Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Decembre 2001
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

23 - IX - Question d'actualité de M. BENESSIANO au nom du groupe "Démocratie libérale et indépendants" à M. le Maire de Paris relative à la mise en place d'un plan d'urgence pour la propreté à Paris

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2001


M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur BENESSIANO, vous voulez parler ou pas ?
M. Hervé BENESSIANO. - J'attends que le calme soit revenu.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous avez raison. Prenez la parole, à mon avis il va revenir.
(M. Christophe CARESCHE, adjoint, remplace M. le Maire de Paris au fauteuil de la présidence).
M. Hervé BENESSIANO. - Je sais, Monsieur le Maire, Merci. Je sais que je vais aborder un sujet sur lequel vous n'aimez pas être interpellé, qui est la saleté de Paris. Je n'aurai pas l'indécence des habitants de cet arrondissement, dont vous vantiez récemment l'ouverture pour n'être pas descendus au niveau du bitume mais le constat est là, criant : Paris est sale et devient la capitale la plus sale d'Europe. Et ce malgré les 2 milliards 300 millions que vous donnent les contribuables parisiens pour assurer la propreté de la Ville, les 1.500 véhicules, les 7.400 agents et 1'adjoint au Maire, Yves CONTASSOT, qui claironnait au printemps dernier : "Vous allez voir ce que vous allez voir, Paris sera bientôt propre et les déjections canines un lointain souvenir". Comme le sont les propos de l'intéressé.
M. Alain DESTREM. - Monsieur CONTASSOT n'écoute pas !
(Applaudissements sur les bancs du groupe "Démocratie libérale et indépendants").
M. Yves CONTASSOT, adjoint. - Mais si !
M. Hervé BENESSIANO. - Toujours est-il...
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Poursuivez, Monsieur BENESSIANO, ne vous laissez pas troubler par M. DESTREM.
M. Hervé BENESSIANO. - ... que l'on se croirait revenu 20 ans en arrière, lorsque le Maire d'alors, Jacques CHIRAC, dût prendre des mesures draconiennes pour faire reculer efficacement la saleté de la Capitale. Les élus ne peuvent plus faire un pas dehors sans être immédiatement interpellés par la population sur l'état dégradé de nos rues.
(Mouvements divers dans l'hémicycle)
Aucune d'entre elles n'est épargnée, quelle que soit la sociologie des quartiers, plus un trottoir n'est exempt de sacs poubelle souvent crevés, de cartons, de matelas, sans parler bien entendu des déjections canines, n'en déplaise à M. CONTASSOT.
M. Alain DESTREM. - Oui !
M. Hervé BENESSIANO. - Pas un caniveau n'est exempt d'un amoncellement de papiers gras, chiffons, canettes, quand il ne s'agit pas de seringues ou de préservatifs, comme j'ai déjà eu l'occasion de le faire remarquer sur le terrain au service de la voirie, même le macadam des aires de stationnement est incrusté d'immondices par le roulement des véhicules.
La saleté engendre la saleté, c'est cela la réalité de Paris d'aujourd'hui, 2001, Odyssée de l'espace souillé !
(Applaudissements sur les bancs du groupe "Démocratie libérale et indépendants").
M. Alain DESTREM. - Ah ! Très bien !
M. Hervé BENESSIANO. - Je vous invite, Monsieur le Maire, à vous promener le dimanche dans un lieu touristique de la Capitale et à recueillir les impressions des visiteurs étrangers.
M. Alain DESTREM. - Ils n'osent plus sortir !
M. Hervé BENESSIANO. - "Quelle belle ville !" vous diront-ils, avant d'ajouter "Mais quelle saleté !". Il en est de même des Franciliens, quelle que soit leur commune d'origine, qu'ils viennent des Hauts-de-Seine ou de Seine-Saint-Denis.
Pourquoi en sommes-nous arrivés à cette rapide dégradation ? M. CONTASSOT nous indiquera sûrement qu'il est victime de la mise en place du tri sélectif, qui mobilise une partie des effectifs, ou des 9 % d'agents du privé qui ont grippé le système ou encore que la reprise économique...
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Ce n'est pas la peine de faire la réponse de M. CONTASSOT. Posez votre question.
M. Hervé BENESSIANO. - ... que la production de déchets, puisque ce sont ses annonces du mois de juillet, concernant l'embauche de quelques centaines de balayeurs, et surtout le redéploiement des agents de manière plus efficace dès l'automne...
M. Alain LHOSTIS, adjoint. - Deux minutes !
M. Hervé BENESSIANO. -... se sont soldés par un échec.
Les services diront que les effectifs sont insuffisants. Le Maire de Paris insistera sur un télescopage entre la mise en place des 35 heures, qui déclenche maintenant ses traditionnelles grèves et l'instauration du plan Vigipirate qui a eu pour conséquence d'obturer 18.000 poubelles remplacées à ce jour par seulement 1.800 poubelles transparentes.
