Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Decembre 2001
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

17 - III - Question d'actualité de M. LEBAN concernant les raisons qui ont présidé au licenciement du Directeur général de l'Office de Tourisme de Paris

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2001


M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.
Monsieur LEBAN, vous avez la parole pour poser votre question.
M. Gérard LEBAN. - Monsieur le Maire, est-ce que je peux commencer par un rappel au règlement sur les questions ?
Quand nous avons élaboré ensemble - et vous nous avez largement consultés et inclus dans la discussion - la préparation du nouveau règlement, il était dit : l'auteur de la question rappelle l'objet de la question posée, deux minutes maximum. Après la réponse - deux minutes maximum - l'auteur de la question dispose d'un droit de réplique dont la durée ne peut excéder deux minutes...
Voyez que je suis beau joueur puisque je le dis avant de poser la question, mais je me dis que si je commence, une fois que M. BROS m'aura répondu, à redire un mot, s'il redit encore un mot, si j'en redis un après, cela va alourdir les débats ! C'est pour cela que nous avions souhaité deux minutes, deux minutes et deux minutes...
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Laissez-moi l'appréciation de ce genre de chose, Monsieur LEBAN.
Je vous prie de poser votre question.
M. Gérard LEBAN. - On ne fait pas de règlement, à ce moment-là !
M. Alain LHOSTIS, adjoint. - Un peu de souplesse, quand même !
M. Gérard LEBAN. - Très bien. Je vous en demande pour moi aussi, alors.
Je pose ma question.
Le directeur général de l'Office du Tourisme de Paris vient d'être limogé. Je siège au Conseil d'administration depuis de nombreuses années et son directeur général a toujours rempli la convention d'objectif qui, sous la précédente mandature, a toujours été votée à l'unanimité, y compris par les deux représentants de l'opposition de l'époque, communiste et socialiste.
Voilà qui constitue un nouvel épisode de la détestable "chasse aux sorcières" qui a été entreprise depuis bientôt huit mois, dont le tableau ne cesse de s'enrichir jour après jour.
En effet, l'Adjoint au tourisme qui a imposé cette décision au conseil d'administration de l'Office n'a rien trouvé à reprocher à la personnalité concernée, à laquelle tout au contraire l'ensemble des professionnels a rendu hommage, hommage auquel nous voulons nous associer.
Comme il fallait bien trouver une justification à cette opération - qui n'a d'autre but, on l'imagine, que de placer un proche - M. l'Adjoint au tourisme s'est cru obligé d'avancer une explication. Si on l'a bien compris, le directeur général de l'Office du Tourisme se serait trop occupé d'hôtellerie haut de gamme et pas assez de tourisme social, ce qui constituerait une nouvelle priorité. Or, depuis le début de l'actuelle mandature, le directeur général a présenté une convention d'objectif à un premier conseil d'administration, qui a été votée à l'unanimité par les représentants de la nouvelle majorité et de l'opposition et par les professionnels.
Outre qu'il suffit de regarder autour de soi pour constater combien le tourisme est déjà diversifié à Paris, on se perd en conjectures sur cette explication qui vaut annonce d'une nouvelle politique.
C'est sur celle-ci que nous souhaiterions être éclairés. Sinon, pour s'en tenir à vos déclarations, on pourrait penser que vous voulez transformer l'hôtel George V en meublé ou en gîte rural...
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour la République et apparentés, "Union pour la démocratie française", "Démocratie libérale et indépendants" et "Ensemble pour Paris").
... que vous oubliez qu'actuellement la taxe de séjour rapporte quelque 140 millions de francs et qu'en vous apprêtant à compromettre son montant vous êtes en contradiction avec l'audit, qui recommande de rechercher les moyens d'élargir les bases de la ressource fiscale.
N'oubliez pas qu'il y a 16 millions d'arrivées dans les hôtels et 26 millions de touristes à Paris chaque année.
Monsieur le Maire, Monsieur l'adjoint, vous n'êtes pas sans connaître un propriétaire de brasserie. Demandez-lui s'il se situe dans la recherche du tourisme de clientèle haut de gamme ou plutôt de clientèle de tourisme social.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour la République et apparentés, "Union pour la démocratie française", "Démocratie libérale et indépendants" et "Ensemble pour Paris").
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.
M. BROS a la parole pour répondre.
M. Jean-Bernard BROS, adjoint. - Merci.
La nouvelle Municipalité attache une attention majeure au tourisme, un secteur d'activité important de l'économie parisienne tant en raison du nombre d'emplois qu'il représente que du rayonnement international incontestable qu'il confère à la Capitale. Son développement doit s'accompagner d'un effort de diversification des touristes accueillis et d'une approche territoriale volontariste à destination de l'ensemble des quartiers de Paris.
Des orientations nouvelles ont été assignées à l'Office du Tourisme et des Congrès de Paris, lié à la Ville de Paris par une convention-cadre, en vue de mettre en ?uvre les objectifs prioritaires de la Municipalité en partenariat avec le CCIP et les professionnels du tourisme.
Premièrement : déconcentration des lieux d'accueil et d'orientation des touristes.
Deuxièmement, soutien au tourisme social.
Troisièmement, promotion du tourisme d'affaires, secteur des salons et congrès.
Dernièrement, attention portée au tourisme des jeunes.
Ces nouvelles orientations ont amené logiquement à redimensionner l'Office du Tourisme et des Congrès de Paris dont la Ville de Paris constitue le premier financeur.
Le Directeur de l'OTCP n'a pas démérité mais correspondait plus à la vision du tourisme de la précédente mandature et M. LEBAN on ne transformera pas le George V en gîte rural.
(Mouvements divers dans l'hémicycle).
... Encore que, vous avez raison, Monsieur TIBERI ! Le pire n'est pas certain !
Dans le cadre de cette réorganisation, un accord a été trouvé avec M. MANTEI, conformément à la délibération prise concernant l'OTCP le 23 novembre 2001, son remplacement interviendra dans les plus brefs délais.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement des citoyens et "Les Verts").
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Vous voulez rajouter quelque chose, Monsieur LEBAN ?
M. Gérard LEBAN. - Un mot et non pas deux minutes. Monsieur BROS je vous ai bien entendu, vous n'avez pas répondu à ma question sinon pour dire que le Directeur n'avait pas démérité, qu'il avait déjà lancé des opérations, il avait répondu à vos objectifs et contrats d'objectifs dès le début de la mandature. Je ne comprends toujours pas pourquoi il a été licencié du jour au lendemain, ou alors il y a des raisons cachées que nous ne saurons peut-être jamais.
(Applaudissements sur les bancs du groupe "Rassemblement pour la République et apparentés").
M. Jean-Bernard BROS, adjoint. - Juste trois secondes, il n'y a pas de raison cachée. Je vous ai répondu pendant le Conseil d'administration.
M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Chasse aux sorcières !
M. Jean-Bernard BROS, adjoint. - Un peu de tenue, Monsieur LEGARET.
Le Directeur souhaitait partir, cela a mis du temps et tout le monde le sait ! J'ai des documents à votre disposition, quand vous voulez.