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Decembre 2001
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Conseil Municipal
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20 - VI - Question d'actualité de Mme CAPELLE au nom du groupe du Mouvement des citoyens à M. le Maire de Paris relative au devenir de l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2001


M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - J'ai une question du groupe du Mouvement des citoyens proposée par Mme CAPELLE.
Vous avez la parole, Mme CAPELLE.
Mme Liliane CAPELLE. - Merci, Monsieur le Maire.
Certains d'entre nous se souviennent du v?u co-écrit par Mme HERMANGE, Mme MOREAU et moi-même et voté à l'unanimité dans cette Assemblée lors de la précédente mandature concernant l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul.
L'histoire est déjà ancienne et bien connue. Le démantèlement de cet hôpital de renommée internationale était programmé.
L'arrière pensée lourde de vendre les terrains ainsi libérés était devenue tangible et s'inscrivait dans une politique de santé purement comptable.
Un Comité de sauvegarde réunissant à l'heure actuelle plus de 18.000 membres a permis de mettre un terme momentané à ce funeste projet.
Je passerai sur toutes les réunions pour enfin arriver à mettre en place une concertation qui a été réalisée en deux étapes :
1 - Un rapport rédigé par M. de KERVASDOUE rendu public en décembre 2000, me semble-t-il, et qui envisageait plusieurs options.
2 - Un groupe de travail mis en place non sans difficulté qui a également fini d'étudier ce dossier ;
Il est donc maintenant temps de prendre une décision qui tienne compte de la volonté forte exprimée par le Conseil d'arrondissement unanime du 14e et de tous ceux qui souhaitent maintenir de manière pérenne les activités médicales de l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul.
C'est à cette seule condition que pourront être menées les actions de développement et de modernisation indispensables.
Si Saint-Vincent-de-Paul est un pôle d'excellence, sachons lui donner les moyens de continuer dans ce sens, et d'améliorer encore, les services rendus par la constitution d'un pôle mère-enfant et d'un pôle handicap qui seront des références en la matière.
Je souhaiterais donc connaître quelle est la position de M. le Maire de Paris à l'heure actuelle, Président du Conseil d'administration de l'A.P.-H.P.
Je vous remercie.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - La parole est à M. LHOSTIS.
M. Alain LHOSTIS, adjoint. - Madame la Conseillère, comme vous venez de le rappeler, un groupe de travail suite à des décisions du Ministre délégué à la santé Bernard KOUCHNER s'est mis en place.
Vous savez que j'ai tout fait pour que ce groupe de travail se réunisse et également que la Direction des Hôpitaux et l'Agence régionale d'hospitalisation, qui est déterminante pour l'avenir des différents établissements de santé publique en Ile-de-France, soient parties prenantes dans ce travail.
Ce groupe de travail a tenu 7 réunions de plusieurs heures chacune. Je crois donc qu'il s'agit d'un travail extrêmement sérieux. Avant-hier soir, il est arrivé à dégager une solution consensuelle sur le programme médical qui propose de maintenir un pôle pédiatrique médico-chirurgical d'au moins 140 lits et étroitement intégrés au pôle péri-natal de 230 lits sur un même lieu géographique au sein du groupe hospitalier Cochin - Saint-Vincent-de-Paul.
Je dois en effet rappeler pour éclairer notre Assemblée, mais qui le sait très bien, que le site Cochin - Saint-Vincent-de-Paul est un seul et même site séparé par une rue de Paris. L'examen de la situation doit donc porter plus largement sur l'environnement médical, pédiatrique et périnatal du Sud de Paris.
S'il y a eu consensus sur le projet médical, le groupe de travail à l'heure actuelle, ne s'est pas mis d'accord sur le meilleur scénario à adopter.
Il y a deux options : une option appelée "nouveau Saint-Vincent-de-Paul", qui consiste, à l'occasion d'une structure neuve ou d'une réhabilitation, à transférer la maternité et la pédiatrie sur le site de Port-Royal qui est géographiquement à proximité. Le site Saint-Vincent de Paul serait ainsi libéré pour la mise en place d'un grand projet ambitieux et innovant destiné à la prise en charge médicale et médico-sociale du handicap.
Le coût de ce scénario a été évalué à 80,5 millions d'euros.
Le deuxième scénario est celui dit du "Grand Saint-Vincent-de-Paul", qui consiste à transférer la maternité de Port-Royal sur le site de Saint-Vincent-de-Paul et à reconstruire totalement la pédiatrie soit par construction neuve, soit par réhabilitation des bâtiments. Le coût de ce scénario est de 94,7 millions d'euros.
Le vote, que vous avez évoqué, du Conseil d'arrondissement du 14e a porté sur ce scénario, et vous demandez au Maire de Paris et à moi-même de vous donner une opinion.
Très sincèrement, je crois qu'il est trop tôt pour le faire. Je n'ai pas pu examiner jusqu'au bout l'ensemble des considérants de cette affaire dont vous voyez qu'elle a des implications financières pour l'Assistance publique, assez significatives. A l'heure actuelle, comme vous le savez puisque vous êtes membre du Conseil d'administration, nous sommes en train de débattre des éléments du plan stratégique de l'A.P.-H.P. ; c'est à la lumière des objectifs majeurs du plan stratégique qui devrait être proposé à l'adoption du Conseil d'administration fin janvier-début février que nous pourrons, une fois ces objectifs définis, voir quelle place nous pouvons accorder à tel et tel établissement.
A mon sens, le plan stratégique ne peut résulter du simple empilage de propositions émanant de tel ou tel établissement, fussent-elles de qualité. Nous avons besoin d'examiner l'ensemble des données du problème. Bien évidemment, il sera tenu compte des résultats du groupe de travail ainsi que de la position du Conseil d'arrondissement du 14e, mais il y a d'autres questions qui interviennent, notamment le devenir de la maternité Jean-Rostand d'Ivry et la création d'une maternité de niveau 3 et d'un centre universitaire périnatal autour de l'hôpital du Kremlin-Bicêtre qui n'est pas sans incidences sur ces deux établissements.
C'est dans cette réflexion d'ensemble que nous souhaitons prendre nos décisions, en toute connaissance de cause.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Madame CAPELLE, voulez-vous dire un mot ?
Mme Liliane CAPELLE. - Je comprends tout à fait que tout cela s'inscrive dans un projet plus général et plus global effectivement puisque le Conseil d'administration aura à se prononcer sur le budget de l'A.P.-H.P. très prochainement. Je regrette simplement qu'on étudie un dossier effectivement en fonction de certaines données mais également en fonction d'autres données qui sont vraiment purement financières, et le principe de "déshabiller Pierre pour habiller Paul" ne me convient pas.
M. Alain LHOSTIS, adjoint. - Vous présentez ce que j'ai dit comme une position purement financière alors que j'ai expliqué que nous devions avoir des objectifs stratégiques et que c'est dans ce contexte-là que doivent s'inscrire les décisions concernant tel ou tel établissement. J'ai évoqué les questions financières parce qu'elles doivent bien évidemment être prises en compte, mais ce qui doit l'être prioritairement, ce sont les missions de santé publique et ce sont celles-là qui seront déterminantes, mais je pense qu'il faut que nous ayons l'ensemble des données du problème.