Heureusement d'ailleurs qu'il s'agit d'un "Vigipirate" renforcé, vu le nombre déjà impressionnant de sacs amoncelés dans les rues de la Capitale. Quand je pense que la R.A.T.P. s'évertue à diffuser des messages de vigilance et de prévention vis-à-vis des sacs ou objets abandonnés, je crois rêver !
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Pouvez-vous poser la question, Monsieur BENESSIANO ?
M. Hervé BENESSIANO. - Que serait Paris s'il devait subir les dangers du risque terroriste sinon un véritable champ de mines potentiel ?
Par ailleurs, comment sensibiliser, sous couvert de santé publique, les Parisiennes et les Parisiens sur les risques induits par la pollution atmosphérique due aux gaz d'échappement, lorsque dans le même temps vous laissez la population côtoyer quotidiennement des milliards de bactéries jonchées sur le sol parisien ?
(Rires sur les bancs des groupes de la majorité municipale).
Oui, Monsieur le Maire, le maintien de la propreté est l'un de vos devoirs régaliens. Encore faudrait-il avoir la volonté politique de l'exercer, de moins communiquer sur vos discours...
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Je suis obligé de vous rappeler au règlement, Monsieur BENESSIANO.
M. Hervé BENESSIANO. - Ne vous impatientez pas. Cela vous dérange peut-être un peu mais laissez-moi quelques secondes.
... De moins communiquer sur vos discours et sur vos intentions à six ans pour répondre davantage par l'action à l'attente pressente des Parisiens. Vous le savez, les Parisiennes et les Parisiens déboursent 2 milliards 300 millions par an en faveur de la collectivité parisienne, maintenant que les avis d'imposition locale sont arrivés dans les foyers, j'entends déjà les plus grincheux considérer que pour avoir osé calculer cette année la taxe de balayage il fallait du culot, mais qui plus est vouloir l'encaisser relève du racket.
Ne nous dites pas, Monsieur le Maire, que vous n'avez pas les moyens d'éradiquer rapidement...
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Veuillez conclure.
M. Hervé BENESSIANO. - ... la saleté dans Paris faute de moyens financiers. Quand il s'est agi de construire des banquettes de béton sur la chaussée, vous avez trouvé les moyens financiers ; quand il s'agit de subventionner de façon dispendieuse certaines associations, vous trouvez encore les moyens financiers. Quand il s'agit de faire des audits, de créer des observatoires ou des conseils locaux en tous genres, vous trouvez toujours les moyens. Alors ne nous faites pas croire...
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Votre temps de parole est écoulé.
M. Hervé BENESSIANO. - Je termine la question... qu'en matière de propreté vous ne pouvez pas trouver les moyens financiers et techniques pour agir vite et efficacement. Cessez de penser que les Parisiens payent des impôts pour réaliser vos fantasmes parce qu'ils sont inscrits dans votre programme et répondez plutôt à leurs vrais problèmes.
Est-ce que vous êtes capable de proposer un plan d'urgence garantissant un environnement digne de la réputation internationale de Paris ? Si oui, dites-nous dans quel délai et sous quelle forme ? Les Parisiens sont impatients et vous attendent sur le sujet. Merci.
M. Alain DESTREM. - Changez d'adjoint, il n'est pas bon !
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Monsieur CONTASSOT, vous avez la parole.
M. Yves CONTASSOT, adjoint. - J'avais cru comprendre que nous n'étions pas en meeting mais que c'était une question d'actualité. L'objectif était aussi, me semble-t-il de faire en sorte, en tous cas pour l'équipe municipale que nous appliquions notre programme, même si cela peut choquer certains.
Premier point, comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire à plusieurs reprises, Bertrand DELANOË, le Maire, et moi-même avions commencé à mettre en place un plan d'action ici même, dans cette Mairie, en réunissant l'ensemble des cadres de la Direction de la Propreté de Paris le 11 septembre au matin. Malheureusement, les événements que chacun d'entre nous ne connaît que trop bien ont non seulement contrecarré ce plan, mais rendu la tâche des services de la propreté encore plus difficile.
Je le répète très sereinement mais avec fermeté également aujourd'hui devant vous, l'activité des agents de notre Ville, dans ce contexte très difficile, a été exemplaire et chacun, de bonne foi, l'aura constaté. Non seulement la Direction a pu neutraliser l'essentiel du parc de corbeilles en un temps record pour la sécurité des Parisiens - et je trouve qu'il y a certaines plaisanteries où jeux de mots totalement déplacés - mais, qui plus est, nous avons pris nos dispositions - et c'est une première à Paris - pour remplacer la quasi totalité des corbeilles neutralisées. Dois-je rappeler que nous n'avons trouvé que 1.800 supports de substitution dans les services de la Ville pour remplacer les 16.000 corbeilles parisiennes ?
