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Decembre 2001
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Conseil Municipal
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89 - QOC 2001-572 Question de Mme Brigitte KUSTER et des membres du groupe "Rassemblement pour la République et apparentés" à M. le Préfet de police sur la présence de prostituées aux abords d'établissements scolaires

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2001


M. Christophe GIRARD, adjoint, président. Nous passons à une autre question de Mme KUSTER à M. le Préfet de police, la question 572.
La parole est à Mme KUSTER.
Mme Brigitte KUSTER. - Merci, Monsieur le Maire.
Monsieur le Maire, Monsieur le Préfet je souhaite me faire ici le porte-parole des parents d'élèves du lycée Honoré-de-Balzac situé 118, boulevard Bessières. En effet, ils sont confrontés quotidiennement à la présence de prostituées sur le trottoir en face même de l'entrée de l'établissement. Ces jeunes femmes mineures pour la plupart ont l'âge des lycéennes ce qui accroît vous le comprendrez leur malaise.
De plus, derrière le lycée, longeant le cimetière des Batignolles, rue Saint-Just et rue Pierre-Rebière on trouve une population qui elle, est souvent plus dénudée, voire quasiment nue, postée à la sortie du parking du lycée. Les travestis y sont apparemment cantonnés. Dans ces mêmes lieux stationnent minibus et remorques de camions autour desquels circulent les habitués de jour comme de nuit.
Monsieur le Préfet, au vu de cette situation intolérable qui crée un environnement pour le moins préjudiciable et défavorable pour plus de 800 élèves, nous aimerions savoir quelles sont vos intentions. Mais ne nous trompons pas d'objectif, il ne s'agit pas de cautionner une action de répression qui n'aurait comme seul objectif de s'en prendre aux prostituées et en aucun cas aux exploiteurs proxénètes et autres, car ces femmes et ces jeunes filles qui vendent leurs charmes sont aussi des victimes de souteneurs qui n'hésitent pas à les frapper sous les yeux des élèves, victimes des propos orduriers de leurs "clients" qui, par ailleurs interpellent certains élèves dans les mêmes termes.
Cette situation ne peut plus durer.
Je vous demande, Monsieur le Préfet, de mettre tous les moyens possibles pour que soit trouvée une solution dans les plus brefs délais qui normalise enfin les abords de cet établissement scolaire.
Je vous remercie.
M. LE REPRESENTANT DU PREFET DE POLICE. - Les boulevards des Maréchaux, et tout particulièrement ceux situés dans les secteurs de l'Ouest, du Nord-Ouest et du Nord de la capitale font l'objet de la plus grande attention de la part de mes services, en raison des activités de prostitution qui s'y déroulent.
Les surveillances exercées par les fonctionnaires locaux de la Direction de la Police urbaine de proximité ont permis de recenser 48 prostituées et travestis dans le 17e arrondissement dont 25 sur le boulevard Bessières.
Depuis le début de l'année 2001, ces mêmes effectifs ont procédé à l'établissement de 73 procès-verbaux pour racolage actif dont 38 dans le secteur du boulevard Bessières.
Au cours de ces dix derniers mois, cinq procédures ont également été établies pour exhibitions sexuelles.
Sensibilisés aux nuisances engendrées par la prostitution, les services de police multiplient les opérations de contrôle sur les sites concernés, notamment aux abords du lycée Honoré de Balzac, situé à l'angle de l'avenue de la porte de Clichy et du Boulevard Bessières.
6 à 8 prostituées exerçant leurs activités dans des véhicules stationnés rue Pierre-Rebière ont ainsi été identifiées sur ce site.
Il convient de rappeler que la seule présence de prostituées sur la voie publique ne constitue pas un acte répréhensible, même si elle se situe aux abords d'un établissement scolaire.
Les services de police ont néanmoins bien pris en compte cette situation et la gêne qui en résulte pour les élèves.
