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Decembre 2001
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28 - 2001, ASES 148 - Subvention à l'association "Les restaurants du coeur de Paris" (10e) pour la prise en charge des frais de location et de chauffage de plusieurs centres parisiens de distribution de repas aux personnes démunies de Paris. - Montant : 1.138.000 F

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2001


M. Pascal CHERKI, adjoint, président. - Nous passons, mes chers collègues, au projet de délibération ASES 148 relatif à l'attribution d'une subvention à l'association "Les restaurants du c?ur de Paris" pour la prise en charge des frais de location et de chauffage de plusieurs centres parisiens de distribution de repas aux personnes démunies de Paris.
Je donne la parole à la première oratrice inscrite, Mme CAPELLE du groupe du Mouvement des citoyens.
Mme Liliane CAPELLE. - Merci, Monsieur le Maire.
Monsieur le Maire, mes chers collègues, cette période de l'année est encore plus difficile pour ceux que l'on nomme les exclus, les S.D.F., les sans ressources, les "R.M.istes"... Nous devons donc plus que jamais apporter notre soutien aux associations caritatives qui leur viennent en aide et qui travaillent sans relâche pour pallier les manquements d'une société qui creuse sans cesse les écarts mais se pose peu les questions qui permettraient de trouver les vrais remèdes...
Cette délibération concerne une subvention de fonctionnement d'un montant de 1.138.000 F à l'association "Les Restaurants du c?ur - les Relais du C?ur de Paris", pour la prise en charge de frais de location et de chauffage de plusieurs centres parisiens de distribution de repas aux personnes démunies de Paris. Nous sommes plus que jamais pour l'octroi d'une telle aide.
Tout cela me conduit à vous faire part de nos "préoccupations locales". J'aimerais attirer votre attention sur le problème de la suppression du centre Saint-Sabin. Ce centre, comme vous le savez, a brûlé l'été dernier. Au demeurant, le bail venait à expiration. L'immeuble du 62, rue Saint-Sabin a été acquis par la Ville de Paris en janvier 1992, en vue de l'élargissement de la rue Pelée et de l'aménagement d'une crèche collective. Les "Restos du C?ur", installés à cet endroit depuis plusieurs années, en tout état de cause devaient donc partir. En conséquence et pour permettre à cette association la poursuite de son activité, nous avions demandé dès le début de l'an dernier, je vous renvoie à une ancienne question de la précédente mandature où nous demandions que la Ville de Paris puisse proposer des locaux compatibles avec l'action qu'elle mène avec compétence et dévouement en faveur des personnes les plus défavorisées.
Il nous avait été répondu que "La Municipalité parisienne soutenait activement les campagnes de cette association. En effet, chaque automne, la convention qui organisait la mise à disposition de terrains ou d'immeubles (au bénéfice de cette association) était réexaminée au regard des libérations intervenues pendant l'année et des impératifs opérationnels (démolitions, remises de terrains)..." Bref, on nous avait laissé entendre que bien sûr des Restos du C?ur pourraient disposer d'une nouvelle implantation pour la distribution des repas dans les 11e et 12e arrondissements. Je suis heureuse de constater que la nouvelle majorité a pu en dépit d'énormes difficultés trouver une solution certes pas dans ces arrondissements mais dans le 3e. C'est une solution pérenne, ce que l'ancienne majorité n'avait pas su faire, ou pas pu faire ou pas voulu faire.
J'en profite néanmoins pour signaler que les riverains ont toujours à subir des dommages dus à l'incendie de l'été dernier et n'ont toujours pas été indemnisés. Nous sommes au début du mois de décembre, et certains n'auraient toujours pas de nouvelles fenêtres. Comme quoi, et toutes proportions gardées, nous avons dans notre arrondissement des personnes qui abordent l'hiver dans les mêmes conditions que certains Toulousains.
Pour finir sur ce chapitre, je me permets de nous rappeler à votre bon souvenir sur les emplois jeunes que nous avions sollicités pour le S.A.M.U.-social et d'une manière générale, sur les emplois jeunes nécessaires à l'implantation paisible et réussie des structures accueillant des populations en grande difficulté.
Ces emplois de "médiation" sont indispensables. Pourriez-vous nous faire un bilan de l'existant et de ce que nous pouvons attendre pour l'année qui s'annonce.
Par ailleurs je profite de cette délibération pour rappeler à la ville de Noël, quelques-unes de nos requêtes concernant le dispositif d'urgence parisien en direction des publics démunis. Nous souhaiterions l'ouverture de nouveaux centres, plus tournés vers les jeunes et les femmes.