Aujourd'hui, non seulement nous sommes en passe de les remplacer totalement, mais nous allons, en partenariat avec les maires d'arrondissement, installer des corbeilles supplémentaires pour atteindre le nombre de 20.000 corbeilles au tout début 2002.
Le plan d'action que nous avons proposé, c'est une réévaluation de la structure de la propreté de Paris et, pour ce faire, j'ai entrepris dès mon arrivée - cela n'avait jamais été fait - la tournée des ateliers d'éboueurs de notre Ville à la prise de service. Cette enquête de terrain a montré de graves problèmes, à la fois dans l'organisation même du service et dans l'inadaptation de certains engins de nettoiement trop sophistiqués et fragiles et, dès lors, trop souvent en panne. J'ai vu également le manque, hélas lui aussi trop répandu, de simples outils de base.
La nouvelle Directrice travaille à l'élimination de ces anomalies et dans des délais très courts.
Le plan d'action, c'est également, et avant tout, des moyens humains et, d'ici la fin février 2002, 500 agents seront recrutés pour la Direction de la Protection de l'Environnement.
De plus, et j'ai déjà eu l'occasion de rappeler cette réalité parmi les plus difficiles à gérer par les services, nous héritons d'une structure du personnel et d'une organisation du travail qui font que la moitié de l'effectif ne travaille pas le week-end. Et ce n'est pas de notre fait : la décision a été prise antérieurement à notre arrivée, bien évidemment. Qui plus est, sa répartition est tout sauf proportionnelle, et de loin, au niveau des flux constatés dans les différents arrondissements.
Nous travaillons au passage généralisé et progressif au roulement, dans une démarche préservant néanmoins le choix des personnels et leurs conditions sociales, et à un rééquilibrage des effectifs entre les arrondissements.
Le plan d'action que nous mettons en ?uvre, c'est aussi évidemment celui de la mobilisation des Parisiens. Aucun service de propreté au monde ne pourrait faire face si les habitants et les autres usagers de l'espace public ne développaient pas un comportement civique.
Ce comportement, nous allons le provoquer de deux manières : d'une part, par la conviction, l'incitation et, d'autre part, si nécessaire, et à chaque fois que nécessaire, par la verbalisation.
Nous travaillons, vous le savez, à une vaste campagne de communication qui sera lancée en février prochain. Elle comportera notamment un volet important consacré à l'incitation au ramassage des déjections canines. Nous avons expérimenté dès à présent des installations dans plusieurs arrondissements et les premiers résultats sont très encourageants.
Cette campagne sera suivie également, je l'ai dit, d'une campagne de verbalisation, si nécessaire. Le centre d'action pour la propreté de Paris agit déjà, avec, vous le noterez, 3.000 verbalisations pour déjections canines en 2001, contre simplement 2.000 pour l'année 2000, y compris en faisant en sorte de généraliser ces contraventions, même si des maires d'arrondissement (que je ne citerai pas) demandent qu'il n'y ait aucun PV dressé dans leur arrondissement. Ces agents seront bientôt rejoints dans leur action par les autres agents de la Ville et par les agents de surveillance de Paris, dont la récente loi sur la sécurité quotidienne vient de renforcer les moyens en leur faveur.
Enfin, dès le prochain Conseil de Paris, vous aurez l'occasion de vous prononcer sur un renforcement important des moyens consacrés au nettoiement de Paris.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.
La séance de questions d'actualité est terminée... Monsieur BENESSIANO, vous avez mis six minutes pour poser votre question...
M. Alain DESTREM. - Il a un droit de réponse !
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président.- Non ! Il a été trop long dans sa question.
Un mot...
M. Hervé BENESSIANO. - Un mot très bref, simplement pour constater que M. CONTASSOT nous a exposé encore un programme sur plusieurs mois, alors qu'il y a une réalité et une urgence et que j'ai demandé de chiffrer ce plan d'urgence par rapport à la situation que nous constatons chaque jour dans la Ville.
La réponse est : rien pour maintenant, nous verrons dans quelques mois, voire au-delà.
C'est tout ce que je constate et j'en prends acte.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.
La séance de questions d'actualité est terminée, nous allons passer au Conseil général.
M. Alain DESTREM. - Monsieur le Maire, rappel au règlement...
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Oui, mais on passe au Conseil général... Vous le ferez tout à l'heure quand le Conseil municipal reprendra.
M. Alain DESTREM. - Eh bien voyons ! Alors là, vraiment...
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - La séance est suspendue.