Les effectifs locaux procèdent régulièrement à la verbalisation du stationnement illicite sur la voie publique de prostituées utilisant des camionnettes, mais également des automobilistes "clients" et lorsque les conditions sont réunies, à l'enlèvement de ces véhicules.
A l'occasion de la dernière rentrée scolaire, les consignes de vigilance et de répression des infractions ont été renouvelées et leur application fait l'objet d'un suivi très attentif.
J'ajoute que le 5 novembre 2001, les responsables du bureau de coordination opérationnelle du commissariat central ont contacté le proviseur du lycée Honoré-de-Balzac, afin de l'informer de l'action policière engagée. Une réunion est, en outre, prévue avec les représentants de cet établissement scolaire, des parents d'élèves et du commissariat central.
Soyez assurée que l'action de l'ensemble des services de la Préfecture de Police sera activement poursuivie dans le cadre législatif et réglementaire en vigueur.
M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Merci beaucoup.
Madame KUSTER, est-ce que vous souhaitez apporter une précision à ce douloureux problème de société ?
Mme Brigitte KUSTER. - Je me réjouis d'apprendre qu'une réunion va avoir lieu avec le proviseur et les parents d'élèves qui sont dans l'état que vous pouvez imaginer.
J'aimerais qu'on prenne conscience du quotidien de ces enfants et des parents qui voient des lycéens sortir avec des jeunes filles du même âge, des élèves quittent cet établissement mais je pense aux enfants qui restent, qui n'ont pas d'autres choix que de rester dans cet établissement scolaire.
J'ai entendu ce que vous disiez, j'ai aussi des chiffres, il y a plus de 6 à 8 prostituées dans cette rue qui est une sorte de no man's land entre le cimetière des Batignolles et cet établissement scolaire, la nuit ils sont réveillés par des hurlements, ces femmes sont battues par leurs clients et leur proxénètes. Je ne comprends pas qu'il n'y ait pas des opérations coups de mains de la police. Ce n'est pas envisageable de continuer à avoir des situations pareilles, qu'à Paris, au bas des immeubles, devant des enfants, chaque jour on assiste à des situations pareilles. Ou on a la volonté politique ou on ne l'a pas mais ce n'est pas en me disant qu'il y a 6 ou 8 prostituées, qu'il y a des P.V. qu'on va résoudre une telle situation !
Il y a de vrais problèmes humains derrière cela, on ne peut pas se contenter de statistiques. Il y a quelque chose à faire. Il y a 800 élèves tous les jours qui sont confrontés à cela, et ces jeunes filles ne sont pas en tort, je le disais, elles sont aussi victimes il faut faire quelque chose.
Je suis révoltée, j'entends qu'on donne des priorités à mettre des fleurs sur les candélabres de Paris, des bambous rue de Rivoli. Il y a d'autres priorités ! Il serait bien que la Municipalité prenne cela en compte.
M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - L'un n'empêche pas l'autre !
Mme Brigitte KUSTER. - Ce sont des histoires ridicules !
M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Vous avez parlé de coups de mains de la police, je pense qu'il s'agissait d'opérations ou de coups de poings.
Monsieur BENESSIANO, vous avez une question, vous la retirez ?
M. Hervé BENESSIANO. - Je n'ai pas de question, je supporte.
M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Pardon, j'avais eu l'information que vous aviez une question, c'est une erreur.
Nous passons maintenant à la question de M. LEGARET, 456.
M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Pour arranger tout le monde, je veux bien que ces réponses me parviennent par écrit. Je souhaite qu'elles me parviennent rapidement surtout pour la deuxième.
Je dois dire que la question est adressée surtout à M. Christian SAUTTER qui n'est pas là pour répondre. Comme il vient à la mairie du 1er, à une séance du CICA, jeudi soir, il serait utile que nous puissions disposer de sa réponse.
Par courtoisie, M. LE GARREC qui est resté aussi en séance, pourrait en être destinataire. Je vous en remercie.