Aujourd'hui les personnes à la rue sont beaucoup plus diverses. On y trouve notamment plus de jeunes et plus de femmes, 29.000 personnes différentes sont passées en 2000 par le 115, dont 17,5 % de femmes, et 10,5 % d'enfants. Un autre phénomène nouveau est l'apparition depuis l'an dernier de familles entières à la rue, avec des enfants en bas âge, venus en France sous couvert de demandes d'asile.
Les dispositifs d'urgence doivent évoluer en conséquence. Ils ont évolué quantitativement : de 1.400 places en hébergement d'urgence en 1993, nous sommes passés sauf erreur à environ quelque 2.600 aujourd'hui, auxquelles s'ajoutent encore environ 2.000 places en hôtel pour les familles que paye l'Etat. Mais il manque encore des places, notamment à la belle saison, quand une partie des centres doit fermer pour plusieurs mois, comme la Mie de Pain. C'est une aberration.
J'insiste. Les structures ne sont plus adaptées à l'évolution des publics que nous rencontrons. Les femmes et les jeunes demeurent insuffisamment pris en compte, alors que le nombre des jeunes entre 15 et 24 ans, par exemple, a augmenté de 28 % en 2000, passant de 3.700 à 4.800 jeunes à la rue. Le flux des demandeurs d'asile pose un problème majeur.
Une réflexion de fond reste encore à mener. Les réponses d'une municipalité de gauche seront particulièrement attendues sur tous ces sujets-là.
Merci.
M. Pascal CHERKI, adjoint, président. - La parole est à Mme GÉGOUT.
Mme Catherine GÉGOUT. - Merci, Monsieur le Maire.
Les Restos du c?ur, Relais du c?ur de Paris vont recevoir 1.138.000 F de notre collectivité comme le disait Mme CAPELLE pour la location, le chauffage, et les transports, correspondant aux deux hivers de 1999-2000 et 2000-2001.
Cette subvention s'ajoute - c'est un effort important de notre collectivité - aux mises à disposition de terrains et de locaux pour cette association.
Nous voterons aussi aujourd'hui une subvention de 175.000 F à la Banque alimentaire de Paris Ile-de-France pour la lutte contre la faim.
D'abord une remarque : quand on voit l'activité de ces associations, les chiffres qui la traduisent, les réalités qu'elle recouvre, je dirai que cela donne le vertige sur l'ampleur de la pauvreté, voire de la misère, dans notre Capitale.
Les restaurants du coeur prévoient, pour la saison 2001-2002, 700.000 repas chauds, 2 millions de repas froids.
La Banque alimentaire c'est, seulement pour Paris, plus de 1.000 tonnes de produits collectés auprès de 800 magasins, correspondant à une valeur de 18 millions de francs permettant d'assurer deux millions de repas distribués en repas chauds, ou en colis repas, par 69 associations.
Nous aurons aussi tout à l'heure à attribuer 200.000 F à "Août secours alimentaire" qui distribue 200.000 colis-repas pour les plus défavorisés dans des églises parisiennes.
Et il ne s'agit que des associations pour lesquelles des listes viennent aujourd'hui! Il faut se rendre compte aussi de l'effort bénévole considérable que cela représente, avec un souci de tous les instants pour la survie même de ces hommes, de ces femmes et de ces enfants.
Notre collectivité doit elle aussi porter ce souci et tenir toute sa place dans la lutte contre la pauvreté et l'exclusion.
Nous le faisons par des subventions aux associations mais peut-être aussi, faut-il aller plus loin en rapport avec l'aggravation de ce problème.
La Ville a une intervention directe dans les centres d'accueil, centres d'action sociale et aussi à travers les camions du C?ur de Paris, nous persistons à penser, comme nous l'avons souligné à chaque fois, que le repas dans la rue ne doit être que l'exception. Les conditions en sont indignes, quel que soit le dévouement des personnels. Il faudrait ouvrir, sur l'ensemble du territoire, des restaurants sociaux de petite taille qui permettent aux personnes d'être accueillies, de manger assis un repas chaud.
Cela permettrait d'assurer par là même des liens avec le suivi social de ces personnes et ce, quelle que soit la période de l'année.
Cela éviterait des situations comme celle que connaît la Mie de Pain aujourd'hui où plus de 1.000 personnes viennent manger alors que l'établissement ne peut en accueillir que 300 dans des conditions à peu près décentes.
