yves CONTASSOT, adjoint. - Volontiers.