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Decembre 2001
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44 - Vœu déposé par Mmes Charlotte NENNER, Véronique DUBARRY et les élus du groupe "Les Verts" relatif à l'implantation des services publics dans les gares parisiennes

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2001


M. Pascal CHERKI, adjoint, président. - Nous passons à l'examen du v?u référencé n° 14 dans le fascicule, présenté par Mmes Charlotte NENNER, Véronique DUBARRY et les élus du groupe "Les Verts" relatif à l'implantation des services publics dans les gares parisiennes.
Mme STIEVENARD répondra au nom de l'Exécutif.
Est-ce que M. Jean-Yves MANO peut venir à la tribune ?
(M. Jean-Yves MANO, adjoint, remplace M. Pascal CHERKI, adjoint, au fauteuil de la présidence).
M. Jean-Yves MANO, adjoint, président. - M. BOUTAULT présentera le v?u n° 14.
M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. - Vous savez que les gares jouent un rôle essentiel dans la vie d'une ville, d'abord parce qu'elles jouent un rôle économique et commercial majeur, preuve en est les projets plus ou moins aboutis de centres d'affaires ou de centres commerciaux en leur sein ou à proximité mais aussi parce qu'elles constituent des pôles d'échanges humains importants.
Cependant, le lien entre les activités économiques de la gare et le tissu urbain parisien se fait souvent mal, si les aménagements et rénovations sont considérés comme de grands progrès, les riverains des gares se sentent souvent exclus, les relations entre les riverains des gares et la S.N.C.F. en particulier autour de la gare de l'Est sont loin d'être au beau fixe.
Rappelons que la pollution des locomotives diesel a fortement remis en cause la confiance des habitants dans la volonté des établissements publics à ?uvrer pour le bien collectif, de même on peut constater le grand retard pris en matière d'installations de services publics au sein des gares. La plupart des grandes gares européennes sont équipées de bureaux de poste, d'Offices de Tourisme, parfois d'un service de location de vélos. Les gares parisiennes en sont, elles, dépourvues, la démarche d'implantation de services publics dans les gares ou à proximité rejoint les travaux relatifs au bureau des temps, les gares pourraient jouer un rôle essentiel dans ce cadre, des crèches, des antennes de préfecture ou des services publics pourraient y être implantés mais aussi des locaux associatifs et pourquoi pas des salles de répétition pour les musiciens.
C'est pourquoi, sur proposition du groupe "Les Verts", le Conseil de Paris émet le v?u que la Ville de Paris prenne toutes les initiatives, y compris financières auprès de la S.N.C.F. pour implanter des services publics dans l'enceinte ou à proximité immédiate des gares parisiennes et en particulier des gares de l'Est et du Nord.
Je vous remercie.
M. Jean-Yves MANO, adjoint, président. - La parole est à Mme STIEVENARD.
Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe. - Je réponds en lieu et place...
M. René LE GOFF. - Je demande la parole pour une explication de vote.
M. Jean-Yves MANO, adjoint, président. - Attendez, cher Monsieur, on doit avoir une réponse préalable de l'Exécutif par rapport au v?u, vous aurez bien évidemment la parole ultérieurement. Attendez au moins la réponse.
M. René LE GOFF. - C'est important, que je dise ce que j'ai à dire !
M. Jean-Yves MANO, adjoint, président. - En règle générale, les explications de vote se passent avant le vote et après les explications données par l'Exécutif. Soyons logique !
M. René LE GOFF. - Je suis logique. Je ne comprends pas votre logique, excusez-moi.
Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe. - Je réponds en lieu et place de Mme HIDALGO.
Rendre les services publics plus proches, plus accessibles, telle est la première motivation de notre municipalité à laquelle répond la logique du bureau des temps, que ce soit dans les quartiers défavorisés, la couronne parisienne et ailleurs. Dans les gares et pôles d'échange de transport, il y a non seulement place mais nécessité d'offrir des services publics dont ont besoin les Parisiennes et Parisiens.
La modernisation des gares conduite avec la préfecture de Paris et la S.N.C.F. s'inscrit dans le cadre de l'amélioration de l'urbanisme et des déplacements.
Elle est conduite dans les gares elles-mêmes, mais aussi dans les quartiers qui les entourent. Elles visent à rationaliser les espaces, à les rendre plus ouverts et conviviaux, faisant ainsi de ces lieux de passage des lieux de vie harmonieusement intégrés dans les quartiers, ce qui n'est pas encore suffisamment le cas aujourd'hui.
La logique de la politique conduite avec le bureau des temps et définie par Anne HIDALGO vise notamment à rendre plus faciles, plus pertinents, plus accessibles et parfois tout simplement présents les services publics.
La meilleure réponse à cet objectif est bien d'installer au plus près des usagers les services dont ils ont besoin. Cette logique de modernisation des services publics parisiens devra être conduite dans la ligne des conclusions de l'audit dont nous venons de débattre.
Elle devra aussi se fonder sur un dialogue social renouvelé avec les agents de la Ville et leurs organisations représentatives.
Cette nécessité doit s'inscrire dans une logique de partenariat avec la S.N.C.F. mais aussi avec la R.A.T.P., cette volonté politique nécessite de construire avec la S.N.C.F. et la R.A.T.P., voire les gestionnaires de pôles commerciaux un partenariat. Ce partenariat reste à construire mais Anne HIDALGO a d'ores et déjà pris des contacts exploratoires en ce sens avec la R.A.T.P. afin de prévoir dans la logique du bureau des temps une réelle accessibilité améliorée des services publics.