Aussi nous demandons une table ronde - une de plus, mais enfin, il en faut, organisée avec l'ensemble des acteurs institutionnels et associatifs qui assurent les repas pour les plus démunis, pour trouver des solutions correspondantes à l'ampleur de la situation dramatique.
Je vous remercie.
M. Pascal CHERKI, adjoint, président. - Monsieur COUMET, vous avez la parole.
M. Jérôme COUMET. - Merci, Monsieur le Maire.
Je partage ce que viennent de dire mes deux collègues sur la nécessité de réfléchir à l'organisation des structures. Je n'y reviens pas. Je vais tout à fait dans ce sens-là.
Je me permets moi aussi une petite incidente locale pour éviter qu'il se produise un quiproquo entre services.
Il était question et il est toujours question de reloger l'association "Restaurant du c?ur" qui occupe des locaux dans le 13e, au 23, quai d'Austerlitz qui doit déménager dans le courant de l'année prochaine.
Il était également envisagé de les reloger dans des locaux municipaux qui se libèrent, boulevard Auguste-Blanqui.
Je veux dire ici tout simplement qu'un projet concernant la petite enfance et l'extension d'une crèche est en cours d'études dans ces mêmes locaux. Il ne sera pas possible de trouver des solutions pour les restaurants du c?ur dans ces lieux. Aussi il conviendra de trouver une solution plus adéquate soit dans l'arrondissement soit dans un autre arrondissement pour reloger ces locaux du Quai d'Austerlitz. Merci.
M. Pascal CHERKI, adjoint président. - Je vous remercie de ces précisions.
Je donne la parole à Mme STAMBOULI pour répondre.
Mme Mylène STAMBOULI, adjointe, au nom de la 6e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.
Nous avons eu l'occasion tout à l'heure au cours de la question d'actualité d'aborder l'ouverture des Restos du C?ur au 6, rue Rambuteau dans le 3e, suite à l'incendie au 62, rue Saint-Sabin.
Je voudrais indiquer qu'il ne s'agit pas d'une situation pérenne mais uniquement pour la campagne d'hiver 2001-2002 et jusqu'en septembre 2002 environ.
Il s'agit là encore de locaux qui sont prévus effectivement pour notamment un jardin, une garderie sur le 3e arrondissement.
Ceci dit, les Restos du c?ur sont habitués à gérer des situations précaires et ne nous demandent pas de solutions forcément pérennes.
Nous trouvons au fur et à mesure les locaux qui permettent de remplacer ces lieux, en tout cas, nous nous y efforçons.
Je voudrais simplement indiquer, pour répondre également à Mme GÉGOUT, qu'un groupe alimentaire réunit tous les mois, à mon initiative, à l'Hôtel-de-Ville, tous les acteurs de l'aide alimentaire.
Nous avons commencé ces réunions avant l'été, préoccupés par la fermeture d'une série d'associations pendant la période d'été, ce qui explique aussi la délibération relative au mois d'août.
Effectivement nous avons dû, en urgence, intervenir pour que des repas puissent continuer à être distribués aux personnes les plus démunies et notamment concernant les enfants, pendant cette période d'été.
Nous continuerons à réunir ce groupe. Je crois que toutes les associations sont effectivement assez satisfaites de pouvoir avoir des interlocuteurs à l'avenir et de pouvoir échanger et coordonner les actions à l'Hôtel-de-Ville régulièrement.
J'ai également le souci d'améliorer toutes les aides directes de la ville, que vous avez évoquées que ce soit C?ur de Paris, ou les aides en repas chauds, tout en essayant de diminuer de façon significative le nombre de repas servis dans la rue au profit des repas assis dans les restaurants et dans des lieux que nous pouvons proposer.
Dans quelques jours, le guide "Solidarité-Paris" va sortir une nouvelle édition vers le 15 décembre et vous constaterez qu'effectivement, la nouvelle équipe municipale met en avant des priorités dont celle-ci, en indiquant de façon prioritaire les lieux où l'on peut manger assis, car nous avons effectivement le souci de la dignité des personnes, de pouvoir tisser des liens, de pouvoir travailler ensemble à l'occasion de ces repas.
Je n'interviens pas sur les questions d'hébergement d'urgence car nous l'avons déjà fait de façon assez complète lors du dernier Conseil. Je resterai donc sur cette question des Restaurants du C?ur dans cette réponse.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement des citoyens et "Les Verts").
M. Pascal CHERKI, adjoint, président. - Je vous remercie.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 148.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2001, ASES 148).