Cette politique est en parfaite adéquation avec les principes de mobilien ou de transilien. La S.N.C.F. conduit actuellement d'important travaux de rénovation des gares parisiennes. Anne HIDALGO demandera dans les prochains jours au secrétariat général de la Ville d'entamer les contacts nécessaires à cette mise en place. Ces évolutions seront bien sûr prévues et préparées en relation avec les arrondissements concernés. Dans ces conditions ce v?u correspondant à la politique municipale, je remercie ici avec Anne HIDALGO nos collègues qui nous permettent de mieux encore la mettre en lumière.
Je vous remercie.
M. Jean-Yves MANO, adjoint, président. - Monsieur LE GOFF, vous avez la parole.
M. René LE GOFF. - Monsieur le Maire, je voulais exprimer deux idées par rapport à ce v?u, la première idée c'est que j'aurais souhaité que Mmes NENNER et DUBARRY incluent dans les propositions de service pouvant être accueillis par les gares les centres d'accueil pour les SDF qui sont aujourd'hui qu'on le veuille ou non dans les gares, donc on les voit, et que l'on puisse aussi, quand cela se justifie, et la gare du Nord est un bel exemple, installer un centre d'accueil de toxicomanie plutôt que de les installer là où il n'y a pas de drogués.
Je voulais exprimer une autre idée : de faire très attention à ne pas détruire l'équilibre du commerce de proximité parce que si en plus des centres commerciaux qui se développent dans les gares, on met en place un grand nombre de services publics, on va naturellement détourner le trafic qui allait vers les commerçants de proximité, vers les commerces qui se trouvent dans les gares.
Je voulais attirer aussi l'attention sur ce danger.
M. Jean-Yves MANO, adjoint, président. - Madame STIEVENARD, vous avez la parole.
Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe. - Je voudrais indiquer que ce qui concerne aussi bien l'accueil des personnes sans domicile fixe que des personnes toxicomanes est une politique construite avec l'Etat qui a une forte compétence dans ces domaines. Bien évidemment nous avons le souhait de multiplier les centres d'accueil de jour pour ces personnes de manière à ce qu'elles retrouvent le chemin d'une insertion et en tout cas d'un contact social qui permette d'engager un travail avec elles aussi bien sur le plan sanitaire qu'en matière de réinsertion, donc ces sous-amendements peuvent être acceptés sous réserve qu'ils soient discutés avec la S.N.C.F., bien évidemment, selon le v?u indiqué par Mme HIDALGO d'un partenariat renouvelé avec cette entreprise publique.
M. Jean-Yves MANO, adjoint, président. - Merci
M. Christophe NAJDOVSKI. - Je souhaite faire un rappel au règlement.
J'entends les propos de notre collègue qui formule des amendements en séance.
Simplement je m'interroge, je regrette que vous n'ayez pas déposé ces amendements en commission.
Il est vrai que le règlement stipule que les amendements sont déposés en commission. Toutefois, des amendements peuvent être déposés en séance... vous le faites et c'est tout à fait dans la possibilité qu'offre le règlement intérieur.
Simplement compte tenu des propositions faites, elles demandent réflexion, je pense qu'il aurait mieux valu les présenter en commission pour qu'il y ait un débat en commission, qui est le lieu où l'on débat de ce genre de questions, pour éviter de prendre sur le temps du Conseil de Paris, pour discuter de tout cela.
Je ne crois pas que notre groupe ait une opposition formelle. Je ne peux pas avoir en direct cet avis de notre groupe sur les formulations que vous proposez d'autant qu'elles ne sont pas rédigées.
On ne voit pas très bien dans le v?u, vous n'avez pas très bien dit, Monsieur le Conseiller, quelles étaient les phrases que vous souhaitiez insérer.
J'attire votre attention sur les difficultés auxquelles nous avons à faire face lorsque nous sommes en séance, et que des personnes déposent des amendements oraux.
Ceci est valable pour tous les Conseillers.
M. Philippe SÉGUIN. - L'information de mon excellent collègue, Président du groupe des "Verts", est insuffisante. Je le trouve très sévère... tout à l'heure, lorsque M. BLET a fait exactement ce que vient de faire M. Le GOFF, il était absent, Dieu merci, il n'aurait pas supporté d'entendre dire ce que vous venez de dire. Il n'est pas là, mais qu'il sache que nous avons été bienveillants pour M. BLET, comme nous aurions aimé qu'on soit bienveillant pour M. LE GOFF.
Je pense qu'il devra se rapprocher de M. BLET et qu'il ne manquera pas de lui faire connaître ce qu'il a fait savoir à M. LE GOFF.
M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. - A propos de la proposition qui a été formulée par M. LE GOFF, je crois qu'il ne faut pas tout mélanger.
Je suis favorable à la création de centres d'accueil pour les personnes toxicomanes et les SDF mais pas forcément et systématiquement dans les gares. On peut en discuter ... il faudrait en discuter en commission.
Je ne souhaite pas que comme cela, au débotté, on nous case des centres pour toxicomanes dans un fourre-tout, dans un inventaire à la Prévert.
Le v?u est clair.
M. Jean-Yves MANO, adjoint, président. - Nous allons reprendre du calme par rapport à tout cela.
Nous sommes sur l'élaboration du v?u.
Nous avons pris bonne note des remarques de M. LE GOFF qui saura interpréter les discussions que nous aurons avec l'administration de la S.N.C.F. lors des négociations.
Nous n'allons pas définir aujourd'hui les orientations en la matière.
Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u n° 14.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
La proposition de v?u est adoptée. (2001, V. 62).